Les Femen jouent le jeu du patriarcat ?

Je sais pas pour vous, mais moi ça fait un moment que cette réflexion me trotte dans la tête. Non qu’elle soit particulièrement importante, mais je préfère écrire un article maintenant que Civitas et autres intégristes homophobes vont la mettre en veilleuse pendant un moment. Quelles que soient mes critiques sur les Femen, elles me trouveront toujours de leur côté contre ce genre de fascistes.

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Histoire que tout le monde soit détendu sur sa chaise, je précise d’abord mon intention. Je ne suis pas dans une campagne « anti-Femen », ces femmes se battent pour des valeurs que je partage. Simplement, leur militantisme me laisse perplexe. Il me fait même un peu peur en fait : au niveau de l’image qu’il renvoie, des conséquences qu’il peut avoir, et de ce qu’il nous dit de la société patriarcale.

Le nu essentialiste

Bon, ce qui caractérise les Femen, c’est qu’elles manifestent seins-nus. Mettons les choses au clair, j’ai vu quelques paires de seins dans ma vie donc je ce n’est pas ma morale judéo-chrétienne qui est choquée par l’apparition de ces mamelons. Je ne suis pas non plus opposé à leur non-mixité, je sais à quel point cet aspect peut être important dans le combat féministe.

Non, ce qui me chagrine plus, c’est la revendication de féminité, qui est clairement une construction patriarcale et l’essentialisme que revendiquent les Femen dans leurs actions. « Nous reconstruisons une image nationale de la féminité, de la maternité et de la beauté » disent-elles. J’ai du mal à saisir qu’on reconstruise une image de la beauté ou de la féminité en étant nue. Ce qui serait une reconstruction féministe de ces deux éléments devrait, d’après moi, prendre un autre biais que celui du corps, justement en opposition avec ce que matraque la culture dominante. Quand à la maternité, l’associer au naturel (le corps) alors que c’est une construction sociale qui sert à justifier la domination masculine, c’est encore un aspect où je bloque.

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Les divergences ne sont donc pas anodines mais ne justifierai pas non plus qu’on ne se batte pas ensemble pour nos revendications communes : l’abolition de la prostitution, les violences faites aux femmes, l’égalité salariale,… Mais.

La nudité est politique

Mais voilà, la nudité, c’est aussi un message politique, et d’autant plus pour les Femen qui en font l’axe majeur de leur apparition publique. Aussi courageuses soient-elles, à leur manière, les Femen ne font parler d’elles que parce qu’elles sont seins-nus. Ça les mecs ça aime bien, ça joue pile dans le code patriarcal qu’ils ont construit. Car aujourd’hui, les femmes sont constamment réduites à leur physique. On demande à une princesse d’être belle et enfermée dans une tour, au prince d’être courageux et d’affronter le dragon pour la sauver. On associe la réussite d’une femme à ses attraits physiques, voire à l’usage qu’elle en fait en promotion canapé, ce qu’on ne fait clairement pas avec les hommes. La beauté d’une femme est un marqueur social non seulement pour elle, mais aussi pour son compagnon. Bref, la société, dans sa globalité dit aux femmes qu’elles doivent surtout être un physique…Se mettre nue pour exister, c’est donner raison à cette culture. C’est dire « soit, il faut que je sois à poil pour qu’on parle de moi, alors je me mets à poil ». Ça sent quand même la défaite idéologique. C’est comme si on mettait une femme nue sur une pub pour vendre un magasine féministe.vfE7hBcPYu

Par ailleurs, notre société, dans sa réduction constante des femmes à leur physique, instrumentalise les femmes pour le plaisir des hommes. Plus clairement, il y a une pornographication du corps des femmes, et en permanence. Une femme nue pour vendre des flageolets, des soutien gorges, une voiture ou une salle de sport à Toulouse. S’il y a quelques dizaines d’années, la mode était encore à cacher le corps des femmes en France, à l’immobiliser dans la sphère privée pour que les hommes en gardent le contrôle, aujourd’hui, le code n’est plus le même. La culture patriarcale n’a plus peur de l’exhiber. Il n’y a donc rien de subversif à se mettre seins-nus dans la rue. De même, en Ukraine, ou les codes sont différents, et dans le cadre de la lutte contre la prostitution, cette action prend un sens totalement différent. En somme, se mettre nue, ça ne veut pas dire la même chose selon le contexte… Je n’adhère pas à l’idée selon laquelle se serait une réappropriation du corps pour la lutte, cela ne justifie pas la nudité, mais c’est plutôt le sens des actions de masse comme One Billion Raising aujourd’hui !

