Mais… pourquoi Valls ?

Il est 19h30, c’est bon, j’arrête. Jusqu’à aujourd’hui, j’étais un grand fan des bouquins, films ou séries d’intrigue politique. J’adore ces scénarios incroyables, la tension qui bondit et chute puis rebondit sans qu’on l’attende. Des personnages fascinants de caractères, calculateurs certains jours et complètement irrationnels dans d’autres situations.

Depuis House of Card je m’amuse parfois à m’imaginer le dialogue interne dans la tête de Hollande. Mais là je bloque… Pourquoi Valls ?

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Scénario n°1 : Hollande est con

« Pourquoi j’ai nommé Valls ? C’est simple. Mon gouvernement prend la flotte, on est bientôt en négatif en côte de popularité. Bientôt mon nom deviendra une insulte publique. C’est Bernard Tapie qui va être jaloux.

Il faut que j’arrange ça. Les français votent pour le FN et l’UMP, on s’est pris une claque pour les municipales et Valls, plus il expulse, plus il gagne des points. Si je le nomme 1er ministre ça rejaillira nécessairement sur l’ensemble du gouvernement et sur moi… »

Scénario n°2 : Valls a un putain de gros dossier sur Hollande

« Pourquoi Valls ? Je n’ai pas le choix. Valls c’était un proche depuis des années. On ag1 passé des vacances ensemble et on a partagé des expériences peu recommandables. Il a des photos de moi nu avec une cravache, un casque d’équitation et des bottes de pêche qui montent jusqu’à l’entre-jambe.

C’est un peu la loose, quand je vois la proportion qu’a prise mon histoire avec Julie Gayet j’ose à peine imaginer ce genre de chose. Misère… »

Scénario n°3 : Hollande est un mélenchoniste

« Pourquoi Valls ? En vérité, depuis le début, je suis en deal avec Mélenchon. Le but c’était que je gagne en 2012, pour montrer que les sociaux-g4démocrates font pareil que la droite. Donc j’ai plutôt bien commencé, j’ai tout attaqué : les retraites, le droit du travail, les services publics, la démocratie etc…

Mais voilà, honnêtement, le Front de Gauche pendant les municipales c’était pas le grand soir. Le PCF a brouillé les pistes, il a toujours rien compris. Et la gauche est pas allée voter, du coup, si c’est honorable on s’attendait à mieux. Donc il faut que je passe la 2nd.

L’idée elle est simple. Je nomme Valls, ça donne une occasion à EELV de prendre ses distances. Qui sait, ça peut même marcher avec la gauche du PS, elle a laissé entendre qu’elle accepterait pas tout et n’importe quoi. Alors même s’ils sont accrochés au PS comme une moule sur un rocher, un moment ça devrait craquer… non ?

Donc ça donne l’opportunité au Front de Gauche de construire sa majorité alternative et d’arriver au pouvoir pour la révolution citoyenne. C’est beau non ? »

Scénario n°4 : Hollande a perdu un pari

« Pourquoi Valls ? C’est une histoire bête. En décembre dernier, je bouffais au 20 rue du Louvre, et là débarque Valls avec ses potes « whites » et « blancos ». On s’était pas donné le mot, c’était assez fou. Y en a plein de foutus restaus chics à Paris quoi. Et je pensais qu’il était plutôt genre Fouquet’s ou Kebab à l’Agora (à Evry, ndlr), comme quoi tout arrive.

Il s’installe à ma table et commande une caisse de Montagne de Reims et du poisson pané. La conversation s’emballeg4 vite autour de l’incompétence et de la coupe de cheveux de Jean-Marc (pas Rouillan hein, Ayrault). Bref, après quelques bouteilles, on finit à ramper sur les quais de Jussieu avant qu’il pari le poste de 1er ministre qu’il traverse la scène à la nage plus vite que moi.

C’était plié d’avance mais comme un con j’ai accepté. Donc je lui ai promis qu’après la débâcle des municipales il aurait ce qu’il voulait. »

Scénario n°5 : Hollande est de droite

« Pourquoi Valls ? Vous n’avez toujours pas compris ? J’en ai ma claque de la gauche. Depuis le début, je regrette d’avoir choisi ce camp-là. Je suis obligé de me taper les hippies d’EELV, les dinosaures du PRG, et de faire les yeux doux aux communistes pour pas qu’ils deviennent tous comme Mélenchon.

Non mais je veux plus de tout ça, je veux me débarrasser de tout ce qui ressemble à la gauche dans ce gouvernement et finir la transition libérale que j’ai initié au PS quand j’étais à sa tête. On a construit un nouveau parti de droite, super ! Enfin j’arrive au moment clef où, si tout se passe bien, une partie de la gauche décroche et me laisse enfin les mains libres.

