Un coup d’état permanent

La mondialisation est souvent prétexte aux discours pompeux sur l’impuissance croissante des États. Il m’apparaît donc important d’aborder un phénomène qui découle de cette domestication de l’État par notre divin marché : « l’état d’exception permanent »

J‘entends déjà certaines de vos réactions : « qu’est-ce qu’il nous raconte encore ? », « il va encore nous sortir ses théories fumeuses venues tout droit de récits d’anticipation! » .

Mais je commencerai pas répondre à :

« Mais c’est quoi ce truc ? »

« L‘état d’exception » nous vient d’un concept remontant à l’antiquité romaine : « la dictature », évoquée notamment par K. Marx lorsqu’il parle de « dictature du prolétariat ». Je vous vois déjà, là, à frissonner dernière vos écrans d’ordinateur, en imaginant les chasses à l’homme orchestrées par Sylla, les têtes coupées sous la dictature du populiste Marius ou les majestueux procès staliniens. Mais n’ayez crainte cher(e)s ami(e)s, en dehors de ces phénomènes folkloriques, il y a eu de multiples exemples beaucoup moins sanglants de ces suspensions de l’ordre constitutionnel tout au long du XX ème siècle. L’exemple le plus connu est d’ailleurs la seule utilisation de l’article 16 de la Constitution lors de la crise dite du « putsch des Généraux» de 1961, lorsque des militaires partisans de l’Algérie française ont tenté de renverser le Général de Gaulle

Proscriptions sous la dictature de Sylla

Il y a, il ne faut pas l’oublier, un second élément dans cette définition. Il s’agit du côté anecdotique et provisoire de « l’état d’exception », (hé oui s’il y a ex-cep-tion !!! c’est pas pour les chiens). Donc, pour ceux qui ont Alzheimer, la dictature (ou « l’état d’exception »), c’est une suspension provisoire de l’ordre constitutionnel pour répondre à un péril imminent. Tout comme « le droit de résistance », « l’état d’exception » s’oppose au droit, au nom du droit.

Une république qui faiblit, qui coule et qui fait « blic blic blic »

Le problème est que ce phénomène, est devenu un « paradigme de gouvernement ». Émancipé des contraintes temporelles, il est aujourd’hui un concept politico-juridique durable. Accentué par les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, qui n’ont laissé aucune législation intacte, le phénomène a en réalité été amorcé dès la première guerre mondiale lorsque les belligérants ont dû mettre en place des lois d’exception.charb5-10939698blvuv

C‘est à partir de cette époque que l’on a assisté à un effondrement progressif de la division des pouvoirs. Ce qui nous permet aujourd’hui d’observer conflits d’intérêts sur conflits d’intérêts. Les comptes helvétiques de Cahuzac, les magouilles de notre Tapie hexagonal, etc… etc… sont parfaitement révélateurs du système dégueulasse qui s’est mis en place. Le pouvoir exécutif ayant pris petit à petit le pas sur les pouvoirs législatif et judiciaire, notre 5ème République a finalement donné naissance à un machine politique clientéliste, pour ne pas dire mafieuse.

J‘espère que vous ne m’en voudrez pas mais j’aimerais passer les arguments maintes et maintes fois ressassés autour de l’hyper-présidentialisation de notre régime. Oui et oui, c’est un problème. Mais ce qui m’inquiète depuis quelques temps, c’est la normalisation du « gouvernement par décret ». Le décret (norme émanant de l’exécutif ayant force de loi) est devenu sans que personne ne s’en offusque, une manière comme une autre de légiférer ; puisqu’il faut être capable de répondre le plus rapidement possible aux injonctions du Grand Marché Tout Puissant. Et même si les décrets sont validés par le parlement, la banalisation de cette pratique a eu pour effet de transformer les assemblées en de simples chambres d’enregistrement à la botte de l’exécutif. Alors fini les longs débats et les fastidieux discours de l’Assemblée Nationale qui sont pourtant nécessaires à la vie démocratique d’un pays. Face à l’impératif économique, les débats ne peuvent avoir lieu. Certains vous diront d’ailleurs qu’ils sont inutiles, puisqu’une seule politique est possible. Il nous devient donc impossible de proposer des politiques alternatives.

Comme bel air de Wagner 

Laissons de côté pour l’instant cet aspect pour en venir à des considérations un peu plus matérielles.

« L‘état d’exception » s’incarne concrètement sur le territoire. La prison de Guantánamo en est un exemple particulièrement criant. Les États-Unis y enferment des individus sous le titre de « combattants illégaux » et non de prisonniers de guerre. Ils n’ont donc pas de statut juridique clairs, ce sont des êtres juridiquement inclassables. Et sans vouloir marquer des points Godwin, cette situation ressemble étrangement à celle des Juifs des Lagers nazis. Dans les deux cas les individus ne sont pas seulement privés de droit mais sont considérés extérieurs à toutes juridicité. Et comme en France, nous produisons un certain nombre d’Eichmann en puissance (policards et fonctionnaires complètement aliénés), nous faisons la même chose avec les roms et les sans-papiers. C’est notamment en ça, que « l’état d’exception » est devenu un paradigme de gouvernement, transcendant à la fois les partis et les frontières.

