Peut-on draguer sans être sexiste ?

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Je suis sexiste

Je vais vous faire une terrible aveu… Je suis sexiste. Attendez ! Ne fermez pas la fenêtre, ne « dé-likez » la page facebook et ne supprimez pas mon numéro en faisant une croix sur toutes les incroyables histoires qu’on aurait pu vivre ensemble (ahem !). Je ne suis pas un sexiste de conviction, je ne m’attache pas à organiser, penser et relayer la domination masculine. Je ne théorise pas l’inégalité entre les sexes ou n’essentialise pas des pratiques hautement culturelles comme le ménage ou la prostitution.

Au contraire d’ailleurs. J’analyse la société comme étant une société patriarcale qui organise à l’échelle de la famille, du monde du travail, plus largement dans l’ensemble des sphères de la société (publiques comme privées) la domination masculine. On pourrait se dire : « Bon ce type c’est bon, il est sur le bon chemin, y a plus à s’en occuper ». Bah en fait non. Je suis militant féministe, je suis même souvent le « féministe de service » qui fait l’attraction, sauf que voilà… je suis un mec.sex

Évidemment, une bonne partie des hommes lisant cet article sont déjà ulcérés. Forcément l’esprit de groupe qui unit le genre masculin a tendance à s’activer quand l’image qu’ils se font d’eux-mêmes est attaquée. Alors pour ceux qui sont toujours naïfs et qui se disent « Non pas moi, il peut pas généraliser comme ça ! » (c’est la version polie, dans tous les sens), je vais faire un signe de tête pour faire genre que vous, c’est pas pareil… Voilà maintenant que tout le monde est content on va avancer.

Être un mec

Je vous accorde que c’est difficile de se le dire : « je suis sexiste ». Mais franchement, une fois que le postulat est donné c’est beaucoup plus simple de tenter de résoudre le problème. Cela va sans dire, aucun comportement masculin n’est naturel. Y a plus rien de naturel dans notre comportement après ces 5000 ans carabinés de patriarcat. Seulement, j’évolue, je me socialise et j’ai été éduqué dans une société qui prône des valeurs patriarcales. J’aurais aimé avoir une éducation féministe, mais bon on choisit pas. Puis je suis surement loin d’avoir eu la pire. Alors être un mec, c’est avoir des représentations, un rôle, des attitudes et une place dans la société. Le but, quand on est féministe, en plus du combat collectif auquel nous devons participer comme tout-e féministe, c’est aussi de travailler à déconstruire nos innombrables réflexes sexistes. Ça passe par un petit travail d’humilité, ce qui ne fait de mal à personne.

Mais malgré tout ce travail, certains réflexes sont ancrés en soi. J’arrive sans mal à laisser la parole, à ne pas être condescendant, à accorder autant de crédit à une femme qu’à un homme, si ce n’est plus selon les situations. Je suis arrivé sans grosse peine à ne plus rire sex2aux blagues sexistes (d’ailleurs je ne les trouve plus drôle), si ce n’est nerveusement par dépit en me disant : « celui là il est irrattrapable ». En revanche, les codes culturels définissant si une personne est attirante physiquement ou non sont difficiles à évincer. Évidemment je ne suis pas une caricature du genre, et je suis loin du modèle anorexique des défilés mais l’attirance physique se fait manifestement sur des critères que la société approuve. C’est comme ça, au fond j’ai l’impression de rien y pouvoir si ce n’est de remettre ce critère à une place moins disproportionnée que le patriarcat l’a souhaité dans son « sois belle et tais-toi » qui est davantage un résumé qu’une caricature.

Est-ce que pour autant je me sens l’obligation de réduire les femmes à un bout de viande ?

Draguer c’est pas féministe ?

Dans l’article précédent, je décrivais le harcèlement quotidien que subissent de très nombreuses femmes pour le simple fait de se déplacer dans la rue. Un harcèlement qui va des intimidations physiques aux simples interactions verbales rappelant en permanence à l’intéressée qu’elle est surtout un bout de chair dans lequel ces messieurs peuvent se soulager. Comme d’habitude, des mecs sont montés sur leur grands chevaux, se sentant particulièrement concernés. Vent debout contre la privation de liberté qui les empêcherait de draguer dans la rue. Ces conneries sont bien jolies mais méritent donc une petite réponse.