La société spectacle

Autre aspect gênant mais qui n’est pas totalement du fait de ces militantes, c’est la spectacularisation de l’action politique à laquelle participe les Femen. Ce n’est pas le fait de faire des actions médiatiques qui est répréhensible, moi même j’en fait. Non, ce qui est plus grave c’est la réduction du militantisme à ce type d’action et qui ne date pas d’hier.

Inna, qui dirige les Femen en France dit de manière un peu méprisante « Nous avons voulu montrer que les féministes ne sont pas que des vieilles femmes cachées derrière leurs bouquins ». Je ne partage pas nécessairement cette représentation, mais je veux bien croire que certaines oui. Cela dit, je ne suis pas sur qu’Inna se rend bien compte de tout ce qu’apporte ce féminisme un peu plus traditionnel en France. Ce sont des milliers de femmes qui font de la prévention ou de l’aide directe à des femmes dans des situations difficiles. C’est le MLF à qui on doit la plupart des droits fondamentaux aujourd’hui, c’est le planning familial qui aide à sortir de la merde des dizaines de milliers de femmes et qui fait un travail formidable d’éducation populaire contre le sexisme. Je trouve insultant de réduire ce travail extraordinaire à « des vieilles femmes cachées derrière leurs bouquins ».

Les-huit-membres-du-mouvement-feministe-Femen-ont-celebre-seins-nus-dans-la-nef-le-depart-du-pape_scalewidth_961Ce féminisme traditionnel a fait et fait toujours avancer la cause des femmes en France et dans le monde entier. Je voudrais bien connaître une chose qu’ont permis d’obtenir les Femen en France. On ne peut pas attribuer cette caractéristique qu’à la jeunesse du mouvement, c’est le mode d’action unique qui ne me paraît simplement pas efficace à ce niveau. L’action spectaculaire peut accompagner un grand mouvement de revendications concrètes, mais peut-il se suffire à lui même ? Cela mène à une confusion politique importante où la revendication devient le mode d’action en lui même. L’action à Notre-Dame pour fêter la démission du pape le montre bien. Personnellement, j’en ai rien à foutre de cette démission, ce sont les structures de l’Église que je vomis et que je combat avec la laïcité.

Autre exemple, l’action « à poil plutôt qu’en Burka » où les femen sont venues au Trocadero en Burka pour les enlever en place publique. L’action interpelle, mais elle est culpabilisatrice. Les Femen cherchent uniquement à s’adresser aux médias sans prendre en compte que le message, auprès des femmes concernées est culpabilisateur. Il pointe unephto-du-jour-societe-25-10 responsabilité individuelle alors que c’est le phénomène de société qui est en cause. Je préfère des « vieilles femmes cachées derrières leurs bouquins » qui luttent dans les quartiers concernés plutôt que sous les projecteurs sur une place où le voile intégral est clairement absent.

Mais ce reproche, au fond, peut aussi se faire pour bon nombre de militants, toutes causes confondues, qui n’agissent plus que de cette manière. Globalement, la culture dominante détricote les réseaux de solidarité au profit d’un militantisme uniquement tourné vers les médias qui en représentent un miroir déformant.

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Voilà de manière globale pourquoi j’ai un souci avec ce mouvement. Cela n’empêche pas mon soutien contre les violences des fascistes lors des manifs de Civitas, mais je m’inquiète beaucoup de la tournure que prennent les choses et de l’éloignement, par un souci iconoclaste (qui en réalité est très conformiste), du militantisme plus traditionnel (si je puis dire). Alors « Est-ce que les Femen jouent le jeu du patriarcat ? » Pas vraiment, ce qui ne m’empêche pas de ne pas adhérer à ce qu’elles font et de me méfier des conséquences.