A part ça, ce phénomène politique s’explique par l’avènement de l’ère atomique. Le nucléaire en termes d’infrastructures, de gestion de risque, a obligé à un accroissement du pouvoir de l’Etat. Cela était inévitable pour pouvoir mettre en place correctement les structures organisant la production et la circulation de l’énergie nucléaire que ce soit dans le civil ou le militaire. Et vous comprendrez, qu’il a aussi insinué une extension du secret d’État, limitant par la même l’espace publique. Les conflits ont alors été modifiés par l’équilibre de la terreur, ce qui a laissé place à une augmentation des conflits secondaires (guerres civiles, terrorisme, antiterrorisme). Nous avons par conséquent vu s’estomper la frontière entre guerre et paix, justifiant l’avènement d’un état de violence permanent.

« L’état d’exception permanent », vous le comprendrez bien, n’est donc pas le résultat de restes monarchiques ou absolutistes, ni la persistance cafardesque de l’Ancien Régime. Ce phénomène est un pur produit de nos systèmes démocratiques occidentaux. Quelles conclusions devrions nous donc en tirer ?

« L‘état d’exception » a suivi comme son ombre la construction démocratique, mais cette ombre s’étend aujourd’hui au point d’éclipser nos démocraties. Cela relève du lien intime entretenu entre la violence et le droit. En délimitant la violence légitime et celle qui ne l’est pas, le droit porte en son sein la violence dont « l’état d’exception » est l’incarnation. Pour cela, seule une activité révolutionnaire, visant à transformer les institutions, peut trancher ce lien étroit. Il s’agit donc de faire advenir un réel « état d’exception », c’est à dire l’élection d’une assemblée constituante, pour mettre fin à ce système politique où le peuple est écarté, et les chambres méprisées.

YAGOUBI Florian

Publicités

On a testé pour vous : rencontrer Angela Davis !

L’annonce de la venue d’Angela Davis à Toulouse avait secoué un peu la sphère militante. L’Utopia mettait en vente quelques places de son nouveau film qui ont disparu plus vite que des pains au chocolat devant une école. Un peu déçu, je m’étais contenté de l’édition spéciale de l’Huma dont l’encre coulait déjà de mes chaudes larmes impossibles à retenir. Putain, Angela Davis quoi ! C’est comme si Rosa Parks venait prendre un café à la maison.

angela3

Oui mais voilà, ce jeudi, je reçois un SMS salvateur qui vient m’annoncer qu’une place est orpheline. Indigné par ce cruel abandon, je saute sur l’occasion et me lance dans une course poursuite avec le temps jusqu’au centre ville. Ma carte de transport, je l’ai prêté à un Cgtiste pour le congrès, ma sacoche est dans ma Ferrari au sous-sol. La borne de Vélo joue la loose et refuse ma carte. Me voilà à courir contre l’Autant sur les boulevards jusqu’à la prochaine. Je manque de tuer 3 personnes et arrive juste à temps pour l’ouverture des portes. Personne ne peut m’arrêter, pas plus qu’elle !angela4

Une petite histoire

Trève de lyrisme, la véritable épopée, c’est elle qui l’a faite. Angela Davis, c’est une fille de famille bourgeoise afro-américaine. Elle fait des études tout bien comme il faut, et part même en Europe pour les finir. Pendant tout ce temps, elle jette un œil envieux aux mouvements de résistance des afro-américains. Une fois retournée au pays, une polémique la met en lumière : son renvoi de l’Université de Californie pour son activisme politique. En filigrane, ça fait chier le gouvernement qu’une militante Che-Lumumba Club et des Black Panthers soit prof d’université.

Pour Angela, la libération des noirs passe par une révolution socialiste. Son féminisme, lui, découlera logiquement de sa volonté d’égalité et des freins qu’elle va subir, y compris dans ses propres organisations dans lesquelles la mise en avant d’hommes noirs comme leaders est théorisée.

Le procès

Je vous spoile pas la fin vous devez la connaître. Angela Davis s’engage dans le comité de soutien aux Frères Soledad, des prisonniers noirs américains accusés d’avoir assassiné un gardien après la mort d’un de leurs codétenus. Elle est accusée d’avoir organisé et participé à une prise d’otages qui a fini dans le sang, tuant notamment le plus jeune des frères.

Aussitôt elle est placée dans les 10 femmes les plus recherchées du FBI et traquée dans tout le pays. Une fois arrêtée, des comités de soutien se forment partout dans le monde pour sa libération. angela5Tout le monde regarde son procès sous l’angle de la lutte contre le racisme aux États-Unis et par extension dans le reste du monde. D’autre sous l’angle de la répression des communistes aux Etats-Unis. Finalement, les accusateurs vont choisir l’angle de l’amoureuse transie comme point d’attaque. Evidemment, le petit crâne des hommes blancs supérieurs qui mènent cette chasse, Angela Davis est une femme, donc sujette à des émotions incontrôlables la poussant à faire les crimes en question. La contre-attaque est toute nommée et va être la brèche à travers laquelle la défense va faire libérer la militante !

