Les Chroniques des Luttes : Besoin d’une troisième voie ?

Si je vous donne les chiffres vous allez me dire que c’est une catastrophe. (hop hop hop, quelques recherches et voilà les plus spectaculaires). Entre 1980 et 2007, 1 900 000 emplois ont été détruits et seulement dans l’industrie. (Vous noterez que la crise financière ne commence qu’en 2007). Parce qu’entre 2009 et 2011 c’est 55 769 suppressions dans le même secteur. En somme, c’est un « plan social » généralisé qui est mis en œuvre dans l’ensemble de notre pays. L’ambiance nous rappelle un certain jeudi d’octobre 1929. Déjà 3 millions de chômeurs et une dynamique qui ne laisse pas présager de glorieux lendemains. Les économies locales sont asphyxiées par les plans sociaux successifs des grosses entreprises qui faisaient « vivre nos pays ». Les petites boites, elles, coulent les unes après les autres, puisque leurs activités dépendaient des commandes générées par la présence de plus grosses firmes. Dans tout ça, les familles qui voyaient déjà leur pouvoir d’achat fondre d’année en année, accueillent le chômage et la précarité dans leur quotidien. Avec ça, c’est l’angoisse, la peur qui s’installe progressivement dans les foyers. L’angoisse de ne plus pouvoir vivre convenablement, la peur de ne plus avoir le minimum vital. Pour beaucoup, il ne reste et ne restera que la rage dévorant leurs entrailles pour tenir l’hiver qui s’annonce. La rage, de n’être qu’une « variable d’ajustement » pour ceux qui ont retiré et retirent encore les fruits de leur labeur. La rage, d’avoir vu leurs exploits collectifs passer derrière le « juste profit ». La rage, de voir l’humain réduit en poussière par le triomphe de la cupidité. Que peut il nous rester d’autre que l’envie de lutter pour notre survie, alors que le gouvernement ne veut plus rien pour nous face aux financiers ? Ce gouvernement de couards et de masochistes qui en votant le dernier traité européen, s’est lié les mains pour justifier son inaction. Que de belles promesses et de ministères aux grands noms. Pas un kopec n’ira au redressement productif, pas un n’ira pour le développement de l’économie sociale et solidaire. Leurs annonces et leurs bonnes intentions ne suffiront pas, s’ils ne se donnent pas les moyens juridiques et financiers d’enrailler la fuite en avant du capitalisme.

Un gouvernement voulant défendre l’intérêt général, devrait embrasser les intérêts des travailleurs. Mais quel baiser recevons nous, si ce n’est un baiser empoissonné ? Un baiser pour nous faire accepter nos conditions. Un baiser pour nous faire culpabiliser de ne vouloir travailler pour rien. Nous serions de puérils enfants gâtés refusant de lâcher leurs jouets. Des « privilégiés » disent-ils. Et de quels privilèges parlons-nous ? Des droits que nos aïeux ont obtenus et qu’ils auraient voulu nous léguer pour que nous ayons une vie meilleure. Ces droits acquis au prix des corps meurtris ou des organes tuméfiés par les journées passées à l’usine ou dans les bureaux pourris par l’amiante. Devrions nous aussi passer nos vies à produire pour en crever? Pour certains, nous serions aujourd’hui tous de jeunes fainéants, des fainéants responsables de la montée du chômage. Des fainéants de travailleurs parce que nous ne travaillons pas assez et que nous coûtons trop cher ou des fainéants de chômeurs, parce que nous ne travaillons pas et que nous coûtons trop cher. Tout cela me fait sourire. Le coût du travail, n’est trop élevé que dans la tête de ceux qui veulent des rendements à deux chiffres sans se retrousser les manches. Le coût du travail doit être au dessus du coût de la vie. Si, nous ne pouvions plus manger, nous soigner, nous loger correctement, nous ne pourrions plus consommer les produits fabriqués par leur main d’œuvre dite « bon marché ».

