Adresse à José Bové.

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Salut José, tu permets que je te tutoie ? On ne s’est jamais vu, du moins tu ne m’as jamais vu. Mais on a partagé tant de combats que j’aurais du mal à ne pas te considérer comme l’un des nôtres. Mes premières idées politiques, je te les dois. Pendant mes vacances à Millau quand j’étais encore gamin, j’entendais mille légendes sur tes actions, je voyais sur la route des messages demandant ta libération. J’ai vite partagé ce goût des produits de l’agriculture paysanne que tu représentais alors pour moi.

Le démontage du Mac Do de Millau a longtemps été un symbole pour l’ado que j’étais. Le symbole d’une forme de résistance qui me touchait, celui de ce que cette malbouffe n’était pas une fatalité et avait ses détracteurs. Une pointe d’espoir face à l’impérialisme américain qui me paraissait écrasant.3

En 2007, je votais pour la première fois. Longtemps j’ai hésité à te rejoindre, tes idées me parlaient : radicales, concrètes… Je sentais encore le faucheur d’OGM, celui qui ne se résigne pas à accepter un système productiviste et destructeur pour les humains et la nature. Si j’ai finalement voté Besancenot, c’était pour pousser plus loin une démarche que je trouvais proche de la tienne, mais en capacité de rassembler davantage et de peser dans le débat politique. Tout ça pour te dire que tu as beaucoup compté dans mon engagement politique et que ce José Bové-là, je partageais ses idées et son engagement.

Aujourd’hui, José, je ne te reconnais plus. Je comprends plus où est passé ce militant qui m’a tant inspiré. Je t’ai vu voter la libéralisation du rail, qui détricote sciemment notre grand service public. Comment développer le ferroutage, remettre des trains partout, améliorer encore le meilleur train du monde sans cet outil central ? Comment endiguer le tout-automobile si la logique du profit et non de l’intérêt général — car c’est de ça dont il s’agit — devient maîtresse de l’aménagement ferré ? Comment construire un service accessible à tous, sans que la puissance publique intervienne sur les tarifs ?

Je t’ai vu soutenir la libéralisation de l’énergie. Là non plus je n’ai pas compris. La transition énergétique est un axe central de la politique écologique. Elle ne peut pas répondre à une logique marchande, parce que nous devons avoir comme objectif de consommer moins. Si c’est la puissance publique qui a créé tant de centrales nucléaires, il n’y a qu’elle qui est assez puissante pour planifier la sortie de cette énergie dangereuse. Il n’y a qu’elle qui est capable d’investir2 sur 20, 30, 50 ans dans d’autres formes d’énergies : celle de la mer, de la chaleur des profondeurs, ou d’autres encore inconnues…

Je t’ai vu te prétendre « grand défenseur des traités européens ». J’en suis resté bouche bée. Ces traités sont l’ADN d’une Union européenne autoritaire qui prive le peuple de sa voix. Des traités passés en force, ou en catimini dont les objectifs sont toujours la destruction des souverainetés nationales, et la concurrence libre et non faussée. Oui, celle que tu veux « pousser jusqu’au bout ». En somme, c’est une Europe qui veut imposer l’austérité et le productivisme à tous les peuples membres. Comment peut-on être écologiste et défendre un tel principe ? Au-delà des FEDER, FEADER et autres fonds qui aident les collectivités dans certains aménagements intéressants, n’y a-t-il pas une direction générale mortifère dans laquelle cette logique nous emmène ? Est-ce que l’écologie ne contient pas la graine d’une société différente : relocalisée, solidaire, en paix ?

José, j’ai la sensation que tu t’es perdu dans la jungle bureaucrate de Bruxelles. Que tes combats ont été dilués, comme ces cuistres diluent le vin pour augmenter leurs marges. Tu es si bon élève de cette école, que l’assiduité devient ton seul argument face à Mélenchon, quand tu ne te déverses pas en insultes comme récemment.

Au fond, j’aimerais voter pour toi José, pour celui qui a participé à la construction de mes idées, peut-être celui qui a provoqué la première étincelle qui a embrasé mon engagement. J’aimerais aussi parce que tu viens de notre de camp et que tu y as toute ta place au regard de tes engagements passés.

Dimanche, je donnerai ma voix au Front de Gauche, ce sera aussi, un peu, au nom du José Bové d’autrefois…

Romain JAMMES

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Comment les médias font le jeu du FN

 C’est une histoire comme beaucoup d’autres, que j’ai lue de Gilles Balbastre. Elle est représentative d’un état de la société, à la fois dans son caractère de spectacle, mais aussi dans la profonde misère humaine qu’elle organise au quotidien.

Elle révèle le profond mépris de ceux qui se battent dans l’ombre et la connivence de ceux qui façonnent l’opinion publique avec la montée en flèche des idées réactionnaires… Le désarroi que le libéralisme crée dans les consciences collectives fait du frère l’ennemi et de l’ennemi un frère. Comme du compost, elle laisse moisir la frustration de destins brisés bientôt fertiles aux noires idées qui rongent l’humanité.

