Ce court moment où j’ai cru que nous avions un Parlement…

Ô joie, ça y est Manu, t’as reçu l’oint de l’Assemblée pour faire toutes tes bêtises. Ça t’a demandé un peu de finesse pour convaincre l’autre oing, celui qui galbe les fesses confortables de nos députés. Toi l’homme qui voulait abattre les 35 heures et que la franchise poussait à abandonner le nom de socialiste, tu as gagné le vote de l’écrasante majorité de la gauche. Après tout, on a bien le droit de choisir son fossoyeur non ?

Pourtant un moment, on a cru à une étincelle de rébellion. Un petit élan de fierté… parce que franchement, il y a toujours un moment où c’est rasant de se faire piétiner la gueule… Où j’en étais ?… Ah oui, un petit élan de fierté ou une crise d’ado, bref, un peu de débat dans cette république moribonde… Que n’ai-je tu mes faux espoirs avant la douche froide.

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L’Homme du président

Valls, c’est un grand solitaire. Il représente tout à fait cette nouvelle manière de prendre le pouvoir sur un camp politique. Avant, dans un passé pas si lointain et, sauf détail de l’histoire qui m’aurait échappé, dans la même galaxie, un-e militant-e gravissait tranquillou ses échelons, y compris d’apparatchik en participant quelque peu à sa construction idéologique et militante dans le jeu de courants du PS. Chacun avait son groupe qui s’active et essayait de prendre l’ascendant idéologique et technique dans les fédérations. Rocard a eu son courant, Dray a eu SOS racisme puis la Gauche socialiste avec Mélenchon, Hamont les MJS, Un Monde avance, etc…

Sauf que Valls, il ne représente aucun courant : il se représente lui-même. C’est ce qui explique la déculottée qu’il a pris aux primaires et sa capacité à être, au gré du vent, contre le TCE en 2005 mais ultralibéral quand il sent que le filon le mènera loin. Sauf que, passant bien dans les médias, notamment à travers ses prises de positions iconoclastes pour la gauche (autrement dit des positions très à droite) sur les questions de sécurité2 notamment (qui sont manifestement plus importantes que ce qu’on fout dans son assiette), il s’est fait une petite réputation sondagière. Voilà son unique légitimité, avec, éventuellement, Évry, ville qu’on lui a offerte gentiment pour qu’il arrête de faire chier tout le monde.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Parmi les députés, sa ligne poliétique n’est pas spécialement aimée. Au PS, c’est encore pire. Valls a donc simplement été imposé par Hollande comme un fait du prince.

Des gesticulations

Comme on pouvait s’y attendre, ça a montré des dents. Chez EELV d’abord, même si la majorité des parlementaires étaient favorables à entrer au gouvernement. Quelques positions de principe et une bonne opportunité ont eu raison de la stratégie jusque-là adoptée. On avait les prémisses sur le terrain avec les municipales, mais entre ses militants et leurs dirigeants, il y a un gouffre qui permet un éventail de positions impressionnant. D’ailleurs, si beaucoup de militants se sentent plus proches du Front de Gauche, d’emblée, les parlementaires rejettent l’idée de s’opposer au gouvernement. Le conseil fédéral nuance un peu plus, 83% ne veulent pas donner leur confiance à Valls.

Même chose à la gauche du PS, c’est un peu la panique. Le mec que personne ne peut supporter et qui est censé ne rien peser se retrouve Premier ministre. On fait aussi dans le rapport de force gentillet, une centaine de députés font les gros yeux, ça s’emballe un peu et de loin on croirait une petite révolution sur leassemblée nationale et colberts bancs solfériniens. Il y aurait de quoi, la politique menée par Hollande n’a rien à voir avec ce que le parti avait voté, mais bon… De loin.

De loin oui, parce qu’au final, l’élan de révolte s’est fracassé contre le mur du chantage sauce 5e République. Après environ… aucune concession sur le fond, 11 députés socialistes seulement finissent par s’abstenir, 6 EELV (et un contre)… On regarde le tableau et on finit par se dire : « tout ça pour ça », Filoche fait son quatrième ulcère en trois semaines. Bref, tout repart comme avant, mais en pire.

Made in 5e République

Un homme choisi par personne, et des députés incapables de s’y opposer. Je sais pas pour vous, mais moi je trouve le scénar très monarchie républicaine. Roh me regardez pas avec ces yeux ! Je découvre pas que le PS est converti à la 5e République, mais sa logique est poussée à l’extrême ici. Le Parlement n’a d’influence ni sur qui sera ministre, ni sur la ligne politique qui sera appliquée.

Et pour cause, qu’est-ce qui explique qu’aucun socialiste ne ce soit opposé ? Les idées de Valls n’ont pas molli. Rien pour les salariés, ou plutôt si, la promesse de déshabiller leur protection sociale pour arrondir leur fin de mois. Le salaire sera le même, mais la partie socialisée est réduite au profit de la partie individuelle. Le « pacte de responsabilité » déséquilibre encore l’édifice au profit du patronat, déjà 30 milliards promis. Les armes sont données à ceux qui voudront en finir avec cette redistribution de la richesse. La réduction des dépenses publiques s’accélère : 50 milliards annoncés sur tout ce qu’il est possible d’attaquer. Dix milliards rien que sur les collectivités, notamment en découpant à la louche les territoires sans prise avec la réalité.

