Des crachats sur la tombe de Rémi Fraisse

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Pour ce retour de l’Art et la Manière, j’aurais aimé être plus grandiloquent. Mais je crois que le ton ne s’y prête pas ici. Vous savez parfois, l’indécence atteint de tels sommets qu’on a envie de revenir à des choses simples, épurées, tellement la situation parle de soi.

Dimanche, ça fera 1 an que Rémi Fraisse est mort, sur le lieu du saccage de la forêt de Sivens. Un « anniversaire » qu’on est beaucoup à vouloir commémorer, pour s’être battus à ses côtés et pour avoir partagé les idées pour lesquelles il est mort. Sauf qu’une mort politique, ce n’est pas une mort comme les autres…

Le barrage de Sivens

Je vais pas vous refaire l’historique en détail. Le barrage de Sivens, c’est le genre de projet qui traine dans les tiroirs de notre bureaucratie depuis des décennies. Comme un fameux aéroport près de Nantes. Bref, un projet qui date, et pour lequel les agriculteurs (en fait, la FNSEA) reviennent régulièrement à la charge.

Pourquoi un tel barrage ? Théoriquement pour permettre l’irrigation des champs de maïs… Parce que le maïs, à la base, c’est pas forcément fait pour pousser dans le Tarn. Derrière le projet, il y a donc le débat sur le modèle agricole qu’on souhaite. Le barrage est sur-dimensionné, les enquêtes publiques et les institutions écolo (FNE,…) font la gueule mais il en va de la virilité du porteur de projet qui s’obstine à faire plaisir à son électorat : le président du Conseil Général.

Chemin faisant, les contestations prennent de l’ampleur, et l’affrontement devient logique. Une ZAD s’installe à Sivens pour « empêcher » la destruction d’une partie de la forêt (d’autant qu’elle a commencé en toute illégalité). Le 25 octobre a lieu le premier grand rassemblement national.

Le jour J

Ce jour nous sommes pas mal à être sur place. Les potes et moi on est venus 2 ou 3 fois filer des coups de mains, des vivres pour ceux qui restent la nuit. C’est un samedi, il n’y a pas de chantier, rien a protéger, pourtant, les flics sont là et de manière ostentatoire à partir d’une certaine heure. Pour quelle raison ? Protéger les arbres déjà coupés ? Ceux qui vont l’être ?

Logiquement, les affrontements ont fini par arriver. Cette provocation en amenant d’autres… Rémi se prend une grenade offensive dans le dos, une des nombreuses jetées ce soir là. 70 grammes de charges explosives, le type d’arme qu’on utilisait dans les tranchées de la grande guerre… normal. Paniqués, les flics le trainent sur 40 mètres pour cacher le corps.

La nouvelle nous arrive le lendemain. Pour l’Intérieur pas de doute sur la raison du décès, mais rien ne filtre et les pouvoirs publics laissent aller les rumeurs. Les parents de Rémi apprendront par la presse la raison de la mort de leur fils… On a fait plus délicat, et c’est le début d’une gestion plus que honteuse du drame.

Cracher sur sa tombe ?

J’aurais aimé que l’expression soit vraie. En vérité, Rémi Fraisse n’a toujours pas de tombe. Et il s’est écoulé plusieurs semaines avant que sa famille ne puisse voir le corps. Suite au drame le gouvernement essaye de calmer le jeu et laisse les milices de la FNSEA se charger des zadistes qui restent. Les violences se multiplient à leur égard, comme à l’égard des habitants qui osent les aider. Comme depuis le début, la presse fait le garde chiourme.

Identifier la responsabilité de la mort de Rémi n’est pas facile, au final il n’y en aura pas. Est-ce que c’est le flic qui a jeté la grenade ? Celui qui lui a dit de le faire ? Celui qui a prévu l’opération ? Le Préfet ? Le Ministre ? Non, rien de tout ça : c’est la faute à pas de chance.

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Un drôle d’anniversaire

Mais ce n’est que le début. Un an après, le conflit est toujours chaud. Les collectifs contre le barrage veulent organiser une marche commémorative à Sivens. La FNSEA annonce un rassemblement au même lieu en faisant planer des menaces sur ceux qui viendront. La maire de Lisle-sur-Tarn et le préfet prennent ce prétexte pour interdire le rassemblement. Après avoir laissé faire sa milice, les autorités publiques se font dicter leurs décisions par la FNSEA… Tout va bien.

Un rassemblement officiel est donc organisé à Plaisance du Touch, près de Toulouse. Après avoir caché les raisons de la mort de Rémi, y compris aux parents. Après avoir louvoyé pour se renvoyer la patate chaude des responsabilités, après avoir empêché la famille de voir le corps, de pouvoir l’enterrer encore aujourd’hui… Même la commémoration de sa mort est méprisée.