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Il était une fois, à Dunkerque

Dunkerque, voilà un nom qui ne fait pas rêver. Spontanément, on pense au climat hostile de la mer du Nord, au ciel gris, aux trottoirs gris, aux bâtiments gris. Ça ne fait pas très carte postale. Mais c’est surtout le destin des ouvriers face à la désindustrialisation qui crève le cœur. Le chômage est la préoccupation quotidienne, le grand débat de la région, comme beaucoup d’autres en France.

La fermeture de la raffinerie Total en 2010 est une pierre de plus qui s’écroule de l’édifice. Elle fait l’objet d’une lutte, de certaines victoires administratives, et finalement d’une reconversion du site. « Reconversion » : ce mot sonne rarement comme une bonne nouvelle dans la bouche d’industriels. 350 salariés sont licenciés, mais la création d’une centaine d’emplois est annoncée sur le chantier par Sarkozy en 2011. Le compte reste négatif, mais le coup de com’ fait ses effets.

Une filiale locale d’EDF est maîtresse d’œuvre, les demandeurs d’emploi affluent. Jusque-là, le scénario est sans accroc…

Mais qui sont ces travailleurs ?

Sauf que voilà, quelques mois plus tard, ce ne sont pas les mêmes travailleurs que l’on voit pointer à Loon-Plage. L’opération vantait les mérites de l’emploi local. Elle sentait l’air frais du bout du tunnel pour de nombreuses familles. Elle l’a été sans doute pour certaines, mais le chantier prend des accents qui interrogent.

Les travailleurs détachés sont en effet nombreux, très nombreux (60%). Qu’est-ce que c’est ? Des ouvriers venus d’autres pays européens, payés et protégés en fonction des lois de leur pays d’origine. Une aubaine pour le maître d’œuvre, des économies garanties par une directive européenne construite dans l’ombre des couloirs de la Commission et qui, à chaque rediscussion, devient plus libérale encore. Une main-d’œuvre étrangère faute de pouvoir la trouver en France d’après le discours officiel. On peine à le prendre au sérieux.

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Photo : Askatom

Le droit du travail, lui, reste celui de la France, du moins en théorie, encore faut-il que les travailleurs le connaissent. La CGT s’active, non contre la présence d’étrangers qui sont dans le même bateau de la recherche de l’emploi par tous les moyens, mais contre le dumping social déguisé derrière cette pratique. Ils éditent des tracts en plusieurs langues sur les droits des travailleurs. Se font sacrément chahuter par la direction. Devant le site, des bus affrétés spécialement emmènent des convois d’ouvriers depuis les campings où ils logent, bien à l’écart de la cité, jusqu’à leur lieu de travail. Avoir un échange relève du défi. Même au rond-point public devant l’entrée, la direction fait tout pour qu’aucun dialogue n’ait lieu.

Pourtant, des soupçons très lourds pèsent sur les conditions de travail. Des travailleurs avouent faire certaines semaines de 50 heures. Les inspecteurs du travail tirent la sonnette d’alarme sur l’opacité qui les empêche de faire leur travail.

Une affaire qui fait du bruit ?

Les grands médias ne se pressent pas au portillon. Après la CGT, la CFE-CGC (syndicat des cadres), alerte à son tour, la presse locale commence à s’interroger. Mais ce ne sont que 15 pauvres militants FN, déployant une banderole sur le toit de la CCI, qui vont attirer l’attention des médias nationaux. La banderole dit « Emploi, les nôtres d’abord ». Le ton est donné, la question ne porte pas sur les conditions de travail, mais sur le rejet des travailleurs étrangers.

Sauf qu’on ne parle que de ça. Les syndicalistes présents depuis des semaines ont été méprisés et ignorés. On leur préfère le discours simpliste et haineux d’une poignée de nazillons reprenant les slogans d’avant-guerre alors dirigés contre les juifs. Une absurdité économique, une horreur philosophique, mais peu importe, ce qui compte c’est l’audience.

L’écœurement des milliers de chômeurs est plus que compréhensible. Le matraquage leur donne une cible toute simple, à leur hauteur, sans plus d’appel à l’esprit critique. Le FN surfe sur la vague avec la bénédiction du PAF. Comme un navire sans équipage que le courant mène à bon port.

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Photo : Askatom

Et la suite ?

La suite on la devine. Michel Sapin a fait la démonstration de l’inaction du gouvernement. Suite à des alertes d’agents de l’État, il fait une visite surprise annoncée la veille. Oui, c’est un nouveau concept. La direction prend le soin de laisser la plupart des salariés au repos. Rien à signaler donc.

La suite c’est aussi les élections européennes. Plutôt que de détricoter le mécanisme libéral du travailleur détaché, les médias ont offert un boulevard au FN qui fera une campagne à l’image de l’idiotie de son discours. Anti-Europe, anti-européen, anti-euro. Le terrain aura parfaitement été préparé pour que la population vote contre ses semblables étrangers au lieu de s’en prendre à ceux qui organisent le dumping social.

Les militants syndicaux font encore régulièrement le pied de grue devant l’entrée, loin des projecteurs. Les fachos dans leur canapé n’ont plus qu’à observer la mayonnaise monter à coup de grandes déclarations publiques. Voilà comment les médias ont choisi leur camp dans cette bataille.