Je m’étale pas sur le sujet. Le président a eu raison sur le Parlement sans changer une ligne de son axe politique et en mettant le moins rassembleur à la tête du gouvernement. Il en profite pour reprendre en main le PS, qui s’était déjà à moitié transformé en « agence de com’ du gouvernement ». L’impuissance de l’aile gauche saute à la gueule de tout le monde.

De son côté, EELV prend une douche froide. Soit ils sont au gouvernement et ne pèsent rien, soit ils sont en dehors et ne pèsent rien. La dépendance des parlementaires au PS est traînée comme un boulet, et de l’aveu même de Pompili, leur seule manière de mener le rapport de force c’est de menacer de sortir du gouvernement. Oh, zut c’est déjà fait. La politique made in 5e République, c’est aussi oublier que le peuple est un acteur politique, comme il le sera peut-être le 12 avril. Le rejet sous faux prétexte de la main tendue de Mélenchon isole EELV dans une position très instable d’entre-deux.

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S’il fallait retenir une chose des derniers événements, c’est que le Parlement s’est fait écraser par la 5e République. Il a un moment levé la voix, comme s’il avait l’espoir que cela aboutisse à quelque chose, mais il est rentré dans les rangs comme le Sénat derrière Auguste.

Triste République qu’il faudra balayer au plus vite quand le souffle de la colère populaire fera exploser la prison symbolique qui l’enferme. Il faudra la balayer avant qu’elle fasse germer avec la complicité de la société du spectacle les nazillon qui saturent nos antennes.

Romain JAMMES

On a testé pour vous : la langue de bois des plateaux TV

Aaaah comme ça m’avait manqué, ce sentiment de désespoir et en même temps cette si belle ironie des plateaux TV de soirées électorales. Grands moments de télévision qui font baisser soudainement l’intérêt des Guignols, caricature finalement très raisonnable de nos vrai-e-s élu-e-s politiques. Des soirées visionnées en boucle au cours Florent comme des chefs d’œuvre de jeux d’acteurs faisant passer Denis Lavant pour un pauvre amateur.

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« Une élection locale » qu’on vous dit !

Déjà on avait eu les mauvaises prémisses. Vous savez, ce sentiment qu’on a tout au long de la campagne qui vous dit que ça va vraiment être de la merde. Le Front de Gauche était morcelé en plein d’étiquettes histoire que le trio magique Peste, Choléra, Armageddon occupe les colonnes d’analyse. Bien sûr la menace de l’Armageddon ayant pour principal objectif qu’on se dise qu’au fond, la Peste et le Choléra, c’est toujours le moins pire.1

Le discours de la majorité parlementaire était aussi prévisible que le « clic » d’une horloge et aussi fin que Patrick Sébastien… enfin que ses blagues… enfin un peu des deux mais on avait dit pas le physique bordel !… Bref, c’est une putain d’élection locale quoi. C’est même dans son nom : « élections municipales ». Donc tout se passe au niveau municipal. Voilà, les gens ils votent pour leur maire parce qu’il est cool et faut arrêter de penser que ça a un foutu lien avec ce pauvre gouvernement. Que ce soit à peu près les mêmes partis, avec des ministres candidats ou maires sortants, on s’en tape. Qu’on vote partout en France avec des programmes qui clivent autour des mêmes enjeux, on s’en tape. Que l’austérité ait des conséquences directes sur la vie des communes, c’est pas la question. C’est locaaaaaalleeeeuuhhh !! Il va de soi que l’opposition, elle, monte sur ses grands chevaux en appelant solennellement veaux, vaches et cochons à sanctionner le gouvernement.

Sauf que voilà, comme les majorités mènent une politique de merde depuis des années, et qu’en plus du pouce préhenseur on m’a doté d’un truc 5entre mes deux oreilles (un cerveau, ndlr, si tu as eu besoin de lire ces parenthèses tu n’en as pas, désolé). Je vais chercher dans ma mémoire ce qui s’est passé la dernière fois… Comme tous les êtres un minimum (mais vraiment c’est la base, quoi) intelligents, j’ai remarqué — PATATRAS !! — que c’était diamétralement l’inverse. Diantre, me mentirait-on sur TF1-FrTV-M6-BFM-ITélé et tout le reste ? Nooooooooonnnn voyons… quelle idée ?

Les projecteurs

Autre indice qui ne trompe pas : le traitement de la défiance. Car oui, il y a de la défiance. En fait il y a même un immmmmmense ras-le-bol. Mais n’en concluez pas que c’est parce que la politique est la même depuis que Hollande a remplacé Sarkozy qui a remplacé Chirac qui a remplacé Mitterrand et qui étaient tous des candidats du changement qu’on n’a jamais vu.

