Une liste aléatoire, pas rangée, évolutive (et à compléter) des choses qu’on a
(aussi)
Le DROIT* de faire quand on est une femme
(Rappel !)

 

 

1. Ne pas être en retrait
2. Ne pas se laisser mettre en retrait
3. Ne pas porter de talons-hauts (pour s’enfuir/aller plus loin/avoir moins mal aux pieds)
4. Etre vulgaire et injurieuse (relire le titre de l’article)
5. Parler fort
6. Couper la parole
7. Dire des conneries ou des choses intelligentes hein avec aplomb (beaucoup d’aplomb)
8. Soutenir le regard
9. Ne pas rire (par complaisance, pour faire plaisir, pour mettre à l’aise, pour créer le désir)
10. Ne pas sourire (pareil)
11. Ne pas avoir le sentiment d’obligation de séduire (par le vêtement, par le parfum, par la chaussure, par le sous-vêtement, par la coiffure, par le maquillage, par l’attitude)
12. Porter des trucs vachement lourds (re-re-lire le titre de l’article)
13. Aider un homme à porter sa valise à la gare, et puis une femme aussi
14. Etre galante (Payer l’addition, tenir la porte)
15. Ne pas se faire les ongles (gain de temps, d’argent, pour plein d’autres trucs)
16. Ne pas s’épiler (temps, souffrance, argent, domination masculine, séduction forcée intériorisée, reproduction inconsciente des désirs masculins imposés)
17. Ne pas avoir les cheveux longs
18. Ne pas suivre les modes
19. Débattre, réagir, commenter, râler, critiquer, s’indigner, contredire
20. Gagner plus que son/sa/ses compagn/e/s/ons
21. Ne pas se soucier des autres avant soi
22. Ne plus faire ce que l’on ne veut pas faire (Ne plus)
23. N’avoir jamais mis et avoir pour projet de ne jamais mettre les pieds dans une cuisine ni les mains dans un évier
24. Ne pas regarder de tuto YouTube qui nous disent comment il faut être, comment il faut faire
25. Faire rire
26. Ne pas être « arrangeante »
27. Ne pas trop être d’accord
28. Ne pas être douce, délicate et appliquée
29. Ne pas se mettre en colère contre son corps
30. Ne pas avoir peur ni du risque, ni de se tromper
31. Etre brute
32. Etre confiante
33. Ouvrir les huîtres à Noël plutôt que d’installer le chemin de table (ou les deux)
34. Boire trop de vin à table
35. Ne pas compter les calories
36. Rire trop fort
37. Faire des monologues en public (beaucoup, et très longs)
38. Ne pas faire de régime
39. Ne pas s’intéresser à a nutrition
40. Ne pas avoir peur de vieillir
41. Etre autoritaire
42. Avoir de l’ambition
43. Etre et faire pour soi, pas pour les autres
44. Etre casse-cou
45. Ne pas être trop sage
46. Ne pas être mince
47. Etre fière
48. Ne pas avoir peur quand la nuit tombe
49. Ne pas être gracieuse
50. Ne pas se laisser définir
51. Regarder du porno (féministe !)
52. « Exister sans son corps »*
53. Penser, écrire, ne pas être d’accord
54. Etre forte ou s’en convaincre
55. Ne pas scroller les tableaux Pinterest suivants : Flat belly, Weekly abs, Green smoothie, SuperFood, Low calorie diet, military diet, Makeup tutos, cooking tips, Amazing tips for a healthy and glowing skin, crafts
56. Ne pas suivre cette liste
57. Ne pas ne pas suivre cette liste
58. Etre tout ce que l’on est, et surtout tout ce que l’on ne s’autorise pas à être
59. Ne pas se laisser dicter sa conduite par des listes qui nous somment de le faire

« Non, décidément, il n’y a pas de mal à « vouloir être belle ». Mais il serait peut-être temps de reconnaître qu’il n’y a aucun mal à vouloir être.»*

A décliner au masculin…

*Mona Chollet, Beauté Fatale (2012), Les nouveaux visages d’une aliénation féminine, La découverte, Zones, Paris

 

Julia

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Féministe ou pro-féministe ?

« Et toi Romain ? T’en penses quoi de tout ça ? » J’émerge brusquement de mon microrêve. Une divagation mentale dans l’océan de mirabelles qui s’est glissé dans mon œsophage quelques secondes plus tôt pour rejoindre la fameuse truffade de Greg. « Hum ? » grommelé-je encore dans les brouillards. « Un homme, il peut être féministe ou est-ce qu’il est juste pro-féministe ? ».