Des cas comme Loon-Plage, il y en a de nombreux en France. Le libéralisme crée le chômage de masse, le système médiatique le goût du scandale et la simplification à outrance. Le désarroi politique de la corruption alimente la suspicion du collectif. Chez soi, à l’abri des autres, on devient la cible idéale.

Libérons-nous de ces chaînes.

Romain JAMMES

Pour en savoir plus, l’émission Là-bas si j’y suis sur le sujet

Cette révolte espagnole qu’on ne voit pas à la Télé…

Samedi dernier (22 mars), c’était un jour un peu chelou. Oh, pour la plupart des citoyen-ne-s je pense qu’il n’a pas changé des samedis habituels. Pour nous, brave militant, il a un côté à la fois horrible et reposant. La bataille est finie, maintenant vient l’heure de la récolte. On voit le monde défiler devant nos yeux sans avoir le droit d’y mettre sa pâte. Je sais pas pour vous, mais moi, si je suis militant, c’est pour m’y plonger la tête la première, alors imaginez…

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Les médias avaient aussi éventuellement la possibilité de parler d’autre chose que la mise en scène (aussi subtile que la diplomatie de Poutine) du FN comme recours à tout ce qui va mal : de la météo aux pourris qui nous gouvernent. Seulement voilà, alors qu’un événement historique se passait derrières les Pyrénées, la cacophonie médiatique nombriliste n’a bougé le petit doigt. Et pourtant…

C’est quoi ce truc au juste ?

En France, si nos petits cœurs étaient dans le creux de la vague entre l’activité intense de la campagne et le stress du jour du vote, les Espagnol-e-s organisaient depuis plusieurs mois une riposte massive à la politique d’austérité. Mais pas genre l’austérité « allez ce soir c’est pâtes au gruyère comme hier », plutôt genre 25% de chômeurs et 55% chez les jeunes. Donc on vit où on peut, et quand on a un appart, l’eau et l’électricité sont en option, comme les services publics les plus élémentaires. Bref, un bond en avant civilisationnel made-in troïka.1979167_10152357254067147_1241094035_o

Seulement comme cette bonne ambiance a commencé à peser sur certaines têtes. V’là t’y pas que des collectifs, des syndicats et partis politiques s’allient depuis 6 mois pour organiser une grosse sauterie. C’est assez inédit en Espagne, c’est assez inédit tout court d’ailleurs. En France depuis le Front Populaire, c’est plus trop la mode. Mais ça revient progressivement parce qu’il faut bien se dire qu’une riposte commune ça a vachement plus de gueule dans la période.

Bref, les espagnol-e-s bien remonté-e-s, et libéré-e-s de toute contrainte professionnelle du coup, ont décidé de faire partir des marches de tout le pays en direction de Madrid pour ce fameux 22 mars. Résultat ? 2 millions de personnes ! (740 selon Valls, en comptant les 1700 policiers. euh…) Un raz de marée humain dans la capitale. « La plus grande manifestation de l’histoire récente » du pays, précise l’huma. Et bon quand c’est l’huma qui le dit…

Cette révolte dans l’ombre qui bouscule

La forme, le fond et le résultat sortent donc de l’ordinaire. La forme, j’en parlais, c’est cette progressive porosité entre les syndicats, les forces sociales et associatives, et les partis politiques. En France ça commence aussi à venir. Le fond, un concentré de politique de gauche : plus de libertés, plus de répartition des richesses, moins d’austérité, des services publics. C’est la convergence de revendications qui grondent comme un bruit sourd dans les villes de la péninsule depuis des années. Peut-être un pas avant le « qu’ils s’en aillent tous ! » qui a débarrassé les sud-américains de nombreux dirigeants politiques corrompus.

1Mais c’est pas assez pour la presse française occupée à faire des publi-reportages sur les nazillons des listes FN partout en France. Pas assez jusqu’à ce que… ça se foute sur la gueule. Et oui, attiré par l’occasion de réduire une puissante manifestation à une rixe de bar, les mass-médias se sont jetés sur leur proie comme des zombis sur un survivant. Résultat ? Le Nouvel Obs fait 2 articles centrés sur les débordements et les blessés, Libé ne peut pas s’empêcher de l’évoquer dans le titre de son article, France Télévision centre son reportage dessus, Le Parisien, Le Point et Ouest-France suivent évidemment la meute lancée par l’Agence pour la Fainéantise de la Presse (AFP).

Rien sur le fond des revendications, au-delà d’une vague « austérité », ni sur la forme inédite du rassemblement.

Et on s’y met, nous ?

Une fois encore, la démonstration se fera par la force du nombre, quoi qu’on crache sur notre camp à chaque colonne réactionnaire. S’il fallait convaincre encore que le système médiatique protège la poignée de pourritures politiques qui assènent la même doctrine sans nuance, sans raisons et surtout sans bon résultat, partout, on l’a trouvé.1450235_838293422852769_563601015_n

Ces adversaires qui ne doivent pas nous effrayer. La nouvelle forme que prend la contestation est la bonne. À mesure que nous serons des milliers, des centaines de milliers, dans la rue, le ridicule décalage entre la réalité et son traitement ubuesque sautera à la gueule de la population. Comme l’arbre qui s’accroche à ses feuilles avant l’hiver pour faire illusion, c’est une vulgaire peinture qui tient le système politique et économique en place. C’est à nous de bousculer ses branches, nos pieds font trembler la terre, nos slogans sont des gifles à leur insolence.

