Féministe ou pro-féministe ?

« Et toi Romain ? T’en penses quoi de tout ça ? » J’émerge brusquement de mon microrêve. Une divagation mentale dans l’océan de mirabelles qui s’est glissé dans mon œsophage quelques secondes plus tôt pour rejoindre la fameuse truffade de Greg. « Hum ? » grommelé-je encore dans les brouillards. « Un homme, il peut être féministe ou est-ce qu’il est juste pro-féministe ? ».

Dans un monde idéal où je pourrais décider de toute chose, j’aurais tout fait pour que le débat n’ait pas lieu à ce moment de la soirée. Mais comme on n’en est pas à ce stade-là de l’histoire, ça viendra ne vous en faites pas, contraint et forcé, j’ai accepté de jouer le jeu. Ce fut aux dépens de toutes les cellules de mon corps qui me criaient de parler de tout sauf d’un truc sérieux. J’sais pas pour vous, mais mon expérience m’a montré qu’on ne choisit jamais quand on parle de féminisme. Puis si on a pas parlé métaphysique avec trois grammes à 20 ans c’est qu’on a raté sa vie, donc pas d’occasion manquée.

Alors les hommes, féministes ou pro-féministes ?

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Les hommes sont… surtout des hommes

Cette question ne vient pas de nulle part. Les hommes dans le mouvement féministe, ça pose nécessairement la question des rapports femmes-hommes dans le mouvement féministe. Le rapport est d’ailleurs bien plus complexe que la présence de bourgeois dans le mouvement ouvrier, car où que les femmes soient dans la société, il y a des hommes.

Je, tu, ou il, bref, nous sommes des hommes. C’est une donnée biologique, de naissance ou pas. Mais c’est surtout une donnée culturelle, car nous sommes élevés, et structurés culturellement comme des hommes. Cela ne veut pas dire que nous sommes tous des bourrins, violents, violeurs et docteurs en mathématique, mais simplement, mais qu’il y a une certaine prédétermination à ce qu’on épouse ce genre de comportement. Bref, comme un ADN culturel, enfoui au fond de notre crâne : nous sommes des dominants.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on le veuille ou non, et malgré les efforts que l’on peut faire dans différents domaines à ce niveau, les hommes sont toujours des relais de la domination masculine. Relais plus ou moins efficaces en fonction du travail qu’ils ont fait sur leur encadrement culturel. L’implication des hommes dans le mouvement féministe se questionne donc s’ils y répercutent leur attitude de dominant : confiscation de la parole, intimidation, course à des positions de pouvoir, etc.

Le terme de pro-féministe sert alors à marquer une limite, comme une frontière symbolique pour protéger le mouvement féministe de cette tendance. Les temps non-mixtes, qui peuvent et doivent exister dans toutes les organisations progressistes, sont aussi un moyen de sacraliser un temps où cette domination ne sera pas présente.

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Le féminisme dans une société patriarcale

Le féminisme se développe dans et contre une société patriarcale. Contre, car c’est son identité, défendre l’égalité, face à la domination masculine qui s’applique à l’ensemble des champs sociaux de notre société et son bagage culturel accompagné. Dans, car il utilise nécessairement les outils culturels à sa disposition pour avoir un impact dans la société.

Dans ces outils, figurent en bonne place les médias. Personne ne peut prétendre véhiculer un message de masse sans les médias. On s’aperçoit d’ailleurs rapidement que loin d’être une sorte de miroir de la société, même déformant, les médias sont une arène de bataille des idées. Une arène qui n’est pas neutre, car dirigée par des hommes.

Soyons parfaitement honnêtes, ce qu’adorent faire les hommes, c’est parler des hommes. Un certain nombrilisme dont j’ai déjà parlé et qui rend la tâche des organisations féministes assez complexe. Quand on parle de féminisme à un homme, il parle quand même des hommes (si si !) : des hommes violés, victimes de violences, prostitués, ou victimes d’un déterminisme culturel qui les oblige à être dominants (pleurons sur leur triste sort). Tous les moyens sont bons tant qu’il s’agit de ne pas parler des principales victimes : les femmes.

Qu’on le veuille ou non, les hommes engagés dans le mouvement féministe font l’objet d’une attention redoublée. Dans un rassemblement féministe, les interviews ou les images d’hommes, quand ils sont présents, sont disproportionnées par rapport à leur présence. Sans caricature, l’homme isolé au milieu d’un groupe de femmes devient le centre de l’attention médiatique, ce qui lui donne de facto une position de pouvoir.

Bref, encore une fois, la frontière que tracent les concepts de pro-féministe et féministe peut aussi être une manière de protéger le mouvement féministe de la société patriarcale qui veut l’interpréter et la représenter.

2Le féminisme est-il un gros mot ?

Seulement voilà, le féminisme, c’est aussi un gros mot dont la société patriarcale aimerait bien se débarrasser. Faut dire que, franchement, y a pas « homme » dedans donc ça fait un peu flipper ces messieurs.