Non à télé, on fait tellement du journalisme de ouf qu’on parle des faits. Il y aura de l’abstention parce que les gens sont pas contents, voilà. En fait, y aura les gens pas contents qui voteront pas et les gens pas contents qui voteront FN. Et puis comme les gens sont, en effet6, pas contents et qu’on leur explique que dans ce cas, faut voter FN ou ne pas voter, et bah ça finit par faire son effet. C’est pas qu’ils sont idiots, c’est que le matraquage culturel… bah ça marche. Et quand je parle de matraquage, je blague pas, au regard des temps d’antenne accordés aux différents partis avant la campagne officielle.

Et c’est si bien fait que quoi qu’il arrive, on trouve toujours de quoi dire « comme nous l’avions prédit » ; « conformément à nos analyses », « on s’y attendait », etc… De toute évidence, ce n’est pas dans le cahier des charges de ces médias de créer le débat politique. Allez, on met quelques candidats des grosses métropoles qui s’écharpent à une heure creuse pour se donner bonne conscience, mais surtout pas d’analyse des vrais débats d’orientation qui ont lieu, ça risquerait de donner du sens à l’élection…

Le jour-J, enfin le soir-S

Comme la prophétie autoréalisatrice l’annonçait, et surtout, comme les médias ont envie de l’analyser, le trio Peste, Choléra, Armageddon occupent l’antenne. Grosse claque au gouvernement, les intervenants se confondent en formules qui ne 2veulent rien dire. Tout à coup, ce qui n’était pas une élection nationale le devient sans raison.

Les ministres expliquent qu’ils ont pris une claque dans la gueule, mais que c’est certainement à cause de la mauvaise orientation du gouvernement, pensez donc. Ils sont juste « impatients de voir les résultats », ils veulent qu’on « accélère le mouvement ». C’est le tour de magie qui transforme un rejet en une adhésion enthousiaste. En fait, les Français ils sont tellement d’accord avec le gouvernement qu’ils ont pas voté pour ses représentants aux municipales. C’est pourtant pas compliqué merde !! Les journalistes avalent ça comme de la bouillie muesli

Sauf qu’on remanie. Ah bon ?!! Attends, attends, je résume la situation :

  • C’est une élection locale, en fonction d’enjeux locaux. (C’est pratique quand le4 gouvernement fait l’inverse de ce que la gauche est censée faire.)
  • Mais bon, ça peut aussi avoir un sens national, auquel cas ça veut dire qu’on a raison, mais qu’on doit faire encore plus de réformes dans notre sens.
  • Malgré ça, comme le score est mauvais, on remanie…

De là à dire qu’on passe les soirées électorales à pisser dans un violon… Je vous laisse conclure, mais si on veut régler ce qu’on dénonce unanimement (l’abstention), faudrait peut-être se mettre à faire de la politique autre chose qu’une bouillie insensée et un foutage de gueule de masse.

Ah mais avec des si…

Romain JAMMES

Mais… pourquoi Valls ?

Il est 19h30, c’est bon, j’arrête. Jusqu’à aujourd’hui, j’étais un grand fan des bouquins, films ou séries d’intrigue politique. J’adore ces scénarios incroyables, la tension qui bondit et chute puis rebondit sans qu’on l’attende. Des personnages fascinants de caractères, calculateurs certains jours et complètement irrationnels dans d’autres situations.

Depuis House of Card je m’amuse parfois à m’imaginer le dialogue interne dans la tête de Hollande. Mais là je bloque… Pourquoi Valls ?

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Scénario n°1 : Hollande est con

« Pourquoi j’ai nommé Valls ? C’est simple. Mon gouvernement prend la flotte, on est bientôt en négatif en côte de popularité. Bientôt mon nom deviendra une insulte publique. C’est Bernard Tapie qui va être jaloux.

Il faut que j’arrange ça. Les français votent pour le FN et l’UMP, on s’est pris une claque pour les municipales et Valls, plus il expulse, plus il gagne des points. Si je le nomme 1er ministre ça rejaillira nécessairement sur l’ensemble du gouvernement et sur moi… »

Scénario n°2 : Valls a un putain de gros dossier sur Hollande

« Pourquoi Valls ? Je n’ai pas le choix. Valls c’était un proche depuis des années. On ag1 passé des vacances ensemble et on a partagé des expériences peu recommandables. Il a des photos de moi nu avec une cravache, un casque d’équitation et des bottes de pêche qui montent jusqu’à l’entre-jambe.

C’est un peu la loose, quand je vois la proportion qu’a prise mon histoire avec Julie Gayet j’ose à peine imaginer ce genre de chose. Misère… »

Scénario n°3 : Hollande est un mélenchoniste

« Pourquoi Valls ? En vérité, depuis le début, je suis en deal avec Mélenchon. Le but c’était que je gagne en 2012, pour montrer que les sociaux-g4démocrates font pareil que la droite. Donc j’ai plutôt bien commencé, j’ai tout attaqué : les retraites, le droit du travail, les services publics, la démocratie etc…

Mais voilà, honnêtement, le Front de Gauche pendant les municipales c’était pas le grand soir. Le PCF a brouillé les pistes, il a toujours rien compris. Et la gauche est pas allée voter, du coup, si c’est honorable on s’attendait à mieux. Donc il faut que je passe la 2nd.