Je n’espère qu’une chose, c’est que ces cons à gauche vont rester divisés, comme ça ils enterreront pour de bon leur chance d’accéder au pouvoir… »

L’avenir nous dira lequel de ces scénarii est le plus proche de la réalité. En attendant, manifestement le cap que compte changer Hollande, ce n’est pas celui qu’on attendait. Alors la riposte a intérêt à être aussi dure que les matraques des CRS que Manu a tant aimé diriger…

Romain JAMMES

 

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Un coup d’état permanent

La mondialisation est souvent prétexte aux discours pompeux sur l’impuissance croissante des États. Il m’apparaît donc important d’aborder un phénomène qui découle de cette domestication de l’État par notre divin marché : « l’état d’exception permanent »

J‘entends déjà certaines de vos réactions : « qu’est-ce qu’il nous raconte encore ? », « il va encore nous sortir ses théories fumeuses venues tout droit de récits d’anticipation! » .

Mais je commencerai pas répondre à :

« Mais c’est quoi ce truc ? »

« L‘état d’exception » nous vient d’un concept remontant à l’antiquité romaine : « la dictature », évoquée notamment par K. Marx lorsqu’il parle de « dictature du prolétariat ». Je vous vois déjà, là, à frissonner dernière vos écrans d’ordinateur, en imaginant les chasses à l’homme orchestrées par Sylla, les têtes coupées sous la dictature du populiste Marius ou les majestueux procès staliniens. Mais n’ayez crainte cher(e)s ami(e)s, en dehors de ces phénomènes folkloriques, il y a eu de multiples exemples beaucoup moins sanglants de ces suspensions de l’ordre constitutionnel tout au long du XX ème siècle. L’exemple le plus connu est d’ailleurs la seule utilisation de l’article 16 de la Constitution lors de la crise dite du « putsch des Généraux» de 1961, lorsque des militaires partisans de l’Algérie française ont tenté de renverser le Général de Gaulle

Proscriptions sous la dictature de Sylla

Il y a, il ne faut pas l’oublier, un second élément dans cette définition. Il s’agit du côté anecdotique et provisoire de « l’état d’exception », (hé oui s’il y a ex-cep-tion !!! c’est pas pour les chiens). Donc, pour ceux qui ont Alzheimer, la dictature (ou « l’état d’exception »), c’est une suspension provisoire de l’ordre constitutionnel pour répondre à un péril imminent. Tout comme « le droit de résistance », « l’état d’exception » s’oppose au droit, au nom du droit.

Une république qui faiblit, qui coule et qui fait « blic blic blic »

Le problème est que ce phénomène, est devenu un « paradigme de gouvernement ». Émancipé des contraintes temporelles, il est aujourd’hui un concept politico-juridique durable. Accentué par les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, qui n’ont laissé aucune législation intacte, le phénomène a en réalité été amorcé dès la première guerre mondiale lorsque les belligérants ont dû mettre en place des lois d’exception.charb5-10939698blvuv

C‘est à partir de cette époque que l’on a assisté à un effondrement progressif de la division des pouvoirs. Ce qui nous permet aujourd’hui d’observer conflits d’intérêts sur conflits d’intérêts. Les comptes helvétiques de Cahuzac, les magouilles de notre Tapie hexagonal, etc… etc… sont parfaitement révélateurs du système dégueulasse qui s’est mis en place. Le pouvoir exécutif ayant pris petit à petit le pas sur les pouvoirs législatif et judiciaire, notre 5ème République a finalement donné naissance à un machine politique clientéliste, pour ne pas dire mafieuse.

J‘espère que vous ne m’en voudrez pas mais j’aimerais passer les arguments maintes et maintes fois ressassés autour de l’hyper-présidentialisation de notre régime. Oui et oui, c’est un problème. Mais ce qui m’inquiète depuis quelques temps, c’est la normalisation du « gouvernement par décret ». Le décret (norme émanant de l’exécutif ayant force de loi) est devenu sans que personne ne s’en offusque, une manière comme une autre de légiférer ; puisqu’il faut être capable de répondre le plus rapidement possible aux injonctions du Grand Marché Tout Puissant. Et même si les décrets sont validés par le parlement, la banalisation de cette pratique a eu pour effet de transformer les assemblées en de simples chambres d’enregistrement à la botte de l’exécutif. Alors fini les longs débats et les fastidieux discours de l’Assemblée Nationale qui sont pourtant nécessaires à la vie démocratique d’un pays. Face à l’impératif économique, les débats ne peuvent avoir lieu. Certains vous diront d’ailleurs qu’ils sont inutiles, puisqu’une seule politique est possible. Il nous devient donc impossible de proposer des politiques alternatives.

Comme bel air de Wagner 

Laissons de côté pour l’instant cet aspect pour en venir à des considérations un peu plus matérielles.

« L‘état d’exception » s’incarne concrètement sur le territoire. La prison de Guantánamo en est un exemple particulièrement criant. Les États-Unis y enferment des individus sous le titre de « combattants illégaux » et non de prisonniers de guerre. Ils n’ont donc pas de statut juridique clairs, ce sont des êtres juridiquement inclassables. Et sans vouloir marquer des points Godwin, cette situation ressemble étrangement à celle des Juifs des Lagers nazis. Dans les deux cas les individus ne sont pas seulement privés de droit mais sont considérés extérieurs à toutes juridicité. Et comme en France, nous produisons un certain nombre d’Eichmann en puissance (policards et fonctionnaires complètement aliénés), nous faisons la même chose avec les roms et les sans-papiers. C’est notamment en ça, que « l’état d’exception » est devenu un paradigme de gouvernement, transcendant à la fois les partis et les frontières.