C‘est vrai, la révolution 1917 n’a pas débouché sur l’émancipation collective promise. Mais le système économique libéral et capitaliste n’a t-il pas encore prouvé sa capacité  à détruire le vivant  ? N’est il pas le moment de mettre en place un projet politique innovant ? Une troisième voie doit être trouvée entre le néo libéralisme de Milton Friedman et de l’économie soviétique, pour qu’enfin l’humain soit mis au centre du système. Cette alternative est possible et de nombreuses personnes tentent aujourd’hui de la défendre. Et c’est ce que nous tenterons de faire dans les chroniques des luttes en donnant la paroles aux femmes et aux hommes combattant le cynisme de notre économie mondialisé.

YAGOUBI Florian

A suivre : Sanofi : Comme une envie de nationaliser.

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Au pied, mes petits députés !

« Nous devons collectivement être à la hauteur des enjeux ! » « J’ai besoin de votre soutien indéfectible ! » Ces mots résonnaient dans la bouche du secrétaire général du gouvernement comme un grand « Fermez vos gueules ! Rangez le socialisme dans vos tiroirs pour le ressortir aux prochaines élections ». Et pourquoi ? J’ai bien peur que cet affreux n’y ait jamais pensé. D’ailleurs s’il est à cette place, c’est qu’il est tout à fait disposé à parler sans trop rien dire. Il aurait pu s’appeler monsieur Ducon ( pardon Dupont) mais c’est Jean marc Ayrault. Alors J.M. du haut de son pupitre aux journées parlementaires socialiste de Dijon, en appelait avec verve à la « retenue » et à la « cohérence » de ses petits copains et de ses petites copines afin qu’ils adoptent le nouveau traité européen sans trop broncher. Bien triste, le reste de socialistes qui justifiaient encore que le « P.S. » ne soit amputé d’une de ses lettres, allaient devoir se faire à l’idée que l’Europe se faisait, sans eux et surtout sans débat. Et moi dans tout ça, j’espérais un brusque soubresaut, une sortie héroïque, une chevauchée des derniers mohicans socialistes. Je m’étais tapi en bon investigateur à l’affut du moindre cri, du moindre son venant de cette espèce en voie de disparition. Mais rien… Les MJS faisaient campagne sur le contrôle au faciès, Marie-Noël Lienemann était complètement muselée, Benoit Hamon resserrait sa cravate de ministre pour faire de beaux sourires aux caméras.

Atterré, je déambulais donc sur les pavés parisiens vibrant sous le choc des pantoufles de milliers de manifestants venus demander un référendum sur ce traité. C’est alors qu’au détour d’une pancarte bricolée à la hâte pour l’occasion, j’aperçus un vieux camarade de lutte. Lui, était allé au P.S. en 2007 et y était resté. Faut dire qu’ayant fait l’expérience du borgne au second tour, l’argument « vote utile ! Si tu ne veux pas du fascisme » avait assez bien pris sur lui. Mais là, il était méconnaissable. Déjà que faire campagne pour « Flamby » comme il l’appelait, l’avait quelque peu échaudé, le gugusse avait littéralement pété les plombs. Lui qui était habituellement tout en retenue, me sauta au cou. C’est alors qu’il me tint un discours d’une violence incroyable sur les dirigeants de son parti, l’Europe et le capitalisme. « Tout ça se finira dans le sang », « Je ne supporterai pas que l’on touche à l’avenir de mes enfants. Et pour ça tu vois, je serais prêt à tuer ! » s’exclama-t-il pour conclure sa démonstration gesticulée. Abasourdi par le désespoir et l’indignation sonore de mon ami, je n’ai malheureusement pas trouvé la force de me lancer dans l’éloge d’une action politique courageuse mais non violente. J’ai écourté la conversation prétextant d’un impératif quelconque et suis rentré chez moi aussi désabusé que lors de ma montée à Paris.