L’idée elle est simple. Je nomme Valls, ça donne une occasion à EELV de prendre ses distances. Qui sait, ça peut même marcher avec la gauche du PS, elle a laissé entendre qu’elle accepterait pas tout et n’importe quoi. Alors même s’ils sont accrochés au PS comme une moule sur un rocher, un moment ça devrait craquer… non ?

Donc ça donne l’opportunité au Front de Gauche de construire sa majorité alternative et d’arriver au pouvoir pour la révolution citoyenne. C’est beau non ? »

Scénario n°4 : Hollande a perdu un pari

« Pourquoi Valls ? C’est une histoire bête. En décembre dernier, je bouffais au 20 rue du Louvre, et là débarque Valls avec ses potes « whites » et « blancos ». On s’était pas donné le mot, c’était assez fou. Y en a plein de foutus restaus chics à Paris quoi. Et je pensais qu’il était plutôt genre Fouquet’s ou Kebab à l’Agora (à Evry, ndlr), comme quoi tout arrive.

Il s’installe à ma table et commande une caisse de Montagne de Reims et du poisson pané. La conversation s’emballeg4 vite autour de l’incompétence et de la coupe de cheveux de Jean-Marc (pas Rouillan hein, Ayrault). Bref, après quelques bouteilles, on finit à ramper sur les quais de Jussieu avant qu’il pari le poste de 1er ministre qu’il traverse la scène à la nage plus vite que moi.

C’était plié d’avance mais comme un con j’ai accepté. Donc je lui ai promis qu’après la débâcle des municipales il aurait ce qu’il voulait. »

Scénario n°5 : Hollande est de droite

« Pourquoi Valls ? Vous n’avez toujours pas compris ? J’en ai ma claque de la gauche. Depuis le début, je regrette d’avoir choisi ce camp-là. Je suis obligé de me taper les hippies d’EELV, les dinosaures du PRG, et de faire les yeux doux aux communistes pour pas qu’ils deviennent tous comme Mélenchon.

Non mais je veux plus de tout ça, je veux me débarrasser de tout ce qui ressemble à la gauche dans ce gouvernement et finir la transition libérale que j’ai initié au PS quand j’étais à sa tête. On a construit un nouveau parti de droite, super ! Enfin j’arrive au moment clef où, si tout se passe bien, une partie de la gauche décroche et me laisse enfin les mains libres.

Je n’espère qu’une chose, c’est que ces cons à gauche vont rester divisés, comme ça ils enterreront pour de bon leur chance d’accéder au pouvoir… »

L’avenir nous dira lequel de ces scénarii est le plus proche de la réalité. En attendant, manifestement le cap que compte changer Hollande, ce n’est pas celui qu’on attendait. Alors la riposte a intérêt à être aussi dure que les matraques des CRS que Manu a tant aimé diriger…

Romain JAMMES

 

Comment Hollande applique le programme du MEDEF…

Je sais pas pour vous, mais moi j’ai sérieusement l’impression que la poignée de réactionnaire qui s’est baladée à Paris ce dimanche a sacrément occulté un partie incroyable de l’actualité. Certes leur capacité à se compter a de quoi étonner, mais rappelons nous que la plupart d’entre eux pensent dur comme fer qu’une femme vierge a accouché du fils de Dieu et que Eve est sortie de la côte d’Adam.

G5 PATRONAL DU MEDEF

Pourtant une chose très grave c’est passé cette semaine. C’est l’accord emploi signé par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CFE/CGC. Oui, en général ce genre d’accord ça sent pas bon, ça rappelle quelques douloureux souvenirs. Et « Oh surprise ! » on s’est pas trompé !

La méthode : laisser le Medef gouverner

Bon moi, Hollande, j’ai voté pour lui qu’au second tour. N’empêche que quand on élit un Président ou une Assemblée, en règle générale, c’est pour qu’ils gouvernent. Vous savez gouverner genre : « avoir un programme et des projets politiques, faire des arbitrages, défendre l’intérêt général » tout ça tout ça,… Mais y a aussi la méthode capitaine de pédalo. Enfin c’est la méthode : « je vais faire la réforme que le patronat attend depuis des années mais si je l’annonce comme ça je vais me faire cartonner la gueule ». Dans ce cas, le capitaine lâche la barre, et les vagues lui donnent le cap.

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Donc méthode simple : on fout les syndicats et le MEDEF ensemble avec une petite règle du jeu. Y a un ultimatum, c’est le MEDEF qui écrit la première trame de discussion, puis si y a la moitié des syndicats qui vend son âme au diable, on enferme tous les salariés. Sciemment, cette méthode écarte la CGT et FO pour donner la décision aux traitres qui ont signé ledit torchon. Pour résumer, on fait des accords entre le MEDEF sans la CGT, ni FO. Qui peut croire que ça va aller dans le sens des salariés ? Ils sont même pas représenté à majorité par le cartel des jaunes pisse ! Bref, le capitaine lâche la barre mais il sait le sens du courant… On me la fait pas !

