Ce que l’on doit à ces riches exilés fiscaux…

Bon cette fois ci c’en est trop. Ca fait plusieurs semaines que j’hésite à écrire sur ce sujet. Mais devant les rebondissements, le tapage incessant, le chantage et les idioties qui s’enchainent, je ne peux plus me contenir. Je sentais déjà cette bosse au niveau de la carotide, celle qui accumule la frustration de ne pas pouvoir tabasser quelqu’un à mort. J’ai déjà deux doudous qui y sont passés. Dans mon sommeil, je rêve que j’étrangle l’amas graisseux qui se dessine sous le chapeau haut-de-forme de ces connards.

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Il est temps d’en finir, de leur dire une bonne fois pour toute, aux riches et à leur garde rapprochée, à quel point ils pourrissent en profondeur notre société !

« Les riches créent l’emploi »

C’est la plus grosse blague que j’ai jamais entendu. On dirait du Bigard tiens ! Pas la viande hein, enfin si d’une certaine manière : un gros bœuf avec autant d’humour que Pinochet avait de compassion. Alors pour quelle raison ces parasites de riches créeraient de l’emploi à votre avis ? La bouffonnerie repose sur l’équation riche = chef d’entreprise.

Outre le fait qu’elle est très largement contestable (la plupart des chefs d’entreprise s’en sortent avec 4000€ en moyenne, c’est confortable mais pas encore criminel) sa conclusion est de toute façon une foutaise. Elle sort complètement l’entreprise de sa composition riches2collective comme du contexte économique. Elle suppose que du moment que le sacrosaint chef d’entreprise se barre, l’entreprise se barre dans sa valise. Or un chef d’entreprise, sans salarié, il est chef de lui-même. Allez, au mieux il est auto-entrepreneur, au pire il crée autant d’emplois qu’un môme qui joue aux poupées dans sa chambre en se prenant pour un tyran. Des ouvriers sans chef d’entreprise, bah ça peut faire une coopérative, et ça, ça produit, ça partage et ça fait avancer la démocratie dans l’appareil de production.

Bon ensuite revenons sur l’équation riche = chef d’entreprise. Il me semble que les derniers événements, et notamment l’exemple de ce bouffon à grand nez ou à moustache (putain je m’y perds !), montre que c’est loin d’être vrai. Les sportifs les plus médiatiques, grassement payés, sont aussi un bel exemple de foutage de gueule. Je m’amuserais bien à compter combien d’emplois crée une petite entreprise dont le chiffre d’affaire équivaut à leur salaire. Ça aurait le mérite de montrer la vraie face de ces parasites.

Conclusion : le riche ne crée pas d’emploi. D’ailleurs c’est l’inverse, en se couvrant d’or, les grands patrons du CAC 40 et leurs actionnaires pillent littéralement la production des travailleurs. Du coup, on compresse toujours la « masse salariale » et le « coût du travail » pour cette poignée de pourritures. Donc on licencie pour payer ces connards tout en disant que si on a encore un peu de travail, c’est grâce à eux. Faut pas se foutre de la gueule du monde. Donc si le riche veut se barrer, bah tant mieux, son entreprise, si il en a une, on la gardera et on en fera une coopérative ou un service public avec des objectifs un peu plus constructifs qu’engrosser le gratin qui a déjà les dents du fond qui baignent depuis la naissance.riches3

« Les riches font marcher l’économie »

L’autre argument, c’est que ces raclures de riches, comme ils sont pétés de pognon, bah ils consomment. Et comme ils consomment, bah ça fait marcher l’économie. Cet argument est d’une stupidité incroyable. Ca pourrait venir de FOG tiens ! Evidemment, ça n’interroge pas d’où vient l’argent que possède les riches. C’est évident, ils doivent le chier. Bien sûr, comme tu as lu le paragraphe précédent, tu sais que c’est en pillant la richesse que créent les travailleurs que les riches s’enrichissent. C’est aussi en touchant ce que papa/maman a accumulé et ce parfois de génération en génération. Même le néo russo-belge, s’il était moins payé, ça permettrait au balayeur du plateau de toucher un peu plus que le SMIC.