La semaine qui suivit, j’appris avec stupeur que le gouvernement prétendument socialiste s’apprêtait à faire passer ce traité d’une importance considérable en urgence. Le but : éviter tout débat que ce soit au parlement ou dans la société. Je me suis alors rappelé que les mêmes procédés avaient été utilisés par le précédent gouvernement afin de faire passer ce genre de réformes libérales s’attaquant directement à la souveraineté des États au profit des instances financières. A vouloir suivre le rythme imposé par les marchés, les gouvernements successifs ont remis petit à petit en cause les conditions nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie. En sabordant les débats, en réduisant au silence les forces voulant élaborer un projet alternatif, ceux qui se sentent aujourd’hui légitime à donner des leçons de liberté d’expression à Monsieur Chavez, ont réduit notre démocratie à peau de chagrin. L’exécutif ayant pris le pas sur les parlements, la démocratie parlementaire s’est vu vidée de toute substance, au point que les assemblées sont devenues de simples chambres d’enregistrements. Résultat : à l’image de mon ami croisé lors de la manifestation, la grogne des citoyens grandit face à système parlementaire qui ne serait plus capable de résoudre de manière pacifique les conflits découlant des intérêts antagonistes de notre société.

« En même temps, à quoi bon de longs débats quand il n’y a pas d’alternative au système économique libéral et capitaliste. Toute opposition et contre-projet aux politiques allant dans ce sens, seraient donc de simples chicaneries électoralistes, pour ne pas dire populistes. L’État aurait alors tout intérêt à l’accélération des processus de décisions afin de tenir le rythme des banques et des bourses au risque de froisser quelques citoyens, encore attachés à la démocratie. » Voilà comment certains économistes et politiciens néolibéraux font leurs adieux à la démocratie parlementaire qu’ils ont eux même mise en faillite. Nous ( c’est à dire toute personne ne vivant pas essentiellement de revenus issus du capital), nous ne pouvons céder à cette croyance quasi religieuse, qu’il n’y aurait pas de politique possible en dehors de la toute puissante économie mondialisée. Il nous est donc impératif en tant que citoyen de redonner du poids aux actions politiques, et de rappeler à toutes et à tous qu’une politique courageuse pourrait se dresser face à la prééminence d’une économie mortifère, de la même manière que l’ont fait certains pays d’Amérique Latine après avoir été victimes des mêmes politiques austéritaires que nous vivons aujourd’hui.

Il est vrai que le concept thatcherien : « There is no alternative » en dehors d’une politique au profit du capital, a fait son chemin au parti socialiste ainsi que chez les dirigeants d’Europe Écologie. Il reste malgré tout, quelques irréductibles gauchistes dont nous faisons partie qui courageusement tentent de faire entendre un contre-projet au service des populations et non des banques. C’est dans cette optique que nous nous battons pour une 6ème République mettant le citoyen au cœur des processus démocratiques ainsi que pour de nouvelles formes de solidarités aussi bien nationales qu’internationales. Nous ne cherchons pas à « améliorer la rapidité des décisions politiques », mais nous souhaitons mettre la démocratie au service d’améliorations sociales concrètes. Hollande et ses petits caniches de ministres et de députés, en se laissant paralyser par la toute puissance des marchés, s’apprêtent à enterrer définitivement notre démocratie parlementaire. Et c’est à notre grand regret que ce gouvernement que nous avons contribué à élire, se couche devant un adversaire à qui il aurait fallu briser les reins.

Résultat des courses : 477 députés viennent de voter le nouveau traité européen sans qu’il y ait pu avoir de réel débat. C’est à se demander s’il était vraiment utile de leur demander leurs avis.

 YAGOUBI Florian

Hollande, le TSCG et l’urgence à géométrie variable !

L’urgence, c’est toujours une question de point de vue. Et c’est souvent dans l’urgence qu’on a fait les plus belles conneries. À l’occasion ça a servi pour justifier les pires prises du pouvoir. Après tout, quand on sprint, on n’a pas le temps de regarder si on ne vient pas de marcher dans une merde.