Et ce travaille de dénigrement du féminisme, bah il marche furieusement bien :

  • « Je suis pas féministe, mais… » : phrase régulièrement prononcée par une personne qui est sur le point de dénoncer une injustice tout en refusant d’être associée avec celles qui, collectivement, la combattent.
  • « Non je suis pas féministe, je suis pour l’égalité… » : phrase régulièrement prononcée par une personne dont les représentations du féminisme ont été structurées par la société patriarcale qui adoooore les décrire en coupeuses de couilles.
  • Etc. (il y en a plein)

Les prises de distance permettent à la société patriarcale d’isoler et de stigmatiser le féminisme. Quand une personne dit « je suis féministe » elle se place dans une posture de solidarité totale, et de partage sans réticence de son combat. Est-ce que se mettre à distance ne joue pas aussi le jeu de nos ennemis ?

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Être un homme féministe ?

Pour le moment, je me définis comme féministe, car les militantes du mouvement féministe que je connais me définissent comme tel. Je ne m’accorde pas la légitimité de pouvoir contester si elles en décidaient autrement, ou si ça changeait par la suite.

Qu’on soit pro-féministe ou féministe, l’important est de rester à sa place dans le mouvement féministe en tant qu’homme. Travailler à refréner ses attitudes de domination, ne pas chercher les postes à responsabilité, mais plutôt épouser au mieux la place que collectivement on te donne.

Être féministe, c’est une théorie et une pratique. C’est avoir conscience de tout ou partie du système de domination, et agir contre lui. Quand on est un homme, on ajoute également prendre conscience de tout ou partie de la domination que l’on exerce nous-même, et agir contre cette domination. Et c’est déjà une montagne à déplacer…

Romain JAMMES

 

 

 

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À quoi sert la journée internationale de l’homme ?

C’est complètement dingue. On en apprend tous les jours. Y a le lot des bonnes surprises, qui vous donnent la niaque pour la journée, mais y a aussi le contrecoup parce qu’on choisit pas toujours ce qu’on apprend. C’est comme ça.

Bref, ce mardi de novembre, malgré le froid, un sourire scindait mon visage. Ma tête s’affairait déjà au travail devant la montagne de tâches à réaliser avant le grand soir, alors que mes jambes pédalaient frénétiquement sur le vélo-Toulouse rasant çà et là les automobilistes paniqués. Un matin normal quoi.

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Sauf que badaboum, errant avec mon café sur des sites très peu recommandables (oui les sites sérieux, objectifs, impartiaux tout ça tout ça), je tombe sur ce magnifique article. Qui m’apprend (oui, d’où le début de l’article. Ça va vous suivez ? Vous voulez du pop-corn ?)… Je disais, ce site m’apprend qu’il y a une « journée internationale de l’homme ». Quelle drôle d’idée…

Pourquoi ces journées ?

Bon de base, moi je pensais qu’on faisait des « journées internationales » pour des causes, quitte à ce qu’elles soient un peu naïves. On trouve la journée internationale de la paix, des migrants et des réfugiés, contre le cancer, le handicap, plusieurs maladies, la justice sociale…etc. Bref, c’est beau les oiseaux chantent.

Parmi ces journées certaines ont une histoire importante, une histoire de lutte par exemple. Au hasard, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, appelée avec mépris, « journée de la femme », est un héritage historique loin d’être folklorique comme le patriarcat aimerait qu’on le pense.1

Sauf que voilà, dans ma vision un peu angélique, j’avais oublié qu’on pouvait faire des journées de tout et n’importe quoi. Sûrement histoire de noyer ce qu’il y a réellement un sens universel. Alors nous avons par exemple :

  • 5 février : journée mondiale du Nutella, j’imagine que c’est une cause internationale…
  • 28 février : journée mondiale sans Facebook, autant faire une journée mondiale sans respirer…
  • 11 mars : journée mondiale de la plomberie, merci Mario Bross…
  • 24 mars : journée mondiale de la courtoisie au volant, la grosse blague…
  • 3 mai : journée mondiale du soleil, bon heureusement qu’il est là c’est vrai.
  • 21 juin : journée mondiale de la lenteur, oh s’il vous plaît, faites en un jour férié !!
  • 31 août : journée mondiale du blog, les blogs… quel intérêt ?
  • 26 octobre : journée mondiale des pâtes, je sais pas pour vous, mais moi c’est tous les jours.
  • 5 décembre : journée mondiale du Ninja, faites gaffe à vous quand même !

