À quoi sert la journée internationale de l’homme ?

C’est complètement dingue. On en apprend tous les jours. Y a le lot des bonnes surprises, qui vous donnent la niaque pour la journée, mais y a aussi le contrecoup parce qu’on choisit pas toujours ce qu’on apprend. C’est comme ça.

Bref, ce mardi de novembre, malgré le froid, un sourire scindait mon visage. Ma tête s’affairait déjà au travail devant la montagne de tâches à réaliser avant le grand soir, alors que mes jambes pédalaient frénétiquement sur le vélo-Toulouse rasant çà et là les automobilistes paniqués. Un matin normal quoi.

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Sauf que badaboum, errant avec mon café sur des sites très peu recommandables (oui les sites sérieux, objectifs, impartiaux tout ça tout ça), je tombe sur ce magnifique article. Qui m’apprend (oui, d’où le début de l’article. Ça va vous suivez ? Vous voulez du pop-corn ?)… Je disais, ce site m’apprend qu’il y a une « journée internationale de l’homme ». Quelle drôle d’idée…

Pourquoi ces journées ?

Bon de base, moi je pensais qu’on faisait des « journées internationales » pour des causes, quitte à ce qu’elles soient un peu naïves. On trouve la journée internationale de la paix, des migrants et des réfugiés, contre le cancer, le handicap, plusieurs maladies, la justice sociale…etc. Bref, c’est beau les oiseaux chantent.

Parmi ces journées certaines ont une histoire importante, une histoire de lutte par exemple. Au hasard, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, appelée avec mépris, « journée de la femme », est un héritage historique loin d’être folklorique comme le patriarcat aimerait qu’on le pense.1

Sauf que voilà, dans ma vision un peu angélique, j’avais oublié qu’on pouvait faire des journées de tout et n’importe quoi. Sûrement histoire de noyer ce qu’il y a réellement un sens universel. Alors nous avons par exemple :

  • 5 février : journée mondiale du Nutella, j’imagine que c’est une cause internationale…
  • 28 février : journée mondiale sans Facebook, autant faire une journée mondiale sans respirer…
  • 11 mars : journée mondiale de la plomberie, merci Mario Bross…
  • 24 mars : journée mondiale de la courtoisie au volant, la grosse blague…
  • 3 mai : journée mondiale du soleil, bon heureusement qu’il est là c’est vrai.
  • 21 juin : journée mondiale de la lenteur, oh s’il vous plaît, faites en un jour férié !!
  • 31 août : journée mondiale du blog, les blogs… quel intérêt ?
  • 26 octobre : journée mondiale des pâtes, je sais pas pour vous, mais moi c’est tous les jours.
  • 5 décembre : journée mondiale du Ninja, faites gaffe à vous quand même !

Et à tout cela s’ajoute, la journée de l’homme. Oui mais en fait, ce qui pourrait être une grosse blague comme la journée du Nutella (j’espère que je vais toucher un peu d’argent… à force), se transforme en espèce de frustration intestine de l’homme auquel, il faut avouer, on est plutôt habitués. La journée internationale des luttes des droits des femmes n’est pas le miroir de la journée de l’homme. Et ça, nos homo-phallus ont un peu de mal à l’accepter, donc ils décident de se plaindre… Bienvenue dans un monde fantastique…

Les tourments de l’homme moderne

Oh que c’est dur d’être un homme ! C’est en tout cas ce que nous dit Le Point. Des problèmes tout le monde en a. On pourrait s’en amuser, après tout, les problèmes de dominant ça existe. Sauf que ce que ne dit pas l’article c’est que les problèmes exposés sont exactement 3les axes stratégiques de communication des masculinistes. Ah tiens, on passe de la journée de l’homme à la journée contre les femmes… Voyez plutôt.

Il y a plus de suicide chez les hommes ? C’est vrai ! Pourtant, les hommes sont ceux qui subissent le moins de domination sociale et économique. Ce sont ceux qui, d’après leurs stéréotypes de genre, sont le moins exposés aux élans sentimentaux irrationnels. C’est peut-être que l’échec, chez les hommes, c’est un peu une négation de la virilité. C’en est à tel point qu’échouer à se suicider c’est la loose suprême.

  • Et oui, on vous a pas dit ? Les femmes tentent plus de se suicider, elles réussissent moins. Soyons sûr que la proximité des hommes avec les armes, dans leur volonté d’affirmation de leur pouvoir, n’y est pas pour rien.