En vérité l’urgence, ce n’est jamais qu’une stratégie. Car comme tout ne peut pas être urgent (sinon ce n’est plus vraiment de l’urgence mais un suicide collectif), il faut bien un semblant d’arbitrage. Et mon p’tit doigt (oui encore lui ; et là vous avez l’image de Romain parlant passionnément à son petit doigt)… bref, mon p’tit doigt, il me dit qu’un arbitrage qui consisterait à classer ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas, c’est comme qui dirait un peu d’la politique. Je dis ça…

Vite ça urge !!

Alors pour le gouvernement, il y a des dossiers sur le feu. On s’en doutait. Après 10 ans de droite, toute bonne poire comme moi peut se dire qu’il y a du pain sur la planche. Bon, pour tout dire, mon p’tit doigt était quand même sceptique sur ce qui allait se passer. C’est que mon p’tit doigt, il a du flair. Les plus naïfs s’attendaient à des changements rapides. Une déflagration des politiques publiques, voire des chars soviétiques (merde je les ai cherché à la bastille le jour-j !). Mais bien sur, rien de tout ça… alors qu’est qui urge pour ce gouvernement ?

L’urgent, depuis l’élection de M. Hollande, ça a été de démanteler les camps de Roms pendant l’été. Il faut dire que l’énergumène qui s’occupe de ça, il en connait un rayon. Il nous avait déjà fait le coup à Evry. Oui je fais parti des gens qui n’ont pas découvert Valls quand il a eu le ministère de l’intérieur… Bref, manu militari, les choses n’ont pas trainé, c’était du Guéant en puissance, avec un costume blanc pour pardonner le tout. Évidemment, c’était moins urgent de les reloger.

Car l’urgent, pour nos joyeux lurons attablés à l’Élysée le mercredi matin, c’est aussi le logement. Enfin, surtout ceux qui sont squattés. La police du changement, c’est virer les réquisitions citoyennes de logements vides, avec une efficacité qui ferait pâlir la Guardia Civil. Le logement du 24 rue Saint-Marc à Paris a eu le droit au matraquage des murs, aux portes d’entrée enfoncées et même à des parachutages de flics sur le toit. Peut-être que le GIGN pensait y trouver Al-Qaïda ? Quelle déception, ce n’était que Jeudi Noir. Certains avaient cru, que l’urgent dans le logement, c’était de briser la spéculation sur les espaces vides qui organise la rareté, d’en finir avec les marchands de sommeil qui font du fric sur la misère. D’autres encore plus naïfs pensaient que la « Gauche » au pouvoir permettrait plus facilement l’expression d’un mouvement social légitime. Mais non, le changement, pour le coup, c’est que la durée d’intervention a été très largement réduite par rapport à Sarkozy. Et bien…

Enfin, l’urgence pour Ayrault et sa bande, c’est la procédure pour faire passer le TSCG. Pourquoi ce traité si important, qui prévoit l’austérité à perpétuité, la toute puissance de la Commission Européenne et un climat délétère entre les États, doit passer sans débat ni dans la société, ni au parlement ? Qu’est-ce qui justifie qu’on censure tout bonnement les navettes parlementaires pour un traité qui ne s’appliquera de toute façon qu’au 1er janvier 2013 ? Est-ce que le PS aurait peur que les Français se rendent compte qu’on se fout de leur gueule ? N’en déplaise aux bouffons qui me font la morale dès que je critique le PS, est-ce que le gouvernement ne fait pas un coup de Poker CONTRE le peuple ? Si même le débat n’est plus respecté, qu’est-ce qui lui reste pour se dire de gauche ?

Tout doux, on a le temps !

Car ce qui frappe le plus, en fait, c’est ce qui n’est vraiment pas urgent pour ce gouvernement PSEELV. Pourtant Dieu sait (comme tout le monde quoi) qu’il y a moyen de faire les choses assez vite chez nous. Tellement vite que ça en deviendrait flippant, comme les lois sécuritaires qui s’enchainent depuis 10 ans sans qu’elles aient le temps de s’appliquer. Depuis que les faits-divers arbitrent l’ordre du jour de l’assemblée, on se croirait à la récréation.