Dimanche, avec d’autres, j’irai donc à Sivens pour ne pas me laisser intimider de cette manière. J’irais pour rendre honneur à Rémi et à toutes celles et tous ceux qui ont lutté, y compris violemment, contre ce projet destructeur. J’irais pour dénoncer l’indécence de cette situation, cette façon abjecte de cracher sur sa tombe…

Romain JAMMES

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Histoire d’une chasse à l’homme à Toulouse

Bien qu’un peu romancée, cette histoire est arrivée, ce mercredi 22 mai. (lien)

Ce matin ressemble à beaucoup d’autres. Le ciel voilé tire un trait de lumière grisâtre dans la pièce noire. Nordine ne dort plus que d’un œil, il attend sans hâte le son du réveil, celui qui, tous les matins le rappelle à une réalité glacée.

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Il est 7h00, ses draps humides témoignent d’une nuit agitée, une de plus. L’angoisse quotidienne l’étreint jusqu’au plus profond de la couette. Comme un moment de stress que l’on revit 1000 fois dans son sommeil : 1000 coups de poignard, parfois 1000 ruptures ou 1000 chutes dans un vide infini. Lui rêve de ces uniformes bleus, d’une journée qui tourne mal, de la froideur kafkaïenne des murs de la préfecture. La sonnerie dissipe la brume de son esprit, Nordine se lève dans un gémissement de fatigue. Ses pieds l’amènent non sans mal vers la cabine de douche. L’eau chaude finit de l’éveiller mais il s’attache à ne pas penser trop vite pour profiter ce cet instant hors du temps où son esprit est vide. Le jet lui masse les épaules et le crâne, il ne s’en lassera jamais. Il prend une nouvelle peau chaque matin, comme un nouveau né qui affronte pour la première fois la rudesse du monde.nordine4

Les nuages noirs du sachet de thé colorent sa tasse d’eau claire. Quelques vêtements enfilés, Nordine l’avale en faisant la grimace. Un peu fort. Un regard dans un miroir de fortune avant de passer la porte. Ses grands yeux tranchent avec son corps d’ébène et sa barbe naissante durcit son visage. Nordine se demande s’il est toujours séduisant, l’idée le fait sourire. Il sort.

La jungle de béton

8h00 : Le printemps a des allures d’hiver. Mais quelle que soit la saison, l’arène du monde est un danger permanent. Comme une immense jungle où la nature impose sa loi. Dans ce monde, il y a des prédateurs et des proies. Certaines proies se battent, d’autres se cachent. Elles se glissent dans le flot quotidien de la vie, se fondent dans le décor comme des caméléons. Il simule l’hypocrisie de cette société qui attribue des rôles comme un metteur en scène. Il s’amuse de ces jolis noms d’arbres qu’on donne aux tours dans sa forêt de béton. Nordine a vite compris les ficèles, il ne moufte pas. Il porte un masque, tous les jours, joue un personnage froid et insensible.

Insensible, il aimerait l’être, mais il est trop humain pour cela. La peur quotidienne l’enchaîne dans une prison glaciale. Il sait que sa vie quotidienne ne tient à rien : un regard de nordine3travers, un événement dont il serait témoin, le simple fait d’être tombé au mauvais endroit au mauvais moment. Cette société le terrifie, c’est un poison qui lui tord les boyaux, comme des lunettes qui l’empêchent de voir la beauté du monde, qui l’empêchent de vivre, tout simplement.

Le refuge

8h30 : Nordine est en avance. C’est comme souvent, il n’a jamais pris le pli du quart d’heure toulousain. Tous les jours, il vient ici. C’est l’association TO7 (Toulouse Ouverture), de petits locaux au cœur de la Reynerie. Des femmes et des hommes pleins de chaleur aident les gens du quartier à trouver du travail ou à faire différentes démarches. Parfois ils les écoutent et discutent tout simplement. Ici, Nordine suit des cours d’alphabétisation. Il aimerait que ça l’aide à avoir un travail, des papiers. Bref, il y construit son avenir.

Quand il est à l’intérieur, Nordine se sent chez lui. Il se sent même mieux que chez lui, dans son appartement minimaliste. La peur qui l’assaille cesse momentanément. Il parle, rie, s’amuse et échange. Il se sent un être humain comme nulle part ailleurs. C’est un refuge, comme un sanctuaire au climat hostile de l’extérieur. Ça lui fait du bien.

La chute

8h40 : Les membres de l’association s’activent pour préparer les locaux. Nordine attend patiemment. Il se pose à la table devant la porte, pense déjà au café salutaire qu’il tiendra entre ses mains dans quelques minutes.