Le résultat ? Un recul historique

L’arrangement trouvé ferait pâlir un social-démocrate. Ce qui a été obtenu par les salariés ? Quelques broutilles. L’élargissement des droits rechargeables à l’assurance chômage ne se fera pas tout de suite, elle ne coûte rien, et elle pré-suppose que les chômeurs attendent volontairement la fin de leurs indemnités avant de retrouver (en claquant20061101102305_precarite-650 des doigts) un emploi. L’extension des complémentaires santé va dans le sens inverse de l’ambition de la sécurité sociale. C’est surtout le pactole pour les assurances privées, et celles choisies par l’employeur, histoire qu’il y ait copinage. L’encadrement du temps partiel est un immense écran de fumée avec 1000 dérogations et une modulation à l’année à la discrétion de l’employeur. Le droit à la formation ne change quasiment rien, par rapport à l’état actuel des choses et on a du mal à voir à quoi sert la mobilité volontaire. Enfin, la taxation des CDD courts est minimale et se fait en échange de 150 millions d’exonération sur certains CDI.

Côté patronat, par contre, on s’est gavé. On compte une facilitation hypocrite de la mobilité imposée et la création de barèmes d’indemnisation des salariés en cas de conciliation aux prud’hommes. Le patronat fait des économies sur le licenciement et encadre même la contestation des plans sociaux. Sans dec’.

Hiérarchie des normes et CDI

Mais le pire, c’est ça. Depuis des années, le MEDEF rêve de pouvoir imposer des accords aux les salariés : des accords qui puissent déroger à la loi. Évidemment c’était déjà le cas si l’accord était plus favorable au salarié auquel cas il s’applique à tous les travailleurs. Déjà Sarkozy avait enfoncé une brèche. Hollande fini magnifiquement le travail. Un accord pourra s’imposer aux salariés à travers un processus aussi représentatif que celui qui accouche de 21_10_11_emploi_precarite_CDD_CDIcette plaisanterie. Si un salarié le refuse, il sera licencié sans aucun des droits du licenciement économique. Le rapport de force local du patronat permet d’effacer le code du travail. Si c’est pas un retour à l’âge de pierre

Enfin, le Second totem renversé, c’est le CDI. Dans une « situation exceptionnelle » (je vous rappelle qu’on nous parle de crise depuis les années 80)… Donc je disais, dans une « situation exceptionnelle » l’entreprise pourra faire des « accords » (ce mot me fait rire maintenant) sur la durée et la rémunération du travail. En gros, il pourra, avec la CFDT, décider que vous travaillerez plus, pour moins cher. Mais comme ils sont cool, on pourra quand même pas gagner moins que le SMIC ni travailler plus de 48h par semaine. C’est adorable, ils respectent la loi…

Ah, et l’emploi au fait ?

Je vous ai pas raconté. Non mais ça paraît pas logique comme ça mais ces accords, c’est aussi pour créer de l’emploi. C’est vrai que quand le MEDEF demande à licencier plus facilement, on a du mal à comprendre que c’est pour créer de l’emploi. Détrompez-vous : Precaritedorénavant, avant toute fermeture de site rentable, la direction pourra envisager éventuellement, si le cœur lui en dit, la recherche d’un repreneur.

À part ça rien, si ce n’est plus de précarité, donc une consommation en dent de scie, donc moins de travail, moins d’investissement, et donc plus de chômage. Idem pour les salaires en baisse dans les « cas exceptionnels ». Le modèle est toujours le même, se serrer la ceinture en espérant vendre à l’extérieur. C’est inefficace, c’est dangereux, c’est idiot mais ça rapporte à une poignée d’actionnaires. Comme quoi la crise à bon dos, quand il s’agit simplement de dynamiter le droit du travail. Puis c’est encore plus savoureux quand les socialistes collaborent.

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Le divorce idéologique est consommé. Michel Sapin disait sur le JDD pour expliquer que la « flexibilité » ne le « gêne pas » : « Si une entreprise est obligée de licencier, pourquoi retarder l’inéluctable au risque de perdre davantage de postes ? » On y avait pas penser, c’est pour le bien des salariés, qu’on veut pouvoir les virer plus facilement…

Romain JAMMES

D’un vœu à l’autre, le temps d’un foutage de gueule

Ça c’est fait ! 2012, les élections, l’épuisement, les vacances, le déménagement à Toulouse, les renoncements prévisibles de Hollande et la continuité de notre bataille. C’était une année très riche, qui a bousculé le pays et qui m’a bousculée aussi, à sa manière. Si une chose m’a marquée c’est ce jour où nous avons pris la Bastille, le 18 mars. Nous avons donné une force matérielle à une idée, c’est ce qui en a fait une force et qui a totalement changé la manière dont la population et les médias nous ont perçus.

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Au final le solde de tout compte n’est pas si réjouissant. Le Front de Gauche est devenu une force incontestable dans l’éventail politique. Mais ce qui est incontestable, aussi, c’est la politique ultra-libérale que le gouvernement s’acharne à imposer. Et ce qui fait grincer les dents, c’est qu’entre temps, on s’est pas mis une muselière… nous.