A part ça, ce phénomène politique s’explique par l’avènement de l’ère atomique. Le nucléaire en termes d’infrastructures, de gestion de risque, a obligé à un accroissement du pouvoir de l’Etat. Cela était inévitable pour pouvoir mettre en place correctement les structures organisant la production et la circulation de l’énergie nucléaire que ce soit dans le civil ou le militaire. Et vous comprendrez, qu’il a aussi insinué une extension du secret d’État, limitant par la même l’espace publique. Les conflits ont alors été modifiés par l’équilibre de la terreur, ce qui a laissé place à une augmentation des conflits secondaires (guerres civiles, terrorisme, antiterrorisme). Nous avons par conséquent vu s’estomper la frontière entre guerre et paix, justifiant l’avènement d’un état de violence permanent.

« L’état d’exception permanent », vous le comprendrez bien, n’est donc pas le résultat de restes monarchiques ou absolutistes, ni la persistance cafardesque de l’Ancien Régime. Ce phénomène est un pur produit de nos systèmes démocratiques occidentaux. Quelles conclusions devrions nous donc en tirer ?

« L‘état d’exception » a suivi comme son ombre la construction démocratique, mais cette ombre s’étend aujourd’hui au point d’éclipser nos démocraties. Cela relève du lien intime entretenu entre la violence et le droit. En délimitant la violence légitime et celle qui ne l’est pas, le droit porte en son sein la violence dont « l’état d’exception » est l’incarnation. Pour cela, seule une activité révolutionnaire, visant à transformer les institutions, peut trancher ce lien étroit. Il s’agit donc de faire advenir un réel « état d’exception », c’est à dire l’élection d’une assemblée constituante, pour mettre fin à ce système politique où le peuple est écarté, et les chambres méprisées.

YAGOUBI Florian

On a testé pour vous : la chaîne humaine à Notre-Dame-des-Landes !

Je sais pas pour vous, mais moi ça fait un moment que ça me trainait dans la tête cette résistance à Notre-Dame-des-Landes. Elle avait un goût particulier, comme le mélange miraculeux de la vieille garde du Larzac et d’une nouvelle génération décroissante. Elle a surtout l’accent de la résistance civile face à un train pris en marche par le gouvernement Ayrault et dont la trajectoire n’a pas bougé depuis 30 ans, sinon pour aller plus vite vers le gouffre.

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« Tu fais chier tout le monde avec ton aéroport » disait Montebourg. Pleins de certitude, les khalifes au poing la rose remplaçant les khalifes de l’UMP pensaient que c’était à eux de s’amuser et de jouer un peu à Sim-city. La réalité les frappe fort, elle est festive, joyeuse, solidaire et diverse. Elle pense surtout au futur car elle est collective, elle.

La chaîne qui nous lie…

mais ne nous tient pas. C’est un peu le sentiment que j’ai eu en prenant le bus depuis mon lieu de vacances. Ironie de l’histoire, c’est aussi un bus, partant de la manifestation du 5 mai à Paris qui m’y avait amené. Le gens en parlent, l’ampleur de la manifestation les a touchés, comme moi. En prime s’ajoute l’écœurement de la manœuvre politique de Valls sur les chiffres. Dans ce genre de situation, il y a ceux que ça dégoûte, et ceux que ça vaccine. À n’en pas douter, les seconds sont plus nombreux et encore plus remontés pour remobiliser les premiers.slide_296904_2437185_free

La bataille est dure, tout le monde le sait, la chaîne qui nous lie, c’est celle qui soutient celui qui trébuche. Elle ne le laisse pas au bord de la route comme fait le système économique pourri dans lequel nous évoluons. Les groupes militants ne répondent pas à la logique des JT décérébrants qui veulent calquer le traitement de l’actualité politique sur celui de Koh Lanta. Il y a du soutient, une forme d’amour, un profond respect et une confiance spontanée qui est sans pareille. C’est l’essence du moteur de la révolution.

La chaîne qui nous lie, c’est celle qui nous fait braver la vague. Celle de la culture dominante qui assène au monde entier qu’il faut baisser la tête. C’est celle qui minore les mouvements sociaux et fait d’un flop un triomphe quand le FN a rassemblé une poignée de fascistes pour le 1er mai. La chaîne qui nous lie rit au nez de la préfecture qui annonce « au moins 5000 manifestants » mais confirme la chaîne de 25km. Les camarades autour de moi n’avaient pas une envergure de 5m a priori, et de votre côté ? Finalement, devant le ridicule de la situation, le préfet a rectifié. L’honneur est sauf, mais ceux qui ne savaient pas sauront à quoi s’en tenir pour les chiffres officiels. Une à une les têtes deviennent nôtre. À coup de millions de petites cuillères, la montagne n’est pas si imposante.