Les pères sont les négligés de la justice dans les divorces ? Argument masculiniste typique. On voit des papas pleurer de chaudes larmes devant les caméras et monter couilleusement (ouais ça n’existe pas, bon) sur des grues ou monuments. Une stratégie qui n’a rien de spontané puisqu’elle vient directement des expériences étrangères en la matière (Canada, Angleterre,…)

  • Bon et sinon, sur le fond ? Dans les divorces/séparations, parmi les couples qui vont devant un-e juge des affaires familiales (pas tous donc), dans seulement 2% des cas il y a conflit autour de la garde de l’enfant. Il y a alors soit garde alternée imposée, soit garde maternelle ou paternelle imposée. La différence, dans ces cas, entre garde maternelle et paternelle représente 0,8% des enfants qui vivent la séparation de leurs parents. Pas bésef hein ?
  • 75% des pères ne veulent pas de la garde alternée, d’ailleurs, ça reflète bien le fait que ce sont en écrasante majorité les femmes qui s’en occupent. Mais voyez, la culture patriarcale enseigne aux hommes que les enfants sont leurs propriété. De là à changer leurs couches, leur faire à manger et les amener à l’école…2
  • Les lois que tentent de faire passer les masculinistes au sujet de la garde consistent essentiellement à conserver le droit à la garde alternée même en cas d’accusation de violences familiales ou d’inceste. Normal quoi…

Les garçons sont moins diplômés que les filles ? C’est vrai ! Mais ils poursuivent les études les plus valorisantes économiquement et socialement. Ils détiennent également les postes de direction dans tous les domaines économiques, y compris ceux qui correspondent aux stéréotypes féminins. Les masculinistes s’attaquent souvent au système scolaire comme étant construit pour la docilité des filles, qui, du coup, réussissent mieux. Ironique quand on regarde l’histoire de la scolarisation dans notre pays.

Bref, à la question que pose l’article « à quoi sert la journée internationale de l’homme ? », la réponse est « à combattre les droits des femmes ». J’attends avec impatience que dans sa folle clairvoyance, Le Point nous délivre également tous les tiraillements ultra-violents que subissent les riches. Détermination sociale à être brillant, choix cornélien entre Porsche et Ferrari, ou entre les Bahamas et Bora-Bora. La suite bientôt ?

Romain JAMMES

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Les 343 Connards

Je la sentais venir celle-là. Vous savez la prostitution c’est un débat assez virulent. J’avoue que personnellement, le3 fait que ça fasse débat me dépasse complètement. Depuis que j’ai une conscience de gauche et que j’ai réfléchi à la question, et même bien avant d’être féministe (et de savoir réellement ce que ça voulait dire), j’étais abolitionniste. Mais bon voilà, y a débat. Et je me disais, avec la loi qui se prépare doucement sur l’abolition du système prostitutionnel, ça m’étonne de voir presque aucune riposte si ce n’est quelques gesticulations minoritaires du STRASS.

Et bah voilà, ils se cachaient gentiment car ils se sentaient pas vraiment en danger. Ils avaient savamment infiltré le ministère pour faire capoter les plans. Maintenant les loups sortent sans les masques : une poignée de connards réac’ qui viennent pleurer parce qu’il se pourrait bien qu’on leur confisque leur jouet.

La subtile référence

Vous avez pas dû passer à côté, cette poignée de connard a décidé de s’appeler « 343 salauds : touche pas à ma pute ». De premier abord, comme j’ai le cœur sur la main, je leur conteste pas le terme de « salauds ». J’ai ouvert un dico, ça veut dire « homme méprisable et abject ». Je trouve qu’il y a une part d’honnêteté qu’il faut leur reconnaître. Néanmoins, la référence est aussi subtile qu’un ouragan qui traverse le pacifique.1

C’est qu’en 1971 (mais ça vous le savez sûrement tou-te-s), un manifeste rédigé par Simone de Beauvoir et signé par 343 femmes qui affirment avoir avorté. Ce n’est pas anodin car l’avortement les expose à des poursuites pénales. Cet acte est un des grands symboles des luttes pour les droits des femmes en France. Il est à la croisée de nombreux combat.

C’est d’abord la liberté de disposer de son corps. Choisir si on veut ou non rester enceinte. C’est aussi et par conséquent la liberté de choisir sa vie et son destin. Parce que vous savez, réduire les femmes à leur destin de mère. C’est une constante impression de la société patriarcale. On la retrouve dans les tâches ménagères, dans les stéréotypes de genre ou dans la lutte, qu’on a connu dans notre histoire, contre les plaisirs sexuels des femmes .

Les biens nommés2

Bref, ce manifeste était un acte de résistance dans une lutte pour l’émancipation des femmes, pour réclamer le droit à la liberté. Bref, un combat noble, courageux et progressiste ! (Et surtout un combat toujours d’actualité)

Aujourd’hui, ces 343 connards proposent diamétralement l’inverse, tout en s’en réclamant. Zemmour et compagnie (bien connus pour leur engagement progressiste) réclament le maintien d’un privilège. Quel privilège ? Celui que la société patriarcale leur offre : disposer du corps d’une femme pour ses besoins. De toute évidence, comme les harems d’esclaves ne passent pas trop dans notre société actuelle, il y a un semblant de marchandisation au profit d’un proxénète. Bref, le patriarcat combiné au capitalisme a trouvé son parfait rejeton.