Faisons sauter ces cadres contraints où chacun se regarde le ventre : où les uns ne viennent pas parce que les autres ont eu l’idée d’abord ; où certains auraient peur que d’autres parlent à leur place, ou détournent leur force comme ce fut trop souvent le cas dans l’histoire. Les atermoiements doivent être balayés par la masse des indignés de notre société. C’est le sens de la marche du 12 avril.

Alors, le défi est lancé, 2 millions à Madrid. Et chez nous, on s’y met ?

Romain JAMMES

Mais au fait, c’est quoi la dette ?

Allez je me lance dans ce sujet épineux parce qu’il y a besoin de remettre les points sur les i. Sinon c’est moche un i, on dirait un l atrophié. Il se ferait sacrément avoir, un peu comme nous quand les médias ou les libéraux nous expliquent la dette.

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Le bel exemple, c’était Cahuzac face à Mélenchon. Je suis loin du trip groupie ou de la bataille de tweets qui s’organise à chaque émission. Mais c’est effarant de voir comment les plus grosses bêtises passent comme une lettre à la poste dans ce genre d’émission. Ainsi du haut de son perchoir le ministre du budget entonne le refrain suivant : « Votre voisin vous demande 10F, vous lui donnez. Un jour 20F, vous lui donnez. Un jour 50F, 100, 200 ou 1000, vous lui donnez. Et puis si un jour il vient vous voir en vous disant qu’il vous rendra pas tout ça mais qu’il a besoin de 5000 euros. Vous lui donnez ? Non et vous aurez raison ! »

Ce résumé du problème de la dette est séduisant… parce qu’il est simplissime. Mais il est aussi complètement faux. Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi…

Au début, était l’argent

Bon, pour comprendre le principal élément de la dette en France et dans beaucoup de pays, il faut revenir à ce qu’est la monnaie dans l’économie. Prenons l’économie la plus simple du monde, allez disons 2 personnes. L’un fabrique des vêtements, l’autre fait pousser des fruits et légumes. Chacun a besoin de l’autre et ils échangent des pulls contre des tomates. Là, pas besoin d’argent. Évidemment, les choses se compliquent quand dans l’économie s’intègre une personne qui fait des outils, l’autre des maisons et disons une dernière qui est médecin. FAIRE-DU-TROC-SANS-DEPENSER-D-ARGENTComment on évalue combien de chaussette vaut une maison ? Ou combien de tomates vaut une visite médicale ? Pour simplifier, on créer de l’argent qui étalonne la valeur de chaque produit. Ainsi, plus besoin de troc, l’argent, en circulant, équilibre les échanges. Evidemment, cela suppose une autorité supérieure qui fixe des règles et qui émet cette monnaie pour que tout le monde ait confiance. Donc l’Etat a un rôle non négligeable dans l’économie, sans même aborder la question des services publics et de la répartition des richesses.

Évidemment, vu la petitesse de l’économie, 100 euros en circulation peuvent largement suffirent à chacun, l’argent circulant entre tous, pour pouvoir participer à l’économie. Mais l’économie grandissant, à la fois dans le nombre d’acteur mais aussi dans la productivité de chacun de ces acteurs (avec les innovations techniques tout ça tout ça), les 100 euros vont très vite être insuffisants pour fluidifier les échanges. Ca s’appelle un manque de liquidité. À ce moment, l’Etat peut émettre de la monnaie pour accompagner le développement de l’économie. Il peut le faire à travers des investissements publics, des grands travaux, des services publics, ou à travers la distribution d’aides sociales diverses. Avoir plus de masse monétaire en circulation stimule les échanges, donc la production. Puis ça enrichit l’Etat via l’impôt également.

veritable-part-dette-budgetCe système contient évidemment quelques biais, parfois les Etats ont immodérément créé de la monnaie pour faire varier sa valeur relative et exporter davantage. Ils ont souvent dévalué brutalement leur monnaie pour éponger une grande part de leur dette etc… Mais rien de fondamentalement grave, excepté quelques exemples isolés. Cette politique a rendu plus de services qu’elle n’a coûté aux populations. Les principaux acteurs qui en pâtissaient étaient les rentiers et les créanciers de l’Etat (souvent les mêmes).