Le chien de garde du gouvernement

Ça agace et quand on fait l’addition, il y a des lignes qui gênent. Mais faire l’addition, c’est aussi à ça que servent les fêtes de fin d’année non ? Alors très inspiré, Le PCF a fait un petit bilan, histoire qu’on en rigole. Ça nous change de la rage et des pleurs des Sanofi, des ouvriers de Peugeot, enfin de tous ceux qui sente la lame du poignard socialiste entre leurs omoplates. Et voilà ce que ça donne :

Horreur, à Solfé, là où l’autodérision fait office de dogme, ça bouscule. Quoi ? Les communistes qu’on essaye d’acheter avec tous les postes possibles, se rebellent ? Ils osent critiquer le gouvernement. Bien sûr en tant que bonne « agence de com’ de Hollande », le parti se met en branle et improvise une réponse bien sentie du genre du maître d’école qui tape avec sa grande règle sur les p’tits doigts communistes. Je soupçonne personnellement le directeur de la communication en vacances d’avoir laissé un stagiaire décérébré prendre les commandes pour pondre un communiqué comme celui de Harlem Désir.

Dans cette grande œuvre littéraire, outre les sermons condescendants, on lit des arguments à faire pâlir un prof de rhétorique. Voici les grandes mesures de gauche (rire) que les vœux du PCF ont omis de mentionner :268100_463444970359910_757361885_n

–          Les emplois d’avenir et les contrats de génération : le verre d’eau dans l’océan de chômage. Je suppose qu’on doit lui pondre un autel.

–          La hausse de 2% du SMIC : Oui, il a osé s’en vanté. Jamais la gauche n’a fait une hausse aussi ridicule du SMIC de toute son histoire !

–          La retraite à 60 ans : pour les carrières longues et non pour tous, avec à la clef une nouvelle réforme en 2013 qui ne promet rien de bon.

–          Des nouveaux postes dans l’éducation nationale : au prix d’une cure encore plus rude que la RGPP dans de nombreuses administrations

–          Loi de séparation des activités bancaires : qui a accouché d’un néant grâce à l’intense lobby des banques qui a manifestement plus payé que celui des syndicalistes en plein plan social.

–          La banque publique d’investissement : qui n’a que regroupé des institutions déjà existantes et dont les marges de manœuvres sont aussi limitées que s’il s’agissait d’un plan com’ (étrange non ?)

Ah je ne croyais pas le PS capable de ce genre d’argumentation. Moi qui pensais qu’il ferait profil bas pour éviter le ridicule. Manifestement, Harlem et son équipe voulaient qu’on se tape une belle tranche de rire pour cette fin d’année ! Manifestement, pour le grand chef de l’équipe rose, même quand le PS est à tout niveau de responsabilité, tout le monde doit se transformer en gentil soldat et taper sur la droite. Comme c’est mignon…

Le courage de se mettre à genoux

Dans cette réponse, Harlem Désir botte néanmoins en touche sur des critiques essentielles. Celle du TSCG, validé et non-négocié, mais qui cache l’orientation politique globale du gouvernement qui prend à contre-sens la gauche et les attentes de toute la population. Le gouvernement parade avec le MEDEF et tous les symboles du patronat le plus rapace. Il fait la sourde oreille aux revendications syndicales et se prépare à attaquer le code du travail. Je vais pas vous refaire le coup des deux côtés de la barricades, mais elle sonne quand même bizarre cette gauche là…

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Dans ce contexte, on peut pas dire que les vœux soient étonnants. Ils ont même une certaine redondance avec ceux qu’on se tape depuis 10 ans. On va faire baisser le chômage grâce à nos efforts. Pourtant depuis le temps qu’on en fait on voit pas trop ce que ça change. La compétitivité est au moins aussi importante que la solidarité et l’Europe c’est cool. En gros l’idée est vous dire qu’on est dans la merde pour faire passer la pilule de l’austérité, tout en vous donnant un peu d’espoir histoire que vous preniez pas les armes. Vu de l’extérieur, c’est un peu comme si on nous tirait une balle dans la jambe en expliquant qu’après guérison on marchera mieux qu’avant. On repeint ça en courage, avec des peintures de guerre et des fausses cicatrices, alors que le capitaine est à plat ventre devant l’ennemi.

Non décidemment, ces vœux, c’était vraiment du foutage de gueule. Du violon diront certains. Enfin peu importe l’instrument, après avoir regardé désespérément ces 10 minutes étonnement vides, j’ai noyé mon chagrin dans l’alcool avec cette sensation étrange d’avoir trop respecté les règles jusque-là.

 

Je crois qu’en 2013, on va les bousculer, et y en a besoin !

Romain JAMMES

Au pied, mes petits députés !