Les leçons

Allez bon, l’histoire, elle n’a pas de sens sans les leçons qu’on en tire. Elle serait folklorisée comme diraient les bouffons qui ont envahi la salle pour se mettre en spectacle à la fin. Déjà, elle montre la nécessité qu’on eu les mouvements contre le racisme à s’armer. Ce n’est pas par goût, c’est par nécessité et c’est malheureusement souvent en bravant les règles qu’on fait avancer la société. Ca nous renvoie à l’amnistie sociale bien sûr.

Ensuite, c’est l’imbrication des discriminations que met en lumière cette histoire. Angela Davis est discriminée en tant que noire, en tant que communiste et en tant que femme. Elle en a conscience et décide de contre-attaquer sur sa condition de femme. Il n’y a pas de discrimination qui mériterait moins d’indignation que l’autre. J’entends par là que trop de camarades vomissent le racisme et se trouvent bien plus timorés sur les questions féministes. Ils ont tort et nous leur montrerons quand nous attaquerons encore l’extrême-droite sur la question des droits des femmes avec autant de vigueur qu’à propos de son discours haineux sur l’immigration.

« Power to people ! »

Romain JAMMES

angela

Jeudi 21 mars : La surprise masculiniste !

Depuis des années, un groupe d’hommes travaille dans l’ombre pour ce qu’ils appellent le « Le grand soir jour ». Une vraie révolution selon certains, un cataclysme social qui rebattra toutes les cartes et permettra enfin aux hommes de prendre le pouvoir !

Pour l’Art et la Manière, nous avons suivi les préparatifs d’une journée pas comme les autres…

p3

Un plan com’ digne de Euro-RSCG

« Aujourd’hui, tout repose sur la médiatisation. On peut être des millions d’hommes à souffrir sans que personne ne le sache. » explique Alain, 33 ans. La communication de l’événement a donc fait l’objet d’une attention toute particulière. Les militants ont pris le soin de rencontrer un à un les patrons des principaux médias de l’hexagone, s’assurant d’un traitement tout à fait neutre des flash-mob en préparation.p

Le coup d’envoi a été sonné par ces deux pères célibataires montant en haut d’une grue. « Ce sont deux victimes tout à fait représentatives du mal profond qui traverse notre société. Les femmes contrôlent la famille et particulièrement les enfants. Elles règnent sans partage et préparent les générations futures à perpétrer cette domination ». Quoi qu’il en soit, le message est passé en boucle sur toutes les chaînes TV, révélant à l’opinion la condition souvent difficile des hommes dans notre pays.

L’idée a évidemment fait tâche d’huile. Un autre père opprimé est monté jusqu’à Evry, ancienne ville de Manuel Valls, la journée du 8 mars, où les femmes descendaient dans la rue pour défendre leurs droits. Un symbole qui n’a pas échappé aux organisateurs : « C’est très courageux de sa part, peu d’hommes auraient osé agir ce jour là, quand on sait la capacité des p6femmes à nous nuire. » Francis parle en connaissance de cause, l’année dernière, il a dû payer une lourde amende pour avoir tenté de coucher de force avec une jeune femme ivre : « elle ne demandait que ça, vu comment elle s’était habillée… Faut pas qu’elle s’étonne après ».

Surtout, ne rien oublier !

Une fois le contexte favorable installé. Le plan des « masculinistes » n’avait plus qu’à s’exécuter. Durant des années, le groupe s’est entendu avec les dirigeants économiques, politiques et médiatiques du pays pour faire de ce jour un jour historique.

Le MEDEF, organisation partenaire de l’événement, a promis de payer les hommes 27% de plus que les femmes ce 21 mars. Les femmes se verront imposer des temps partiels ou ne seront tout simplement pas embauchés par peur de leur futur grossesse. Decaux et les différentes régies publicitaires sont également à l’œuvre. Partout dans le pays seront affichées des femmes dénudées pour vendre toute une variété de produit, des haricots verts à lap4 voiture de sport. Les principaux partis politiques ont aussi joué le jeu en envoyant 73% d’hommes à l’Assemblée nationale pour l’occasion. L’association des maires de France a également frappé fort en ne laissant que 8% de femmes à la tête des mairies et en donnant aux hommes toutes les délégations les plus stratégiques (budget, développement économique…)

Le monde de la culture et des médias s’est également engagé dans l’opération. Les principaux théâtres et opéras n’ont programmés que des spectacles réalisés par des hommes. Les musiciens sur les grandes scènes nationales seront masculins, les films projetés produits, réalisés et joués par la gente masculine. Les femmes ne seront que les bagages accompagnés ou les récompenses des différents héros. Les chaînes de télévision mettront essentiellement en scène des hommes quand il s’agira de présenter des sujets sérieux et des femmes pour la mode, le maquillage, les enfants ou simplement pour faire les potiches.