Je comprend pleinement toute l’attirance physique que l’on peut avoir pour une personne. Je ne la juge pas illégitime. On peut croiser une personne et la trouver belle. Comme je disais, les critères peuvent être plus ou moins structurés par les normes dominantes mais je ne suis pas celui qui peut donner des leçons à ce niveau. En revanche, le fait de s’intéresser à une personne à partir de ce critère peut interroger. Là encore notre société se charge de bien nous éduquer de sorte qu’on attende surtout d’une femme qu’elle soit belle. C’est moins le cas pour les hommes, même si les choses évoluent. Ce qui est encore plus discutable, c’est qu’un homme se sente la légitimité d’aborder une femme non seulement parce qu’elle est belle, et en lui faisant remarquer qu’elle l’est.

Le minimum de la conscience féministe nous fait rendre compte qu’un certain nombre de femmes considèrent ça comme une violence. Les plus aveugles considèrent que c’est une poignée d’allumées, d’autres, plus à l’écoute, se rendent compte qu’ils sont très loin du compte. Les uns comme les autres perçoivent que, potentiellement, ils peuvent faire preuvesex4 de violence en abordant une femme, même avec « tact », à partir de son physique. C’est donc un choix délibéré. Il s’explique soit par le manque d’intérêt pour les femmes en question, après tout, si elle prend ça pour une violence c’est une névrosée, ou on s’en fout, elle en verra d’autres. Soit parce que certains mecs ont tellement intégré le mépris des femmes qu’il n’y a pour eux aucune autre manière de leur faire part de leur intérêt.

On en vient donc à l’idée que ne pas dire à une femme qu’elle est belle c’est priver l’homme d’une liberté (sans doute fondamentale dans son petit crâne) : celle de draguer. Mauvaise foi ou manque d’imagination ? Draguer ce serait nécessairement faire preuve de violence ? Sans que ce soit régulier, ça m’est arrivé, comme beaucoup de monde, d’engager un échange avec une inconnue parce qu’elle me plaisait. C’était parfois purement physique, ce qui je l’avoue, est largement discutable, ou simplement un ressenti général qui m’attirait. Quoi qu’il en soit, sans évoquer la question du physique j’ai toujours su aborder la conversation. Il faut jauger immédiatement si c’est opportun ou pas, ne pas insister, simplement ouvrir l’opportunité, et on finit même par avoir une belle aventure avec une fille à qui on a simplement demandé du feu, au départ.
Je suis loin de considérer que cette attitude, comme beaucoup d’autres que j’ai, est loin de tout reproche. Le simple phénomène de drague peut s’analyser comme une production culturelle du patriarcat. La difficulté sociale pour les femmes de faire ce pas là en est aussi une conséquence et je ne compte plus les filles dont j’ai découvert qu’elles cherchaient quelque-chose avec moi, sans avoir oser faire une démarche dans ce sens. L’essentiel est d’identifier au maximum là où il peut y avoir violence ou non. Et de remettre en cause ses propres certitudes de dominant. Mais ça, c’est un lourd travail…

Romain JAMMES

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23 réflexions sur “Peut-on draguer sans être sexiste ?

  1. Sans être un roi de la drague (bien au contraire ; la hantise de prendre un râteau a fortement limité mes velléités dès mon plus jeune âge / disons le collège) et même en admettant votre argumentation, si l’on considère que les rencontres (sauf les fortuites, et encore !) ont largement pour but un intérêt (au sens large) plus ou moins commun, je ne vois pas vraiment la différence entre flatter le physique et flatter l’intelligence (« je rêve depuis des années de vous rencontrer car certains des développements de votre dernière thèses sont particulièrement audacieux et m’ont profondément déstabilisé(e), jusque dans mes convictions les plus ancrées ») de quelqu’un, que ce soit à titre privé ou à titre professionnel.
    Bref, si vraiment c’est MAL d’aborder son prochain, il n’y a plus qu’à rester dans sa plus haute tour en attendant la mort… ou alors précisez votre recette d’abordage correct (et universel) !