Bref, quand on paye moins les riches, l’argent ne disparaît pas, il va à moins riche. Or, dans la vie, ceux qui consomment la plus grande part de ce qu’ils touchent, bah ce sont les pauvres. C’est simple, c’est souvent 100%, allez même parfois c’est 110 ou 120% avec notre société qui pousse à la consommation même quand on a peau de balle. Donc si on prend 1000 euros d’un trou du cul de riche, et qu’on les passe à un chômeur ou un smicard, bah ils vont bien davantage servir à l’économie. Puis si en plus on peut lui permettre d’acheter des produits moins nocifs pour sa santé, on aura fait progresser notre société non ?

Donc, pour résumer, les riches, en accumulant l’argent (en capitalisant quoi), ils ne font pas marcher l’économie, c’est l’inverse ! D’ailleurs les riches n’ont jamais autant consommé, au vu de la croissance du marché du luxe, et l’économie se casse la gueule. Si c’est pas une preuve…

« Taxer les riches ça repousse les talents »

Évidemment, celle là est la plus triste. Faut être un sacré enfoiré pour en venir à là. Déjà faut s’imaginer que ce qui anime le talent, au plus profond de l’humanité, c’est le fric. C’est vrai que des illuminés ont bâti tout un monde autour de ça. Bon, comme ils ont du mal à voir plus loin que leur nombril, pour eux, faire quelque chose sans vouloir casser la banque, ça les dépasse. Je me demande combien de grandes créations de l’humanité se sont basées sur leurriches4 genre de cupidité. Combien au contraire, ont été animées par la beauté de l’art, par la passion, par les convictions des personnes qui les ont portées. Oh, je ne nie pas qu’un travail mérite salaire, mais de là à dire que si une personne ne touche pas des millions avec ses idées, elle va cesser d’en avoir, il y a une certaine marge.

D’ailleurs, l’argent en arrive à ce point d’aliénation de notre société, que la recherche absolue du profit d’une poignée de demeurés tue dans l’œuf des milliers de magnifiques projets. Prenons un domaine qui fait unanimement progresser la société : la médecine. Pour qu’un médicament sorte, il doit passer plusieurs barrages d’actionnaires qui vérifient s’il y a moyen d’en faire un truc rentable, c’est ce que dénoncent les Sanofi par exemple. Dans le cas contraire, le projet s’arrête. Qui repousse le talent ? La sangsue avide de fric ou ceux qui veulent mieux répartir les richesses ?

Bref, si le talent c’est de créer un monde qui marche sur la tête. Qu’ils dégagent, j’en veux pas !

« Les riches … bah non je sais plus »

Là on arrive au point où ils ont plus grand chose à dire. Ou ils ont peur qu’on leur coupe la langue peut-être. Mais qu’ils se rassurent, ce n’est pas fini. En plus de pourrir notre économie, d’atrophier nos capacités créatrices et de créer un monde qui ne marche que sur le fric, les riches détruisent la planète.riches 5

Sans blague ? Oui sans blague ! Et je ne parle pas que de ceux qui sont responsables de massacres comme les p’tits cons qui ont déclenché la première guerre mondiale. Je ne parle pas non plus des philanthropes / vendeurs d’arme aux sympathiques dictatures (On dit dictature sympathique pour une dictature qui ne s’oppose pas aux États-Unis). Je parle de la vie quotidienne des riches : de leur villa qui pourrissent des écosystèmes, de leur 4×4, de leur jet-privé… Vous voyez souvent un riche prendre le métro ?  L’emprunte carbone de ces connards elle est pas belle à voir et c’est pas pour m’dame Martin qui touche le SMIC qu’on veut foutre un aéroport à Notre-Dame-Des-Landes.