Du reste, entre la sortie sur les « mentalités arabes » qui révèle un certain racisme et l’affaire du financement du mouvement qui alimente son côté publicitaire, j’ai de plus en plus de doutes sur les intentions et les idées de ces femmes. À suivre ?

 Romain JAMMES

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19 réflexions sur “Les Femen jouent le jeu du patriarcat ?

  1. Je suis tout à fait d’accord avec ton analyse.

    Cela étant dit, à mon avis le principal défaut de cette organisation c’est qu’elle prône un activisme sans bases idéologiques. Quand elles critiquent les « vieilles femmes cachées derrières leurs bouquins », il me semble qu’elles disent quasiment qu’elles n’ont pas besoin de ces bouquins. Et en lisant tes critiques on est tenté de se dire que si elles se fourvoient dans leur mode d’action c’est justement parce qu’elles n’ont pas ces références intellectuelles. Elles me font penser à ces gens qui voudraient révolutionner les institutions, le système politique, sans s’appuyer sur aucune idéologie, doctrine… en partant de rien. Ces gens qui pensent qu’il peuvent réinventer en 15 minutes sous leur douche ce que des milliers de femmes et d’hommes théorisent depuis des siècles.

    Je leur fait peut être un mauvais procès, mais après un tour sur leur site pour tenter de trouver des réponses, j’avoue que je suis encore plus perplexe : 15 lignes pour expliquer leur idéologie ! http://femen.org/en/about Qui plus est, le texte est atterrant. « FEMEN – is the ability to feel the problems of the world » en gros, on se fonde uniquement sur notre ressenti et pas du tout sur une analyse. « FEMEN – is a hot boobs, a cool head and clean hands. » ????

    Et puis le fonctionnement de l’organisation m’a l’air plus qu’obscur. Déjà, adhérer à une organisation qui ne donne aucune info sur elle-même si ce n’est quelques images et slogans chocs, c’est une démarche étrange. Et ce côté militaire me semble bien pratique pour légitimer un défaut complet de démocratie interne.

  2. Bonjour,
    Je vous ai découvert via twitter et je voudrais vous féliciter pour la qualité de vos articles concernant le féminisme (sous toutes ses formes). J’apprécie vos analyses pleines de finesse et toujours très intéressantes. Je me retrouve beaucoup dans vos paroles, même si je n’aurais pas su m’exprimer avec autant de clarté.
    Merci !