  2. Il n’y a malheureusement pas que les hommes qui soient sexistes… Les femmes le sont aussi, pour les mêmes raisons d’ailleurs.
    Quand je fais ma « féministe de service » en cours par exemple, il n’y a pas une de mes camarades (promo de 34 filles et 0 mec) pour me soutenir, même les copines qui lisent Causette. Toutes pensent que je vais trop loin.
    Et pourtant, moi aussi je tombe dans les clichés, à dire des phrases du genre : « Tu n’as pas un miroir dans ton sac? Alors tu n’es pas une vraie fille! » Ce qui est complètement stupide, n’ayant moi-même jamais eu de miroir sur moi… Je relaie les pensées de ce que la femme est censée être pour notre société.
    Mais en effet, c’est déjà bien de s’en rendre compte et petit à petit ces réflexes sexistes sont de moins en moins présents. C’est important car je pense que c’est essentiellement par le langage qu’on peut faire évoluer les mentalités.

    Pour ce qui est de la drague, ce qui me semble sexiste, c’est que les hommes osent draguer et pas les femmes. C’est de moins en moins vrai heureusement. Après, il ne faut pas non plus que les femmes se mettent à considérer les hommes comme des pénis sur pattes, car c’est aussi le risque.
    J’espère que bientôt, pour cette quesqtion-là , nous serons en France comme au Québec, où je ne me suis jamais sentie aussi à l’aise dans les relations hommes – femmes. Les deux genres « crouzent », voire plus les femmes (qui peuvent ainsi aussi choisir et ne pas attendre dans un coin qu’un homme les repère) et à aucun moment de mon séjour je n’ai senti de regard comme j’ai trop l’habitude dans recevoir dans le Sud de la France.

  3. Bravo pour ce billet bien écrit. Je m’y retrouve en tant qu’homme et féministe. En effet draguer n’est pas forcément sexiste et vous faîtes la preuve d’une sincérité rare à ce sujet.

  4. Oui… Et au delà de la question du physique (d’ailleurs oui, l’inverse parait absurde, « bonsoir jeune homme je vous trouve très joli »), sur toute la phase de séduction (et la suite d’ailleurs), beaucoup de filles entretiennent le sexisme dans les relations homme-femme. Ces filles qui veulent être traitées comme des princesses, qu’on leur paye l’addition, le taxi, et qu’on leur tienne la porte. Que monsieur soit entreprenant, sûr de lui. Qu’il ait du fric. Et qui veulent entendre des compliments parce qu’elles ont passé 3 heures dans la salle de bain.

    Cette fille, c’est un peu toutes sur certains points, un peu moi aussi parfois, même si je m’applique à tenir les portes, payer l’addition, que je m’autorise à dire des gros mots à un rencard, que je revendique mon autonomie, et que je ne m’interdit rien en fait.

    Ma vraie question est : est-ce que c’est grave ? Est-ce qu’on doit lutter contre soi, contre cette part de culture, d’éducation qui est tellement ancrée qu’elle en a conditionné nos goûts ?
    C’est valable aussi sur ta question des standards de beauté…

    • Il n’y a pas que le fait de lutter contre soi, il y a le fait de choisir ce qu’on veut réellement faire.
      A titre perso, j’ai pas tellement besoin de m’appliquer à tenir les portes, j’ai envie de tenir les portes aux gens pour leur rendre service, j’ai envie de payer l’addition parce que moi aussi, je veux offrir un bon repas, je dis des grossiertés parce que c’est aussi ma manière de communiquer…
      Au delà de la question de l’éducation, il y a aussi l’idée que chacun, qu’on soit un homme ou une femme, doit pouvoir faire ce dont il a envie.

      Avoir envie d’être un homme et de ne pas payer l’addition à chaque fois, c’est quand même légitime. Etre une femme et ne pas avoir envie de de se retenir de dire des mots grossiers, c’est légitime aussi. Je crois que parfois, il faut aussi savoir s’émanciper de ses propres apprentissages.

  5. Le problème de la « drague » dans la rue est qu’elle part du postulat que les femmes sont disponibles, et doivent l’être en toutes circonstances (pour les hommes particulièrement). Elles sont là pour ça, doivent être charmantes et souriantes (« eh bah, il faut sourire, mademoiselle ! »). D’ailleurs, le harcèlement de rue est rarement de l’ordre de la séduction, il n’y a pas de réelle intention d’entamer une relation avec la femme harcelée. Il s’agit le plus souvent de la rappeler à sa place : être à disposition des hommes.