Dans un monde idéal où je pourrais décider de toute chose, j’aurais tout fait pour que le débat n’ait pas lieu à ce moment de la soirée. Mais comme on n’en est pas à ce stade-là de l’histoire, ça viendra ne vous en faites pas, contraint et forcé, j’ai accepté de jouer le jeu. Ce fut aux dépens de toutes les cellules de mon corps qui me criaient de parler de tout sauf d’un truc sérieux. J’sais pas pour vous, mais mon expérience m’a montré qu’on ne choisit jamais quand on parle de féminisme. Puis si on a pas parlé métaphysique avec trois grammes à 20 ans c’est qu’on a raté sa vie, donc pas d’occasion manquée.

Alors les hommes, féministes ou pro-féministes ?

1

Les hommes sont… surtout des hommes

Cette question ne vient pas de nulle part. Les hommes dans le mouvement féministe, ça pose nécessairement la question des rapports femmes-hommes dans le mouvement féministe. Le rapport est d’ailleurs bien plus complexe que la présence de bourgeois dans le mouvement ouvrier, car où que les femmes soient dans la société, il y a des hommes.

Je, tu, ou il, bref, nous sommes des hommes. C’est une donnée biologique, de naissance ou pas. Mais c’est surtout une donnée culturelle, car nous sommes élevés, et structurés culturellement comme des hommes. Cela ne veut pas dire que nous sommes tous des bourrins, violents, violeurs et docteurs en mathématique, mais simplement, mais qu’il y a une certaine prédétermination à ce qu’on épouse ce genre de comportement. Bref, comme un ADN culturel, enfoui au fond de notre crâne : nous sommes des dominants.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on le veuille ou non, et malgré les efforts que l’on peut faire dans différents domaines à ce niveau, les hommes sont toujours des relais de la domination masculine. Relais plus ou moins efficaces en fonction du travail qu’ils ont fait sur leur encadrement culturel. L’implication des hommes dans le mouvement féministe se questionne donc s’ils y répercutent leur attitude de dominant : confiscation de la parole, intimidation, course à des positions de pouvoir, etc.

Le terme de pro-féministe sert alors à marquer une limite, comme une frontière symbolique pour protéger le mouvement féministe de cette tendance. Les temps non-mixtes, qui peuvent et doivent exister dans toutes les organisations progressistes, sont aussi un moyen de sacraliser un temps où cette domination ne sera pas présente.

3

Le féminisme dans une société patriarcale

Le féminisme se développe dans et contre une société patriarcale. Contre, car c’est son identité, défendre l’égalité, face à la domination masculine qui s’applique à l’ensemble des champs sociaux de notre société et son bagage culturel accompagné. Dans, car il utilise nécessairement les outils culturels à sa disposition pour avoir un impact dans la société.

Dans ces outils, figurent en bonne place les médias. Personne ne peut prétendre véhiculer un message de masse sans les médias. On s’aperçoit d’ailleurs rapidement que loin d’être une sorte de miroir de la société, même déformant, les médias sont une arène de bataille des idées. Une arène qui n’est pas neutre, car dirigée par des hommes.

Soyons parfaitement honnêtes, ce qu’adorent faire les hommes, c’est parler des hommes. Un certain nombrilisme dont j’ai déjà parlé et qui rend la tâche des organisations féministes assez complexe. Quand on parle de féminisme à un homme, il parle quand même des hommes (si si !) : des hommes violés, victimes de violences, prostitués, ou victimes d’un déterminisme culturel qui les oblige à être dominants (pleurons sur leur triste sort). Tous les moyens sont bons tant qu’il s’agit de ne pas parler des principales victimes : les femmes.

Qu’on le veuille ou non, les hommes engagés dans le mouvement féministe font l’objet d’une attention redoublée. Dans un rassemblement féministe, les interviews ou les images d’hommes, quand ils sont présents, sont disproportionnées par rapport à leur présence. Sans caricature, l’homme isolé au milieu d’un groupe de femmes devient le centre de l’attention médiatique, ce qui lui donne de facto une position de pouvoir.

Bref, encore une fois, la frontière que tracent les concepts de pro-féministe et féministe peut aussi être une manière de protéger le mouvement féministe de la société patriarcale qui veut l’interpréter et la représenter.

2Le féminisme est-il un gros mot ?

Seulement voilà, le féminisme, c’est aussi un gros mot dont la société patriarcale aimerait bien se débarrasser. Faut dire que, franchement, y a pas « homme » dedans donc ça fait un peu flipper ces messieurs.

Et ce travaille de dénigrement du féminisme, bah il marche furieusement bien :

  • « Je suis pas féministe, mais… » : phrase régulièrement prononcée par une personne qui est sur le point de dénoncer une injustice tout en refusant d’être associée avec celles qui, collectivement, la combattent.
  • « Non je suis pas féministe, je suis pour l’égalité… » : phrase régulièrement prononcée par une personne dont les représentations du féminisme ont été structurées par la société patriarcale qui adoooore les décrire en coupeuses de couilles.
  • Etc. (il y en a plein)

Les prises de distance permettent à la société patriarcale d’isoler et de stigmatiser le féminisme. Quand une personne dit « je suis féministe » elle se place dans une posture de solidarité totale, et de partage sans réticence de son combat. Est-ce que se mettre à distance ne joue pas aussi le jeu de nos ennemis ?