La monnaie-dette

Bon jusque là vous suivez ? Evidemment, la situation n’est pas restée ainsi, pour de bonnes mais surtout pour de mauvaises raisons. En 1973, les Etats mettent volontairement fin à cette pratique. Les banques centrales deviennent progressivement indépendantes et la création monétaire devient essentiellement un acte privé. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Aujourd’hui, les banques centrales comme la BCE sont largement minoritaires dans la création monétaire : autour de 15%. L’essentiel de la création monétaire se fait via les crédits que les banques accordent. Sauf que cette monnaie, elle a 2 inconvénients : elle disparaît, à mesure qu’on rembourse sa dette, et elle génère des intérêts. Or depuis 73, l’économie s’estdettes-sans-interet sacrément développée et les intérêts des dettes publiques, comme privées, ont explosé, au grand bonheur des banquiers. Le résultat ? Au lieu que la création monétaire permette de financer le développement de l’économie, elle sert aux banques à faire du crédit, y compris pour les Etats. La BCE prête aux banques à 1% et les banques prêtent ensuite aux Etats entre 6-7 ou 17% comme en Grèce. Un joli pactole à la clef bien sur !

Le système fonctionne tant et si bien que l’essentiel du problème de la dette publique actuelle, ce sont les intérêts. Comme le montre les schémas, ce sont les intérêts qui plombent l’économie publique, cette obligation stupide d’aller demander aux banques pour un prêt. Donc contrairement à ce que Cahuzac raconte : la France et les pays européens ont largement remboursé leur dette, le reste n’est que le résultat d’un système économique construit pour engraisser une poignée de financiers sur le dos des pays et des ménages.

La dette, c’est chouette aussi

Bien sur, cette partie de la dette, il ne faut pas la payer. Faire un gros « fuck » à ces banquiers pour qui la droite et le gouvernement actuel sacrifient le peuple. C’est la plus grosse partie, mais ce n’est pas la seule. Une partie non négligeable de la dette est directement liée aux politiques fiscales néolibérales qui permettent aux plus riches et aux grandes entreprises d’échapper à une grande partie de l’impôt…Celle là, on peut la payer, mais on peut aussi faire une réforme fiscale d’ampleur pour y remédier. Mais genre une bonnedette-publique-marianne réforme fiscale, pas celle dont Cahuzac dit qu’elle a déjà été faite mais qu’on l’a pas vu. Comme si on avait passé une partie de l’année camés au point d’avoir un trou noir dans le débat budgétaire.

En vrai, il y a également une dette chouette. Elle est chouette parce qu’elle fait avancer la société. C’est l’investissement pour le bien commun. Construire des routes, des lignes de chemin de fer, des centres de production d’énergie renouvelable, des écoles, des hôpitaux,… Tout ça, ça coûte un max de tune, et donc on emprunte. On emprunte, c’est vrai, mais on fait avancer la société et au final, on a un retour humain, démocratique et économique. Donc cette dette chouette, nous elle nous gêne pas trop. Pourtant bizarrement, c’est la seule à laquelle s’attaque les libéraux (socio- comme néo-). À croire qu’ils roulent pour les banquiers et les riches…

Voilà ce qu’est la dette selon moi. Et les solutions sont simples : la dette illégitime, on ne la paye pas et on permet à la BCE de prêter directement aux états ; la dette fiscale, on l’endigue à travers une fiscalité plus juste ; la dette chouette, bah on se gêne pas…

Romain JAMMES

Qui a le Nobel de la paix prépare la guerre…

Ce monde est merveilleux. Vous savez, le risque quand on est cynique (ou a minima un peu lucide), c’est qu’un jour plus rien ne nous étonne. Et ce n’est pas parce que Tiken Jah en fait une chanson que ça n’arrive qu’aux autres. Heureusement, nos oligarques ne sont pas à court d’idées pour se foutre de la gueule du monde. Avouez que sans ça, on se ferait chier…

Le choix en la matière était très difficile. Faut-il accorder le Nobel du féminisme à Eric Zemmour ou celui de la paix à… Disons l’Union Européenne, pour se marrer !

Le Nobel de guerre

Bon, il faut l’avouer, le Nobel de la paix, on nous avait déjà fait le coup. Quand on raconte une blague 2 fois, c’est tout de suite moins drôle. À l’époque Mr Président/Maître du monde avait (il a toujours) la plus puissante armée du monde, impliquée dans le plus grand nombre de conflits. Après tout, faire la guerre pour la paix, c’est pas nouveau non plus. 50% des dépenses militaires du monde pour les seuls Etats-Unis, il faut un certain mérite… Du reste, Obama n’a pas lésiné, il reste un actif revanchard face à tous les pays qui lui disent merde. Ça mérite bien un Nobel de cour de récréation. Mais ce qui en vérité vaut largement celui de la Paix, c’est d’être capable du fiasco de l’Afghanistan, avec une telle force à disposition. Le pot de fer a pris une sacrée cuite, il faut bien être antimilitariste pour réussir une telle prouesse.

Ce coup-ci, pour déshumaniser encore plus le truc, une poignée d’illuminés a accordé la récompense à l’Union Européenne. D’aucuns, certainement malveillant, y verraient une manière de dire que la guerre ou la paix, ce n’est pas tant une question de personne que d’institution. D’ailleurs ce n’était pas vraiment un troupeau de grand bourgeois qui a provoqué la 1ère guerre mondiale, envoyant des milliers de prolétaires au massacre. Tout ça c’était juste parce qu’il y avait pas l’Europe. Ah d’accord !