  6. Timidité aidant, la drague, je ne connais pas. Ajoutons l’auto-dépréciation, et voilà un mec solitaire pour la vie. Au point que si une femme ébauche un premier pas, il ne le verra même pas. C’est dommage, non ?

    Heureusement, il existe les trucs de rencontre, où ceux qui sont là savent pourquoi ils y sont. C’est peut-être moins romantique, et encore….

  7. Je partage certains de vos points de vue, cependant, sans vouloir passer pour une féministe de bazar, j’aimerais dénoncer une chose.
    Quand un mec drague une fille dans la rue, évidemment, c’est assez prématuré de se montrer paranoïaque d’emblée en pensant que le mec n’a qu’une seule « idée » en tête. Toutefois, je peux dans un sens me mettre à la place de ces femmes.
    Comme vous le dites, nous vivons dans une société où on conditionne à la femme d’être belle de A à Z. Vous dites que les choses tendent à évoluer, je pense plutôt que c’est le contraire qui est en train de se passer. Ceci est mon avis mais je trouve que plus on « évolue », plus la femme est réduite à un objet sexuel (je sais, ça fait très « déjà vu et tout et tout) sans même s’en rendre compte. Je prends l’exemple des publicités à connotation sexuelle et tout le tralala, je ne vous fais pas un dessin. Les femmes s’auto-persuadent qu’elles ont libres de disposer de leur corps, mais au fond, on les enferme dans des stéréotypes de femmes-objets, parfaites, sans rondeurs, sans aucun « défaut ». Voilà l’image que la société veut inculquer aux femmes et aux hommes, également.

    Pour en revenir à la drague, certains hommes (et j’insiste biens sur le « certains », je ne fais en aucun cas une généralité) pensent que c’est en s’exprimant de façon vulgaire et violente qu’ils réussirons à séduire une femme. C’est une attitude que je ne supporte pas. Ayant déjà été interpellée de façon agressive alors que je ne faisais rien de mal, j’avoue avoir de plus en plus de difficultés à ne pas être parano lorsqu’un homme m’aborde. Bien-entendu, j’y travaille. Ces hommes se nourrissent de cette image idéalisée de la femme en espérant la trouver chez chaque jolie femme qu’ils croiseront dans la rue.
    Alors bien-sûr, je ne généralise pas! J’ai rencontré des hommes très polis et respectueux et heureusement! J’admets même qu’il est toujours flatteur pour une femme d’entendre un homme lui dire qu’il l’a trouve charmante (ça booste aussi la confiance en soi) je ne remets donc pas en cause le principe de « drague » en lui-même. C’est la façon dont l’homme va draguer qui compte. Et tant que le respect n’est pas au rendez-vous, les femmes seront logiquement moins réceptives, voire pas du tout.

    Alors effectivement, il est injuste que les charmants gentlemen se voient privés de la liberté de draguer à cause d’une minorité, je pense que ces hommes-là doivent rassurer ces femmes et leur faire comprendre que le monde n’est pas peuplé que de crétins (et ce, peu importe ce qu’ils recherchent comme type de relation, tant que cela leur convient à tous les deux).

    Je rejoins par ailleurs Marjolaine, les femmes aussi peuvent être sexistes, c’est évident (et c’est là qu’on tombe dans le piège du cercle vicieux), d’ailleurs, ces femmes-là m’ont toujours fortement agacées en jurant sur les hommes de façon générale, tout en se posant en victimes persuadées qu’elles peuvent se permettre de les critiquer et eux non (sois-disant parce qu’elles seraient plus faibles qu’eux). Je ne suis pas d’accord. La plupart de ces femmes ont soit été trop déçues sentimentalement, soit été trop souvent interpellées de façon irrespectueuses dans la rue. Chaque vécu est évidemment différent, mais je pense qu’il faut faire la part des choses pour trouver un équilibre, c’est ce que je fais lorsqu’une personne m’infortune, je fais au mieux pour relativiser en me disant que ce n’est qu’une minorité.

    Désolée pour le pavé, lorsque je commence, il m’est difficile d’arrêter!
    Votre article est vraiment très intéressant, merci de nous l’avoir fait partagé!