Les forces de l’ordre sont évidemment sur le coup. Les plaintes pour viol seront quasi-systématiquement mises en cause et les agresseurs essentiellement pardonnés. Une femme sera violée toutes les 7 minutes. Dans les couples de la France entière, de nombreux p2hommes ont promis d’insulter de frapper ou simplement de mettre des pressions psychologiques fortes sur leurs femmes. De hordes d’hommes seront également installées sur les trottoirs pour draguer subtilement toutes les femmes dans la rue.

Enfin, surprise de dernière minute, même les réseaux mafieux ramèneront pour l’occasion 25 000 prostituées venues de diverses origines pour un défouloir général au services des hommes. Un élan populaire général que le gouvernement n’a pas manqué de saluer en promettant lui-même d’accentuer les politiques d’austérité condamnant de nombreuses femmes dans l’austérité.

Évidemment , l’événement fait polémique dans les milieux féministes. « Des réactions hystériques qui montrent qu’on a touché juste, dans les fondements de leur domination. » précise Alain. Il ne nous reste plus qu’à leur souhaiter un peu de patience, après tout, ce n’est pas comme si c’était tous les jours ce Printemps des pères

Romain JAMMES

On a testé pour vous : Les femmes objets

Exposition-Linder-Femme-Objet-Néon-Musée-dart-moderne-de-la-ville-de-paris-MAM-woman-object

Peut être que quelques uns d’entre vous sont au courant mais la semaine dernière nous étions, avec Romain de retour sur Paris. Enfin « Paris », il faut le dire vite. Pour être plus précis, nous sommes retournés dans notre banlieue natale : l’Essonne. Comment vous dire ? L’Essonne c’est sympa, soit on profite du calme de sa campagne, de ses bois, de ses marais et on s’emmerde, soit on zone sur les avenues et les dalles pour s’emmerder aussi. Pas l’ombre d’une expo, d’une pièce de théâtre ni la rumeur d’un concert un peu rock’n’roll. Alors après avoir apprécié les retrouvailles familiales et leurs interminables repas, le seul espoir de trouver l’inspiration, la poésie, la muse pour nous accompagner dans notre lutte permanente, était de monter dans le premier omnibus.

Nous étions donc partis pour une journée Q. ulture (oui! Avec un gros Q) sur Paris. Au programme: l’expo Dali au centre Georges Pompidou. Frais et dispo pour accueillir dans nos encéphales les dégoulinantes peintures de Dali vues mille fois, nous marchions d’un pas décidé en direction du bâtiment aux gros tuyaux. Mais là, ce fut la désillusion. Nous avions oublié que dans la ville lumière, il fallait obligatoirement se farcir 3 heures d’attente et payer 10 euros pour voir une exposition sur artiste un peu reconnu.

SONY DSCPour la suite, je ne sais pas si vous avez vu la Haine de Mathieu Kassovitz mais ça ressemble un peu à ça. Nous déambulions comme trois banlieusards perdus dans cette ville à l’architecture bien plus chiadée que nos zones pavillonnaires et nos barres de bétons. C’est donc presque honteux que nous avons échoué aux Musée d’Art Moderne. Un coût d’œil au prix, trois euros. C’était raisonnable, nous sommes donc rentrés sans savoir ce qui nous attendait. Elle était là, au détour d’un escalier glauque tapissé par le visage de cette femme aux lèvres énormes. Il y avait une tête penchée et un de ces regards qui dérange. En fond sonore, pétardait une musique punk à nous jeter sur un trottoir comme de vulgaires objets. Le décor était planté, l’expo pouvait commencer.

Linder : femme/objet

Linder, c’est Linder Sterling une fabuleuse artiste âgée aujourd’hui de 59 ans. Femme/objet, c’est le nom de cette rétrospective des 35 ans de travail artistique et de lutte contre les représentations asservissant les femmes. Le concept est clair dés le début, il faut choquer, déranger pour nous faire réfléchir et remettre en cause nos propres représentations.

Un art subversif

Linder8Comme je vous l’ai dit, l’exposition démarre sur des chapeaux de roues. La musique de Ludus le groupe punk de Linder, à fond donne une allure tout à fait intéressante aux premiers clichés exposés. Des hommes et femmes du Dickens Bar, un club transformiste de Manchester, défilent le long d’un couloir complètement noir. Les sourires et les rires apparaissant sur les photos, les dessins de masturbation féminine et les cris de douleurs poussés par la musique, nous donne un cocktail assez explosif. Se déguiser, danser, chanter, se faire plaisir, devient alors à la fois un moyen de s’amuser, de se libérer et d’exprimer sa rage contre les représentations genrées que nous imposent la société patriarcale. Il devient important d’être ce que l’on veut, que l’on soit heureux ou malheureux sans être discriminé, exclus ou persécuté.

