Non au futur plan social de l’oligarchie !!

Chères lectrices, chers lecteurs. C’est avec la plus grande gravité que je m’adresse à vous en ces heures si sombres. La boite de pandore a été ouverte ! C’est celle qui annonce l’Armageddon politique : la fin d’un monde aussi prospère qu’un saucisson à une convention de vegans.cahuzac

Cahuzac risque de mettre fin au conte de fée que nos dirigeants connaissent depuis des dizaines d’années. Celui de la sécurité de l’emploi, comme base d’un droit au bonheur. Cette erreur humaine risque définitivement de plonger la pays dans le chaos…

De l’instabilité politique

Vous le savez bien, nous sommes farouchement opposés à cette politique qui plonge des millions de gens dans la misère. C’est celle de l’austérité qui précarise le travail et, à travers le travail, l’ensemble de l’existence des individus. Quelle horreur, cette massification de la misère, cette destruction organisée des services publics, cette répression musclée des travailleurs défendant leurs emplois.

Jusque là, bienheureux étaient ceux qui échappaient à ce bulldozer néolibéral. Seulement voilà, rien n’est impossible. Aujourd’hui, l’affaire Cahuzac vient ébranler les consciences et plonge avec fracas le monde politique dans l’incertitude. Les cotes de popularité plongent comme des pigeons paraplégiques, des offensives idéologiques percent le mur de défense travaillé depuis des années. Rien de pire que ces appels au non-cumul des mandats et à l’arrêt de ces collusions avec les grands industriels. La sécurité de l’emploi d’élu ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’une pseudo-éthique petite-bourgeoise et antiparlementariste. Combattons ces infâmes condamnations de comptes cachés en Suisse, à Singapour, aux îles Caïmans, ou que sais-je ! Ne laissons pas le populisme piétiner les compléments de salaires des élus méritants.

assemblée

Nous sommes au bord du précipice, à l’aube d’un fascisme nouveau : celui qui écarte l’inamovibilité (et donc le bon travail) des élus, celui qui les met sous la surveillance de la vindicte populaire à la moindre erreur, pourtant si humaine. Heureusement, certaines personnes ont conscience du danger qui nous guette et tentent d’éteindre l’incendie. Le PS propose un référendum, peut-être un « êtes-vous pour ou contre la morale en politique ?», histoire de reprendre la ficèle de Sarkozy sur le capitalisme, mais en plus gros. Ce parti a  de toute façon l’habitude de faire voter des choses qu’ils n’appliquent pas ensuite, en interne comme en externe, on peut toujours compter sur leur savoir-faire pour étouffer les revendications qui gênent.

Mais ces bonnes âmes auront malheureusement fort à faire face au Front de Gauche qui prépare déjà sa marche du 5 mai. Si le soutien d’Eva Joly fait la démonstration de la démarche unitaire, le saccage en règle dont elle fait l’objet de la part des dirigeants de son parti depuis ce matin est plutôt rassurant. Mais EELV ayant intégré la VIe République dans son programme, tout porte à croire que les militants seront attirés par l’initiative. Restons donc prudents et attaquons-nous rapidement à celui qui est la figure de proue de ce mouvement : Mélenchon !

De l’effondrement de la presse

Mais voilà justement une autre conséquence inquiétante de l’affaire Cahuzac. La presse, si soucieuse d’offrir une certaine stabilité au système financier, et donc de protéger les collusions, se retrouve face à un scandale révélé par des « confrères » ne jouant pas le jeu. Cette trahison, digne de Saroumane dans le Seigneur des Anneaux (ou de Soljenitsyne dans un registre quasi-similaire)…cette trahison donc, ébranle une fois encore la scène sur laquelle se jouait un magnifique théâtre kafkaïen.aphatie