    Bonne continuation

  8. Pingback: Peut-on draguer sans être sexiste ? | L'A...

  9. Cher Romain,
    sur le fond, votre interrogation est non seulement légitime mais en plus tout à fait indispensable pour les hommes et les femmes. Draguer une fille, ça ne doit pas être la considérer comme un bout de viande ou un objet de fantasme. Pourtant, il y a peut-être un angle que vous n’avez pas vu, le compliment. Ne pas dire à une fille que vous la trouvez jolie par peur de passer pour un sexiste misogyne ? Comment gérer le compliment sans qu’il soit salace. Je pense que vous savez faire parfaitement la différence entre « vous êtes jolie » et « t’es bonne, file moi toi 06 ». Le « vous êtes jolie » peut être prononcé sans arrière pensée : un constat sur le moment et que l’on souhaite partager. On pourrait vous le dire à vous d’ailleurs un « vous êtes beau », sans arrière pensée non plus. Réussir à faire un compliment à quelqu’un sans visée sexuelle derrière, c’est peut-être là l’évolution ? Le mieux serait-il l’ennemi du bien : à vouloir trop bien faire, ne se prive-t-on pas de politesse, d’élégance et de galanterie ? Comment bien articuler tout ça, ça évidemment, c’est une autre histoire.

    • Bonjour,

      Nous partageons évidemment l’horreur des remarques caricaturales que tu décris. Cependant, je n’opère pas la même distinction que toi. Il y a également de la violence dans le « vous êtes jolie ». Là violence ne se trouve pas tant dans l’acte lui même que dans le contexte dans lequel il s’intègre. C’est à dire le harcèlement, et la culture nominante qui réduit constamment les femmes à leur physique. Donc je pense qu’on doit se garder de le dire, culturellement il y a un tas de compliment qu’on ne dit pas, ou pas à des inconnus du moins. Le jour où le contexte changera ce sera autre chose.

      Ensuite, autre désaccord, je ne trouve pas illégitime d’avoir des arrières pensées sexuelles. On peut vouloir coucher avec quelqu’un et ça me pose pas le moindre soucis, ce que je veux, c’est qu’on exerce pas une violence dans la proposition de ce rapport. Ça suppose autant de ne pas dire « est-ce que vous voulez coucher avec moi » de but en blanc que de ne pas dire « vous êtes belle ».

      Après, je parle là de personnes que l’on ne connait pas et qu’on aborde. On peut dire à une proche qu’elle est belle sans que ce soit un violence. Mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer que ce sont essentiellement aux femmes qu’on le dit, même parmi les proches. Ce n’est pas anodin.

  10. je comprends ce que tu veux dire quand on parle souvent en premier lieu du physique d’une femme, par exemple quand on parle de la tenue d’une femme politique alors qu’on ne parle pas de la tenue de nos hommes hommes politiques. Je crois que je comprends un peu mieux ce que tu veux dire concernant le fait de dire d’emblée à une fille qu’elle est belle pour l’aborder, c’est en effet mettre en avant son physique que sa personne. (parle en à Delon et sa super interview dans le fig mag tu vas adorer) On doit pouvoir trouver un moyen d’aborder quelqu’un sans commencer par lui dire « t’es beau  » ou « t’es belle ».
    Pour autant, ne pas retenir les compliments, ça fait quand même du bien à entendre, qu’on soit un garçon ou une fille et que le compliment soit relatif au physique ou quoi que ce soit d’autre.

  11. j’ai beaucoup apprécié votre article, je suis contente que des hommes mènent des réflexions sur le sujet !! je partage en grande partie votre avis.
    et ce que j’aime le plus ce sont toutes les réactions que votre article a causées, qui m’ont fait réfléchir.

    pourtant je n’ai pas pu m’empêcher de soupirer en voyant les commentaires
    • de npoitier « je m’en fous, je ne drague pas » = le patriarcat vous importe peu car vous ne draguez pas ?? le sexisme vous est égal tant que vous n’en êtes pas auteur ?? ça revient à dire que tant qu’on ne vous accuse pas d’être sexiste, tout va bien pour vous, que tant que vous ne culpabilisez pas d’avoir été sexiste ou que le sexisme ne vous impacte pas,l’oppression peut continuer.
    • de babelouest qui change de sujet pour le ramener sur son expérience personnelle en tant qu’homme ???

    je suis consciente que ces commentaires sont teintés d’humour et spontanés mais c’est dommage qu’un si bon article soit entaché de ce genre de commentaire, et ça montre juste que le sexisme est tellement présent et absorbé par les individus qu’il se manifeste du fait de l’inconscient.