C’est la chaîne qui nous lie qui brisera celle qui nous tient…

Une autre société

Je n’écris pas pour vous asséner les argumentaires des collectifs contre l’Ayrault-port. Vous êtes grands vous chercherez tout seuls. Ce que ce projet m’évoque, c’est un modèle de société dans lequel il n’est resized1-418141acffab55a649f03ddfcf06dd4fqu’une pierre. C’est le modèle de la course continue, qui veut toujours faire plus vite, et surtout plus vite que les autres. Evidemment, il trouve sa source dans cette stupide concurrence qu’on applique à tous les champs de la société. C’était le commerce, c’est devenu la base des relations humaines pour certain-e-s. Ce modèle, par extension, pousse à tout faire très vite. À réduire les distances de manière incongrue pour construire d’immenses mégalopoles sur un modèle uniforme et triste. À investir des milliards pour faire d’une région, un pôle international de ceci ou cela, plutôt que de les consacrer au bien-être quotidien des habitants, à la relocalisation de l’économie, aux transports de proximité ou autres services publics.

Cette logique veut nettoyer les villes de subversions. Elle les construit sur un unique modèle architectural, un unique mode de vie, comme un rêve d’une existence à la Métropolis, un 1984 instillé progressivement à dose homéopathique. La ficelle est d’ailleurs la même, de la guerre intercontinentale de Orwell à la concurrence contre tous « les autres » (villes, départements, pays, continents,…) il n’y a qu’un pas. Un pas ? Vous êtes sûrs ?

 –

La chaîne qui nous lie réclame son droit au bonheur. C’est celle qui a compris qu’on n’est pas heureux parce qu’on est meilleur que son voisin, mais qu’on est meilleur parce qu’on a aidé son voisin à être heureux et libre.

 Romain JAMMES

Devinette : Qui ose tout et va se prendre une claque dans la gueule ?

Ça y est, on a atteint un point de non-retour. Vous savez celui de l’anémie politique organisée, qui s’infiltre doucement dans vos esprits. À petits pas, il entre. Il ne dit pas son nom ni ne résonne comme les bottes des SS. C’est le moment où on peut dire tout impunément, sans esclandre social, sans qu’on se dise « bon là ça mérite un bourre-pif » ou « Tu pousses le bouchon un peu loin Maurice ».

coup de poing

On en avait déjà quelques démonstrations, entre les propos racistes de Hortefeux, l’homophobie hallucinante de nombreux députés ou les points Godwin récurrents quand tout ce beau monde parlait de Mélenchon. Je me disais qu’y avait déjà une anesthésie de la partie du cerveau spécialisée dans l’esprit critique, ou dans certaines notions de réalité. Peut-être une anesthésie générale des cellules grises de quelques élus. Je m’imaginais bien une invasion extraterrestre qui prenait d’abord soin de rendre débiles tous ceux qui nous dirigent. Je note pour mon prochain scénar catastrophe.

Mais pas de ça entre nous, non je connais bien les Alien et c’est des gens très sympa. Ce qui se joue, c’est un recul idéologique qui autorise certains à dire des choses comme ça…

Titan et ses chinois à 1 euro

Le patron de Titan, c’est celui qui veut laisser tomber la reprise de Goodyear. Vous comprenez bien, s’il veut abandonner c’est parce qu’il bouffe des pâtes depuis 2 ans et qu’il a du retard sur son loyer, donc il lui faut de l’ultra rentable à monsieur. Comme les salariés montrent les grosses dents et qu’ils commencent à converger avec d’autres dans la même situation, Montebourg la joue super-héros et envoie une lettre au dit patron en lui demandant d’essayer de trouver une solution « siteuplé ». La raclure (euh le Maurice Taylor)379216_164295097053694_317838092_n lui répond d’une lettre cinglante du genre qu’un ado pourrait écrire en pleine crise à ses parents.

En substance ça donne quelques phrases particulièrement intéressantes :

  • « J’ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures »

Sur le coup ça fait peur. Sauf que ce qu’a découvert Maure Taylor, c’est le ralentissement de l’activité qui avait déjà commencé dans l’entreprise. En gros c’est comme si l’entreprise foutait au chômage technique ses employés, puis leur disait « de toute façon vous en branlez pas une » pour les mettre sur le carreau. Évidemment la presse hautement qualifiée ne relaye que cette partie là. De l’anti-syndicalisme de base, c’est toujours bon à prendre. Cependant on trouve aussi :

  • « Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d’un euro l’heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. »

Au moins ça c’est dit. Vous me direz, on pourrait presque le remercier d’être honnête. Il reste que si le projet de Titan c’est de faire travailler des chinois à 1 euro l’heure, c’est pas les 35h, les congés payés ou les tickets resto qui lui posent réellement problème : c’est la dignité humaine. Alors plus que des normes bidon voire un petit protectionnisme timide, il seraitGoodyear temps de se dire qu’on pourrait tout simplement interdire ces marchandises en France. J’ai pas encore parlé de foutre le patron en prison mais bon…

Montebourg, un peu remonté, a répondu. Le discours sonne bien. C’est marrant, les gouvernements successifs passent leur temps à nous dire qu’on vit au dessus de nos moyens et que la France s’effondre. Ici, c’est un peu l’inverse, et on se demande si le coup du bureau des pleurs sur notre économie ça sert pas systématiquement à nous la mettre à l’envers. Il n’en conclut pas moins en félicitant l’accord MEDEF/MEDEF : c’est chou.