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Être un homme féministe ?

Pour le moment, je me définis comme féministe, car les militantes du mouvement féministe que je connais me définissent comme tel. Je ne m’accorde pas la légitimité de pouvoir contester si elles en décidaient autrement, ou si ça changeait par la suite.

Qu’on soit pro-féministe ou féministe, l’important est de rester à sa place dans le mouvement féministe en tant qu’homme. Travailler à refréner ses attitudes de domination, ne pas chercher les postes à responsabilité, mais plutôt épouser au mieux la place que collectivement on te donne.

Être féministe, c’est une théorie et une pratique. C’est avoir conscience de tout ou partie du système de domination, et agir contre lui. Quand on est un homme, on ajoute également prendre conscience de tout ou partie de la domination que l’on exerce nous-même, et agir contre cette domination. Et c’est déjà une montagne à déplacer…

Romain JAMMES

 

 

 

À quoi sert la journée internationale de l’homme ?

C’est complètement dingue. On en apprend tous les jours. Y a le lot des bonnes surprises, qui vous donnent la niaque pour la journée, mais y a aussi le contrecoup parce qu’on choisit pas toujours ce qu’on apprend. C’est comme ça.

Bref, ce mardi de novembre, malgré le froid, un sourire scindait mon visage. Ma tête s’affairait déjà au travail devant la montagne de tâches à réaliser avant le grand soir, alors que mes jambes pédalaient frénétiquement sur le vélo-Toulouse rasant çà et là les automobilistes paniqués. Un matin normal quoi.

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Sauf que badaboum, errant avec mon café sur des sites très peu recommandables (oui les sites sérieux, objectifs, impartiaux tout ça tout ça), je tombe sur ce magnifique article. Qui m’apprend (oui, d’où le début de l’article. Ça va vous suivez ? Vous voulez du pop-corn ?)… Je disais, ce site m’apprend qu’il y a une « journée internationale de l’homme ». Quelle drôle d’idée…

Pourquoi ces journées ?

Bon de base, moi je pensais qu’on faisait des « journées internationales » pour des causes, quitte à ce qu’elles soient un peu naïves. On trouve la journée internationale de la paix, des migrants et des réfugiés, contre le cancer, le handicap, plusieurs maladies, la justice sociale…etc. Bref, c’est beau les oiseaux chantent.

Parmi ces journées certaines ont une histoire importante, une histoire de lutte par exemple. Au hasard, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, appelée avec mépris, « journée de la femme », est un héritage historique loin d’être folklorique comme le patriarcat aimerait qu’on le pense.1

Sauf que voilà, dans ma vision un peu angélique, j’avais oublié qu’on pouvait faire des journées de tout et n’importe quoi. Sûrement histoire de noyer ce qu’il y a réellement un sens universel. Alors nous avons par exemple :

  • 5 février : journée mondiale du Nutella, j’imagine que c’est une cause internationale…
  • 28 février : journée mondiale sans Facebook, autant faire une journée mondiale sans respirer…
  • 11 mars : journée mondiale de la plomberie, merci Mario Bross…
  • 24 mars : journée mondiale de la courtoisie au volant, la grosse blague…
  • 3 mai : journée mondiale du soleil, bon heureusement qu’il est là c’est vrai.
  • 21 juin : journée mondiale de la lenteur, oh s’il vous plaît, faites en un jour férié !!
  • 31 août : journée mondiale du blog, les blogs… quel intérêt ?
  • 26 octobre : journée mondiale des pâtes, je sais pas pour vous, mais moi c’est tous les jours.
  • 5 décembre : journée mondiale du Ninja, faites gaffe à vous quand même !

Et à tout cela s’ajoute, la journée de l’homme. Oui mais en fait, ce qui pourrait être une grosse blague comme la journée du Nutella (j’espère que je vais toucher un peu d’argent… à force), se transforme en espèce de frustration intestine de l’homme auquel, il faut avouer, on est plutôt habitués. La journée internationale des luttes des droits des femmes n’est pas le miroir de la journée de l’homme. Et ça, nos homo-phallus ont un peu de mal à l’accepter, donc ils décident de se plaindre… Bienvenue dans un monde fantastique…

Les tourments de l’homme moderne

Oh que c’est dur d’être un homme ! C’est en tout cas ce que nous dit Le Point. Des problèmes tout le monde en a. On pourrait s’en amuser, après tout, les problèmes de dominant ça existe. Sauf que ce que ne dit pas l’article c’est que les problèmes exposés sont exactement 3les axes stratégiques de communication des masculinistes. Ah tiens, on passe de la journée de l’homme à la journée contre les femmes… Voyez plutôt.