Libération aura beau taper, tel Loki, sur Mélenchon, à coup de jeux de mots pourris, sous-entendu avec point-Godwin bonus et manipulation de haut vol d’un mec qui se retourne contre eux, le mal semble fait. Pourtant, elles sont douées ces petites crapules. Transformer « purifier l’atmosphère politique » en « purification » éthique, et avec guillemets, siouplait. Pour compléter, une photo nullissime, déformée, genre grosse trace de doigt sur l’objectif, à croire que le journaliste a fait ça avec son smartphone. Ca fait rêver. Et enfin ce petit encadré magique « l’Enjeu : jusqu’où ira la violence de Mélenchon », comme le retour obsessionnel à cette peur de se faire découper la tête. C’est sur qu’Aphatie a dû l’avoir mauvaise devant cette double page, lui qui revendique la couronne de lèchage de cul et s’est brûlé la langue sur Cahuzac.

L’ancien journal Anar’ (et oui l’eau, les ponts, tout ça tout ça…) a donc tenté de se dédouaner en donnant quelques gages à la population. Un peu comme quand un instit’ regarde un élève qui ne fout rien, et que celui-ci se met à faire semblant de bosser. Le jeu est simple : on prend une rumeur, on fait 6000 signes dessus, genre l’air sérieux, indigné, et je me prends pour un journaliste d’investigation. Et on passe pour le premier de la classe quand on est un cancre. C’est aussi crédible que quand Moscovici dit qu’il ne savait rien sur les comptes de l’ancien ministre du Budget, mais c’est quand même bien essayé.

Bref, vous l’aurez compris, on est dans la merde. Alors que demain les salariés se battent contre la précarisation et le contournement du droit du travail qu’annonce l’ANI, les élus sont bien désarmés face à ce plan social qui se prépare dans l’Oligarchie.

J’espère qu’ils descendront aussi dans la rue, j’ai quelques slogans pour eux :

  •  « C’est facile, de pas être corrompu, quand t’es même pas foutu d’être élu… »
  • « Laissez-nous, nos fauteuils en cuir ! »
  • « La précarité, c’est pour les salariés ! Elus à vie, on restera ici ! »
  • « Tout est à nous, rien n’est à eux ! Tous les pots-de-vins on s’est goinfré ! Le partage des richesses, ça se fait sous la table, ou alors on va gicler, ON VA GICLER ! »

Romain JAMMES

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La rage qui nous anime…

Ah ça faisait longtemps, c’est reparti, la politesse bourgeoise vient encore s’indigner frontalement contre ceux qui osent un peu lever le ton et botter des fesses. Des « outrances », des « injures », des « éructations » même : comme si nous étions de vulgaires animaux lâchés en plein Fouquet’s. Allons manger avec doigt, boire au goulot et lécher nos assiettes. Puisque les claques sont interdites, faisons de nos mots les coups de fouet que certains méritent depuis longtemps.

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Évidemment, c’est une longue mer de nuages tranquilles dans laquelle vogue les socialistes, un petit coup de vent fait donc office de bourrasque. Sauf que l’ouragan qu’on leur prépare, il ne vient pas de rien, et ça va faire très mal.

Un rejet épidermique

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, la politique, c’est une affaire de tripes. Ah ce n’est pas que ça n’a rien de cérébral, je suis pas un génie mais je fais mon possible. Non… la politique c’est une affaire d’indignation, d’une force qui vous prend au ventre et vous donne envie de vous battre. Ce n’est pas l’analyse statistique des inégalités qui me pousse à me lever le matin. Ce n’est pas le calcul stratégique de mon investissement pour un foutu fauteuil ou pour montrer gratuitement l’étendard nombriliste de mon parti à la face monde. C’est une rage bien plus puissante, et un espoir qui me booste comme de l’adrénaline en intraveineuse.