Et à tout cela s’ajoute, la journée de l’homme. Oui mais en fait, ce qui pourrait être une grosse blague comme la journée du Nutella (j’espère que je vais toucher un peu d’argent… à force), se transforme en espèce de frustration intestine de l’homme auquel, il faut avouer, on est plutôt habitués. La journée internationale des luttes des droits des femmes n’est pas le miroir de la journée de l’homme. Et ça, nos homo-phallus ont un peu de mal à l’accepter, donc ils décident de se plaindre… Bienvenue dans un monde fantastique…

Les tourments de l’homme moderne

Oh que c’est dur d’être un homme ! C’est en tout cas ce que nous dit Le Point. Des problèmes tout le monde en a. On pourrait s’en amuser, après tout, les problèmes de dominant ça existe. Sauf que ce que ne dit pas l’article c’est que les problèmes exposés sont exactement 3les axes stratégiques de communication des masculinistes. Ah tiens, on passe de la journée de l’homme à la journée contre les femmes… Voyez plutôt.

Il y a plus de suicide chez les hommes ? C’est vrai ! Pourtant, les hommes sont ceux qui subissent le moins de domination sociale et économique. Ce sont ceux qui, d’après leurs stéréotypes de genre, sont le moins exposés aux élans sentimentaux irrationnels. C’est peut-être que l’échec, chez les hommes, c’est un peu une négation de la virilité. C’en est à tel point qu’échouer à se suicider c’est la loose suprême.

  • Et oui, on vous a pas dit ? Les femmes tentent plus de se suicider, elles réussissent moins. Soyons sûr que la proximité des hommes avec les armes, dans leur volonté d’affirmation de leur pouvoir, n’y est pas pour rien.

Les pères sont les négligés de la justice dans les divorces ? Argument masculiniste typique. On voit des papas pleurer de chaudes larmes devant les caméras et monter couilleusement (ouais ça n’existe pas, bon) sur des grues ou monuments. Une stratégie qui n’a rien de spontané puisqu’elle vient directement des expériences étrangères en la matière (Canada, Angleterre,…)

  • Bon et sinon, sur le fond ? Dans les divorces/séparations, parmi les couples qui vont devant un-e juge des affaires familiales (pas tous donc), dans seulement 2% des cas il y a conflit autour de la garde de l’enfant. Il y a alors soit garde alternée imposée, soit garde maternelle ou paternelle imposée. La différence, dans ces cas, entre garde maternelle et paternelle représente 0,8% des enfants qui vivent la séparation de leurs parents. Pas bésef hein ?
  • 75% des pères ne veulent pas de la garde alternée, d’ailleurs, ça reflète bien le fait que ce sont en écrasante majorité les femmes qui s’en occupent. Mais voyez, la culture patriarcale enseigne aux hommes que les enfants sont leurs propriété. De là à changer leurs couches, leur faire à manger et les amener à l’école…2
  • Les lois que tentent de faire passer les masculinistes au sujet de la garde consistent essentiellement à conserver le droit à la garde alternée même en cas d’accusation de violences familiales ou d’inceste. Normal quoi…

Les garçons sont moins diplômés que les filles ? C’est vrai ! Mais ils poursuivent les études les plus valorisantes économiquement et socialement. Ils détiennent également les postes de direction dans tous les domaines économiques, y compris ceux qui correspondent aux stéréotypes féminins. Les masculinistes s’attaquent souvent au système scolaire comme étant construit pour la docilité des filles, qui, du coup, réussissent mieux. Ironique quand on regarde l’histoire de la scolarisation dans notre pays.

Bref, à la question que pose l’article « à quoi sert la journée internationale de l’homme ? », la réponse est « à combattre les droits des femmes ». J’attends avec impatience que dans sa folle clairvoyance, Le Point nous délivre également tous les tiraillements ultra-violents que subissent les riches. Détermination sociale à être brillant, choix cornélien entre Porsche et Ferrari, ou entre les Bahamas et Bora-Bora. La suite bientôt ?

Romain JAMMES

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Les 343 Connards

Je la sentais venir celle-là. Vous savez la prostitution c’est un débat assez virulent. J’avoue que personnellement, le3 fait que ça fasse débat me dépasse complètement. Depuis que j’ai une conscience de gauche et que j’ai réfléchi à la question, et même bien avant d’être féministe (et de savoir réellement ce que ça voulait dire), j’étais abolitionniste. Mais bon voilà, y a débat. Et je me disais, avec la loi qui se prépare doucement sur l’abolition du système prostitutionnel, ça m’étonne de voir presque aucune riposte si ce n’est quelques gesticulations minoritaires du STRASS.

Et bah voilà, ils se cachaient gentiment car ils se sentaient pas vraiment en danger. Ils avaient savamment infiltré le ministère pour faire capoter les plans. Maintenant les loups sortent sans les masques : une poignée de connards réac’ qui viennent pleurer parce qu’il se pourrait bien qu’on leur confisque leur jouet.