Ce qui n’est pas urgent donc, dans un contexte économique où un plan social est annoncé toutes les semaines (quand c’est pas tous les jours), c’est l’interdiction des licenciements boursiers. Aïe aïe, c’est gênant tout ça. En plus, il se trouve que c’est voté par le Sénat et il n’y a plus qu’à repasser devant les députés. (Oui pas de procédure d’urgence ce coup-ci). Du coup, y a des têtes dure comme la direction de Sanofi qui malgré les 6 Milliards de bénéfices vont supprimer 1600 postes (ah non 900 depuis que Montebourg tel Superman a terrassé le capitalisme). Mais tout ça, c’est pas urgent.

Ce qui n’est pas urgent non plus c’est l’augmentation des salaires et des minimas sociaux pour relancer l’économie. Le SMIC, c’était 2% : pas la folie des grandeurs, surtout pour les temps-partiels imposés, les femmes quoi. Mitterrand, qui n’était pas le plus grand des gauchistes, l’a augmenté de 20%. Bon allez, je suis grand seigneur, si Hollande fait un dixième de ce qu’a fait Mitterrand ce sera déjà grandiose. J’imagine qu’il compte se réparer dans 5 ans, enfin c’est ce qu’il dira.

Enfin, parmi ce qui n’est pas urgent, on aurait tord d’oublier le cumul des mandats. Certains du parti dit « sérieux », comme dirait Nath, nous avaient promis qu’après 2012 il n’y aurait pas de soucis. Mouais… Ils nous promettent pour 2014 maintenant, puis comme faudra bien un temps pour que les nouvelle équipes municipale/générale/régionale/intercommunales se forment, 2015… Ouais mais 2 ans avant les législatives c’est bof… Allez, après 2017 promis ! Je ne fais pas la suite du tableau.

Tout ça pour dire que, dans ces arbitrages que mon p’tit doigt appellerait politiques, il y a quand même de quoi s’inquiéter. J’me dit que l’urgent, c’est peut-être bien de leur un coup de pied au cul !

Romain JAMMES

Le 30 septembre je serai dans le cortège féministe, pourquoi ?

En général si vous vous retrouvez sur ce blog, il n’y a pas 36 raisons (quoi que). Vous êtes peut-être un ami, par charité vous venez augmenter le nombre de visites, c’est gentil. Vous êtes peut-être à la recherche d’une prostituée. Et oui, depuis que j’ai écrit un article sur le sujet des internautes arrivent par hasard ici en cherchant le coin tapinage de leur ville sur google (et ça c’est la version polie, mais je ferais un article spécifique là-dessus je pense). Vous êtes plus probablement féministe et de gauche, auquel cas il y a des chances qu’on se croise le 30 septembre (sauf si ça me fait le même coup que le 18 mars à la Bastille).

Quoi qu’il en soit, moi j’y serais, et pas n’importe où…

Quel traité !

Je sais pas pour vous, mais moi je trouvais que l’Union Européenne, jusque-là, c’était un peu gnangnan. On se faisait des jolis sourires, des compliments, quelques échanges d’étudiants, histoire de mélanger leurs fluides. Une petite hymne nous tirait une larme à l’œil et une bonne dose d’hypocrisie s’abattait sur le dos du peuple.

Au fond, même pour le traité de Lisbonne on avait tenté quelques tournures de phrases biscornues, on avait fait (re)voté quelques peuples. Bref, une énergie colossale pour conserver une image à peu près démocratique. Honnêtement, de moins en moins de gens y croient. Il n’y a que Cohn-Bendit pour se mentir à ce point. C’est touchant. Mais cette fois c’en était trop, dissimuler le vrai dessein de l’Europe ne marche qu’un temps. Un jour ou l’autre il fallait assumer dans les textes. Et bien soit, le changement c’est maintenant, ces râleurs de Français viennent de se taper 1 an d’élection à coup de Hallal et de Mohamed Merah, ils en ont ras-le-bol de la politique, c’est le moment.