C’est ma cocaïne quotidienne qui m’aide à vivre tous les jours. C’est le café du matin autant que le Jack Da du soir. L’indignation c’est l’essence de mon moteur et l’azur de mon océan d’énergie. Car la société dans laquelle nous vivons est insupportable. Elle me dégoûte, me débecte, me fout la gerbe comme la pire des maladies. C’est un rejet physique comme un corps étranger à expulser, épidermique comme la plus virulente des allergies. Elle concentre l’opulence et la richesse dans une poignée d’individus qui se gavent à trois fois le plein. Elle organise la généralisation de la misère, la traite de millions d’êtres-humains, le viol de millions de femmes, des violences contre 1 milliard d’entre-elles.a

Elle l’organise, mais pas toute seule. Fini le tripe des malheurs désincarnés, les responsables ont des noms et des adresses. Chaque minute qu’ils passent sans harcèlement est un crachat à la gueule du monde entier. Ils se gavent sur la misère, détruisent méticuleusement notre système social et rongent notre république de l’intérieur. Et nous devrions rester calmes, à contempler le désastre ?

Le gouffre tranquille

Qu’elles aillent se faire foutre, ces belles personnes pleines de politesse, de mots compliqués qui noient le poisson. J’emmerde leurs airs supérieurs quand ils me disent avec placidité de me calmer. Ah c’est facile, pour eux tout baigne dans leur  fauteuil de cuir et leurs pantoufles. Ils pensent au rythme de leurs mandats, dans la gestion quotidienne des morceaux à ramasser devant l’édifice qui se casse la gueule. Ils pavanent avec leur sourire idiot, leur fausse joie coupable alors que nous avançons tranquillement dans le gouffre. Ce ravin du fascisme qui boit comme un vampire toute la haine que les peuples intériorisent.

Elles sont belles ces pourritures, celles qui font les révolutionnaires de salon, les insurgés des canapés, qui votent l’interdiction des licenciements boursiers, manifestent contre les retraites puis poignardent les salariés une fois au pouvoir. Dans leur beau monde bien lissé la révolte se fait la bouche en cul-de-poule, dans les tactiques politicardes à 15 bandes, les stratégies nombrilistes et la confiscation du pouvoir.

Je pisse sur les connards de la belle société, ces ultra-riches qui s’offusquent de leur pouvoir d’achat, ces patrons et actionnaires qui menacent le peuple français s’il a le malheur de lever la tête. C’est eux le pire crime contre l’humanité, c’est eux qu’il faut foutre au bagne au lieu de répandre votre fiel en osant accuser Mélenchon d’antisémite. Quel naufrage idéologique, quelle honte devant ces résistants au fascisme que vous encensez à leur mort en combattant leurs idées.

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Pourritures

Hypocrites et menteurs, godillots du patronat qui allez parader avec le MEDEF et vous faites siffler par la CGT. Vous agissez comme nos pires ennemis politiques, saccagez les constructions collectives et abattez l’enclume de la répression contre les salariés. Honte à vous qui démantelez à coup de force les camps de Roms, encouragez les haines organisées et expulsez les sans-papiers par dizaines de milliers.

Il est revenu le temps des rafles, le temps des tyrans intouchables et cumulards. Ceux qui vous promettent le jardin d’Eden et vous jettent sur le bitume. Ça sent les promesses fumeuses, celles des noms de magnifiques arbres pour appeler les forêts de tours grises et crasseuses. Celle des « sacrifices » des « emplois » truc ou « emploi » machin, qui cachent la fuite accélérée de nos droits.

Elle est omniprésente cette propagande abjecte qui explique qu’il faut baisser les yeux, se remettre au travail et se taire. Nous sommes les bagnards de la guerre de classes, ceux qui n’en font jamais assez, qui sont méprisés pour leur travail, culpabilisés une fois jetés à la rue et pointés du doigt quand ils osent venir d’un autre pays.

Comment ne pas parler avec  force ? Comment ne pas frapper avec nos mots cette belle société et son chemin tout tracé ? Nous nous faisons des ennemis ? Tant mieux ! Nous en avons et nous les combattons, mais au moins nous frappons sans cesse, sans louvoyer, sans se cacher, et en tenant ce drapeau qui ébranlera les idées dominantes en faisant réfléchir sur ce qui, jusque-là, allait de soi…

 Romain JAMMES