La subtile référence

Vous avez pas dû passer à côté, cette poignée de connard a décidé de s’appeler « 343 salauds : touche pas à ma pute ». De premier abord, comme j’ai le cœur sur la main, je leur conteste pas le terme de « salauds ». J’ai ouvert un dico, ça veut dire « homme méprisable et abject ». Je trouve qu’il y a une part d’honnêteté qu’il faut leur reconnaître. Néanmoins, la référence est aussi subtile qu’un ouragan qui traverse le pacifique.1

C’est qu’en 1971 (mais ça vous le savez sûrement tou-te-s), un manifeste rédigé par Simone de Beauvoir et signé par 343 femmes qui affirment avoir avorté. Ce n’est pas anodin car l’avortement les expose à des poursuites pénales. Cet acte est un des grands symboles des luttes pour les droits des femmes en France. Il est à la croisée de nombreux combat.

C’est d’abord la liberté de disposer de son corps. Choisir si on veut ou non rester enceinte. C’est aussi et par conséquent la liberté de choisir sa vie et son destin. Parce que vous savez, réduire les femmes à leur destin de mère. C’est une constante impression de la société patriarcale. On la retrouve dans les tâches ménagères, dans les stéréotypes de genre ou dans la lutte, qu’on a connu dans notre histoire, contre les plaisirs sexuels des femmes .

Les biens nommés2

Bref, ce manifeste était un acte de résistance dans une lutte pour l’émancipation des femmes, pour réclamer le droit à la liberté. Bref, un combat noble, courageux et progressiste ! (Et surtout un combat toujours d’actualité)

Aujourd’hui, ces 343 connards proposent diamétralement l’inverse, tout en s’en réclamant. Zemmour et compagnie (bien connus pour leur engagement progressiste) réclament le maintien d’un privilège. Quel privilège ? Celui que la société patriarcale leur offre : disposer du corps d’une femme pour ses besoins. De toute évidence, comme les harems d’esclaves ne passent pas trop dans notre société actuelle, il y a un semblant de marchandisation au profit d’un proxénète. Bref, le patriarcat combiné au capitalisme a trouvé son parfait rejeton.

Maintien du privilège donc, et surtout maintien d’un système tortionnaire qui organise la traite et les violences faites aux femmes. Le « touche pas à ma pute » pourrait presque passer pour un acte paternaliste de protectio4n. Mais on en est loin. Tout comme les clients de ce site (attention, les estomacs sensibles sont priés de ne pas cliquer…. Bon trop tard, vous êtes têtus hein !)… Je disais, tout comme ces enflures de clients habituels, les hommes n’en ont rien à carrer des prostituées qu’ils « consomment », c’est leur plaisir le centre de leurs préoccupations.

D’ailleurs, pour la petite histoire. Face aux conditions intolérables de la prostitution dans les maisons closes allemandes, le gouvernement a eu un jour la magnifique idée de demander aux clients d’alerter les autorités si jamais les droits des prostituées étaient atteints. Genre un droit tout con, le droit d’avoir des rapports protégés. Gros flop ! Pourquoi ? Parce que les clients ne sont pas là pour faire du social.

Tout ça pour dire que ce manifeste est à gerber, mais qu’il montre que les loups sont de sortie pour défendre leur système de domination. Pour ceux qui se posaient encore la question « à qui profite le crime ? »

Romain JAMMES

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IMPORTANT : Pour harceler ces connards, RDV sur ce site http://343connards.fr/

Je n’ai pas d’humour…

Bon, voilà, ça c’est dit. Vous l’aurez un peu cherché, et en même temps ça va en rassurer certains : je n’ai pas d’humour. Je ne sais pas rire. À part « un homme qui rentre dans un café et plouf ! », j’ai rien à vous servir pour vous tordre le bide. Plus haut j’arrive pas c’est comme ça. Ça doit être dans les gênes ou un truc de cet ordre.

Ou si, je le tiens, c’est p’tete parce que je suis féministe. Ah mais oui ! Pourquoi j’y ai pas pensé ? C’est bien connu en plus, je suis con. Les2 féministes ont pas d’humour. Enfin disons que ceux qui se pensent drôle, ils pensent aussi que les féministes qui les trouvent pas drôle, bah c’est parce qu’elles/ils ont pas d’humour… Bon maintenant qu’on a trouvé le problème on va peut-être pouvoir avancer non ?

On peut rire de tout, mais…

Quand on a pas d’humour comme moi, y a souvent un mec (genre le mec drôle justement), qui vous dit « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». C’est le genre de phrase qui, dans la communauté très resserrée et hype des mecs drôles, fait une sorte d’autorité. C’est un peu le point Godwin de la discussion sur l’humour. Quand on dit ça on peut plus rien dire. Tu argumentes, et on te répond que tu es « n’importe qui ». J’imagine que c’est aussi une forme d’humour.

Cette magnifique phrase est de Desproges. Un maître de l’humour noir qui fait un peu office de divinité dans le domaine. Si vous voulez, les dieux, ce qui est assez marrant, c’est que concrètement on les voit jamais. Bon la différence avec Desproges c’est que lui a vraiment existé (oups j’ai perdu quelques croyants là). Mais bon, il y a assez peu de chance pour qu’il vienne à votre table vous raconter une blague maintenant. Passé ce détail, dans l’un et l’autre cas, y a toujours des gens pour le citer, et en le citant, pour se réclamer de son autorité symbolique. Sauf que voilà… vous n’êtes pas Desproges.