Linder1Au fond du couloir, sont exposées sous le regard d’une petite bourgeoise ballonnée par du cellophane, les pochettes des vinyles confectionnées par Linder parmi lesquels nous pouvons retrouver le jaune et rose du « never minds the bollocks » des sex pistols. A côté, des masques de carnavals un peu spéciaux sont placés sur des têtes de mannequins. Ces soutiens-gorges dans lesquels ont été fait des trous pour les yeux et auxquels ont été rajouté des chaines, symbolisent avec brio l’enchainement des femmes à leurs propres corps. Dans chaque sphères de la société, les femmes sont constamment réduites à de simples bouts de viandes. Dans l’espace publique, elles sont partout placardées nues pour nous vendre tout et n’importe quoi. Au boulot, elles sont sous-payés parce qu’elles peuvent pondre des chiards et passer leurs temps en congés maternités. A la maison, elles n’existent que pour enfanter, allaiter ou contenter les désirs d’un mari insatiable. Et c’est donc pour malmener cette image de la femme que de derrière le rideau d’où provient cette musique punchie, nous sont projetées les images d’un concert. Linder porte alors une robe de viande qu’elle finit par enlever pour exhiber un impressionnant gode-ceinture, faisant de cette manière un beau pied de nez à la phallocratie.

Des photomontages pour déconstruire les représentions de la femmes qui nous sont imposés


lindermixE
nsuite, on change un peu de décor. Les photomontages pour lesquels Linder Sterling est devenue célèbre, sont exposés sur des murs d’une éclatante blancheur. La musique surexcitée s’estompe petit à petit, mais les œuvres restent tout aussi chocs. Des corps de femmes dont les têtes ont été remplacés par des objets de vie courantes, nous rappelle qu’encore aujourd’hui 80 % des taches ménagères sont effectuées par les femmes. Ces corps mutilés ou tout simplement entravés comme de vulgaires rôtis, sont tout aussi terrifiants qu’ils témoignent avec justesse de l’horreur des violences que subissent quotidiennement les femmes. L’effet est immédiat sur les spectatrices et spectateurs de ce cirque des curiosités, des « Oh mon Dieu » et des « Quelle horreur » surgissent des bouches ridées des couples d’octogénaires. Le pari est réussi pour Linder.

Les photomontages suivants sont beaucoup moins trash, au grand bonheur des petits vieux. Les corps loin d’avoir été violentés correspondent en tous points au corps idéal vendu dans les magazines « féminins ». Mais sur les têtes, ce sont des fleurs ou d’énormes lèvres pulpeuses qui y sont collés cette fois ci. Une série de clichés attire particulièrement l’attention du public. Linder s’est encore mise en Linder 2scène. Devant l’objectif du photographe Tim Walkers, celle-ci pose en ménagère parfaite. Son costume, des sous-vêtements transformés en habit du quotidien, ses accessoires (aspirateurs etc..) et les collages de roses remplaçant tour à tour sa tête, ses seins et son sexe, révèlent dans ce coton de couleurs pastelles ce que nous imaginons de la vie des femmes dans leurs foyers. Cette légèreté de vie tournant autour des romans à l’eau de rose, du ménage et de la satisfaction de combler un mari, nous sussure à l’oreille, sans choquer, cette forme d’aliénation pouvant être complètement intégrés par ces femmes.

En faisant s’accoupler différents magazines et des négatifs récupérés dans les poubelles, Linder reconstitue avec son scalpel un véritable puzzle. Ses photomontages sont un moyen de déconstruire la manière dont d’autres nous imposent leurs visions du monde et de la femme dans ce cas précis.

Un portrait de nos productions pornographiques

Malheureusement pour les octogénaires, l’exposition ne s’arrête pas là. La suite, comment vous dire ? Elle est hard-core. Rien que d’y penser, j’en n’ai encore des haut le cœur. Je ne suis déjà pas fan de pornographie, ni de gâteaux à la crème et encore moins de zoophilie, alors les trois mélangées je vous laisse imaginer. Les scènes proposés doivent d’ailleurs ressembler de près ou de loin aux fantasmes du footballer M’villa friand de prostituées de 16 ans. Les visiteurs divaguent entre d’immenses photos de femmes nues recouvertes de crèmes et d’image de cobras sortant des vagins, mais ne s’attardent pas trop. C’est dommage, car beaucoup on dû raté l’accouplement effectué par Linder entre Elle et Playboy montrant la similarité des représentations véhiculés par les deux magazines.

Au final, c’est dans une salle obscure où les derniers photomontages pornographiques sont rétro-éclairés à la manière des affiches publicitaires de Pigalle, que l’on comprend ce qu’est Linder. Linder, c’est un témoignage plein d’humour de notre société de consommation complètement pornographe. C’est une subversion brillante d’une vision kitch et misogyne de la femme. C’est le portrait de notre aliénation et des dérives de notre société mélangeant capitalisme et patriarcat.