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AAAAAAaaaaaah ça m’a fait du bien ! Je m’excuse pour les enfants, tout ça, tout ça… Mais quand je vois comment une poignée de gens se croient tout permis, je me dis qu’il manque un détail dans notre rapport de force. C’en est au point qu’ils vont pleurnicher d’être riches, comme si c’était un calvaire !

J’ai bien une solution à leur proposer, mais ils en auraient des boutons. Cela dit, je leur conseille vivement d’y penser. Les riches fuient comme les nobles d’il y a un peu plus de 2 siècles. Je voudrais pas qu’un accident de parcours les raccourcisse…

Romain JAMMES

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Le SMIC : coup de pouce ou doigt d’honneur ?

Vous en pensez quoi, vous, de ce coup de pouce au SMIC ? Je ne suis pas du genre à faire des procès d’intention, alors naïvement, j’ai davantage pensé au gros pouce de la Société Générale qu’au doigt d’honneur auquel on a eu le droit. Déception, forcément, mais colère surtout, devant le mépris d’une si ridicule augmentation (2%, ce qui, ramené à l’inflation, fait 0,6% d’augmentation effective). C’est que le SMIC, c’est pas la folie des grandeurs ces temps-ci… À peine à 100 € de plus que le seuil de pauvreté (pour ceux qui ont la chance de bosser à plein temps), croyez bien que pour beaucoup c’est le 2 que commence la fin du mois…

Mais pour certains, la gauche au pouvoir, ça veut dire l’augmentation des salaires. Ça parait logique, c’est validé par l’histoire, mais surtout c’est un besoin absolu. L’augmentation des loyers ne connait pas d’égal, et plus largement encore, l’ensemble des dépenses de contraintes aspire une part de plus en plus importante des bas revenus. Des dépenses de contraintes ? Oui, vous savez, les luxes du genre un toit avec de l’eau, de l’électricité, un téléphone, Internet et une assurance. En bref, tout ce qu’on dépense avant de s’acheter un bifteck parce que c’est prélevé directement. Dans l’océan de misère que cela génère, on peut noter toutefois la portée révolutionnaire du retrait brutal d’une telle somme sur les comptes d’autant de monde. C’est Cantona qui doit être content !

Vous comprendrez donc qu’on se fâche tout rouge, mais aussi qu’on ait une peur bleue pour la suite car si en 1981 l’augmentation était de 20%, en 2012 de 2%, je vous laisse deviner ce qui se passera en 2017. Alors je ne pense pas inutile (sinon arrêtez-vous là hein !) de faire ce petit rappel : pourquoi l’augmentation du SMIC ?

Vivre de son travail

Figurez-vous qu’il y a des gens particulièrement malins qui ont vachement réfléchi à notre système démocratique, à commencer par les philosophes des Lumières et les socialistes des XIXe et XXe siècle. Leur idée était assez simple, pour garantir l’égalité politique, il faut limiter les inégalités économiques et notamment permettre à chacun d’être indépendant et de pouvoir vivre décemment de son travail. De vrais gauchistes ! Une indépendance qui permet d’éviter un phénomène assez répandu : la domination sociale du vote.

Alors le SMIC, c’est un peu l’aboutissement de tout ça, matérialisé par le CNR dans son programme et gravé dans le marbre peu après la libération. Alors les analyses des libéraux selon lesquelles le SMIC créerait du chômage et contracterait l’échelle des salaires c’est de la flûte : la question d’un salaire minimum est celle d’une vision de la société, les calculs pingres des bourgeois n’ont pas à y intervenir…

Une mesure féministe

J‘imagine que la plupart d’entre-vous le sait (si je vous l’apprend c’est que je n’ai pas servi à rien), les femmes sont bien moins payées que les hommes dans le monde du travail. Le SMIC est donc déjà relativement efficace en ce qu’un smicard gagnera par heure la même somme qu’une smicarde. De manière général, la contraction de l’échelle des salaires ne peut être qu’une bonne nouvelle pour l’égalité aussi…