« Nous devons collectivement être à la hauteur des enjeux ! » « J’ai besoin de votre soutien indéfectible ! » Ces mots résonnaient dans la bouche du secrétaire général du gouvernement comme un grand « Fermez vos gueules ! Rangez le socialisme dans vos tiroirs pour le ressortir aux prochaines élections ». Et pourquoi ? J’ai bien peur que cet affreux n’y ait jamais pensé. D’ailleurs s’il est à cette place, c’est qu’il est tout à fait disposé à parler sans trop rien dire. Il aurait pu s’appeler monsieur Ducon ( pardon Dupont) mais c’est Jean marc Ayrault. Alors J.M. du haut de son pupitre aux journées parlementaires socialiste de Dijon, en appelait avec verve à la « retenue » et à la « cohérence » de ses petits copains et de ses petites copines afin qu’ils adoptent le nouveau traité européen sans trop broncher. Bien triste, le reste de socialistes qui justifiaient encore que le « P.S. » ne soit amputé d’une de ses lettres, allaient devoir se faire à l’idée que l’Europe se faisait, sans eux et surtout sans débat. Et moi dans tout ça, j’espérais un brusque soubresaut, une sortie héroïque, une chevauchée des derniers mohicans socialistes. Je m’étais tapi en bon investigateur à l’affut du moindre cri, du moindre son venant de cette espèce en voie de disparition. Mais rien… Les MJS faisaient campagne sur le contrôle au faciès, Marie-Noël Lienemann était complètement muselée, Benoit Hamon resserrait sa cravate de ministre pour faire de beaux sourires aux caméras.

Atterré, je déambulais donc sur les pavés parisiens vibrant sous le choc des pantoufles de milliers de manifestants venus demander un référendum sur ce traité. C’est alors qu’au détour d’une pancarte bricolée à la hâte pour l’occasion, j’aperçus un vieux camarade de lutte. Lui, était allé au P.S. en 2007 et y était resté. Faut dire qu’ayant fait l’expérience du borgne au second tour, l’argument « vote utile ! Si tu ne veux pas du fascisme » avait assez bien pris sur lui. Mais là, il était méconnaissable. Déjà que faire campagne pour « Flamby » comme il l’appelait, l’avait quelque peu échaudé, le gugusse avait littéralement pété les plombs. Lui qui était habituellement tout en retenue, me sauta au cou. C’est alors qu’il me tint un discours d’une violence incroyable sur les dirigeants de son parti, l’Europe et le capitalisme. « Tout ça se finira dans le sang », « Je ne supporterai pas que l’on touche à l’avenir de mes enfants. Et pour ça tu vois, je serais prêt à tuer ! » s’exclama-t-il pour conclure sa démonstration gesticulée. Abasourdi par le désespoir et l’indignation sonore de mon ami, je n’ai malheureusement pas trouvé la force de me lancer dans l’éloge d’une action politique courageuse mais non violente. J’ai écourté la conversation prétextant d’un impératif quelconque et suis rentré chez moi aussi désabusé que lors de ma montée à Paris.

La semaine qui suivit, j’appris avec stupeur que le gouvernement prétendument socialiste s’apprêtait à faire passer ce traité d’une importance considérable en urgence. Le but : éviter tout débat que ce soit au parlement ou dans la société. Je me suis alors rappelé que les mêmes procédés avaient été utilisés par le précédent gouvernement afin de faire passer ce genre de réformes libérales s’attaquant directement à la souveraineté des États au profit des instances financières. A vouloir suivre le rythme imposé par les marchés, les gouvernements successifs ont remis petit à petit en cause les conditions nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie. En sabordant les débats, en réduisant au silence les forces voulant élaborer un projet alternatif, ceux qui se sentent aujourd’hui légitime à donner des leçons de liberté d’expression à Monsieur Chavez, ont réduit notre démocratie à peau de chagrin. L’exécutif ayant pris le pas sur les parlements, la démocratie parlementaire s’est vu vidée de toute substance, au point que les assemblées sont devenues de simples chambres d’enregistrements. Résultat : à l’image de mon ami croisé lors de la manifestation, la grogne des citoyens grandit face à système parlementaire qui ne serait plus capable de résoudre de manière pacifique les conflits découlant des intérêts antagonistes de notre société.

« En même temps, à quoi bon de longs débats quand il n’y a pas d’alternative au système économique libéral et capitaliste. Toute opposition et contre-projet aux politiques allant dans ce sens, seraient donc de simples chicaneries électoralistes, pour ne pas dire populistes. L’État aurait alors tout intérêt à l’accélération des processus de décisions afin de tenir le rythme des banques et des bourses au risque de froisser quelques citoyens, encore attachés à la démocratie. » Voilà comment certains économistes et politiciens néolibéraux font leurs adieux à la démocratie parlementaire qu’ils ont eux même mise en faillite. Nous ( c’est à dire toute personne ne vivant pas essentiellement de revenus issus du capital), nous ne pouvons céder à cette croyance quasi religieuse, qu’il n’y aurait pas de politique possible en dehors de la toute puissante économie mondialisée. Il nous est donc impératif en tant que citoyen de redonner du poids aux actions politiques, et de rappeler à toutes et à tous qu’une politique courageuse pourrait se dresser face à la prééminence d’une économie mortifère, de la même manière que l’ont fait certains pays d’Amérique Latine après avoir été victimes des mêmes politiques austéritaires que nous vivons aujourd’hui.