Maintien du privilège donc, et surtout maintien d’un système tortionnaire qui organise la traite et les violences faites aux femmes. Le « touche pas à ma pute » pourrait presque passer pour un acte paternaliste de protectio4n. Mais on en est loin. Tout comme les clients de ce site (attention, les estomacs sensibles sont priés de ne pas cliquer…. Bon trop tard, vous êtes têtus hein !)… Je disais, tout comme ces enflures de clients habituels, les hommes n’en ont rien à carrer des prostituées qu’ils « consomment », c’est leur plaisir le centre de leurs préoccupations.

D’ailleurs, pour la petite histoire. Face aux conditions intolérables de la prostitution dans les maisons closes allemandes, le gouvernement a eu un jour la magnifique idée de demander aux clients d’alerter les autorités si jamais les droits des prostituées étaient atteints. Genre un droit tout con, le droit d’avoir des rapports protégés. Gros flop ! Pourquoi ? Parce que les clients ne sont pas là pour faire du social.

Tout ça pour dire que ce manifeste est à gerber, mais qu’il montre que les loups sont de sortie pour défendre leur système de domination. Pour ceux qui se posaient encore la question « à qui profite le crime ? »

Romain JAMMES

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IMPORTANT : Pour harceler ces connards, RDV sur ce site http://343connards.fr/

Je n’ai pas d’humour…

Bon, voilà, ça c’est dit. Vous l’aurez un peu cherché, et en même temps ça va en rassurer certains : je n’ai pas d’humour. Je ne sais pas rire. À part « un homme qui rentre dans un café et plouf ! », j’ai rien à vous servir pour vous tordre le bide. Plus haut j’arrive pas c’est comme ça. Ça doit être dans les gênes ou un truc de cet ordre.

Ou si, je le tiens, c’est p’tete parce que je suis féministe. Ah mais oui ! Pourquoi j’y ai pas pensé ? C’est bien connu en plus, je suis con. Les2 féministes ont pas d’humour. Enfin disons que ceux qui se pensent drôle, ils pensent aussi que les féministes qui les trouvent pas drôle, bah c’est parce qu’elles/ils ont pas d’humour… Bon maintenant qu’on a trouvé le problème on va peut-être pouvoir avancer non ?

On peut rire de tout, mais…

Quand on a pas d’humour comme moi, y a souvent un mec (genre le mec drôle justement), qui vous dit « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». C’est le genre de phrase qui, dans la communauté très resserrée et hype des mecs drôles, fait une sorte d’autorité. C’est un peu le point Godwin de la discussion sur l’humour. Quand on dit ça on peut plus rien dire. Tu argumentes, et on te répond que tu es « n’importe qui ». J’imagine que c’est aussi une forme d’humour.

Cette magnifique phrase est de Desproges. Un maître de l’humour noir qui fait un peu office de divinité dans le domaine. Si vous voulez, les dieux, ce qui est assez marrant, c’est que concrètement on les voit jamais. Bon la différence avec Desproges c’est que lui a vraiment existé (oups j’ai perdu quelques croyants là). Mais bon, il y a assez peu de chance pour qu’il vienne à votre table vous raconter une blague maintenant. Passé ce détail, dans l’un et l’autre cas, y a toujours des gens pour le citer, et en le citant, pour se réclamer de son autorité symbolique. Sauf que voilà… vous n’êtes pas Desproges.

Vous n’êtes pas Desproges, parce que Desproges ne s’appuie pas bêtement sur des idées reçues qui alimentent une domination. Si vous préférez, faire une blague dont le message final est « les femmes sont…

  • connes, surtout les blondes »
  • bonnes qu’à faire la vaisselle »
  • bonnes qu’à être mères (et bon, à faire la vaisselle aussi) »
  • des salopes » (ou divers objets sexuels)
  • ou des amoureuses transies (oui des connes quoi !) qui se laissent emporter par leurs émotions (surtout quand elles ont leurs règles, vu qu’elles sont surtout des utérus) »

c’est simplement recracher primairement le message de la société patriarcale qui sert à alimenter la domination masculine. Y a pas moins subtil qu’une blague sur les blondes. D’ailleurs c’est tellement pas subtil qu’on sait déjà la fin quand ça commence par « C’est une blonde qui… ». Il n’y a pas plus bourrin qu’une énième illustration réduisant une femme à un bout de viande, d’un conformisme abruti dans un contexte de matraquage culturel. 3

Bref, de l’anti-Desproges. Lui prend à contre-pied les idées reçues, ou les tord de telle manière qu’elles n’ont plus rien à voir avec ce que le raciste, ou l’antisémite osera dire au comptoir. Quand il commence un sketch sur les juifs par ces deux phrases : « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle, vous pouvez rester. Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale, beaucoup de juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. » Il installe son contexte, sans reprendre bêtement celui que la société propose (du moins sur cet exemple).