Par ailleurs, on ne peut nier le fait que les smicards sont en majorité des smicardes. Et qu’il s’agit d’un salaire horaire. Or, dans notre belle société, les tâches ménagère n’étant pas toujours réparties de manière hyper-progressiste (80% pour les femmes), une écrasante majorité des temps partiels, qui plus est au SMIC, est jalousement accaparée (oh la chance !) par des femmes. L’augmentation du SMIC est donc un des leviers les plus rapides et les plus efficaces pour augmenter le revenu des femmes et leur permettre une plus grande indépendance. Plutôt pas mal non ?

Relancer l’économie, sortir de la crise tout ça tout ça

Là on touche une autre corde sensible. En effet, c’est le moment où ça bloque chez beaucoup de gens qui croient encore que les chroniques économiques de BFM-TV sont faites par des économistes (oh putain l’erreur !) ou que Elkabach a toute sa tête (encore plus grosse erreur !). En effet, pour ces idolâtres libéraux, la logique de l’austérité fait loi. Et pour cause, son principe est simple, garantir et développer les profits des grands investisseurs. Pour cela, rien de plus efficace que de payer à coup de lance-pierre ses salariés et de conquérir de nouveaux marchés grâce aux privatisations. La perte du pouvoir d’achat liée au gel des salaires et à la réduction des minimas sociaux engendre une dégringolade de la consommation, et par là même du chiffre d’affaire de nombreuses entreprises, elle-même obligées de licencier et ainsi de baisser encore le pouvoir d’achat. Les recettes fiscales sur le revenu et la consommation s’effondrent et plombent les comptes publics. La fiscalité injuste des libéraux n’arrange rien et le pays a recours a davantage de prêts ce qui lui coûte d’autant plus en intérêts. La « confiance des marchés » (lol !) tangue et les taux d’intérêt s’envolent, tout comme la dette publique qu’ils emportent avec eux… Pour résoudre tout ça, le FMI et la commission européenne proposent de renflouer les banques détentrices de titres de la dette publique du pays en échange… de plus d’austérité, ce qui aggrave le problème…

Nous, de gauche (ah mais quelle horreur !), on augmente le SMIC en voulant prendre le processus inverse. Augmenter le SMIC c’est augmenter le pouvoir d’achat (oui un smicard augmenté ne met pas son argent sous son matelas). Donc cela augmente la consommation, les carnets de commandes se remplissent et permettent, ô miracle, aux entreprises d’embaucher et d’augmenter ainsi encore le pouvoir d’achat. L’augmentation des recettes fiscales liées aux revenus et à la consommation permet le financement de protections sociales et de services publics ( et résorbe la dette publique, tant qu’à faire). Chacun vit un peu mieux sauf… les actionnaires et les gros salaires car c’est eux la variable d’ajustement. Peut-être aussi les chroniqueurs économiques quand on s’apercevra qu’ils récitaient des conneries depuis le début.

Il ne s’agit donc pas d’augmenter le SMIC malgré la crise mais plutôt comme une solution à la crise. Subtil raisonnement qui est lié à notre capacité à avoir du bon sens. Ça alors !

Vous l’aurez compris, l’augmentation du SMIC, elle est salvatrice pour la gauche. Alors vouloir l’augmenter de si peu c’est se moquer du monde et surtout de cette masse miséreuse qui galère à vivre dans de bonnes conditions. Il n’y a aucune raison, autre que de vouloir lécher le cul au système financier, de ne pas augmenter bien plus les bas salaires. Comme je disais, je ne fais pas de procès d’intention. Alors j’espère que d’ici demain, le gouvernement se rappellera ce qu’est la gauche.

Romain JAMMES