Vous n’êtes pas Desproges, parce que Desproges ne s’appuie pas bêtement sur des idées reçues qui alimentent une domination. Si vous préférez, faire une blague dont le message final est « les femmes sont…

  • connes, surtout les blondes »
  • bonnes qu’à faire la vaisselle »
  • bonnes qu’à être mères (et bon, à faire la vaisselle aussi) »
  • des salopes » (ou divers objets sexuels)
  • ou des amoureuses transies (oui des connes quoi !) qui se laissent emporter par leurs émotions (surtout quand elles ont leurs règles, vu qu’elles sont surtout des utérus) »

c’est simplement recracher primairement le message de la société patriarcale qui sert à alimenter la domination masculine. Y a pas moins subtil qu’une blague sur les blondes. D’ailleurs c’est tellement pas subtil qu’on sait déjà la fin quand ça commence par « C’est une blonde qui… ». Il n’y a pas plus bourrin qu’une énième illustration réduisant une femme à un bout de viande, d’un conformisme abruti dans un contexte de matraquage culturel. 3

Bref, de l’anti-Desproges. Lui prend à contre-pied les idées reçues, ou les tord de telle manière qu’elles n’ont plus rien à voir avec ce que le raciste, ou l’antisémite osera dire au comptoir. Quand il commence un sketch sur les juifs par ces deux phrases : « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle, vous pouvez rester. Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale, beaucoup de juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. » Il installe son contexte, sans reprendre bêtement celui que la société propose (du moins sur cet exemple).

Non, je n’ai pas d’humour quand j’entends ces blagues misogynes dégueulasses. Et il n’y en a pas de mieux qui rattrape le reste. Je gerbe devant les appels au viol cachés derrière vos plaisanteries. Je rage devant cette folklorisation de la prostitution qui oublie (et surtout qui n’en a rien à foutre) que ces femmes sont esclaves d’un système de proxénétisme inhumain.

En fin de compte, Desproges a raison en disant qu’on peut rire de tout. Mais encore faut-il être drôle. Car la supposition selon laquelle le « n’importe qui » est forcément celui qui va subir la blague vaseuse est déjà une interprétation douteuse. Ça me rappelle une histoire d’ailleurs. vous savez celle des médecins qui procédaient aux saignées pour soigner leurs patients au Moyen-Âge. Quand leur état empirait, les médecins disaient que le patient n’avait « pas répondu au traitement ». Manière de dire que le problème, ce n’est surtout pas le médecin.

La culture dominante et l’humour

Le fond du problème c’est que, humour ou pas, il y a des choses qui ne se disent pas. Ce n’est pas directement qu’elles font saigner nos sensibles oreilles. Je ne suis pas non plus partisan d’un flicage permanent qui irait écouter aux portes ce qui se dit. Simplement ce qui se dit publiquement a des conséquences sociales et s’ancre dans un contexte culturel.1

En conséquence, on ne peut pas prétendre qu’une blague, parce qu’elle serait une blague, échappe à cette règle. Ce serait ignorer que l’humour a toujours accompagné les discriminations et les dominations qui les accompagnent. Les colons se fendaient la poire en parlant des gentils indigènes pas très futés, toute l’Europe antisémite en parlant des Juifs cupides et complotistes. On se marre bien avec ces Arabes voleurs, violents et fainéants.

Non content de s’appuyer sur l’assise culturelle d’une domination, votre humour participe à sa résonance. C’est l’humour du dominant sur le dominé, la condescendance et le mépris déguisés en sourire.

Voilà pourquoi j’assume : « Je n’ai pas d’humour ».

Romain JAMMES

« Pas ce soir chéri, j’ai la migraine… »

Ce mythe, tout le monde le connaît. La migraine, la fatigue, on se lève tôt le matin, on a la flemme, il fait trop chaud, trop froid, trop moyen… Bref, dans un couple, parfois, bah on n’a pas trop envie de faire l’amour. Ça arrive, ça peut ne pas paraître grave avec du recul.

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Seulement voilà, dans une société patriarcale, nous, les mecs, on a envie donc on doit être satisfait. C’est comme ça, c’est la domination masculine. Alors comme il faut bien convaincre notre partenaire de passer au billot (avec des formes franchement moyennes parfois), on invente une culture de soumission volontaire. Alors Elle, grand magazine progressiste, s’est donc essayé à l’exercice. Un article, Faut-il se forcer à faire l’amour ?, qui est un exemple du genre. Et oui, ils sont bons élèves chez Elle !