« Bonjour monsieur ! » Une voix grave l’arrache à ses pensées. Il sursaute et lève la tête. Son cœur se serre quand il aperçoit un uniforme de la police. Il tente de garder son calme mais sent que ses mains ne demandent qu’à trembler. Ses jambes lui disent de courir, vite, loin, mais il reste. Après-tout, il a déjà parlé à des agents sans soucis.

« – Bonjour.

– Vous auriez vos papiers, je vous prie ?

– J’en ai pas monsieur

– Très bien, vous allez nous suivre jusqu’à la voiture ? »

Tout va si vite. Nourdine sent que la situation lui échappe, aucune issue possible, il regarde autour de lui, comme un appel à l’aide. Les murs semblent s’effondrer, le paysage se transforme à jamais, comme s’il ne se tiendrait plus jamais ici et que son cerveau effaçait déjà la mémoire douloureuse de ce moment où tout a basculé. Les salariés et bénévoles de l’association sortent. Ils discutent avec l’agent et ses deux collègues venus en renfort. Nordine n’entend plus rien, la scène est floue et on l’amène fermement jusqu’à la voiture…et le centre de rétention le plus proche.nordine2

Les coups qui font le plus mal sont ceux qu’on ne voit pas arriver. Chaque seconde Nordine attend ce moment. Chaque seconde il s’y prépare, se méfie, sans paraître, mais se protège inconsciemment pour que la chute ne soit pas trop rude. Chaque seconde, sauf quand il est ici, là où ils l’ont arrêté. Le poignard a frappé en plein cœur. Il a mal.

La solidarité

Terrifiés, ce sont ces militants qui le sont. En 30 ans d’existence de l’association, jamais les forces de l’ordre n’avaient osé un tel geste. TO7 est reconnu de tous, y compris de la préfecture, pour son travail utile et pour sa solidarité. Un refuge, comme une trêve dans une chasse à l’homme quotidienne initiée par Sarkozy et amplifiée par Manuel Valls.

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Le message fait vite le tour des réseaux, les organisations s’activent, les communiqués partent, les coups de fils sont passés. Les heures passent et la colère gronde et s’amplifie : il y a des lignes à ne pas passer. Le message de l’État est clair : « nulle part vous n’êtes à l’abri : ni en allant chercher vos enfants à l’école, ni dans ces associations de quartier. » La chasse n’a plus de morale, elle n’a qu’un seul chef : le chiffre !

Le soir venu, la situation n’est plus tenable, Nordine est enfin libéré. À temps pour son cours du soir, belle ironie. Le lendemain, des militants des 4 coins de la ville se retrouvent pour le repas-débat habituel du jeudi midi. On cause de ce qui s’est passé hier. Au choc s’ajoute le dégoût, car malgré la victoire, ce qui reste à la bouche, c’est que dorénavant, plus personne n’est vraiment en paix ici…

Demain la police ira chercher les sans-papiers à la CIMADE. Je dis demain, c’est peut-être aujourd’hui, qui sait. En tout cas c’était hier, mais cet hier là, je ne le souhaite plus à personne…

Romain JAMMES

Retour sur le tape à l’œil sécuritaire.

L‘incident s’est produit mardi dernier. L’intervention du député UMP Eric Ciotti sur l’augmentation « catastrophique » des chiffres de la délinquance, a quelque peu échaudé notre nouveau super flic. Sa réponse mettant en cause les politiques sécuritaires des précédents gouvernements, nous a alors particulièrement surpris. « L’esbroufe c’est vous, l’échec c’est vous, la hausse de la délinquance c’est vous, la suppressions de policiers et de gendarmes c’est vous, le retour du terrorisme dans ce pays c’est vous , la division des français c’est vous ! » osa-t-il conclure. Que lui était il arrivé à notre ministre friand d’esbroufe sécuritaire ? S’était il rendu compte de l’inefficacité de ses propres politiques ? Eh bien non. Tout comme ce gouvernement pétochard, Manu (comme on aime l’appeler par chez nous) s’est gentiment excuser en admettant qu’il s’était laissé emporter par la chaleur de l’assemblée. Le problème, c’est que cette petite incartade soulève des vraies questions.

Depuis près de 20 ans, nous assistons à une surenchère sécuritaire des gouvernements successifs (celui-ci ne faisant pas exception). Le but est simple : répondre aux attentes d’un électorat gavé par des émissions caricaturales sur les banlieues, la délinquance, etc … qui se sent menacé par l’augmentation de la criminalité. Et pour satisfaire les habitants des pavillons aux pelouses verdoyantes situés bien loin des zones sensibles, les gouvernements n’ont pas chômé. Des politiques pénales plus sévères ont été mises en place sans même que l’on se se soucie de leur application, la vidéo surveillance est venue parsemer notre espace publique et une véritable chasse aux sans papiers ainsi qu’aux petits délinquants (mendiants, prostitués, consommateurs de stupéfiants, etc …) a été ouverte. Ainsi, puisque la criminalité qui avait diminué dans les années 90′ semble de retour sous une nouvelle forme, il apparait normal de s’interroger sur l’efficacité des politiques dîtes de « Tolérance zéro ».