YAGOUBI Florian

Linder6

Linder3Linder4linder-2flow--e1361790105888

On a trouvé plus fort qu’un socialiste votant les pleins pouvoirs à Pétain

 300740_2277252086131_1093601551_32718812_6688597_n

Salut les amis! Me revoilà après une absence prolongée par une actualité politique qui m’a plongé comme les membres du gouvernement dans une sorte de mort cérébrale.

Pour dire vrai, je ne m’étais pas trop bercé d’illusions sur ce que l’élection du dernier grand calife allait entraîner dans le domaine économique. Je n’espérais pas non plus une révolution, ni même la lueur d’une réflexion sur des perspectives de réforme des politiques migratoires en France. Mais je m’étais naïvement laissé aller à croire que les prétendus socialistes auraient une attitude moins violente à l’égard des étrangers que le précédent gouvernement.

Il m’a donc semblé que les sociaux-libéraux n’avaient plus besoin de moi pour s’enfoncer. L’immonde de leur politique sécuritaire xénophobe et l’indécence de leur inaction sur le plan économique, étaient bien trop visibles pour que tout ceux qui avaient un QI plus élevé qu’une huitre n’en tirent pas des leçons adéquates. Mais un petit tour sur les chaînes d’informations ce matin, m’a vite remis les idées en place. A la vue de médias monopolisés par la vie de personnes bien différentes de nous (ne cliquez pas ici, ni ici, ici non plus). Par contre remercions Johnny de nous apprendre que Sardou est un gros con réactionnaire. Allez, on arrête de déconner et on ouvre sa gueule. Disons le, on s’est bien fait enfler.

548934_3264171237804_1816960924_n

Le gouvernement derrière une flopée de bons sentiments dégoulinants la philanthropie, perpétue la bonne vieille tradition xénophobe des temps de crise. Et même si quelques membres de la majorité nous ont fait part de leurs remords, cela n’a pas empêché le P.S. d’apporter un soutien sans faille au principal responsable de cette politique de dégueulasse. Vous savez ? Oui ! Le seul successeur incontesté de Nicolas Sarkozy. Oui ! Manuel Valls, notre grand ami. Celui qui en toute tranquillité organise le harcèlement des Roms, maintient le quota arbitraire des 30 000 régularisations et continue les expulsions.

 2012, l’année de tous les records

Il y a de quoi être un peu déçu. C’est pas comme si notre président ne s’était pas engagé à mettre fin à la politique du chiffre pendant la présidentielle. En 2012 Manu a fait mieux que tout ses prédécesseurs, 36 322 expulsions d’étrangers en situation irrégulière contre 33 000 et 28 000 en 2011 et 2010. Ils s’en sont défendus comme d’habitude avec la phrase qui a sûrement été la plus prononcée de l’année dernière : « C’est pas nous, c’est ceux d’avant ! ». Mais il faut pas trop se foutre de la gueule du monde. Le gouvernement précédent était déjà obligé de gonfler les chiffres en expulsant des vacanciers (ne cliquez pas ici), Manu a donc dû bien mettre la précision aux forces de l’ordre pour qu’ils en arrivent à ce résultat astronomique.

En tout cas, pour cette belle réussite, le gouvernement pourrait remercier la Roumanie et la Bulgarie. Ils sont bien gentil d’avoir bien voulu récupérer leurs exilés, puisqu’un tiers « des candidats au départ » faisant parti de la communauté la mieux lotie là bas : les Roms. Pas sûr qu’on veuille bien récupérer un jour, le gros Gérard et la petit Mireille. En tout cas, il y a toutes les raisons de penser que Manu subisse des précisions de la part du lobby des éleveurs de poules. Monsieur n’a pas lésiné sur les moyens tout l’été pour établir un autre record, en faisant subir à 7 594 personnes la démolition de leurs camps.

Par contre quand il s’agit de respecter leurs engagements à deux balles, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Le dispositif visant à réduire les contrôles d’identités discriminatoires a été rangé au placard. Le ministre de l’intérieur s’est tout simplement assis sur l’invalidation par la Cour de Cassation, de la garde à vue relative aux étrangers en situation irrégulière. Et ne parlons du droit de vote des étrangers pour ceux qui sont en situation régulière. Même si j’y suis opposé parce que cette réforme créerait des sous-citoyens alors qu’il faudrait élargir l’accès à la citoyenneté. Premièrement, les électeurs de François Hollande sont en droit de l’attendre et deuxièmement cela marquerait très symboliquement une rupture avec les années racistes de Sarkozy.