Bref, l’Union Européenne est la grande promue. Il faut dire qu’en matière d’antimilitarisme elle a des leçons à donner. Sa réaction au dernier massacre de Gaza a été particulièrement significative, à l’image de sa collaboration pour arrêter les flottilles pleines de dangereux vivres destinées aux palestiniens. La participation d’une grande part des pays à l’OTAN annonce aussi un grand élan de poésie internationale. Bravo donc au comité Nobel pour son flair et son sens du détail.

Le Nobel contre le peuple

Mais au fond, et sans rire, ce qui est le plus terrifiant, c’est le contexte politique dans lequel cette décision intervient… En pleine grâce nobélique (j’invente des mots SI je veux !) l’Europe n’en mène pas moins une guerre contre les peuples. L’austérité qu’elle tente autoritairement d’imposer à l’ensemble des européens a tout d’un massacre de sang froid pour maintenir un système qui prend la flotte. Le gel des salaires, le détricotage des services publics et du lien social dansent une valse macabre avec le repli identitaire masquant les vrais responsables du désastre. Une guerre contre le peuple qui se matérialise d’autant plus quand les foules descendent dans la rue. Comme si les libéraux se souvenaient soudainement de l’efficacité de l’Etat-matraque. Le Nobel baigne dans le sang des maquisards du 21e siècle…

L’Europe de la paix on nous la fera peut-être pas deux fois. Surtout celle qui, en pleine crise, interdit à tout pays de prêter à un autre. C’est l’Europe qui immisce le marché partout, jusqu’à sa tête et monte les pays européens les uns contre les autres comme dans le derniertraité que ces bouffons de socialistes ont voté les yeux fermés.

En vérité, face à cet acharnement contre le peuple, l’Union Européenne a un sérieux plomb dans l’aile. Elle atteint un point de non-retour, elle a conscience qu’elle ne pourra plus jamais consulter son peuple si elle veut poursuivre dans cette direction. Niveau légitimité, on a rarement fait plus catastrophique. Alors en bon samaritains, nos beaux faiseurs de Nobels n’ont rien trouvé de mieux que les comptines qu’on nous raconte depuis 30 ans. « N’oubliez pas les enfants, l’Europe c’est la paix. Vous ne voulez pas remettre en cause la paix tout de même ?… » Sauf que ce refrain, il commence à bien faire. Les collabos qui se cachent derrière les vainqueurs risquent d’avoir une sacrée surprise quand on viendra nous-même à leur porte siffler la fin du bal des hypocrites.

 Romain JAMMES

Au pied, mes petits députés !

« Nous devons collectivement être à la hauteur des enjeux ! » « J’ai besoin de votre soutien indéfectible ! » Ces mots résonnaient dans la bouche du secrétaire général du gouvernement comme un grand « Fermez vos gueules ! Rangez le socialisme dans vos tiroirs pour le ressortir aux prochaines élections ». Et pourquoi ? J’ai bien peur que cet affreux n’y ait jamais pensé. D’ailleurs s’il est à cette place, c’est qu’il est tout à fait disposé à parler sans trop rien dire. Il aurait pu s’appeler monsieur Ducon ( pardon Dupont) mais c’est Jean marc Ayrault. Alors J.M. du haut de son pupitre aux journées parlementaires socialiste de Dijon, en appelait avec verve à la « retenue » et à la « cohérence » de ses petits copains et de ses petites copines afin qu’ils adoptent le nouveau traité européen sans trop broncher. Bien triste, le reste de socialistes qui justifiaient encore que le « P.S. » ne soit amputé d’une de ses lettres, allaient devoir se faire à l’idée que l’Europe se faisait, sans eux et surtout sans débat. Et moi dans tout ça, j’espérais un brusque soubresaut, une sortie héroïque, une chevauchée des derniers mohicans socialistes. Je m’étais tapi en bon investigateur à l’affut du moindre cri, du moindre son venant de cette espèce en voie de disparition. Mais rien… Les MJS faisaient campagne sur le contrôle au faciès, Marie-Noël Lienemann était complètement muselée, Benoit Hamon resserrait sa cravate de ministre pour faire de beaux sourires aux caméras.

Atterré, je déambulais donc sur les pavés parisiens vibrant sous le choc des pantoufles de milliers de manifestants venus demander un référendum sur ce traité. C’est alors qu’au détour d’une pancarte bricolée à la hâte pour l’occasion, j’aperçus un vieux camarade de lutte. Lui, était allé au P.S. en 2007 et y était resté. Faut dire qu’ayant fait l’expérience du borgne au second tour, l’argument « vote utile ! Si tu ne veux pas du fascisme » avait assez bien pris sur lui. Mais là, il était méconnaissable. Déjà que faire campagne pour « Flamby » comme il l’appelait, l’avait quelque peu échaudé, le gugusse avait littéralement pété les plombs. Lui qui était habituellement tout en retenue, me sauta au cou. C’est alors qu’il me tint un discours d’une violence incroyable sur les dirigeants de son parti, l’Europe et le capitalisme. « Tout ça se finira dans le sang », « Je ne supporterai pas que l’on touche à l’avenir de mes enfants. Et pour ça tu vois, je serais prêt à tuer ! » s’exclama-t-il pour conclure sa démonstration gesticulée. Abasourdi par le désespoir et l’indignation sonore de mon ami, je n’ai malheureusement pas trouvé la force de me lancer dans l’éloge d’une action politique courageuse mais non violente. J’ai écourté la conversation prétextant d’un impératif quelconque et suis rentré chez moi aussi désabusé que lors de ma montée à Paris.