Il y a plus de suicide chez les hommes ? C’est vrai ! Pourtant, les hommes sont ceux qui subissent le moins de domination sociale et économique. Ce sont ceux qui, d’après leurs stéréotypes de genre, sont le moins exposés aux élans sentimentaux irrationnels. C’est peut-être que l’échec, chez les hommes, c’est un peu une négation de la virilité. C’en est à tel point qu’échouer à se suicider c’est la loose suprême.

  • Et oui, on vous a pas dit ? Les femmes tentent plus de se suicider, elles réussissent moins. Soyons sûr que la proximité des hommes avec les armes, dans leur volonté d’affirmation de leur pouvoir, n’y est pas pour rien.

Les pères sont les négligés de la justice dans les divorces ? Argument masculiniste typique. On voit des papas pleurer de chaudes larmes devant les caméras et monter couilleusement (ouais ça n’existe pas, bon) sur des grues ou monuments. Une stratégie qui n’a rien de spontané puisqu’elle vient directement des expériences étrangères en la matière (Canada, Angleterre,…)

  • Bon et sinon, sur le fond ? Dans les divorces/séparations, parmi les couples qui vont devant un-e juge des affaires familiales (pas tous donc), dans seulement 2% des cas il y a conflit autour de la garde de l’enfant. Il y a alors soit garde alternée imposée, soit garde maternelle ou paternelle imposée. La différence, dans ces cas, entre garde maternelle et paternelle représente 0,8% des enfants qui vivent la séparation de leurs parents. Pas bésef hein ?
  • 75% des pères ne veulent pas de la garde alternée, d’ailleurs, ça reflète bien le fait que ce sont en écrasante majorité les femmes qui s’en occupent. Mais voyez, la culture patriarcale enseigne aux hommes que les enfants sont leurs propriété. De là à changer leurs couches, leur faire à manger et les amener à l’école…2
  • Les lois que tentent de faire passer les masculinistes au sujet de la garde consistent essentiellement à conserver le droit à la garde alternée même en cas d’accusation de violences familiales ou d’inceste. Normal quoi…

Les garçons sont moins diplômés que les filles ? C’est vrai ! Mais ils poursuivent les études les plus valorisantes économiquement et socialement. Ils détiennent également les postes de direction dans tous les domaines économiques, y compris ceux qui correspondent aux stéréotypes féminins. Les masculinistes s’attaquent souvent au système scolaire comme étant construit pour la docilité des filles, qui, du coup, réussissent mieux. Ironique quand on regarde l’histoire de la scolarisation dans notre pays.

Bref, à la question que pose l’article « à quoi sert la journée internationale de l’homme ? », la réponse est « à combattre les droits des femmes ». J’attends avec impatience que dans sa folle clairvoyance, Le Point nous délivre également tous les tiraillements ultra-violents que subissent les riches. Détermination sociale à être brillant, choix cornélien entre Porsche et Ferrari, ou entre les Bahamas et Bora-Bora. La suite bientôt ?

Romain JAMMES

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Les 343 Connards

Je la sentais venir celle-là. Vous savez la prostitution c’est un débat assez virulent. J’avoue que personnellement, le3 fait que ça fasse débat me dépasse complètement. Depuis que j’ai une conscience de gauche et que j’ai réfléchi à la question, et même bien avant d’être féministe (et de savoir réellement ce que ça voulait dire), j’étais abolitionniste. Mais bon voilà, y a débat. Et je me disais, avec la loi qui se prépare doucement sur l’abolition du système prostitutionnel, ça m’étonne de voir presque aucune riposte si ce n’est quelques gesticulations minoritaires du STRASS.

Et bah voilà, ils se cachaient gentiment car ils se sentaient pas vraiment en danger. Ils avaient savamment infiltré le ministère pour faire capoter les plans. Maintenant les loups sortent sans les masques : une poignée de connards réac’ qui viennent pleurer parce qu’il se pourrait bien qu’on leur confisque leur jouet.

La subtile référence

Vous avez pas dû passer à côté, cette poignée de connard a décidé de s’appeler « 343 salauds : touche pas à ma pute ». De premier abord, comme j’ai le cœur sur la main, je leur conteste pas le terme de « salauds ». J’ai ouvert un dico, ça veut dire « homme méprisable et abject ». Je trouve qu’il y a une part d’honnêteté qu’il faut leur reconnaître. Néanmoins, la référence est aussi subtile qu’un ouragan qui traverse le pacifique.1

C’est qu’en 1971 (mais ça vous le savez sûrement tou-te-s), un manifeste rédigé par Simone de Beauvoir et signé par 343 femmes qui affirment avoir avorté. Ce n’est pas anodin car l’avortement les expose à des poursuites pénales. Cet acte est un des grands symboles des luttes pour les droits des femmes en France. Il est à la croisée de nombreux combat.