  3. Pingback: Les Femen jouent le jeu du patriarcat ? « Mes coups de coeur

  4. En effet,il y a de quoi avoir quelques problème avec les femens.
    D une part ,je les trouve complètement éparpillées.
    Pire que ça même,je trouve que leur mode opératoire à plus à voir avec une suite de séquences choc qu avec un discours politiquement construit. L impression que leur pensée se résume à des slogans aussi lapidaires que superficiels. Une démarche presque publicitaire.
    Ça rejoint une deuxième critique. Le rapport à l image et aux médias.
    De jolies filles qui ont compris que pour qu’on parle d elles il y a des codes à respecter et quand tu es une femme il s’agit avant tout d être baisable .
    En effet c’ est tout ce qu’on te demande,la seule façon d’attirer l attention puisque tu es constamment ramenée à ton cul quoique tu fasses et quoique que tu racontes.
    Voilà donc qu’elles se trimbalent jeunes et minces,et donc parfaitement conformes pour la majorité d entre elles aux diktats de la bonitude exigée, dénudées, qu’elles adoptent parfois une imagerie de porno star ,posent photoshopées en couverture des inrocks…
    Pour moi accepter de jouer là dessus ce n est certainement pas de la provoc, c est du cirque , de la soumission,de la résignation.
    Ca me tue que des femmes se réclamant du féminisme se laissent enfermer là dedans .
    Je veux bien qu on ne soient pas toutes féministes de la même façon ,qu on ne pense pas toutes la même chose de tout mais quand même je ne sais pas…il y a depuis quelques temps des discours féministes ultra médiatisés qui me semblent être des non-sens.Alors quand j entends que les femens sont les nouvelles féministes radicales …radicales alors qu elles s adaptent à merveille à l ordre établi,je me dis qu’il pue l’arnaque ce mouvement.
    C’ est sans compter les 3 déclarations merdiques de la leader qui a effectivement coeur de démontrer, » que les féministes ne sont pas que des vieilles femmes cachées derrière leurs bouquins ».
    Dans le genre je reprends à mon compte les clichés anti féministes tout en m’y pensant engagée ,elle se pose là.Il est finalement sans doute mieux qu elle cache la vacuité de sa pensée derrière les lumières de pubs dignes de Benetton niveau pertinence politique.
    Elles disent se servir des médias (quelle prétention…) mais ce sont les médias qui se servent d’elles je crois,elles disent se réapproprier leurs corps,l utiliser comme une arme mais elles le vendent aux charognards,en font un produit très politiquement correct.
    On parle d elles ok,bcp,(bcp trop pour que ce soit honnête même, mode parano on), il faut être bien naif pour songer que ça suffit à entendre leurs messages .J approuve l objet de certaines de leurs actions mais leur façon de faire me laisse plus que perplexe,méfiante.
    J’ai l impression qu’elles offrent aux médias la joie de pouvoir transformer le féminisme en produit marketing et la lutte en spectacle pour consommateurs. A quand des tee shirts de marques branchées et des canettes de soda à l effigie d’ Inna et Eloise ? On vend de la révolution comme des I.pod,on marketise la contestation et par là même on les annihile. RIP.

  5. Ce n’est pas en se transformant en objet sexuel qu’une femme peut s’émanciper du patriarcat. Qu’elles continuent à militer de cette façon et, dans 40 ou 50 ans, là elles feront peut-être des actions féministes. Nues, maigres aux os pointues ou toutes rondes avec des bourrelets graisseux, édentées si elles ne peuvent pas s’offrir un appareil, les seins secs ou lourds tombant sur le ventre, là elles montreront qu’elles seront toujours des femmes, qu’elles auront le droit d’exister en tant que telles.Ce sera alors une action subversive en opposition à l’image de la femme « créée pour le plaisir de l’homme ». Si leur action a un sens, c’est celui du refus de la morale dont les femmes sont davantage les victimes que les hommes. Cela me rappelle la manifestation des femmes aux seins nus qui étaient allées animer une réunion du député-maire de Tours, M. Royer, super « père-la-morale catho ».
    Qu’est-ce que la nudité ? Nos très lointains ancêtres s’en moquaient, sur d’autres continents il doit bien exister encore des humains, comme nous, qui n’ont pas été déformés par une civilisation monothéiste et n’éprouvent pas le besoin de cacher leur corps en pleine chaleur. Dans les camps de naturistes (avant « nudistes »), hommes et femmes se côtoient sans être hantés par le corps de l’autre et l’envie de relations sexuelles. Je me demande si ce ne sont pas les vêtements qui ont détruit cette vie sociale toute simple. Je me souviens de mon père, né en 1900, qui m’a raconté qu’il était plus émoustillé par une cheville découverte par hasard par le mouvement des longues jupes de ces dames que par les mini-jupes plus tard, « On imaginait le reste. »m’a-t-il expliqué. La nudité me semble naturelle, le vêtement devrait permettre de s’abriter du froid ou du soleil brûlant et, s’il est devenu autre chose, c’est la conséquence des morales religieuses hypocrites. Quant aux canons de la beauté, ils ont tellement changé au cours des siècles ! Alors, femme-nudité-beauté, c’est un triptyque qui me paraît refléter les pires expressions du machisme et du patriarcat réunis.
    Pour finir le tableau, elles devraient prendre une casserole et un poupon dans les bras.
    Ceci dit, je trouve inadmissible qu’elles aient été traitées ainsi par les intégristes.