Non, je n’ai pas d’humour quand j’entends ces blagues misogynes dégueulasses. Et il n’y en a pas de mieux qui rattrape le reste. Je gerbe devant les appels au viol cachés derrière vos plaisanteries. Je rage devant cette folklorisation de la prostitution qui oublie (et surtout qui n’en a rien à foutre) que ces femmes sont esclaves d’un système de proxénétisme inhumain.

En fin de compte, Desproges a raison en disant qu’on peut rire de tout. Mais encore faut-il être drôle. Car la supposition selon laquelle le « n’importe qui » est forcément celui qui va subir la blague vaseuse est déjà une interprétation douteuse. Ça me rappelle une histoire d’ailleurs. vous savez celle des médecins qui procédaient aux saignées pour soigner leurs patients au Moyen-Âge. Quand leur état empirait, les médecins disaient que le patient n’avait « pas répondu au traitement ». Manière de dire que le problème, ce n’est surtout pas le médecin.

La culture dominante et l’humour

Le fond du problème c’est que, humour ou pas, il y a des choses qui ne se disent pas. Ce n’est pas directement qu’elles font saigner nos sensibles oreilles. Je ne suis pas non plus partisan d’un flicage permanent qui irait écouter aux portes ce qui se dit. Simplement ce qui se dit publiquement a des conséquences sociales et s’ancre dans un contexte culturel.1

En conséquence, on ne peut pas prétendre qu’une blague, parce qu’elle serait une blague, échappe à cette règle. Ce serait ignorer que l’humour a toujours accompagné les discriminations et les dominations qui les accompagnent. Les colons se fendaient la poire en parlant des gentils indigènes pas très futés, toute l’Europe antisémite en parlant des Juifs cupides et complotistes. On se marre bien avec ces Arabes voleurs, violents et fainéants.

Non content de s’appuyer sur l’assise culturelle d’une domination, votre humour participe à sa résonance. C’est l’humour du dominant sur le dominé, la condescendance et le mépris déguisés en sourire.

Voilà pourquoi j’assume : « Je n’ai pas d’humour ».

Romain JAMMES

« Pas ce soir chéri, j’ai la migraine… »

Ce mythe, tout le monde le connaît. La migraine, la fatigue, on se lève tôt le matin, on a la flemme, il fait trop chaud, trop froid, trop moyen… Bref, dans un couple, parfois, bah on n’a pas trop envie de faire l’amour. Ça arrive, ça peut ne pas paraître grave avec du recul.

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Seulement voilà, dans une société patriarcale, nous, les mecs, on a envie donc on doit être satisfait. C’est comme ça, c’est la domination masculine. Alors comme il faut bien convaincre notre partenaire de passer au billot (avec des formes franchement moyennes parfois), on invente une culture de soumission volontaire. Alors Elle, grand magazine progressiste, s’est donc essayé à l’exercice. Un article, Faut-il se forcer à faire l’amour ?, qui est un exemple du genre. Et oui, ils sont bons élèves chez Elle !

Un curieux déséquilibre

Elle annonce tout de suite la couleur. On va vous parler de femmes. Oui parce que, je sais pas si vous étiez au courant, mais en fait le plaisir, pour Elle, c’est surtout un truc d’homme. Donc forcément, avoir envie de sexe c’est un truc masculin. Rassurez-vous, on n’en est pas au premier. On a toujours convaincu les hommes qu’ils avaient des besoins irrépressibles et qu’il fallait qu’ils les assouvissent. D’un autre côté, on a toujours pris soin de ne pas apprendre aux femmes l’étendue du plaisir qu’elles pouvaient avoir. On s’est même entêté jusqu’à leur ôter le clitoris, c’est vous dire si on est con.2

Bref, cette construction culturelle a plusieurs conséquences. On retrouve l’idée selon laquelle les femmes vont faire une faveur en couchant avec un homme. On a le droit à des variantes comme les femmes qui couchent par intérêt pour que leur cher et tendre répare l’étagère du salon. Plus dur, il y a l’idée que c’est un devoir (« Après tout, on est mariés merde ! »). Ou son corollaire : « Pour le maintien de mon couple, il faut bien que je me force un peu… »

Seulement, entre le « pour mon couple », « pour lui faire plaisir », « parce que c’est un devoir » et « pour pas qu’il me foute sur la gueule » y a parfois des nuances assez floues.