    alice, je suis tout à fait d’accord avec vous. et je pense qu’il faut que les hommes sachent que leur drague peut parfois être perçue comme « menaçante » même si telle n’est pas leur intention. si quand un homme va voir une femme et qu’elle parle peu, ne le regarde pas, se renferme sur elle même, on n’insiste pas. on ne peut pas savoir si elle est timide, occupée, profondément mal à l’aise ou juste pas intéressée. si elle est réceptive, souriante, bavarde, alors feu vert. c’est vraiment important de savoir ça.

    mais d’un autre côté je trouve ça tellement triste et accablant que l’apparence soit le trait le plus estimé chez une femme, et ce qui attire les hommes la plupart du temps. des fois il y a même une « impression de possession », où l’homme part du principe que la femme est faite pour le séduire et qu’il est dans son plein droit de l’aborder avec un commentaire sur son apparence.
    quand un inconnu me dit que je suis « jolie », j’ai envie de lui répondre « je m’en fiche de ton avis. mon corps n’est pas pour toi, je ne me maquille pas pour toi, je m’appartiens et je n’ai pas besoin de tes compliments » et à la place je réponds juste merci.

    ce n’est même pas une aversion pour la superficialité, mais plutôt un dégoût des hommes qui se sentent autorisés à commenter sur mon corps.

    du coup, je suis tout le temps divisée : est-ce que je devrais complètement oublier mon apparence, ne pas me maquiller et ne pas me raser, rejeter cette féminité construite, pour me concentrer exclusivement sur le développement personnel et ce qui m’intéresse, ou est-ce que je devrais me réapproprier les artifices que le patriarcat a mis en place pour sexualiser les femmes (talons,…) et paradoxalement les utiliser pour me libérer, pour moi-même et non le regard des hommes, si après tout la féminité me plaît ?
    mais peu importe, tant que j’ai un contrôle total sur mon corps.

    c’est à ça que ça me fait penser, quand on complimente ou critique mon apparence.

    en tous cas messieurs, il faut faire preuve de respect quoi que vous disiez à une inconnue qui vous plaît. =)
    tout le monde, femmes et hommes, souffrent de cela.

  12. Pingback: Vous avez un problème avec l’égalité ? | L'Art et La Manière

  13. Un article intéressant et pertinent qui met le doigt sur une véritable problématique.

    A titre personnel, j’ai toutes les peines du monde à avoir une idée objective sur la question. N’ayant pas eu d’éducation viriliste, je n’ai jamais compris la drague. C’est quelque chose qui m’est étranger et que j’ai toujours considéré comme intrusif. Il n’y a qu’à regarder la manière dont se comportent la plupart des hommes, beaucoup trop sont des prédateurs décomplexés (la prédation se pare d’ailleurs très bien des artifices de la gentillesse feinte).
    Bref, je ne drague pas et n’ai jamais dragué car l’idée même d’être potentiellement intrusif me colle l’estomac à l’envers.

    Idem pour les rapports de séduction qui me paraissent factices. En gros je ne comprends pas du tout pourquoi on devrait se lancer dans des stratégies improbables et faire la roue pour éveiller de l’intérêt chez l’autre. J’ai la naïveté de croire que l’alchimie entre deux personne doit pouvoir opérer sans artifices et désirs de domination.
    La drague telle qu’elle est pratiquée est je trouve symptomatique d’un désir de domination.
    Je ne prétends pas asséner une vérité, c’est de cette manière dont je le ressens en tout cas.
    Et aborder quelqu’un sur la simple base de critères physiques me semble d’une absolue pauvreté humainement parlant.
    Je reconnais que mon militantisme féministe a franchement renforcé ma tendance naturelle à ne pas me mettre en avant. Ceci dit c’est ludique, c’est un peu comme jouer à « Où est Charlie ? »

    Donc concrètement, refuser ce type de comportements sociaux c’est clairement se mettre hors jeu. Et tant mieux.
    Au final, c’est certain, ça ne facilite pas forcément la vie sur le plan affectif et on y gagne pourtant beaucoup en authenticité et en respect vis à vis d’autrui.

  14. Pingback: Féministe ou pro-féministe ? | L'Art et La Manière

  15. Pingback: À étudier | Pearltrees

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