Un curieux déséquilibre

Elle annonce tout de suite la couleur. On va vous parler de femmes. Oui parce que, je sais pas si vous étiez au courant, mais en fait le plaisir, pour Elle, c’est surtout un truc d’homme. Donc forcément, avoir envie de sexe c’est un truc masculin. Rassurez-vous, on n’en est pas au premier. On a toujours convaincu les hommes qu’ils avaient des besoins irrépressibles et qu’il fallait qu’ils les assouvissent. D’un autre côté, on a toujours pris soin de ne pas apprendre aux femmes l’étendue du plaisir qu’elles pouvaient avoir. On s’est même entêté jusqu’à leur ôter le clitoris, c’est vous dire si on est con.2

Bref, cette construction culturelle a plusieurs conséquences. On retrouve l’idée selon laquelle les femmes vont faire une faveur en couchant avec un homme. On a le droit à des variantes comme les femmes qui couchent par intérêt pour que leur cher et tendre répare l’étagère du salon. Plus dur, il y a l’idée que c’est un devoir (« Après tout, on est mariés merde ! »). Ou son corollaire : « Pour le maintien de mon couple, il faut bien que je me force un peu… »

Seulement, entre le « pour mon couple », « pour lui faire plaisir », « parce que c’est un devoir » et « pour pas qu’il me foute sur la gueule » y a parfois des nuances assez floues.

La culture normative

Alors l’article analyse un peu ce phénomène. Enfin, ce sont surtout des hommes scientifiques qui interrogent des témoignages de femmes. Histoire de  rien faire de travers. Pour couronner le tout, on a le droit à des psychologues-psychanalystes. De là à dire qu’on fait l’amour parce qu’on a envie de manger son caca il n’y a qu’un pas. Du coup, ce qui est sympa, c’est qu’on y apprend plein de choses très utiles :

  • Entre toutes les raisons pour se forcer, la moins grave, c’est « par amour ». Comme étude scientifique on a fait mieux. Une bonne petite pilule par amour ça passe tout de suite mieux hein. C’est un élément normatif qui n’a souvent pas d’autre rôle. Et il ne marche souvent que dans un sens : « Il m’a tapé dessus mais c’est parce qu’il m’aime ! » Oh c’est mignon…
  • « Dire non très clairement peut souvent dégénérer en une dispute », « C’est une manière de ne pas vexer mon fiancé ». On sort bien du cadre du plaisir ou de l’amour, c’est clairement pour ne pas subir une forme de répression même si l’article l’aborde de manière anodine. On lit même que c’est « pour ne pas blesser son partenaire plus que par abnégation » hum… C’est quoi la différence ?
  • « Si j’ai parfois la flemme de m’y mettre, je ne regrette jamais après », « L’appétit vient en mangeant ». Traduction pour les hommes : Ne vous en faites pas, si elles disent NON au début, ce sera OUI après. Traduction pour les femmes : allez quoi, ça fait mal au début, après ça va mieux !
  • Si ce sujet est « tabou » c’est que nous sommes dans « une société qui érige la libido en valeur maîtresse » dans le couple. Marrant comme l’article réduit la portée d’une pratique qui a plusieurs siècles (voire millénaires).
  • « La femme ne se refuse pas mais dit à son mari : “Dépêche-toi, qu’on en finisse”, ce qui est encore plus violent que de dire non. » D’après l’article, c’est le refus qui est violent, pas la fatalité de la femme qui est forcée. Entre nous, quand on sait qu’on va être torturée, on veut que ce soit le plus court possible.3

Je suis pas en train de dire que l’article fait consciemment l’apologie du viol. Le phénomène est en recul et pris isolement n’est pas si grave. Moi qui ne subis pas la domination masculine et les injonctions qui l’accompagnent, qui ne suis pas pornographié au quotidien et réduit à mon physique comme un outil pour baiser, il m’est arrivé de me forcer sans traumatisme psychologique. Mais prendre uniquement le cas de femmes, sans préciser pourquoi et en décontextualisant, c’est trop gros pour ne pas être une grossière manipulation.

Bref, un article très joyeux qui se conclut sur deux notes qui encensent tout le message. Il faut fermer sa gueule comme dit Lucie : « Mon mot d’ordre ? N’avoue jamais ! Pour préserver un peu de magie, il faut bien garder une part de mystère et d’intime, non ? » et le mot de la fin pour Docteur Nasio : « C’est un acte de maturité ». Vous kiffez ?

Romain JAMMES


L’invention masculine du mois : la pornographie philanthropique

Ah qu’ils sont doués ces hommes. Je vous en parlais pas plus tard que la dernière fois, on a des idées lumineuses, mais le pire de tout ça, c’est qu’on les applique ! Loin de moi l’idée de nier un quelconque génie émanant de certains de mes congénères mais je me demande pourquoi aucun n’a pensé à inventer ce truc salutaire, cette petite conscience qui vous dirait « Non franchement arrête, t’es en train de faire de la merde ».

hom

Sauf que voilà : ça existe pas. Donc depuis le mec qui s’est pris pour le fils de Dieu, jusqu’à ces fins personnages coupant les clitoris pour ne plus qu’ils existent (et dire qu’on se moque de l’autruche) on a fait un sacré paquet de conneries. Et comme la domination masculine est une source inépuisable d’inspiration, on va pas s’arrêter en si bon chemin.