C’est d’abord la liberté de disposer de son corps. Choisir si on veut ou non rester enceinte. C’est aussi et par conséquent la liberté de choisir sa vie et son destin. Parce que vous savez, réduire les femmes à leur destin de mère. C’est une constante impression de la société patriarcale. On la retrouve dans les tâches ménagères, dans les stéréotypes de genre ou dans la lutte, qu’on a connu dans notre histoire, contre les plaisirs sexuels des femmes .

Les biens nommés2

Bref, ce manifeste était un acte de résistance dans une lutte pour l’émancipation des femmes, pour réclamer le droit à la liberté. Bref, un combat noble, courageux et progressiste ! (Et surtout un combat toujours d’actualité)

Aujourd’hui, ces 343 connards proposent diamétralement l’inverse, tout en s’en réclamant. Zemmour et compagnie (bien connus pour leur engagement progressiste) réclament le maintien d’un privilège. Quel privilège ? Celui que la société patriarcale leur offre : disposer du corps d’une femme pour ses besoins. De toute évidence, comme les harems d’esclaves ne passent pas trop dans notre société actuelle, il y a un semblant de marchandisation au profit d’un proxénète. Bref, le patriarcat combiné au capitalisme a trouvé son parfait rejeton.

Maintien du privilège donc, et surtout maintien d’un système tortionnaire qui organise la traite et les violences faites aux femmes. Le « touche pas à ma pute » pourrait presque passer pour un acte paternaliste de protectio4n. Mais on en est loin. Tout comme les clients de ce site (attention, les estomacs sensibles sont priés de ne pas cliquer…. Bon trop tard, vous êtes têtus hein !)… Je disais, tout comme ces enflures de clients habituels, les hommes n’en ont rien à carrer des prostituées qu’ils « consomment », c’est leur plaisir le centre de leurs préoccupations.

D’ailleurs, pour la petite histoire. Face aux conditions intolérables de la prostitution dans les maisons closes allemandes, le gouvernement a eu un jour la magnifique idée de demander aux clients d’alerter les autorités si jamais les droits des prostituées étaient atteints. Genre un droit tout con, le droit d’avoir des rapports protégés. Gros flop ! Pourquoi ? Parce que les clients ne sont pas là pour faire du social.

Tout ça pour dire que ce manifeste est à gerber, mais qu’il montre que les loups sont de sortie pour défendre leur système de domination. Pour ceux qui se posaient encore la question « à qui profite le crime ? »

Romain JAMMES

 –

IMPORTANT : Pour harceler ces connards, RDV sur ce site http://343connards.fr/

Je n’ai pas d’humour…

Bon, voilà, ça c’est dit. Vous l’aurez un peu cherché, et en même temps ça va en rassurer certains : je n’ai pas d’humour. Je ne sais pas rire. À part « un homme qui rentre dans un café et plouf ! », j’ai rien à vous servir pour vous tordre le bide. Plus haut j’arrive pas c’est comme ça. Ça doit être dans les gênes ou un truc de cet ordre.

Ou si, je le tiens, c’est p’tete parce que je suis féministe. Ah mais oui ! Pourquoi j’y ai pas pensé ? C’est bien connu en plus, je suis con. Les2 féministes ont pas d’humour. Enfin disons que ceux qui se pensent drôle, ils pensent aussi que les féministes qui les trouvent pas drôle, bah c’est parce qu’elles/ils ont pas d’humour… Bon maintenant qu’on a trouvé le problème on va peut-être pouvoir avancer non ?

On peut rire de tout, mais…

Quand on a pas d’humour comme moi, y a souvent un mec (genre le mec drôle justement), qui vous dit « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». C’est le genre de phrase qui, dans la communauté très resserrée et hype des mecs drôles, fait une sorte d’autorité. C’est un peu le point Godwin de la discussion sur l’humour. Quand on dit ça on peut plus rien dire. Tu argumentes, et on te répond que tu es « n’importe qui ». J’imagine que c’est aussi une forme d’humour.

Cette magnifique phrase est de Desproges. Un maître de l’humour noir qui fait un peu office de divinité dans le domaine. Si vous voulez, les dieux, ce qui est assez marrant, c’est que concrètement on les voit jamais. Bon la différence avec Desproges c’est que lui a vraiment existé (oups j’ai perdu quelques croyants là). Mais bon, il y a assez peu de chance pour qu’il vienne à votre table vous raconter une blague maintenant. Passé ce détail, dans l’un et l’autre cas, y a toujours des gens pour le citer, et en le citant, pour se réclamer de son autorité symbolique. Sauf que voilà… vous n’êtes pas Desproges.