Un peu penaud, Maurice Taylor a calmé le jeu, il a dû retoucher terre quelques secondes. Mais derrière ces demi-excuses, reste un message clair qui illustre parfaitement la guerre de classe qui se joue dans cette affaire et le mépris des ouvriers :

  • « J’ai proposé une garantie sur 2-3 ans. Mais le syndicat est idiot. Il ne comprend pas que si j’investis des millions dans une usine, si je forme des équipes, ce n’est évidemment pas pour plier bagages deux ou trois ans après. » M. Taylor n’est peut-être pas au courant que ça fait quelque temps qu’on fait des promesses à de nombreux ouvriers, qu’ils en viennent à travailler plus, pour moins, et qu’au final ça change rien à leur siège éjectable.
  • « Le gouvernement aurait dû expliquer que le profit n’est pas un mot dégoûtant » Ah, mais manifestement les droits sociaux des salariés le sont : « Le problème est que les Français sont trop chers à cause notamment de leurs avantages sociaux »
  • « J’aime la France. J’aime les femmes françaises. » Même sa conclusion censée nous faire plaisir mérite une baffe. Non vraiment, on peut le laisser aux chinois.

Le Cynisme de l’Élysée

Bon les grands patrons c’est une chose, mais le drame de notre époque, c’est que les gouvernements aussi sortent des énormités. Le pire, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte. Hollande vient fanfaronner en Grèce alors que s’ouvre une énième grève généraleathenes_grece_acropole_garde911 contre l’austérité. Là-bas, la misère se répand, la colère se mélange à l’écœurement de voir tout un pays tomber en ruine. À contrecœur de nombreuses familles partent : c’est du jamais vu.

Pourtant les méthodes ne changent pas : coupes budgétaires, gel des salaires, suppression d’acquis sociaux, et privatisation. Au final, le remède rend plus malade, mais on le prend toujours en exemple. C’est la vieille méthode de la saignée. Vous êtes malade, une petite saignée ! Vous êtes encore malade, c’est qu’elle n’était pas suffisante.

Dans ce contexte là, Hollande vient en charognard quémander les marchés publics. Ça on aurait l’habitude, mais c’est clairement annoncé, comme un défi lancé aux grecs :

  • « Ah vous pensiez qu’on venait pour vous aider ? Ah non mais y a un gros malentendu, on vient pour s’occuper de vos restes ! »

tweet

Le tweet de l’Elysée est symptomatique : « La Grèce a décidé d’un programme de privatisation. Les entreprises françaises seront présentes, car elles ont l’expérience du service public. » Il faut oser non ? Il y a 3 éléments importants dans ce tweet et ça dit tout :

  • « La Grèce a décidé… » Déjà c’est faux. C’est la troïka qui impose l’austérité à travers des menaces, et des contournements très clairs des mécanismes démocratiques.
  • « Les entreprises françaises seront présentes » Donc ça c’est le côté charognard, genre « Laissez m’en une part putain ! »
  • « Elles ont l’expérience du service public » Evidemment, nos entreprises avec cette expérience elles doivent savoir gérer comment on démantèle un service public. Ca me rappelle Alliot-Marie qui proposait à Benali nos forces de l’ordre et leur expérience.


Bref, qui c’est qui va se prendre une claque à force de dire (et faire) des bêtises ? Ces grands patrons et ces gouvernements. Car l’autre point de non retour c’est la rage que vous concentrez : vous êtes les responsables, les organisateurs de la misère ! Tout le monde le sait, votre pouvoir ne tient qu’à l’illusion qu’il n’y aurait pas d’alternative, qu’à l’exacerbation de l’individualisme alors que vous combattez groupés et en ligne.

La claque viendra et elle frappera fort.

Romain JAMMES

On a trouvé plus fort qu’un socialiste votant les pleins pouvoirs à Pétain

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Salut les amis! Me revoilà après une absence prolongée par une actualité politique qui m’a plongé comme les membres du gouvernement dans une sorte de mort cérébrale.

Pour dire vrai, je ne m’étais pas trop bercé d’illusions sur ce que l’élection du dernier grand calife allait entraîner dans le domaine économique. Je n’espérais pas non plus une révolution, ni même la lueur d’une réflexion sur des perspectives de réforme des politiques migratoires en France. Mais je m’étais naïvement laissé aller à croire que les prétendus socialistes auraient une attitude moins violente à l’égard des étrangers que le précédent gouvernement.