La culture normative

Alors l’article analyse un peu ce phénomène. Enfin, ce sont surtout des hommes scientifiques qui interrogent des témoignages de femmes. Histoire de  rien faire de travers. Pour couronner le tout, on a le droit à des psychologues-psychanalystes. De là à dire qu’on fait l’amour parce qu’on a envie de manger son caca il n’y a qu’un pas. Du coup, ce qui est sympa, c’est qu’on y apprend plein de choses très utiles :

  • Entre toutes les raisons pour se forcer, la moins grave, c’est « par amour ». Comme étude scientifique on a fait mieux. Une bonne petite pilule par amour ça passe tout de suite mieux hein. C’est un élément normatif qui n’a souvent pas d’autre rôle. Et il ne marche souvent que dans un sens : « Il m’a tapé dessus mais c’est parce qu’il m’aime ! » Oh c’est mignon…
  • « Dire non très clairement peut souvent dégénérer en une dispute », « C’est une manière de ne pas vexer mon fiancé ». On sort bien du cadre du plaisir ou de l’amour, c’est clairement pour ne pas subir une forme de répression même si l’article l’aborde de manière anodine. On lit même que c’est « pour ne pas blesser son partenaire plus que par abnégation » hum… C’est quoi la différence ?
  • « Si j’ai parfois la flemme de m’y mettre, je ne regrette jamais après », « L’appétit vient en mangeant ». Traduction pour les hommes : Ne vous en faites pas, si elles disent NON au début, ce sera OUI après. Traduction pour les femmes : allez quoi, ça fait mal au début, après ça va mieux !
  • Si ce sujet est « tabou » c’est que nous sommes dans « une société qui érige la libido en valeur maîtresse » dans le couple. Marrant comme l’article réduit la portée d’une pratique qui a plusieurs siècles (voire millénaires).
  • « La femme ne se refuse pas mais dit à son mari : “Dépêche-toi, qu’on en finisse”, ce qui est encore plus violent que de dire non. » D’après l’article, c’est le refus qui est violent, pas la fatalité de la femme qui est forcée. Entre nous, quand on sait qu’on va être torturée, on veut que ce soit le plus court possible.3

Je suis pas en train de dire que l’article fait consciemment l’apologie du viol. Le phénomène est en recul et pris isolement n’est pas si grave. Moi qui ne subis pas la domination masculine et les injonctions qui l’accompagnent, qui ne suis pas pornographié au quotidien et réduit à mon physique comme un outil pour baiser, il m’est arrivé de me forcer sans traumatisme psychologique. Mais prendre uniquement le cas de femmes, sans préciser pourquoi et en décontextualisant, c’est trop gros pour ne pas être une grossière manipulation.

Bref, un article très joyeux qui se conclut sur deux notes qui encensent tout le message. Il faut fermer sa gueule comme dit Lucie : « Mon mot d’ordre ? N’avoue jamais ! Pour préserver un peu de magie, il faut bien garder une part de mystère et d’intime, non ? » et le mot de la fin pour Docteur Nasio : « C’est un acte de maturité ». Vous kiffez ?

Romain JAMMES


L’invention masculine du mois : la pornographie philanthropique

Ah qu’ils sont doués ces hommes. Je vous en parlais pas plus tard que la dernière fois, on a des idées lumineuses, mais le pire de tout ça, c’est qu’on les applique ! Loin de moi l’idée de nier un quelconque génie émanant de certains de mes congénères mais je me demande pourquoi aucun n’a pensé à inventer ce truc salutaire, cette petite conscience qui vous dirait « Non franchement arrête, t’es en train de faire de la merde ».

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Sauf que voilà : ça existe pas. Donc depuis le mec qui s’est pris pour le fils de Dieu, jusqu’à ces fins personnages coupant les clitoris pour ne plus qu’ils existent (et dire qu’on se moque de l’autruche) on a fait un sacré paquet de conneries. Et comme la domination masculine est une source inépuisable d’inspiration, on va pas s’arrêter en si bon chemin.

De l’exploitation caritative

Y’a un mec,… mais genre un mec malin tout ça, tout ça. Il a dû se dire : y’a des gens, ça doit être un peu des militants dans l’âme – genre je file un peu à une association, je signe une pétition – mais pas non plus bézef, juste ce qu’il faut pour se sentir bien dans sa peau. Mais à côté de ça, les conditions des femmes, ils en ont un peu rien à foutre. Et c’est vrai, y’en a un paquet, je peux pas lui retirer. Seulement le moment où le p’tit robot, s’il existait, aurait dû lui dire « non, là, abstiens toi » c’est quand il décide de créer un site porno… caritatif. La vidéo vaut son pesant d’or.

Alors évidemment, le porno ça fait débat. J’en ferai pas tout un plat bien sûr. Y’a ceux qui parlent de libre choix, d’autres qui invoquent la clause artistique. Quoi qu’il en soit, une partie écrasante du porno reprend les archétypes de la domination masculine dans les rapports sociaux. Les femmes sont souvent infériorisées socialement, soumises, voire brutalisées. Bien souvent elles disent non, mais l’homme insistant lourdement elle finit par s’y résoudre : quelle leçon ! Comment s’étonner d’une culture du viol avec ça.