Vous n’êtes pas Desproges, parce que Desproges ne s’appuie pas bêtement sur des idées reçues qui alimentent une domination. Si vous préférez, faire une blague dont le message final est « les femmes sont…

  • connes, surtout les blondes »
  • bonnes qu’à faire la vaisselle »
  • bonnes qu’à être mères (et bon, à faire la vaisselle aussi) »
  • des salopes » (ou divers objets sexuels)
  • ou des amoureuses transies (oui des connes quoi !) qui se laissent emporter par leurs émotions (surtout quand elles ont leurs règles, vu qu’elles sont surtout des utérus) »

c’est simplement recracher primairement le message de la société patriarcale qui sert à alimenter la domination masculine. Y a pas moins subtil qu’une blague sur les blondes. D’ailleurs c’est tellement pas subtil qu’on sait déjà la fin quand ça commence par « C’est une blonde qui… ». Il n’y a pas plus bourrin qu’une énième illustration réduisant une femme à un bout de viande, d’un conformisme abruti dans un contexte de matraquage culturel. 3

Bref, de l’anti-Desproges. Lui prend à contre-pied les idées reçues, ou les tord de telle manière qu’elles n’ont plus rien à voir avec ce que le raciste, ou l’antisémite osera dire au comptoir. Quand il commence un sketch sur les juifs par ces deux phrases : « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle, vous pouvez rester. Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale, beaucoup de juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. » Il installe son contexte, sans reprendre bêtement celui que la société propose (du moins sur cet exemple).

Non, je n’ai pas d’humour quand j’entends ces blagues misogynes dégueulasses. Et il n’y en a pas de mieux qui rattrape le reste. Je gerbe devant les appels au viol cachés derrière vos plaisanteries. Je rage devant cette folklorisation de la prostitution qui oublie (et surtout qui n’en a rien à foutre) que ces femmes sont esclaves d’un système de proxénétisme inhumain.

En fin de compte, Desproges a raison en disant qu’on peut rire de tout. Mais encore faut-il être drôle. Car la supposition selon laquelle le « n’importe qui » est forcément celui qui va subir la blague vaseuse est déjà une interprétation douteuse. Ça me rappelle une histoire d’ailleurs. vous savez celle des médecins qui procédaient aux saignées pour soigner leurs patients au Moyen-Âge. Quand leur état empirait, les médecins disaient que le patient n’avait « pas répondu au traitement ». Manière de dire que le problème, ce n’est surtout pas le médecin.

La culture dominante et l’humour

Le fond du problème c’est que, humour ou pas, il y a des choses qui ne se disent pas. Ce n’est pas directement qu’elles font saigner nos sensibles oreilles. Je ne suis pas non plus partisan d’un flicage permanent qui irait écouter aux portes ce qui se dit. Simplement ce qui se dit publiquement a des conséquences sociales et s’ancre dans un contexte culturel.1

En conséquence, on ne peut pas prétendre qu’une blague, parce qu’elle serait une blague, échappe à cette règle. Ce serait ignorer que l’humour a toujours accompagné les discriminations et les dominations qui les accompagnent. Les colons se fendaient la poire en parlant des gentils indigènes pas très futés, toute l’Europe antisémite en parlant des Juifs cupides et complotistes. On se marre bien avec ces Arabes voleurs, violents et fainéants.

Non content de s’appuyer sur l’assise culturelle d’une domination, votre humour participe à sa résonance. C’est l’humour du dominant sur le dominé, la condescendance et le mépris déguisés en sourire.

Voilà pourquoi j’assume : « Je n’ai pas d’humour ».

Romain JAMMES

« Pas ce soir chéri, j’ai la migraine… »

Ce mythe, tout le monde le connaît. La migraine, la fatigue, on se lève tôt le matin, on a la flemme, il fait trop chaud, trop froid, trop moyen… Bref, dans un couple, parfois, bah on n’a pas trop envie de faire l’amour. Ça arrive, ça peut ne pas paraître grave avec du recul.

1

Seulement voilà, dans une société patriarcale, nous, les mecs, on a envie donc on doit être satisfait. C’est comme ça, c’est la domination masculine. Alors comme il faut bien convaincre notre partenaire de passer au billot (avec des formes franchement moyennes parfois), on invente une culture de soumission volontaire. Alors Elle, grand magazine progressiste, s’est donc essayé à l’exercice. Un article, Faut-il se forcer à faire l’amour ?, qui est un exemple du genre. Et oui, ils sont bons élèves chez Elle !