  6. Bonjour, je me permets de commenter votre texte…. En premier je me présente, je suis de gauche, chrétien, catho non pratiquant, militant écolo chez greenpeace pendant 10 ans….
    Je pense qu’elles devraient venir faire un petit stage chez greenpeace, elle eapprendraient que l’insulte et le crachat ne sont pas des arguments, ou, au pire désservent complètement leur cause.
    Je m’explique : aller à Notre-Dame de Paris, symbole, s’il en est, de la cohésion de notre pays, car au delà du lieu religieux, c’est le lieu des grands rassemblements, 1945, cérémonies pour de gaulle ou mitterand, etc…. c’est déjà risqué. Se mettre à poil dans ce lieu passe plus pour une provocation gratuite que pour un acte militant. En plus, débarquer à Notre-Dame avec ‘Fuck the Pope’ écrit sur le ventre, c’est de la débilité à l’état pur.
    Mais enfin, que dirait-on si des militants de greenpeace débarquaient dans une agence edf ou à un péage d’autoroute tenu par Vinci, et commencent à insulter les gens et à leur cracher dessus ?
    Sérieusement il faut qu’elles se calment…… La liberté d’expression est une chose mais là ça dessert complètement.
    Je connais quelques féministes de terrain, qui se battent dans des structures associatives au quotidien, dans les écoles ou entreprises, elles ont les cheveux qui se hérissent sur la tête en voyant les Femen….
    Bon, en tant qu’image sexuelle, c’est sûr par contre qu’elles attirent les machos, j’en connais un qui m’a demandé si elles allaient faire un calendrier pour accrocher dans sa camionnette !
    La société du spectacle, des agressions faciles, on montre ses nibards et on croit révolutionner l’univers. Ca passera en boucle sur les smartphones fabriqués par des gosses en Asie, et on regardera ça en pensant à la prochaine traite cofidis-cetelem, assis devant un mac do…..
    Dérisoire.

  7. Pourquoi les soutenez-vous quand elles s’attaquent aux chrétiens et les accusez de racisme lorsqu’elle s’attaquent aux visions musulmanes de la femme ?
    (C’est bien cela qu’elles critiquent quand elles parlent de mentalité arabe.)
    Parce que vous êtes christianophobe.

    Juste pour rire, donnez-moi l’exemple d’une seule vision de la femme « rétrograde » chrétienne qui n’est pas partagée par l’Islam.

    Et arrêtez avec le mot « fasciste ». Vous ne connaissez ni le sens ni la portée de ce mot, ce qui vous rend détestable et absolument pas crédible.

  8. Traiter des nostalgiques de Vichy de fascistes, voilà qui me paraît en effet franchement excessif…

    Par ailleurs, s’attaquer au pape ne relève pas exactement de la même logique que le fait de prendre à partie les femmes portant une burka. Dans un cas elles estiment s’attaquer à l’oppresseur, et de l’autre elles s’en prennent à celles qu’elles considèrent comme oppressées. Quant au terme « racisme » il n’est pas employé au sujet d’une critique de la religion musulmane mais d’une mise en cause d’une prétendue « mentalité arabe ». Que diriez-vous si on dénonçait la « mentalité blanche » ?

    Et sur la « christianophobie » de l’auteur, je conseillerais cette lecture : http://www.crepegeorgette.com/2012/04/13/je-ne-peux-plus-etre-islamophobe/

    • Nostalgiques de Vichy ? Vraiment ? Voulez-vous vraiment vous approprier ce raccourci odieux ? Avez-vous jamais eu affaire à un chrétien ? Vous a-t’il fait un discours élogieux sur nos valeurs pétainistes tombées dans l’oubli ?

      Ne voulez-vous pas faire preuve de bonne foi et reconnaître qu’un blog qui inclut une vingtaine de fois l’occurrence « fasciste » dans ses articles (l’un concernant des journalistes) ne fait pas preuve d’exagération ?