On s’en douterait mais le schéma sexuel est largement centré autour du plaisir masculin. Le fameux triptyque fellation/pénétration/éjaculation sur une partie de la femme, fait souvent office de règle générale. Bref, tout ça ne sent pas le progressisme à plein nez. Mais pire encore, le site met en avant le « sexcam », en gros une femme qui se tord dans tous les sens comme dans une cage, entourée (virtuellement pour le coup), d’un paquet de mecs qui se soulagent pour l’occasion. Bref, une femme réduite en bête de foire, et une sacrée boule au ventre quand on est féministe.

Bref, déguiser cette exploitation derrière les dons à des associations, c’est quand même une sacrée hypocrisie. C’est comme si un site raciste proposait de faire un don au Planning Familial. Je sais pas pour vous mais moi j’aurais quelques doutes sur ses valeurs (euphémisme – Oui maintenant je fais un guide parce que certains ne saisissent pas toutes les figurent de style de ce blog).

Allons plus loin

Au fond, ce qui me dérange le plus, c’est pas qu’un illuminé ait eu cette idée. C’est que son truc, ça peut éventuellement fonctionner. Alors j’ai pas fait d’étude de marché, mais je vois un bon paquet d’abrutis, toutes tendances confondues qui, une fois le mouchoir plein, auront l’impression d’avoir fait une bonne action. Si c’est pas magnifique la vie.

Alors j’ai un pote qui me dit : « La prochaine fois ils feront ça à des prostituées ». Improbable ? Pas tant que ça : régularisation de la prostitution, quelques maisons closes et une concurrence féroce comme en connaissent quelques pays. En plus de tirer les conditions de travail vers le bas, ça peut bien créer des concepts originaux. Après Gauche-Rencontre et Benevidz, découvrez gauche-prostituée. Vous payez 30 euros votre gâterie ? 2 euros sont reversés pour faire un puits en Afrique ou soigner les pandas. (Quoi ? Non j’ai rien contre les pandas. Enfin, avouez qu’ils sont énervants… Non ?)

Tout ça pour dire que :

  • Le caritatif se fout parfois (on me souffle « toujours ») bien de la gueule du monde.
  • Qu’on a beau avoir le cœur sur la main, on n’en est pas pour autant féministe.

C’est à croire qu’il faudrait rappeler que les femmes sont des êtres humains…

Romain Jammes


On a testé pour vous : les sondages sexistes de ELLE !

Tadaam, c’est l’été, le soleil, il fait 35°C à Toulouse… mais quand le soleil se couche. Bref, la chaleur retrouvée donne des envies de baignades, de lezardage intense au bord des lacs de Haute-Garonne ou de la piscine Chapou. Mais comme la domination masculine ne fait pas de pause, Elle vous propose un numéro d’été pour bien garder les neurones en place.

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C’est quoi la pilule ce coup-ci ? Une petite enquête Ifop (en version détaillée ici), vous savez le genre de sondages où on vous explique ce que pensent la majorité des gens pour que vous compreniez que vous avez tord. Bref, ici, pas question d’opinion politique (c’est Elle quoi !) mais juste de savoir quel homme politique séduit le plus les Françaises…

Question de femmes ?

Déjà, ça commence pas super. Mais bon, on bien le droit de traiter de manière décalée nos dirigeants politiques. Ça fait pas de mal en soi (si y a la manière) et pour tout dire, une des premières formes d’expression populaire désacralisant le Roi était bien de se moquer de lui.

À la rigueur, on peut aussi se dire qu’il doit exister un sondage inverse genre « Les femmes politiques les plus séduisantes aux yeux des Français ». Petite recherche gogole tout ça tout ça… Bah c’est pas si évident. Ça existe dans certains recoins du web… Mais vous comprenez, les hommes c’est du sérieux, ça débat des idées etc… donc faut pas déconner. Je ne parle même pas des hommes politiques séduisants aux yeux des Français, ou des Femmes politiques aux yeux des françaises. Là, ça frise l’aversion !

C’est quoi être séduisant ?

Mais là où l’enquête est balèze, c’est sur le choix des questions. Après tout, c’est un vrai débat : c’est quoi un mec séduisant ? Accrochez-vous, messieurs hétéros, prenez des notes, on embarque dans le monde merveilleux de Elle et d’ Ifop.

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  • « Les hommes politiques avec lesquels les Françaises pourraient avoir une aventure estivale ». En gros, « lequel pour un plan cul au bord de la plage ». Question plutôt normale dans le contexte. Valls est premier (c’est vrai qu’il est beau gosse). Je n’apparaîs pas dans les statistiques (roh merde).
  • « Les hommes politiques auxquels les Françaises feraient confiance pour mettre l’ambiance ». T’es un boute-en-train, t’es sociable, tu fais la fête, du danse et/ou tu chantes. C’est vrai que ça séduit. Jusque-là rien à dire. Montebourg et Valls en tête ? J’ai du mal à imaginer, mais bon, les goûts, les couleurs, tout ça. (Je note que Mélenchon, seul que j’ai côtoyé en soirée est à 4 pts des premiers, faut voir son déhanché aussi.)

