Le fascisme tue !

clem

C’est le genre de nouvelles qui vous prend sèchement à la gorge. Elle reste inlassablement comme des ganglions douloureux, un malaise profond qui vous tord les boyaux jusqu’à vous arracher une larme.

C’est la larme (l’alarme ?) du désarroi, de l’incompréhension de la période que nous traversons. Celle de la montée silencieuse du fascisme. Elle est silencieuse parce qu’elle cache son vrai nom, mais elle apparaît sous les feux de la rampe fière de ses valeurs brillamment banalisées par l’industrie médiatique et la droite extrême. C’est là période où on ne s’indigne plus de rien. Tout est un objet de curiosité politique. On traite des fascistes comme d’un groupe classique, qui joue sa partition sur un terrain politique qu’on a sciemment miné de défiance. On plonge tout le monde dans un panier d’excrément. Beaucoup le méritent mais une voix douce pousse parallèlement à la fainéante fatalité. Celle qui dit : « de toute façon ce sera pareil ».clem 3

La nouvelle

L’événement, je ne l’apprend à personne : « Clément, militant de 19 ans connu pour son engagement contre l’extrême droite, a été lâchement agressé à Paris dans le quartier de la gare Saint Lazare. Violemment frappé au sol par un groupe de plusieurs militants d’extrême droite, manifestement selon des premiers témoignages du Groupe JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire), laissé inanimé, il a été déclaré ce soir en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière. »

Il frappe nos consciences comme un tremblement de terre. Il nous ramène à notre mémoire collective. Celle qu’on a lu dans les livres ou que nos vieux nous ont raconté, du moins pour ma génération. Il faut agir !

Agir ?

Agir, c’est déjà se rassembler dès aujourd’hui partout en France (lien mis à jour). Montrons que ce n’est pas possible, levons la tête. Nous sommes les adversaires historiques du fascisme, ceux qu’on accable dès qu’ils parlent un peu fort, ceux qu’on folklorise comme les pires pourritures du FN. Mélenchon devient Le Pen, Le Pen Mélenchon et tout se mélange dans la soupe dégueulasse de l’embrouille organisée.

Agir c’est déconstruire cet amalgame mis en avant par nos adversaires politiques, y compris au PS. Un des assassins avait un T-shirt FN, le leader des JNR accuse Mélenchon de déclencher la haine. Il avait d’ailleurs fait apparition pour la campagne de Le Pen aux législatives. Nous mettre dans le même panier, au delà de l’insulte à notre histoire que cela représente, au delà de l’injure personnelle, c’est leur donner des brevets de respectabilité insupportables. Relayer, c’est être complice, même quand on se dit de gauche.

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Hier, ces fascistes voulaient « casser du gaucho », ils ont tué un gamin. Hier ça aurait pu être moi, et demain ça pourrait être n’importe lequel d’entre-nous si aujourd’hui le combat ne s’organise pas au delà du cercle des militants anti-fascistes.

Romain JAMMES

antifa

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4 réflexions sur “Le fascisme tue !

  1. Mais le pire, c’est que maintenant, on veut nous faire croire que c’est de sa faute. Vous savez, avec cet argument qu’on oppose souvent aux victimes : « Non mais pourquoi Il les a provoqués d’abord ? (T’as vu comment il était habillé ?…) »

    On n’a pas fini de pleurer, je crois.

  2. Pingback: Quand est-ce que tout ça a basculé ? | L'Art et La Manière

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