Haïr pour retrouver l’amour

Mais suis-je bête ? J’avais complètement oublié. Selon un sondage consultant les téléspectateurs de M6 (ne pas cliquez ici), 30 % des français auraient voté Heinrich Himmler s’il s’était présenté à la dernière présidentielle. Manu aurait pu se dire: « Heureusement qu’il est mort et qu’on ne donne pas encore la nationalité française à n’importe qui. Beaucoup de nazis auraient débarqué pour tenter leurs chance en 2017. » Ça aurait été très drôle mais le gouvernement préfère satisfaire quelques blaireaux aux réflexes synaptiques datant des années 30. A défaut de convaincre les instits avec cette réforme des rythmes scolaire caduque et inégalitaire, de défendre les travailleurs en lutte de toutes ces entreprises qui licencient, il faut bien allez chercher les voix de toutes ces masses informes étalées devant le spectacle des faits divers médiatisés.

Cette dérive regrettable de nos représentants est tout aussi dangereuse que pathétique puisqu’elle induit implicitement que l’étranger, l’autre que nous est un ennemi. L’État peut alors jeter aux oubliettes toute décence, tout droits fondamentaux pour nous protéger de « l’adversaire ». La xénophobie devient donc un principe d’État qui perdure quelque soit la couleur politique du gouvernement.

Merci, grâce à toi Manu, on a trouvé plus fort qu’un socialiste votant les pleins pouvoirs à Pétain.

YAGOUBI Florian

Un matin d’hiver… la prison masculine

C’est l’hiver, on le reconnaît aux premières lueurs pâles du matin. Un gris fondu sur ciel nous protège des rayons du soleil, comme une immense couverture. La lumière se déverse progressivement dans la pièce, minutes après minutes. Des silhouettes se dessinent, des ombres apparaissent. Les monstres d’antan, stimulant comme un tisonnier l’imaginationh2 craintive de nombreux enfants. Camille s’en souvient comme si c’était hier. Ses yeux sont grands ouverts, comme quand elle attendait, impatiente et pleine d’énergie, que ses parents sonnent l’heure du réveil.

Aujourd’hui personne ne vient, personne ne peut. À mesure que le jour éclaire le béton et dessine les longs traits d’acier sur le mur épuré en face de la fenêtre, Camille pense.

Une autre prison

Elle pense à son enfance innocente qu’elle aimerait revivre avec ses yeux d’adulte. Se laisser porter tous les jours, vivre au rythme des cour de récréation, des cris, des rires, des larmes qui s’enchaînent à chaque épisode. Des amours de 15 minutes qui sont oubliées l’instant d’après, des meilleur-e-s ennemi-e-s contre qui on complote comme si un royaume était en jeu.

Elle pense à son destin de jeune femme. À la pression de sa famille, de ses amies, à ses jeunes hommes rencontrés pour des périodes plus ou moins courtes, toujours trop longues. Camille y pense avec rage et amertume. Sa raison lui chuchote qu’eux n’y sont pour rien pourtant la haine écrase tout sur son passage. Elle la porte dans ses tripes comme un cancer qui ronge tout et grandit chaque jour.

Sa pire prison n’est pas faite de barreaux de fer. C’est celle qu’elle a subie des années durant. Le malaise, d’abord, un sentiment que quelque-chose ne va pas. L’absence d’envie, de plaisir mais l’obligation de recommencer encore et encore. Puis c’est le dégoût de cette chose qui pénètre en elle, comme un poignard qui lui transperce chaque fois les boyaux. Tout lui paraît si brutal, si abject, si douloureux. Elle veut crier à la face de l’homme au-dessus d’elle : « tortionnaire ! » mais à quoi bon ? Il s’en fout. Dans le cas contraire il aurait déjà compris. Sa prison c’est celle de ces mains fermes qui la tiennent immobile pour mieux servir d’objet, celle de cette société qui lui explique tous les jours que c’est sa place.

h

S’évader

Pas une seconde elle ne regrette son évasion, quel qu’en fût le coût. Elle eu l’impression de recommencer à vivre, de découvrir chacun de ses sens sous un jour nouveau. D’être heureuse. Cette évasion c’était Amanda. Une peau d’ébène, douce, lisse, un regard fort toujours porté au loin et l’habit faisait bien le moine.

L’attirance avait été irrémédiable, violente comme un coup sec sur la nuque. Une fusion instantanée qui frappait le champ du possible de Camille. L’interdit, formulé ou non, était balayé par un puissant souffle, invincible, immortel, comme elle se sentait à ses côtés. Il y en eu une puis d’autres pour des périodes plus ou moins longues, toujours trop courtes. Elle découvrit sa capacité à aimer, à avoir de plaisir à se sentir égale, fière, forte, puissante. Femme.

h3

Un jour

Clandestine, elle l’était toujours, c’était comme ça. Mais sa liberté la rendait lucide. Un jour elle serait découverte. Ce jour-là les hommes se vengeraient. Ils se vengeraient de son affront, d’avoir cru bon d’échapper à leur domination. Ils se vengeraient de son ambition d’avoir voulu être une humaine à part entière. Ils se vengeraient car ils ont peur de la société qui dit aux femmes qu’elles n’ont pas besoin d’eux. Ils ont peur que se révèle enfin la mascarade de leur piédestal, le château de carte de leurs foutus privilèges.