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  • « Les hommes politiques auxquels les Françaises feraient confiance pour les sauver en cas d’incendie ». Aïe, ça se gâte. Voilà qu’apparaît comme par magie le mythe du prince charmant qui va venir sauver la princesse dans sa tour en feu. L’homme qui brave les dangers, chevauchant sa monture immaculée. Bref, un des piliers des représentations sexistes. Manuel Valls est de loin le premier, mais c’est de la triche, il est Ministre de l’Intérieur, il a plus de moyens que moi. Cela dit j’imagine assez mal une femme se faire ce scénario dans la tête quand elle rencontre un homme : « Ah Manu, je voulais savoir par curiosité, tu as des habits ignifugés toi ? »

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  • « L‘homme politique auquel les femmes feraient confiance pour les consoler en cas de chagrin d’amour ». Et ça continue. Évidemment, les femmes sont émotives comme pas deux, elles fondent en larmes pour un oui ou pour un non et ce sont des amoureuses transies qui ont besoin du réconfort d’un homme dur et brave. Valls est encore en tête, décidément Manu… Je vais ptete racheter un costume moi.

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  • « L‘homme politique auquel les femmes pourraient confier leurs enfants ». Enfin, celui auquel on peut s’attendre, le typique bagage accompagné sans lequel on ne peut entendre le mot « femme » : ce sont les enfants. Oui, forcément, une femme c’est un être dont le rôle premier est d’enfanter. Donc le critère des enfants ne peut pas être absent dans la séduction. Non mais allô ! Une femme qui ne veut pas d’enfant quoi ?!! Réveille-toi, reviens dans le monde réel, ce sont des utérus sur pattes. J’imagine encore une fois la femme demander « Et sinon Manu, tu sais changer les couches des bébés ? » Alors que tout le monde sait que les hommes, c’est pas leur truc… (ahem !)

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Bref, pour séduire une femme, faut être sociable et avoir du sex-appeal, pourquoi pas. Mais il faut aussi savoir les secourir quand elles sont en détresse et savoir les consoler de leurs intenses et incontrôlables émotions parce qu’après tout, ce sont de faibles créatures, c’est scientifique d’ailleurs. Enfin, il faut savoir s’occuper des enfants, au cas où, parce que bon en temps normal c’est elle quoi. Mais elle doit pouvoir vous les « confier », genre provisoirement, puisqu’ils sont indétectables de son identité de femme…

Voilà, fin prêtes pour l’été ?

Romain JAMMES

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On a testé pour vous : le harcèlement !

J’ai un truc qui me démange, sur la langue un goût étrange, comme une crampe à la phalange. Hey ! Oui je me plains tout le temps. Déjà, il paraît que c’est un sport national,  ensuite, c’est quand même la base quand on est de gauche. Par ailleurs, c’est nécessaire, voire épidermique, quand on est féministe. C’est vous dire si j’ai des circonstances atténuantes.

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Alors je fais pas la tête dure pour faire genre. C’est que, quand même, nous sommes doués, nous les mecs, pour donner toutes les raisons aux féministes de monter au plafond. Je crois qu’on ne perçois pas la chance que l’on a que ne soit pas (encore) légale l’émasculation pour propos sexistes.

« Bon il s’est passé quoi (encore) ? » Bah ce qui se passe tous les jours pour des milliers de femmes. Le harcèlement quotidien, le matraquage pour les réduire à un bout de viande de la part des hommes, cette impression diffuse qu’il existe aucun refuge pour en échapper.

Une histoire banale

C’est l’histoire banale d’une jeune femme, Alex (j’ai changé le nom), dans les rues de Toulouse. L’histoire ne dit pas si elle est belle ou pas. Vous savez pourquoi ? Parce que ce n’est pas la question, malgré ce que certains s’obstinent à croire. Alex, comme toutes les toulousaines elle l’a un peu mauvaise qu’on ait eu un printemps de merde. Donc comme le soleil pointe son nez ces derniers jours. Ni une ni deux, elle a eu l’outrecuidance de sortir une jupe.

L’histoire ne raconte pas non plus la taille de la jupe. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est pas la question, malgré ce que certains s’obstinent à croire. Pourtant, mettre une jupe c’est légal non ? C’est pas plus immoral qu’un short, ou qu’un jean. Ce serait une provocation, ça n’en ferait pas un argument pour ne pas en mettre, mais quand même, on est civilisés maintenant…

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Comme on s’y attend, cette femme se baladant dans la rue se prend des remarques qu’elle tente tant bien que mal d’ignorer. C’est dur, car ça fait mal. Étrangement, on pourrait croire qu’au bout d’un moment il y a une sorte d’anesthésie. Mais là non. L’histoire ne s’arrête pas là. Alex se fait soudainement agripper par un homme qui cherche à l’emmener quelque-part. Elle ne comprend pas, elle ne lui a rien fait. Il la tient fermement par le poignet, puis fini par lâcher prise, comme s’il s’étonnait qu’elle se débatte. Un flot d’insulte se déverse de sa bouche haineuse, Alex fuit la larme à l’œil. Dès l’instant la culpabilité la bouffe de l’intérieur. Elle se demande se qui cloche chez elle. Si elle n’envoie pas des signes à son insu.