Il m’a donc semblé que les sociaux-libéraux n’avaient plus besoin de moi pour s’enfoncer. L’immonde de leur politique sécuritaire xénophobe et l’indécence de leur inaction sur le plan économique, étaient bien trop visibles pour que tout ceux qui avaient un QI plus élevé qu’une huitre n’en tirent pas des leçons adéquates. Mais un petit tour sur les chaînes d’informations ce matin, m’a vite remis les idées en place. A la vue de médias monopolisés par la vie de personnes bien différentes de nous (ne cliquez pas ici, ni ici, ici non plus). Par contre remercions Johnny de nous apprendre que Sardou est un gros con réactionnaire. Allez, on arrête de déconner et on ouvre sa gueule. Disons le, on s’est bien fait enfler.

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Le gouvernement derrière une flopée de bons sentiments dégoulinants la philanthropie, perpétue la bonne vieille tradition xénophobe des temps de crise. Et même si quelques membres de la majorité nous ont fait part de leurs remords, cela n’a pas empêché le P.S. d’apporter un soutien sans faille au principal responsable de cette politique de dégueulasse. Vous savez ? Oui ! Le seul successeur incontesté de Nicolas Sarkozy. Oui ! Manuel Valls, notre grand ami. Celui qui en toute tranquillité organise le harcèlement des Roms, maintient le quota arbitraire des 30 000 régularisations et continue les expulsions.

 2012, l’année de tous les records

Il y a de quoi être un peu déçu. C’est pas comme si notre président ne s’était pas engagé à mettre fin à la politique du chiffre pendant la présidentielle. En 2012 Manu a fait mieux que tout ses prédécesseurs, 36 322 expulsions d’étrangers en situation irrégulière contre 33 000 et 28 000 en 2011 et 2010. Ils s’en sont défendus comme d’habitude avec la phrase qui a sûrement été la plus prononcée de l’année dernière : « C’est pas nous, c’est ceux d’avant ! ». Mais il faut pas trop se foutre de la gueule du monde. Le gouvernement précédent était déjà obligé de gonfler les chiffres en expulsant des vacanciers (ne cliquez pas ici), Manu a donc dû bien mettre la précision aux forces de l’ordre pour qu’ils en arrivent à ce résultat astronomique.

En tout cas, pour cette belle réussite, le gouvernement pourrait remercier la Roumanie et la Bulgarie. Ils sont bien gentil d’avoir bien voulu récupérer leurs exilés, puisqu’un tiers « des candidats au départ » faisant parti de la communauté la mieux lotie là bas : les Roms. Pas sûr qu’on veuille bien récupérer un jour, le gros Gérard et la petit Mireille. En tout cas, il y a toutes les raisons de penser que Manu subisse des précisions de la part du lobby des éleveurs de poules. Monsieur n’a pas lésiné sur les moyens tout l’été pour établir un autre record, en faisant subir à 7 594 personnes la démolition de leurs camps.

Par contre quand il s’agit de respecter leurs engagements à deux balles, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Le dispositif visant à réduire les contrôles d’identités discriminatoires a été rangé au placard. Le ministre de l’intérieur s’est tout simplement assis sur l’invalidation par la Cour de Cassation, de la garde à vue relative aux étrangers en situation irrégulière. Et ne parlons du droit de vote des étrangers pour ceux qui sont en situation régulière. Même si j’y suis opposé parce que cette réforme créerait des sous-citoyens alors qu’il faudrait élargir l’accès à la citoyenneté. Premièrement, les électeurs de François Hollande sont en droit de l’attendre et deuxièmement cela marquerait très symboliquement une rupture avec les années racistes de Sarkozy.

Haïr pour retrouver l’amour

Mais suis-je bête ? J’avais complètement oublié. Selon un sondage consultant les téléspectateurs de M6 (ne pas cliquez ici), 30 % des français auraient voté Heinrich Himmler s’il s’était présenté à la dernière présidentielle. Manu aurait pu se dire: « Heureusement qu’il est mort et qu’on ne donne pas encore la nationalité française à n’importe qui. Beaucoup de nazis auraient débarqué pour tenter leurs chance en 2017. » Ça aurait été très drôle mais le gouvernement préfère satisfaire quelques blaireaux aux réflexes synaptiques datant des années 30. A défaut de convaincre les instits avec cette réforme des rythmes scolaire caduque et inégalitaire, de défendre les travailleurs en lutte de toutes ces entreprises qui licencient, il faut bien allez chercher les voix de toutes ces masses informes étalées devant le spectacle des faits divers médiatisés.

Cette dérive regrettable de nos représentants est tout aussi dangereuse que pathétique puisqu’elle induit implicitement que l’étranger, l’autre que nous est un ennemi. L’État peut alors jeter aux oubliettes toute décence, tout droits fondamentaux pour nous protéger de « l’adversaire ». La xénophobie devient donc un principe d’État qui perdure quelque soit la couleur politique du gouvernement.

Merci, grâce à toi Manu, on a trouvé plus fort qu’un socialiste votant les pleins pouvoirs à Pétain.