De l’exploitation caritative

Y’a un mec,… mais genre un mec malin tout ça, tout ça. Il a dû se dire : y’a des gens, ça doit être un peu des militants dans l’âme – genre je file un peu à une association, je signe une pétition – mais pas non plus bézef, juste ce qu’il faut pour se sentir bien dans sa peau. Mais à côté de ça, les conditions des femmes, ils en ont un peu rien à foutre. Et c’est vrai, y’en a un paquet, je peux pas lui retirer. Seulement le moment où le p’tit robot, s’il existait, aurait dû lui dire « non, là, abstiens toi » c’est quand il décide de créer un site porno… caritatif. La vidéo vaut son pesant d’or.

Alors évidemment, le porno ça fait débat. J’en ferai pas tout un plat bien sûr. Y’a ceux qui parlent de libre choix, d’autres qui invoquent la clause artistique. Quoi qu’il en soit, une partie écrasante du porno reprend les archétypes de la domination masculine dans les rapports sociaux. Les femmes sont souvent infériorisées socialement, soumises, voire brutalisées. Bien souvent elles disent non, mais l’homme insistant lourdement elle finit par s’y résoudre : quelle leçon ! Comment s’étonner d’une culture du viol avec ça.

On s’en douterait mais le schéma sexuel est largement centré autour du plaisir masculin. Le fameux triptyque fellation/pénétration/éjaculation sur une partie de la femme, fait souvent office de règle générale. Bref, tout ça ne sent pas le progressisme à plein nez. Mais pire encore, le site met en avant le « sexcam », en gros une femme qui se tord dans tous les sens comme dans une cage, entourée (virtuellement pour le coup), d’un paquet de mecs qui se soulagent pour l’occasion. Bref, une femme réduite en bête de foire, et une sacrée boule au ventre quand on est féministe.

Bref, déguiser cette exploitation derrière les dons à des associations, c’est quand même une sacrée hypocrisie. C’est comme si un site raciste proposait de faire un don au Planning Familial. Je sais pas pour vous mais moi j’aurais quelques doutes sur ses valeurs (euphémisme – Oui maintenant je fais un guide parce que certains ne saisissent pas toutes les figurent de style de ce blog).

Allons plus loin

Au fond, ce qui me dérange le plus, c’est pas qu’un illuminé ait eu cette idée. C’est que son truc, ça peut éventuellement fonctionner. Alors j’ai pas fait d’étude de marché, mais je vois un bon paquet d’abrutis, toutes tendances confondues qui, une fois le mouchoir plein, auront l’impression d’avoir fait une bonne action. Si c’est pas magnifique la vie.

Alors j’ai un pote qui me dit : « La prochaine fois ils feront ça à des prostituées ». Improbable ? Pas tant que ça : régularisation de la prostitution, quelques maisons closes et une concurrence féroce comme en connaissent quelques pays. En plus de tirer les conditions de travail vers le bas, ça peut bien créer des concepts originaux. Après Gauche-Rencontre et Benevidz, découvrez gauche-prostituée. Vous payez 30 euros votre gâterie ? 2 euros sont reversés pour faire un puits en Afrique ou soigner les pandas. (Quoi ? Non j’ai rien contre les pandas. Enfin, avouez qu’ils sont énervants… Non ?)

Tout ça pour dire que :

  • Le caritatif se fout parfois (on me souffle « toujours ») bien de la gueule du monde.
  • Qu’on a beau avoir le cœur sur la main, on n’en est pas pour autant féministe.

C’est à croire qu’il faudrait rappeler que les femmes sont des êtres humains…

Romain Jammes


Cachez ce clito que je ne saurais voir !

Ah c’est la rentrée, ces cartables, ces crayons, ces retours d’émissions débiles que tout le monde regarde, ces magazine sexistes qui font un rebirth d’enfer avec le complicité des potes du PAF et ces statistiques de l’UNICEF…

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Ah ouais, on vous a parlé de France-Géorgie (ce n’est pas pour critiquer les amateurs de foot, je serais surement devant mon écran comme un débile vendredi)… Je disais quoi ? Ah oui : on vous a parlé des ptits bleus mais pas des statistiques sur les mutilations génitales et les excisions. Allez, on va en vouloir à personne, après tout, le clito a l’habitude de rester dans l’ombre. Mais à L’Art et la Manière on est têtus et on s’est vite lassé de Pernaut. Du coup on va vous raconter une histoire…

Femmes, mamans, plaisir, tout ça…

J’en ai déjà parlé sur ce blog (mais la pédagogie du matraquage a un charme irrésistible), les hommes ont un certain nombre d’obsessions qui structurent pas mal leur comportement avec les femmes. Il y a la bite, ouais notre sexe, le truc qui pendouille entre nos cuisses (voir les trucs qui pendouillent en dessous puisque dès qu’on voit un poisson avec des dents on commence à flipper). Puis y a la génétrice, la moman, celle qui donnera la fière descendance : ces femmes que l’on réduit constamment à leur utérus.ex1