Elle pense à sa jupe, naturellement. Elle hésite, puis décide de rentrer se changer. Allez, ça suffit, si c’est pour passer une journée comme ça. Alex enfile un pantalon, et met une écharpe pour cacher son décolleté. « La prochaine fois ce sera un voile intégral ? » se demande-t-elle. Elle a conscience que c’est capituler, mais elle veut aussi la paix, pouvoir se promener tranquillement.

Mais ce que l’histoire n’aurait pas dû dire non plus c’est sa tenue. Vous savez pourquoi ? CADA JOUEParce que ce n’est pas la question. Et oui, couverte « bien comme il faut » Alex pensait être convenir aux codes cette société patriarcale. C’est sous-estimer l’oppression masculine. Un peu plus tard dans la journée elle se fait suivre pendant un certain temps par un homme. Paniquée, elle fini par le perdre en entrant dans un métro de justesse. Sur place, un autre vient rapidement l’aborder. Cette fois c’est trop ! Alex rentre en sanglot se coucher. Il est 16h00.

C’est quoi ton problème ?

Alex appelle un ami, elle cherche du soutien. Elle sait que ce n’est pas normal, mais elle se sent physiquement illégitime à s’habiller comme elle veut, à marcher même en public. On lui fait comprendre que ce n’est pas sa place. Elle est bien à la maison quoi.

Pour partager sa colère, Alex post un statut facebook. Un mec lui répond « Tu es trop jolie Alex, c’est pour ça ». Elle tombe des nues. Que dire, que faire ? Même ici un mec vient la réduire à son physique. Elle éteint son ordinateur, se tait et s’endort. Son silence, c’est celui de la colère et de l’impuissance. Ce n’est pas qu’elle n’a rien à dire. Dans sa tête sa réponse se compose toute seule

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« Petite Merde » (NDLR : En général, les 2 premiers mots d’un conversation sont particulièrement adaptés à une mise en situation. Cela permet d’être assez clair quand au ton utilisé pour l’échange. Ici on devine facilement l’hostilité du propos qui va suivre) « C’est quoi ton problème putain ? T’as que ça à foutre ? Est-ce que comprend ce que tu es en train de dire ? Je me fais harceler, à la limite de l’agression, je me fais suivre et aborder à longueur de temps. Et toi, ton explication dans ton petite crâne de mec c’est que je suis trop jolie ? Ca veut dire que le problème il est pas dans ces connards il est à trouver chez moi ? C’est à moi de m’adapter, d’être « moins belle » ? J’en crois pas un mot. Ou est-ce que vous avez des pulsions animales irrépressibles ? Foutaises.

Alors rigolade, compliment ou pas j’en ai rien à foutre, tu as pas à dire ça. D’ailleurs, message à tous les vieux cons libidineux sur Facebook qui font des commentaires mielleux et à vomir sur mes photos dès que j’en ajoute. Allez vous faire foutre. Allez lécher d’autres culs, vous êtes les premiers à aimer mes publications féministes, dès que c’est dans la pratique, y a un truc qui bloque, comme une testicule qui s’est glissée dans un canal de réflexion primaire et qui empêche l’utilisation de 90% de votre cerveau. »6

Solidarité

L’histoire ne dit pas si le mec en question aurait compris. Ce qu’elle dit, c’est qu’il n’était pas forcément mal intentionné. Il pensait peut-être sincèrement réconforter Alex. Pourtant il est complice de la même violence globale à laquelle participe ceux qui ont harcelé la jeune femme toute la journée. Seulement voilà, cet homme ne le comprend pas, il ne veut pas le comprendre. Pour lui c’est un compliment, un simple compliment. Il aimerait bien qu’on lui dise à lui, au fond.

Consciente ou non, la solidarité existe avec les agresseur et elle se fait à différents degrés et différentes échelles. C’est cet homme qui réduit l’affaire au physique d’Alex, c’est ceux qui vont dire que le problème c’est l’accoutrement : il faut pas provoquer non plus. Plus loin, il y a ce mec (véridique) qui va t’expliquer qu’au fond les petites tenues c’est aussi une forme de violence à l’égard des hommes. Il y a La Dépêche qui va minimiser un viol, ou qui va conclure qu’il faut rester chez soi. Personne ne nie le problème, mais chacun s’attache à démontrer qu’au fond, c’est surtout les femmes…

Romain JAMMES

PS : C’est un histoire vrai, et si j’écris ça, c’est en partie pour soutenir cette amie qui le mérite…