Un curieux déséquilibre

Elle annonce tout de suite la couleur. On va vous parler de femmes. Oui parce que, je sais pas si vous étiez au courant, mais en fait le plaisir, pour Elle, c’est surtout un truc d’homme. Donc forcément, avoir envie de sexe c’est un truc masculin. Rassurez-vous, on n’en est pas au premier. On a toujours convaincu les hommes qu’ils avaient des besoins irrépressibles et qu’il fallait qu’ils les assouvissent. D’un autre côté, on a toujours pris soin de ne pas apprendre aux femmes l’étendue du plaisir qu’elles pouvaient avoir. On s’est même entêté jusqu’à leur ôter le clitoris, c’est vous dire si on est con.2

Bref, cette construction culturelle a plusieurs conséquences. On retrouve l’idée selon laquelle les femmes vont faire une faveur en couchant avec un homme. On a le droit à des variantes comme les femmes qui couchent par intérêt pour que leur cher et tendre répare l’étagère du salon. Plus dur, il y a l’idée que c’est un devoir (« Après tout, on est mariés merde ! »). Ou son corollaire : « Pour le maintien de mon couple, il faut bien que je me force un peu… »

Seulement, entre le « pour mon couple », « pour lui faire plaisir », « parce que c’est un devoir » et « pour pas qu’il me foute sur la gueule » y a parfois des nuances assez floues.

La culture normative

Alors l’article analyse un peu ce phénomène. Enfin, ce sont surtout des hommes scientifiques qui interrogent des témoignages de femmes. Histoire de  rien faire de travers. Pour couronner le tout, on a le droit à des psychologues-psychanalystes. De là à dire qu’on fait l’amour parce qu’on a envie de manger son caca il n’y a qu’un pas. Du coup, ce qui est sympa, c’est qu’on y apprend plein de choses très utiles :

  • Entre toutes les raisons pour se forcer, la moins grave, c’est « par amour ». Comme étude scientifique on a fait mieux. Une bonne petite pilule par amour ça passe tout de suite mieux hein. C’est un élément normatif qui n’a souvent pas d’autre rôle. Et il ne marche souvent que dans un sens : « Il m’a tapé dessus mais c’est parce qu’il m’aime ! » Oh c’est mignon…
  • « Dire non très clairement peut souvent dégénérer en une dispute », « C’est une manière de ne pas vexer mon fiancé ». On sort bien du cadre du plaisir ou de l’amour, c’est clairement pour ne pas subir une forme de répression même si l’article l’aborde de manière anodine. On lit même que c’est « pour ne pas blesser son partenaire plus que par abnégation » hum… C’est quoi la différence ?
  • « Si j’ai parfois la flemme de m’y mettre, je ne regrette jamais après », « L’appétit vient en mangeant ». Traduction pour les hommes : Ne vous en faites pas, si elles disent NON au début, ce sera OUI après. Traduction pour les femmes : allez quoi, ça fait mal au début, après ça va mieux !
  • Si ce sujet est « tabou » c’est que nous sommes dans « une société qui érige la libido en valeur maîtresse » dans le couple. Marrant comme l’article réduit la portée d’une pratique qui a plusieurs siècles (voire millénaires).
  • « La femme ne se refuse pas mais dit à son mari : “Dépêche-toi, qu’on en finisse”, ce qui est encore plus violent que de dire non. » D’après l’article, c’est le refus qui est violent, pas la fatalité de la femme qui est forcée. Entre nous, quand on sait qu’on va être torturée, on veut que ce soit le plus court possible.3

Je suis pas en train de dire que l’article fait consciemment l’apologie du viol. Le phénomène est en recul et pris isolement n’est pas si grave. Moi qui ne subis pas la domination masculine et les injonctions qui l’accompagnent, qui ne suis pas pornographié au quotidien et réduit à mon physique comme un outil pour baiser, il m’est arrivé de me forcer sans traumatisme psychologique. Mais prendre uniquement le cas de femmes, sans préciser pourquoi et en décontextualisant, c’est trop gros pour ne pas être une grossière manipulation.

Bref, un article très joyeux qui se conclut sur deux notes qui encensent tout le message. Il faut fermer sa gueule comme dit Lucie : « Mon mot d’ordre ? N’avoue jamais ! Pour préserver un peu de magie, il faut bien garder une part de mystère et d’intime, non ? » et le mot de la fin pour Docteur Nasio : « C’est un acte de maturité ». Vous kiffez ?

Romain JAMMES


UMP 31 : le problème de la prostitution, c’est le voisinage

On n’arrête pas le progrès. Vous savez, Toulouse, c’est la ville de l’aéronautique, voire même de l’aérospatiale en France. Des progrès spectaculaires ont été réalisés. Et là ça y est, alors que personne ne l’attendait, tous ces efforts ont permis à un groupe d’individus de franchir le mur du çon ! (ndlr : merci le canard).