La semaine qui suivit, j’appris avec stupeur que le gouvernement prétendument socialiste s’apprêtait à faire passer ce traité d’une importance considérable en urgence. Le but : éviter tout débat que ce soit au parlement ou dans la société. Je me suis alors rappelé que les mêmes procédés avaient été utilisés par le précédent gouvernement afin de faire passer ce genre de réformes libérales s’attaquant directement à la souveraineté des États au profit des instances financières. A vouloir suivre le rythme imposé par les marchés, les gouvernements successifs ont remis petit à petit en cause les conditions nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie. En sabordant les débats, en réduisant au silence les forces voulant élaborer un projet alternatif, ceux qui se sentent aujourd’hui légitime à donner des leçons de liberté d’expression à Monsieur Chavez, ont réduit notre démocratie à peau de chagrin. L’exécutif ayant pris le pas sur les parlements, la démocratie parlementaire s’est vu vidée de toute substance, au point que les assemblées sont devenues de simples chambres d’enregistrements. Résultat : à l’image de mon ami croisé lors de la manifestation, la grogne des citoyens grandit face à système parlementaire qui ne serait plus capable de résoudre de manière pacifique les conflits découlant des intérêts antagonistes de notre société.

« En même temps, à quoi bon de longs débats quand il n’y a pas d’alternative au système économique libéral et capitaliste. Toute opposition et contre-projet aux politiques allant dans ce sens, seraient donc de simples chicaneries électoralistes, pour ne pas dire populistes. L’État aurait alors tout intérêt à l’accélération des processus de décisions afin de tenir le rythme des banques et des bourses au risque de froisser quelques citoyens, encore attachés à la démocratie. » Voilà comment certains économistes et politiciens néolibéraux font leurs adieux à la démocratie parlementaire qu’ils ont eux même mise en faillite. Nous ( c’est à dire toute personne ne vivant pas essentiellement de revenus issus du capital), nous ne pouvons céder à cette croyance quasi religieuse, qu’il n’y aurait pas de politique possible en dehors de la toute puissante économie mondialisée. Il nous est donc impératif en tant que citoyen de redonner du poids aux actions politiques, et de rappeler à toutes et à tous qu’une politique courageuse pourrait se dresser face à la prééminence d’une économie mortifère, de la même manière que l’ont fait certains pays d’Amérique Latine après avoir été victimes des mêmes politiques austéritaires que nous vivons aujourd’hui.

Il est vrai que le concept thatcherien : « There is no alternative » en dehors d’une politique au profit du capital, a fait son chemin au parti socialiste ainsi que chez les dirigeants d’Europe Écologie. Il reste malgré tout, quelques irréductibles gauchistes dont nous faisons partie qui courageusement tentent de faire entendre un contre-projet au service des populations et non des banques. C’est dans cette optique que nous nous battons pour une 6ème République mettant le citoyen au cœur des processus démocratiques ainsi que pour de nouvelles formes de solidarités aussi bien nationales qu’internationales. Nous ne cherchons pas à « améliorer la rapidité des décisions politiques », mais nous souhaitons mettre la démocratie au service d’améliorations sociales concrètes. Hollande et ses petits caniches de ministres et de députés, en se laissant paralyser par la toute puissance des marchés, s’apprêtent à enterrer définitivement notre démocratie parlementaire. Et c’est à notre grand regret que ce gouvernement que nous avons contribué à élire, se couche devant un adversaire à qui il aurait fallu briser les reins.

Résultat des courses : 477 députés viennent de voter le nouveau traité européen sans qu’il y ait pu avoir de réel débat. C’est à se demander s’il était vraiment utile de leur demander leurs avis.

 YAGOUBI Florian

Le 30 septembre je serai dans le cortège féministe, pourquoi ?

En général si vous vous retrouvez sur ce blog, il n’y a pas 36 raisons (quoi que). Vous êtes peut-être un ami, par charité vous venez augmenter le nombre de visites, c’est gentil. Vous êtes peut-être à la recherche d’une prostituée. Et oui, depuis que j’ai écrit un article sur le sujet des internautes arrivent par hasard ici en cherchant le coin tapinage de leur ville sur google (et ça c’est la version polie, mais je ferais un article spécifique là-dessus je pense). Vous êtes plus probablement féministe et de gauche, auquel cas il y a des chances qu’on se croise le 30 septembre (sauf si ça me fait le même coup que le 18 mars à la Bastille).

Quoi qu’il en soit, moi j’y serais, et pas n’importe où…

Quel traité !

Je sais pas pour vous, mais moi je trouvais que l’Union Européenne, jusque-là, c’était un peu gnangnan. On se faisait des jolis sourires, des compliments, quelques échanges d’étudiants, histoire de mélanger leurs fluides. Une petite hymne nous tirait une larme à l’œil et une bonne dose d’hypocrisie s’abattait sur le dos du peuple.