Pour l’anecdote, cette politique nous vient tout droit du cerveau de Rudolph Giuliani, un mafioso républicain maire de New York qui fit face à une forte hausse de la criminalité dans sa ville. Comme le retour à la fessée comme outil éducatif, l’idée était que plus on était sévère avec les délinquants moins la délinquance proliférait. Sa politique sera importée en France comme la panacée en matière de lutte contre la délinquance. Mais il s’est avéré qu’elle n’avait que la capacité de satisfaire une partie de l’électorat à court terme, les inconvénients étant loin d’être négligeables.

Le retour à la fessée n’a pas été responsable de la diminution de la délinquance.

Il y a pourtant eu une diminution de la délinquance pendant quelques temps, mais celle-ci, n’a pas été la conséquence de la sévérité de nos élites bien pensantes. Dans le livre « Disorder and decline » de Wesley Skogan si souvent cité par les partisans de la « Tolérance Zéro », la pauvreté et la ségrégation spatiale et raciale sont désignées comme les principaux facteurs de l’augmentation de la criminalité. L’amélioration des conditions matérielles d’existence de la population des quartiers dans les années 90′ a donc entraîné une diminution de la criminalité. A l’inverse, la précarité des emplois accessibles aujourd’hui expliquerait le nouveau regain que connait la délinquance, l’insécurité sociale engendrant nécessairement l’insécurité.

La démographie a elle aussi, joué un rôle dans la baisse du taux de criminalité des années 90′. La légalisation de l’avortement et son accessibilité aux populations les plus modestes, ont largement permis la diminution du nombre d’enfants non désirés délaissés par des familles (souvent mono-parentales) accaparées par un travail précaire.

Le changement de forme du trafic de stupéfiants y est aussi pour beaucoup. Les trafics se cantonnant aujourd’hui dans des réseaux de connaissances et les quartiers, ceux-ci ont alors engendré beaucoup moins de violence. La police a d’ailleurs laissé perdurer les petits trafics dans les quartiers dans le but d’acheter une certaine paix sociale. La récente affaire de la BAC de Marseille est révélatrice de ce phénomène. Je l’avais d’ailleurs observé à Évry, où la police laissait tranquille les dealers de mon quartier et se concentrait essentiellement dans la traque des petits consommateurs.

A cette même époque, je me rendis aussi compte de la quasi-disparition des conflits inter-quartier. Suivant une sorte de « loi de Newton du crime », la violence qui avait atteint de telle proportions au début des années 90′, ne pouvait que redescendre. Les nombreux morts que ces conflits avaient engendré, ont laissé des marques tellement profondes dans la jeunesse des quartiers que les conflits n’ont pas été reproduit.

Bien qu’inutile, la fessée a eu des effets secondaires.

Certes l’augmentation de la présence policière et des contrôles plus ou moins abusifs ont entrainé une baisse de la petite délinquance. Mais la plus grande partie s’est déplacée à la recherche d’environnements moins hostiles où les contrôles ne sont pas systématiques.

De plus la focalisation des forces de police sur cette petite délinquance a eu l’effet de gaspiller les moyens policiers. D’où les problèmes que l’on connait aujourd’hui pour lutter contre la vraie criminalité (gangs, meurtres, trafics de drogues et d’armes etc …). Ceci explique en partie le développement de groupes criminels organisés.

Nous avons aussi vu, ces dernières années, une augmentation des violences policières et des bavures concernant des populations considérées comme « à risques », c’est à dire des jeunes pauvres sûrement issus de l’immigration. Les tensions entre cette frange de la population et la police étant grandissantes, les représailles contre tout ce qui pouvait représenter l’État se sont accrues. Ceci a par ailleurs créé des tensions entre la partie de la population stigmatisée et le reste de la société. L’ostracisation d’une partie de la population a institutionnalisé une forme de racisme. Ce qui fait que dans l’inconscient collectif, tout espace fréquenté par des jeunes, des pauvres ou des populations non blanches est un environnement forcément hostile et dangereux et cela même pour les populations discriminées.

Ainsi le but de cette politique du « m’as tu vu sécuritaire » n’a été que de satisfaire quelques électeurs bien blancs se sentant en danger. Cette politique qui s’appuie déjà sur un diagnostic erroné de la situation, ne propose que des remèdes inappropriés. Ceux -ci n’ont eu que pour résultat d’exclure une frange de la population avec ces réactions (émeutes, replis communautaire, etc…). Alors oui, la droite est responsable de la récente augmentation de la délinquance, mais vous aussi, vous le serez Monsieur Valls, si vous persistez sur cette même voie.

YAGOUBI Florian