Il est vrai que le concept thatcherien : « There is no alternative » en dehors d’une politique au profit du capital, a fait son chemin au parti socialiste ainsi que chez les dirigeants d’Europe Écologie. Il reste malgré tout, quelques irréductibles gauchistes dont nous faisons partie qui courageusement tentent de faire entendre un contre-projet au service des populations et non des banques. C’est dans cette optique que nous nous battons pour une 6ème République mettant le citoyen au cœur des processus démocratiques ainsi que pour de nouvelles formes de solidarités aussi bien nationales qu’internationales. Nous ne cherchons pas à « améliorer la rapidité des décisions politiques », mais nous souhaitons mettre la démocratie au service d’améliorations sociales concrètes. Hollande et ses petits caniches de ministres et de députés, en se laissant paralyser par la toute puissance des marchés, s’apprêtent à enterrer définitivement notre démocratie parlementaire. Et c’est à notre grand regret que ce gouvernement que nous avons contribué à élire, se couche devant un adversaire à qui il aurait fallu briser les reins.

Résultat des courses : 477 députés viennent de voter le nouveau traité européen sans qu’il y ait pu avoir de réel débat. C’est à se demander s’il était vraiment utile de leur demander leurs avis.

 YAGOUBI Florian

P***** de rentrée !

Le bon signe, quand les oiseaux vous réveillent le matin, c’est que vous vous levez après eux : les vacances. Et bien tout ça c’est fini, enfin pour certains, car de plus en plus de gens, dont je fais récemment parti vont prolonger le farniente dans les files de Pôle Emploi. De quoi chopper des coups d’halogène ou finir avec une crise d’épilepsie devant les sites Internet appropriés aux circonstances (non je ne parlais pas de Facebook).

Mais ceux qui souhaitaient une rentrée pépère vont être déçus. Un gouvernement plan-plan ne veut pas dire que le mouvement social va l’être. D’ailleurs mon p’tit doigt me susurre (j’utilise ce genre de mot pour garder vive l’attention des jeunes éphèbes)… Je disais, mon p’tit doigt me susurre qu’il y a de la bataille dans l’air et mon p’tit doigt, en bataille (de pouce) il y connait un rayon…

Le calendrier

Il y a d’abord eu l’inaction du gouvernement face aux nombreux plans sociaux. Oh c’était l’été, c’est le genre de moment où on peut (malheureusement) tout se permettre sans prendre une grève dans la gueule, d’autant que certains travailleurs sont au chômage technique. La rentrée va rappeler à certains le goût des pavés, notamment chez Peugeot, pour qui la marmite boue à en faire tomber le couvercle.

Il y a aussi ces doux foutages de gueule dignes de l’augmentation du SMIC mais version « cadeau aux pétroliers » et « logement ». Le blocage des prix de l’essence s’est transformé en une baisse de quelques centimes. Visiblement, la facture sera pour l’Etat (pour moitié certes mais c’est déjà trop)… donc pour nous (puisque TOTAL paie à peu près autant d’impôt sur ses bénéfices que votre serviteur*). Evidemment, comme l’a expliqué Apathie, ce n’est surement pas chez les distributeurs ni les raffineurs qu’on trouvera la maille pour régler le problème.

Version « logement » ça donne une augmentation du livret A de 25%. Non je ne parle pas du taux (faut pas déconner non plus), mais du plafond que les français moyens, gagnant moins de 1500€, ont un mal de chien à remplir. Au fond ce n’est pas une mauvaise chose bien sûr, d’ailleurs la promesse électorale était de doubler ce plafond (on en est loin). Mais ce n’est pas tant le financement que la volonté politique qui fait obstacle à la construction de logements sociaux. (Pour ceux qui ne savaient pas je rappelle que le livret A finance le logement social.)

D’autres exemples s’ajoutent évidemment aux précédents. La politique de Valls en matière de Roms (que je n’ai pas découvert puisqu’il a été mon maire, président d’agglo et député) est comme la cerise sur un gâteau de déceptions pour de nombreux citoyens. La rentrée cristallise donc un certain nombre de mécontentements et le nouveau traité européen risque bien d’allumer l’étincelle.

* sauf que moi j’en ai pas en fait

Le TSCG

Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers.

Alors ce magnifique pacte sera validé par le parlement en octobre (et non septembre comme le gouvernement l’espérait). Cela laisse donc 1 mois aux forces politiques et sociales pour s’organiser autour de la demande d’un référendum. C’est une demande qui va de soi, elle rassemble largement à Gauche, y compris les socialistes et les verts, et elle rappellera au gouvernement le douloureux souvenir de 2005 où le peuple s’était vilement exprimé. Cette bataille mêlée à toutes les autres promet de faire du bruit. Alors ne trainons pas et partout en France faisons des collectifs pour un référendum et rendons nous tous à Paris le 30 septembre pour montrer de quelle voix on se chauffe.
Belle rentrée ? Pas pour tout le monde…

Romain JAMMES