YAGOUBI Florian

Sarko II : le retour dont tout le monde se fout

Vous savez, le journalisme, c’est un beau métier. Dès la Révolution Française on comprend toute la noblesse de la profession. Le tableau de David, Le Serment du Jeu de Paume, le montre bien. Barrère dans la salle de l’Assemblée Nationale retranscrit avec précision les débat pour que le peuple soit informé. Marat, en haut à droite, tourne le dos à la salle et regarde dehors, il interprète, justifie, dénonce, bref, il est engagé dans ce qu’il fait. Chacun à leur manière Barrère et Marat font leur grande tâche de journalistes.

S3

Sauf qu’aujourd’hui, bah ça n’existe pas tout ça. Eux, ils ne vendaient pas du temps de cerveau disponible, ils n’étaient pas dans un trip fascisant et décérébrant. Ils se disaient pas qu’au fond, la politique c’était un peu comme Plus belle la vie mais avec un scénar en sus. Bref, c’était des journalistes. Là, je ne sais pas qui gère le casting, mais y en a pas mal que je ferais tourner à Pôle emp’. On verra si, comme l’info, ils savent créent du boulot ex nihilo.

Le vengeur masqué

Vous savez de quand date le premier sondage sur l’élection de 2017 ? La rentrée 2012. Ouais genre normal quoi. Enfin ils nous avaient fait la même en 2007 rassurez vous. Royal perdait de nouveau contre Sarkozy. La question n’était pas alors de se dire qu’en 5 ans il peut se passer des choses. Non vous savez, dans le joyeux monde de ces journalistes, rien ne change.S

Mais là, ce coup ci, le réalisateur fait très fort. Parce que le retour de Sarko qui repasse à la télé tous les mois, c’est tellement gros que ça passe avec la souplesse d’un ouragan sur la Nouvelle-Orléans. Au départ, un ponte de l’UMP le glisse, ça fait la UNE de tous les JT, et on fait un sondage parce qu’on a que ça a foutre alors que ça coûte le salaire de plusieurs reporters de terrain. Le sondage paraît, les français ne veulent pas que Zorro revienne, mais quand même il pourrait revenir RENDEZ VOUS COMPTE PUTAIN !

Sauf qu’en vrai, on s’en tape mais alors pas qu’un peu. Pour vous dire, même Beckham au PSG ça m’intéresse plus. Et concrètement, à part une poignée de militant UMP qui ne voient pas le bout du tunnel à cause des 2 demeurés qui sont pas foutus de se mettre d’accord, tout le monde s’en fou. Alors sérieusement, ce n’est pas de la création d’info ça ?

On dira que…

De la création d’info pour faire du fric peut-être. Dans la tête des éditorialistes, si on raconte pas un match de boxe permanent et viriliste, on fait pas d’audimat. Il y a que ça qui les intéresse ! Mélenchon l’est pas content, Copé l’est pas content, Le Pen l’est pas contente, Montebourg l’est pas content cont’ Ayrault, Fillon l’est pas cont’ Copé, Pierre Laurent l’est pas content cont’ Mélenchon, Placé l’est pas content cont’ Dufflot qu’est pas contente cont’ Hollande mais peut pas l’dire, Hollande l’est pas content cont’ Cahuzac, Cahuzac l’est pas content cont’ Mediapart etc… Niveau politique 10e sous-sol, on pourrait y faire de la géothermie.

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Sauf que quand on s’appelle Barbier et qu’on est resté à ce niveau primaire de réflexion, on est bien obligé de trouver du croustillant. Un flamby ça fait une politique de droite mais ça croustille pas super, Le Pen elle est caricaturale et pis bon Mélenchon c’est quand même un gros con : il est obtus et ça oblige à travailler ses fiches. Comme à l’UMP ils se font harakiri où se lance dans des diatribes homophobes, faut bien inventer un vrai conflit, un truc qui a plus de gueule que la guerre au Mali où on se croirait dans un Western sans cow-boy, sans indiens, sans petits village et donc sans shérif. Un désert quoi. Alors pour qu’on raconte toujours une ptite histoire et surtout qu’on passe pas nos JT à raconter la vie des français, bah on joue à « On dira que… »

Alors on dira que Sarkozy c’était quand même un grand président et que depuis, l’ectoplasme qui le remplace fait pâle figure. On dira que ce Sarkozy ça peut être le sauveur S4suprême façon De Gaule, Moïse etc… et qu’à défaut de libérer Paris (c’est mal barré pour l’UMP) il peut couper la mer en deux. Pour ça, on lira les fiches que nous ont concocté ses communiquant, parce que si on dit une connerie et qu’il nous contredit, patatras, toute l’histoire tombe par terre. On dira que ça intéresse les français sans dire que la plupart des gens refusent de répondre à ce genre de sondage de merde.

Masquer les vengeurs

Mais surtout, le vengeur masqué, il a l’air de masquer les vengeurs. Je veux dire, c’est pas comme si y avait rien a dire ces temps ci. Des plans sociaux à la pelle, un gouvernement qui gesticule puis qui s’aplatit, des accord Medef/Medef qui veulent être validés par Ayrault. Enfin bref, des coups de poignards sauce Jack l’éventreur. Et tout ça c’est raconté à la va-viteS5 entre 3 masculinistes homophobes qui se foutent sur des grues, un pape qui démissionne et un grabataire qui rejoint une équipe de millionnaires pas foutu de gagner contre Sochaux.