Le TSCG c’est donc le rêve de tout libéral qui se respecte. Par conséquent, c’est le rêve de la finance, qui n’est manifestement pas rassasiée tant qu’il reste des parcelles démocratique dans ce bas monde. Aucun pays n’arrivait à passer sous la barre des 3% de déficit de Maastricht ? Aidons les un peu : imposons moins de 0,5% du déficit structurel ! Le message doit être clair : le problème, c’est le train de vie de l’État, donc les fonctionnaires et les services publics. Si ce n’est pas respecté (et franchement ça ne le sera pas), la Commission Européenne imposera des mesures structurelles et leur calendrier pour appliquer elle-même les coupes drastiques qu’on appelle aussi l’austérité. Quand le peuple ne décide plus c’est tout de suite plus simple. Un État qui fait de la résistance pourra encourir des sanctions financières, ce qui l’aidera, n’en doutons pas, à boucler son budget. N’est-ce pas magnifique ?

Attendez ce n’est pas fini ! L’Europe solidaire, j’en ris encore en me rasant (pas trop fort sinon ça coupe). Le mec qui a pondu l’Europe « pour la paix » a fait le plus fabuleux plan de com’ de toute l’histoire de l’humanité ! Déjà, les pays étaient interdits d’emprunter à leur banque centrale depuis les années 70, puis à la banque centrale européenne avec l’Euro. Tout s’emprunte sur les marchés financiers histoire de garantir de bonnes marges aux banques. Bien sûr, aucun pays ne peut prêter à un autre, ce serait déloyal. Et comme le tableau n’était pas tout à fait fini, le TSCG propose que chaque pays puisse épier le budget et les politiques économiques de son voisin et porter plainte s’ils contredisent le diktat d’austérité de la Commission. C’est écrit noir sur blanc ! Il n’y a même pas de langue de bois. La vie est belle non ?

Évidemment ce pacte est restreint, il s’appliquera au plus vite mais finira par intégrer le Traité de Lisbonne puis des directives afin de s’appliquer à toute l’Union Européenne. Faut pas déconner !

L’austérité est anti-féministe

Ça c’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut un débat national sur ce sujet, et un référendum pour laisser le peuple s’exprimer. Il est de notoriété relativement publique qu’il y a un riquiqui gouffre entre l’élite qui idolâtre l’Europe quelle que soit sa forme et la population qui subit chaque jour sa politique inique. Mais plus que tout, l’austérité a un effet décuplé sur une partie de la population. Une toute petite partie de LA MOITIE : les femmes !

En effet, qui c’est qui occupe les emplois les plus précaires et qui fait partie des premières charrettes ? Les femmes. Qui c’est qui touche une retraite de misère et qui subit de plein fouet les réformes de ce système ? Les femmes. Qui c’est qui touche le moins d’argent et qui prend une baffe quand on gèle les salaires ? Les femmes. Qui c’est qui s’est fait insulté quand on a augmenté le SMIC de 2% en se félicitant de cette augmentation de « 20 euros » pour les smicards ? (dixit La ministre du droit des femmes) Et bien ceux (celles) qui travaillent à temps partiel imposé : les femmes. Qui c’est qui est quasiment absent des directions du CAC 40 ? Les femmes. Qui c’est qui n’a plus la garantie technique du droit à l’avortement à cause de la privatisation de la santé ? Les femmes. Qui c’est qui est obligé de se prostituer pour bouffer ? Les femmes. Bref, qui sont les prolétaires des prolétaires, les précaires des précaires, les oubliées de l’histoire, les femmes inconnues des soldats inconnus ? Les femmes.

Alors ce 30 septembre c’est pour les peuples de toute l’Europe que j’irai à Paris demander un référendum sur le TSCG. Mais c’est aussi et surtout pour les femmes de toute l’Europe qui subissent encore plus que les hommes l’enfermement dans l’austérité. Ce traité, comme beaucoup d’autres politiques, est une production du capital pour assouvir les peuples d’Europe et une production du patriarcat qui conforte la domination masculine !