Alors le pénis d’abord, c’est un peu un mode de pensée structurant pour l’homme. On a construit des pénis géants en guise d’édifices et on généralise une espèce concurrence qui m’a tout l’air d’un « qui a la plus grosse ? » dans tous les domaines de la société. On a aussi structuré l’ensemble de la sexualité autour de cet étrange membre (et tous les comportements sociaux genrés, après tout, si un homme est « efféminé » c’est qu’il a été pénétré). Le pénis donc, c’est celui qui permet la pénétration, qui fait d’une fille une femme, c’est autour du plaisir masculin (et encore plaisir très hétéro-normé) que la sexualité a lieu, tout ce qu’il y avant est mis en bloc dans le panier des préliminaires. Évidemment celui qui a été le grand oublié de l’histoire, c’est le plaisir des femmes. Enfin c’est les femmes en général, et par conséquent leur plaisir. C’est sur qu’aujourd’hui il y a peu de demeurés qui iront jusqu’à nier le fait que les femmes prennent du plaisir au sexe, mais beaucoup sont encore persuadés qu’il se structure autour de leur phallus, et au moins autant n’ont qu’une vague idée de ce qu’est un clitoris. Et pour cause, il a longtemps été caché, enfoui voire censuré. Ah ces hommes.

Ce qui est marrant, c’est que ce phénomène est en étroite relation avec la 2e obsession : les femmes sont des mères. Un doux refrain qu’on entend plus ou moins subtilement au quotidien. Instinct maternel, sensibilité, patience, douceur et toutes ces conneries qu’on attribue aux femmes ne sont que des corollaires de l’équation sexiste femme =  utérus = mère. C’est bien simple, les hommes prennent du plaisir, les femmes font des enfants. Vision eucharistique du sexe assez tenace pour alimenter les manifs homophobes qui ont animé l’année dernière et ravivé ce qu’on travaille à enterrer dans les oubliettes réactionnaires de l’histoire.

Et donc ?

Et donc si ça s’arrêtait à quelques mots, une culture qu’on s’attache à combattre comme on peut, et quelques allumés dans des manifs. On en ferait pas tout un foin. C’est pas qu’on est du genre a laisser faire mais c’est que quand, en plus, les répercussions matérielles de ces visions primaires sexont effroyables, on a tendance à monter au plafond.

Parce que oui, l’homme ne se contente pas d’avoir de brillantes idées, il les met en application, le con. Donc le clitoris, comme il est inutile, vu que les femmes ont pas de plaisir, et bah on veut pas le voir. C’est un peu l’appendice de l’aine vous voyez ? Comme on voudrait qu’il arrive malheur à personne et que c’est une sérieuse entrée vers les portes de l’enfer, y a pas mal de bougs qui ont décidé d’ôter la face émergée de l’iceberg clitoridien. C’est arrivé un peu partout à toutes les époques, sauf que y a des endroits où ça reste. Et c’est sacrément bien ancré. Ainsi, le rapport de l’UNICEF a étudié plus de 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. (Bon soit dit en passant, je ne doute pas que le phénomène existe toujours dans de nombreux autres pays, y compris en France). Dans ces pays, 125 millions de filles et de femmes portent les stigmates de mutilations génitales ou excisions. Ce sont 30 millions de filles qui risquent de subir la même torture dans les 10 ans qui viennent. Le tableau donne un aperçu de l’ampleur du phénomène. Il n’a rien d’anecdotique : c’est une culture traditionnelle qui accompagne la pensée et les représentations décrites plus haut. Une véritable honte pour l’humanité.

Mais ce que cette culture provoque dans ces pays, elle n’oublie pas de le faire aussi à la maison. L’excision a existé comme phénomène important en France, mais cette culture a aussi d’autres manières de s’exprimer qui sont dangereuses etex3 brutales. Ainsi, si une femme a pour principal destin d’être une mère, la contraception et l’avortement sont des enfants du diable. Ainsi nos petits soldats réactionnaires ont ici leur cheval de bataille qui, faute d’ôter le clitoris aux femmes, veut leur déposséder le droit à disposer de leurs corps, en somme leur droit d’être libre et de choisir leurs destin. On se contente de ce qu’on a, disent les plus sages, mais ce qui chagrine dans ce tableau, c’est que l’histoire leur donne de sérieuse raisons d’avoir le smile jusqu’à l’auréole. Entre 2002 et 2012, 180 centre IVG ont été fermés. Austérité et normes comptables du privé importé au système de santé sans doute. Mais néanmoins un répit bienfaiteurs pour ces connards qui vivent manifestement des douleurs qu’ils infligent aux autres.

Bref, réactionnaires de tous les pays, crevez !

Romain JAMMES