Elle ne s’est pas trompée. Frappée, torturée, enfermée ça elle le savait. Excisée, humiliée, violée comme d’autres filles de son pays et dans le monde entier. Camille est debout à présent, elle regarde les gouttes qui transpercent la brume matinale. Elle pense à ses jeux d’enfant, seul remède contre la démence. Elle s’évade à nouveau, à sa manière, en espérant que cet épisode clôturera l’histoire le plus vite possible.

Romain JAMMES

Aujourd’hui dans de très nombreux pays le fait d’être lesbienne est encore condamné de châtiments allant des flagellations à la peine de mort. En France, si nous n’en sommes plus là, les agressions verbales, physiques et sexuelles sont nombreuses à l’égard des lesbiennes. Les viols punitifs ne sont pas plus un fantasme que la discrimination quotidienne qui s’impose comme une vendetta à l’affront de ces femmes face à la domination masculine.

Le lesbianisme est nié par la société et les médias, occulté par la culture dominante et refoulé par les représentations dominantes de la sexualité.

La Valls continue, l’hypocrisie aussi.

24

Ça on peut le dire, Manu est un sacré danseur. Il sait nous faire tourner la tête. Un pas à gauche, un autre à droite et nous voilà embarqué dans cette incroyable Valls. Au premier temps, (de la) Valls nous explique la montée de l’insécurité et du terrorisme par la politique sécuritaire et xénophobe du précédent gouvernement. Au deuxième temps (de la) Valls impose de nouveaux critères pour la régularisation des sans-papiers. C’est à se demander s’il ne se foutrait pas un peu de notre gueule.

La Valls : un coupé décalé du gouvernement Sarkozy

012nbJe me rappelle avoir dit à un journaliste après avoir mis le petit bulletin François Hollande dans l’urne, que je ne croyais pas que son élection bouleverserait notre système économique mortifère, mais que la politique xénophobe du dernier gouvernement prendrait fin. Je dois donc avouer avoir pris une belle claque lorsque j’ai pris connaissance de la dernière circulaire de l’héritier incontesté de Nicolas Sarkozy : Manuel Valls. Il avait déjà sacrément déconné tout l’été en sonnant la chasse aux Roms, mais là, Manu nous a sorti le grand jeu. Après six mois de discussions avec différentes associations, voilà que le deuxième flic préféré des français (oui le premier, c’est l’inspecteur Barnabi selon un sondage Pif magazine) décide de faire un beau sieg heil à tout le monde. Avec sa nouvelle circulaire, Valls affirme qu’il ne marquera pas de rupture avec les politiques sécuritaires et racistes d’hier et que la politique du chiffre continuera de plus belle. Ce sera 30 000 régularisations par an, alors que le nombre de sans papiers est estimé à 350 000. De quoi laisser perdurer, l’exploitation de bon nombre de travailleurs sans-papiers qui se voient dépouiller de leurs droits par leurs employeurs. Et tout ça pourquoi? Pour satisfaire une poignée de xénophobes qui n’ont toujours pas compris que si leurs entreprises étaient propres le matin, cela avait toutes les chances d’être l’œuvre « d’impitoyables terroristes » résidant, travaillant, consommant et cotisant sur le territoire français.

La Valls : Une main tendue à l’extrême droite

Alors qu’hier soir, Manu était envoyé sur France 2 pour jouer les contradicteurs face à la grosse Marine, sa politique est en complet accord avec les discours du Fhaine. La circulaire Valls entérine l’idée que l’immigration est responsable du chômage en France. L’obstination de ce gouvernement à ne pas s’attaquer au véritable problème qu’est la finance et l’austérité, met notre super flic dos au mur. Si ce n’est pas la confiscation de la richesse produite par la finance qui détruit notre économie, il lui faut bien trouver un responsable. Alors quoi de plus facile de s’attaquer à celui qui ne peut se défendre, celui qui n’aurait soi-disant pas le droit d’être là. Et cela qu’en bien même celui-ci ne soit responsable de ce qu’on lui reproche : « nous coûter trop cher ».

Les sans papiers et l’immigration, ne l’oublions pas, rapportent bien plus qu’ils ne coûtent. Je vous passerai le topo sur la conception républicaine de la nation et l’intérêt sur le plan intellectuel d’intégrer des individus venant d’ailleurs. Mais puisque, aujourd’hui, il faut des chiffres et parler d’argent pour faire sérieux, je suis bien désolé de rappeler aux ignorants que l’immigration rapporterait à la France 12,4 milliards d’euros. Selon Xavier Chojnicki, Maitre de Conférence à Lille 2 (on peut pas faire mieux comme référence), « comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques ».

Si l’on considère ce point de vue, notre père fouettard national aurait peu être dû revoir sa copie, avant de danser la gigue toujours plus à droite en fredonnant les méfaits économiques de l’immigration sur l’air de « maréchal nous voilà », pour ne pas laisser l’extrême droite savourer une nouvelle victoire.