Le 30 septembre, toutes et tous, montrons leur qu’on les laissera pas faire. En plus, le cortège féministe étant tout devant, il y a des chances que cette fois, j’arrive au bout de la manif !

Romain JAMMES

P***** de rentrée !

Le bon signe, quand les oiseaux vous réveillent le matin, c’est que vous vous levez après eux : les vacances. Et bien tout ça c’est fini, enfin pour certains, car de plus en plus de gens, dont je fais récemment parti vont prolonger le farniente dans les files de Pôle Emploi. De quoi chopper des coups d’halogène ou finir avec une crise d’épilepsie devant les sites Internet appropriés aux circonstances (non je ne parlais pas de Facebook).

Mais ceux qui souhaitaient une rentrée pépère vont être déçus. Un gouvernement plan-plan ne veut pas dire que le mouvement social va l’être. D’ailleurs mon p’tit doigt me susurre (j’utilise ce genre de mot pour garder vive l’attention des jeunes éphèbes)… Je disais, mon p’tit doigt me susurre qu’il y a de la bataille dans l’air et mon p’tit doigt, en bataille (de pouce) il y connait un rayon…

Le calendrier

Il y a d’abord eu l’inaction du gouvernement face aux nombreux plans sociaux. Oh c’était l’été, c’est le genre de moment où on peut (malheureusement) tout se permettre sans prendre une grève dans la gueule, d’autant que certains travailleurs sont au chômage technique. La rentrée va rappeler à certains le goût des pavés, notamment chez Peugeot, pour qui la marmite boue à en faire tomber le couvercle.

Il y a aussi ces doux foutages de gueule dignes de l’augmentation du SMIC mais version « cadeau aux pétroliers » et « logement ». Le blocage des prix de l’essence s’est transformé en une baisse de quelques centimes. Visiblement, la facture sera pour l’Etat (pour moitié certes mais c’est déjà trop)… donc pour nous (puisque TOTAL paie à peu près autant d’impôt sur ses bénéfices que votre serviteur*). Evidemment, comme l’a expliqué Apathie, ce n’est surement pas chez les distributeurs ni les raffineurs qu’on trouvera la maille pour régler le problème.

Version « logement » ça donne une augmentation du livret A de 25%. Non je ne parle pas du taux (faut pas déconner non plus), mais du plafond que les français moyens, gagnant moins de 1500€, ont un mal de chien à remplir. Au fond ce n’est pas une mauvaise chose bien sûr, d’ailleurs la promesse électorale était de doubler ce plafond (on en est loin). Mais ce n’est pas tant le financement que la volonté politique qui fait obstacle à la construction de logements sociaux. (Pour ceux qui ne savaient pas je rappelle que le livret A finance le logement social.)

D’autres exemples s’ajoutent évidemment aux précédents. La politique de Valls en matière de Roms (que je n’ai pas découvert puisqu’il a été mon maire, président d’agglo et député) est comme la cerise sur un gâteau de déceptions pour de nombreux citoyens. La rentrée cristallise donc un certain nombre de mécontentements et le nouveau traité européen risque bien d’allumer l’étincelle.

* sauf que moi j’en ai pas en fait

Le TSCG

Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers.

Alors ce magnifique pacte sera validé par le parlement en octobre (et non septembre comme le gouvernement l’espérait). Cela laisse donc 1 mois aux forces politiques et sociales pour s’organiser autour de la demande d’un référendum. C’est une demande qui va de soi, elle rassemble largement à Gauche, y compris les socialistes et les verts, et elle rappellera au gouvernement le douloureux souvenir de 2005 où le peuple s’était vilement exprimé. Cette bataille mêlée à toutes les autres promet de faire du bruit. Alors ne trainons pas et partout en France faisons des collectifs pour un référendum et rendons nous tous à Paris le 30 septembre pour montrer de quelle voix on se chauffe.
Belle rentrée ? Pas pour tout le monde…

Romain JAMMES