Au fond, même pour le traité de Lisbonne on avait tenté quelques tournures de phrases biscornues, on avait fait (re)voté quelques peuples. Bref, une énergie colossale pour conserver une image à peu près démocratique. Honnêtement, de moins en moins de gens y croient. Il n’y a que Cohn-Bendit pour se mentir à ce point. C’est touchant. Mais cette fois c’en était trop, dissimuler le vrai dessein de l’Europe ne marche qu’un temps. Un jour ou l’autre il fallait assumer dans les textes. Et bien soit, le changement c’est maintenant, ces râleurs de Français viennent de se taper 1 an d’élection à coup de Hallal et de Mohamed Merah, ils en ont ras-le-bol de la politique, c’est le moment.

Le TSCG c’est donc le rêve de tout libéral qui se respecte. Par conséquent, c’est le rêve de la finance, qui n’est manifestement pas rassasiée tant qu’il reste des parcelles démocratique dans ce bas monde. Aucun pays n’arrivait à passer sous la barre des 3% de déficit de Maastricht ? Aidons les un peu : imposons moins de 0,5% du déficit structurel ! Le message doit être clair : le problème, c’est le train de vie de l’État, donc les fonctionnaires et les services publics. Si ce n’est pas respecté (et franchement ça ne le sera pas), la Commission Européenne imposera des mesures structurelles et leur calendrier pour appliquer elle-même les coupes drastiques qu’on appelle aussi l’austérité. Quand le peuple ne décide plus c’est tout de suite plus simple. Un État qui fait de la résistance pourra encourir des sanctions financières, ce qui l’aidera, n’en doutons pas, à boucler son budget. N’est-ce pas magnifique ?

Attendez ce n’est pas fini ! L’Europe solidaire, j’en ris encore en me rasant (pas trop fort sinon ça coupe). Le mec qui a pondu l’Europe « pour la paix » a fait le plus fabuleux plan de com’ de toute l’histoire de l’humanité ! Déjà, les pays étaient interdits d’emprunter à leur banque centrale depuis les années 70, puis à la banque centrale européenne avec l’Euro. Tout s’emprunte sur les marchés financiers histoire de garantir de bonnes marges aux banques. Bien sûr, aucun pays ne peut prêter à un autre, ce serait déloyal. Et comme le tableau n’était pas tout à fait fini, le TSCG propose que chaque pays puisse épier le budget et les politiques économiques de son voisin et porter plainte s’ils contredisent le diktat d’austérité de la Commission. C’est écrit noir sur blanc ! Il n’y a même pas de langue de bois. La vie est belle non ?

Évidemment ce pacte est restreint, il s’appliquera au plus vite mais finira par intégrer le Traité de Lisbonne puis des directives afin de s’appliquer à toute l’Union Européenne. Faut pas déconner !

L’austérité est anti-féministe

Ça c’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut un débat national sur ce sujet, et un référendum pour laisser le peuple s’exprimer. Il est de notoriété relativement publique qu’il y a un riquiqui gouffre entre l’élite qui idolâtre l’Europe quelle que soit sa forme et la population qui subit chaque jour sa politique inique. Mais plus que tout, l’austérité a un effet décuplé sur une partie de la population. Une toute petite partie de LA MOITIE : les femmes !

En effet, qui c’est qui occupe les emplois les plus précaires et qui fait partie des premières charrettes ? Les femmes. Qui c’est qui touche une retraite de misère et qui subit de plein fouet les réformes de ce système ? Les femmes. Qui c’est qui touche le moins d’argent et qui prend une baffe quand on gèle les salaires ? Les femmes. Qui c’est qui s’est fait insulté quand on a augmenté le SMIC de 2% en se félicitant de cette augmentation de « 20 euros » pour les smicards ? (dixit La ministre du droit des femmes) Et bien ceux (celles) qui travaillent à temps partiel imposé : les femmes. Qui c’est qui est quasiment absent des directions du CAC 40 ? Les femmes. Qui c’est qui n’a plus la garantie technique du droit à l’avortement à cause de la privatisation de la santé ? Les femmes. Qui c’est qui est obligé de se prostituer pour bouffer ? Les femmes. Bref, qui sont les prolétaires des prolétaires, les précaires des précaires, les oubliées de l’histoire, les femmes inconnues des soldats inconnus ? Les femmes.

Alors ce 30 septembre c’est pour les peuples de toute l’Europe que j’irai à Paris demander un référendum sur le TSCG. Mais c’est aussi et surtout pour les femmes de toute l’Europe qui subissent encore plus que les hommes l’enfermement dans l’austérité. Ce traité, comme beaucoup d’autres politiques, est une production du capital pour assouvir les peuples d’Europe et une production du patriarcat qui conforte la domination masculine !

Le 30 septembre, toutes et tous, montrons leur qu’on les laissera pas faire. En plus, le cortège féministe étant tout devant, il y a des chances que cette fois, j’arrive au bout de la manif !

Romain JAMMES