Alors oui, quand des milliers de personnes risquent leur job, des millions ont peur que ce soit aussi le cas pour eux, puis encore des millions sont de toute façon déjà dans la merde, le retour de Sarko ils et elles s’en carrent, s’en battent les couilles, les ovaires et tout ce qui va avec, ils et elles s’en moquent, s’en foutent, s’en balancent, et j’en passe.

Alors pour ne pas subir ce trip des oligarques qui se regardent le nombril et pensent que le monde tourne autour d’eux. Je vous propose des médias, des vrais : nous. Des infos sur les plans de licenciements ? Ici, ici ou ici. Sur le chômage ? Ici. Sur le Mali ? Ici. Sur le MEDEF ? Ici. Sur les masculinistes ? Ici. Sur l’équateur ? Ici.

Allez, rendez-vous chez les blogchévik.

Romain JAMMES

La Valls continue, l’hypocrisie aussi.

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Ça on peut le dire, Manu est un sacré danseur. Il sait nous faire tourner la tête. Un pas à gauche, un autre à droite et nous voilà embarqué dans cette incroyable Valls. Au premier temps, (de la) Valls nous explique la montée de l’insécurité et du terrorisme par la politique sécuritaire et xénophobe du précédent gouvernement. Au deuxième temps (de la) Valls impose de nouveaux critères pour la régularisation des sans-papiers. C’est à se demander s’il ne se foutrait pas un peu de notre gueule.

La Valls : un coupé décalé du gouvernement Sarkozy

012nbJe me rappelle avoir dit à un journaliste après avoir mis le petit bulletin François Hollande dans l’urne, que je ne croyais pas que son élection bouleverserait notre système économique mortifère, mais que la politique xénophobe du dernier gouvernement prendrait fin. Je dois donc avouer avoir pris une belle claque lorsque j’ai pris connaissance de la dernière circulaire de l’héritier incontesté de Nicolas Sarkozy : Manuel Valls. Il avait déjà sacrément déconné tout l’été en sonnant la chasse aux Roms, mais là, Manu nous a sorti le grand jeu. Après six mois de discussions avec différentes associations, voilà que le deuxième flic préféré des français (oui le premier, c’est l’inspecteur Barnabi selon un sondage Pif magazine) décide de faire un beau sieg heil à tout le monde. Avec sa nouvelle circulaire, Valls affirme qu’il ne marquera pas de rupture avec les politiques sécuritaires et racistes d’hier et que la politique du chiffre continuera de plus belle. Ce sera 30 000 régularisations par an, alors que le nombre de sans papiers est estimé à 350 000. De quoi laisser perdurer, l’exploitation de bon nombre de travailleurs sans-papiers qui se voient dépouiller de leurs droits par leurs employeurs. Et tout ça pourquoi? Pour satisfaire une poignée de xénophobes qui n’ont toujours pas compris que si leurs entreprises étaient propres le matin, cela avait toutes les chances d’être l’œuvre « d’impitoyables terroristes » résidant, travaillant, consommant et cotisant sur le territoire français.

La Valls : Une main tendue à l’extrême droite

Alors qu’hier soir, Manu était envoyé sur France 2 pour jouer les contradicteurs face à la grosse Marine, sa politique est en complet accord avec les discours du Fhaine. La circulaire Valls entérine l’idée que l’immigration est responsable du chômage en France. L’obstination de ce gouvernement à ne pas s’attaquer au véritable problème qu’est la finance et l’austérité, met notre super flic dos au mur. Si ce n’est pas la confiscation de la richesse produite par la finance qui détruit notre économie, il lui faut bien trouver un responsable. Alors quoi de plus facile de s’attaquer à celui qui ne peut se défendre, celui qui n’aurait soi-disant pas le droit d’être là. Et cela qu’en bien même celui-ci ne soit responsable de ce qu’on lui reproche : « nous coûter trop cher ».

Les sans papiers et l’immigration, ne l’oublions pas, rapportent bien plus qu’ils ne coûtent. Je vous passerai le topo sur la conception républicaine de la nation et l’intérêt sur le plan intellectuel d’intégrer des individus venant d’ailleurs. Mais puisque, aujourd’hui, il faut des chiffres et parler d’argent pour faire sérieux, je suis bien désolé de rappeler aux ignorants que l’immigration rapporterait à la France 12,4 milliards d’euros. Selon Xavier Chojnicki, Maitre de Conférence à Lille 2 (on peut pas faire mieux comme référence), « comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques ».

Si l’on considère ce point de vue, notre père fouettard national aurait peu être dû revoir sa copie, avant de danser la gigue toujours plus à droite en fredonnant les méfaits économiques de l’immigration sur l’air de « maréchal nous voilà », pour ne pas laisser l’extrême droite savourer une nouvelle victoire.