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Ah on avait déjà quelques pistes des performances incroyables des membres de cette organisation. Son « responsable départemental » (ouais les titres tout ça), s’était distingué dans la discipline en réduisant le féminisme à un simple corporatisme. (Alors il faut dire que c’est nomé « féminisme » hein, donc ils ont dû croire je ne sais quoi. Mais bon c’est l’UMP, ils sont plutôt du genre à lire les titres que les bouquins hein). Donc, un coup de génie qui lui a probablement valu les félicitations de la fédération des demeurés de Haute-Garonne. Mais comme rien n’arrête un bourrin en pleine charge, la récidive a frappé encore plus fort.

La prostitution c’est mal… dans ma rue.

C’est une surprise pour personne : je suis abolitionniste. Je considère que la prostitution est un esclavage. L’organisation d’un viol de masse pour être plus précis. Mais au delà de ce débat qui traverse les mouvements féministes, chacun s’accorde à dire que quand il y a proxénétisme, c’est la prostituée qui en est victime, notamment à travers des contraintes physiques, sociales, ou économiques qui l’obligent à être prostituée. Ça c’est ok. Je veux dire que ça ne fait pas trop débat, c’est assez évident. Sauf que voilà, les « jeunes » (mouais) UMP 31 ont une autre version du phénomène. Elle vaut le détour.

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En effet, la prostitution déchaine ces enragés de fauteuils en velours. Ils sont prêts à tendre le poing et à agiter les banderoles : la prostitution révulse…le voisinage. Non vous ne rêvez pas. Ce ne sont pas les jeunes du PMU mais bien de l’UMP qui se sont fendus d’un communiqué vibrant sur les nuisances sur le voisinage liées à la prostitution. Un magnifique pamphlet de nombrilisme comme les hommes de droites savent le faire (souvent les hommes tout court quand il s’agit de féminisme). On les croirait presque victime d’une oppression.

Les conditions de vie des femmes, les violences, la précarité, la traite d’être humain ? Non, ça n’intéresse pas l’UMP. D’ailleurs, si on a parlé de pénalisation du client sous le mandat Sarkozy, on a surtout fait du racolage passif un délit. En gros, pour combattre la prostitution la droite a attaqué… les prostituées. Bravo ! Belle démonstration de la politique de l’autruche. Non pas celle qui court vite et fait des gros œufs, celle qui comme solution au problème veut cacher le problème.

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La misère discrète

Ce qu’il y a de bien avec ces gens, c’est la certaine cohérence qu’on retrouve. D’ailleurs au fond elle n’est pas si surprenante. Déjà en général, quand on est con c’est dans tous les domaines. Mais il y a aussi que la droite, c’est l’individu qui prime sur le collectif, c’est l’antinomie des droits humains parce que les libertés individuelles sont garanties par les structures collectives. Donc, quand on est individualiste et qu’on n’aime pas la misère, la solution la plus simple, pour s’en débarrasser, c’est de la foutre ailleurs. Changer le monde, améliorer les conditions de vie des êtres humains, tout ça tout ça, c’est des trucs de hippies.

Cacher la misère, pour la droite, c’est interdire de fouiller dans les poubelles comme l’a fait le maire UMP de Nogent-sur-Marne. C’est mettre tous les pauvres dans un quartier périphérique comme c’est dans toutes les grandes villes de France. C’est pousser les camps de Roms là où on les voit pas (ça le PS sait bien le faire aussi). Bref, s’il y avait encore de l’esclavage, l’UMP se plaindrait du bruit des chaînes.

Moi, moi, moi

La démonstration était si belle que l’article a été retiré au bout de quelques jours. L’ennui, c’est que cette approche de la prostitution, et cette approche des problèmes dans la vie quotidienne, c’est celle de beaucoup de monde. Nul doute que le matraquage culturel individualiste joue son rôle.ump4

Personne ne veut de roms dans SON quartier ou SA commune. On ne veut pas de mendiant devant SA porte ou SA banque. Pire, une fille de droite m’a soutenue à une soirée que les transports en commun faisaient venir des banlieusards dans SON quartier bourgeois et que c’était plus aussi sûr depuis. La résignation à trouver des solutions a conduit à une fuite à grande vitesse. L’envie de vivre hors sol. Pour se soulager de la culpabilité de croiser la misère en bas de chez soi, on se grillage dans des résidences privées, on « nettoie » des quartiers et bien d’autres choses.

Finalement cet article est un révélateur de ce à quoi aspire la droite. La dissociété qui détricote la solidarité, et répand la peur de l’autre mais qui accepte les violences et l’exploitation. Au final, le mur du çon, y a un paquet de gens qui le passent. Et si je dois trouver un sens à l’engagement collectif c’est bien de renverser la vapeur.

Romain JAMMES