      Partant de votre postulat, les socialistes sont nostalgiques du goulag et la droite des chambres à gaz. Mélanger tous les concepts et faire des amalgames ne sert vraiment pas votre cause. Vraiment pas.

      En ce qui concerne les Femen, ce que j’explique juste au dessus, c’est que justement, elles font un amalgame entre l’Islam et les arabes.

      Quant à votre lecture, elle explique que les athéistes acharnés qui veulent imposer leurs vue aux croyants sont fatigués de l’islamophobie ambiante et ne veulent pas être associés à cette vision raciste. Ils se rabattent donc sur la religion catholique. Magnifique exemple d’une idéologie à géométrie variable qui suit des effets de « mode ».

      Mais alors, expliquez-moi une chose.
      En quoi des « athées convaincus, acharnés, bouffeurs de croyants » sont différents d’islamophobes ? Ne partagez-vous pas l’opinion – avec les racistes de tout poil – que ces croyances sont rétrogrades et devraient être éradiquées ?

  9. « Il n’y a donc rien de subversif à se mettre seins-nus dans la rue »

    Ça dépend… Tout dépend de comment on se met nu.
    Avec les Fremen il est clair que de jeunes filles blanches et sveltes avec des petits seins n’ont pas grand chose de subversif. Ça correspond pile poil aux normes esthétiques féminines valorisées. On sent plus là la construction d’une sorte d’image de marque des Fremen, destinée à ce que les médias les identifient et fassent parler d’eux.

    Au sujet du lien entre nudité et subversion, l’analyse de Guillon me semble assez pertinente :
    http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=377&var_recherche=nudit%E9

  10. @Kervalé Votre colère vous empêche de lire correctement. Ni moi ni l’auteur ne traitons tous les chrétiens de fascistes. Nous parlons de Civitas (intrinsèquement liée à la confraternité St Pie X qui célèbre des messes à la mémoire de Pétain…) et des intégristes.

  11. Ce qui me chagrine dans ton article, c’est qu’on sent bien que tu as fait des recherches, que tu as fait cet effort mais tu passes totalement à côté. Et ça me désole car d’ordinaire, j’aime ta plume et ton analyse.

    Premièrement, Femen est un mouvement ukrainien, né dans un pays où le féminisme n’existe pas. Elles ne sont en France que depuis septembre 2012. Il convient de s’attarder sur les débuts du mouvement et le contexte pour comprendre leur communication et leurs combats.
    Or avec ton regard franco-français, tu vois et analyse la réalité à travers TON prisme au lieu de recontextualiser leurs propos et leurs méthodes.Tu n’es pas le seul à le faire, cette erreur se retrouve dans les nombreux articles féministes consacrés au mouvement et j’avoue que cela commence à m’agacer un peu.

    Deuxièmement, le mouvement existe en France depuis 2012 et dans toutes les interviews données jusqu’alors, je n’ai jamais entendu aucun des membres défendre un féminisme essentialiste. Bien au contraire, les études de genre et le matérialiste reviennent régulièrement au sein de leurs interventions. Les françaises connaissent bien leur histoire, l’histoire du féminisme et s’en réclament. Antoinette Fouque, fondatrice du MLF, a d’ailleurs déclaré dans une interview qu’elles les considéraient comme leurs petites filles en quelques sorte.

    Leur page facebook, Femen France, présente des textes, des communiqués, des explications, relaient également des actualités et soutient des projets (one billion rising par exemple)

    Dès qu’il s’agit de Femen, vous semblez tous perdre vos capacités de raisonnement, de distance et d’analyses. Cela me désole car pour suivre le mouvement depuis son arrivée en France, je constate le travail formidable des activistes françaises, leur intelligence, leur espièglerie, leur finesse. Et à l’inverse, rares sont les féministes qui ont cherché à les joindre, à converser avec elles. Je trouve donc ton analyse superficielle et involontairement malhonnête. Ces filles ont une belle énergie, elles abattent un travail colossal, elles sont sur des questions hyper importantes où d’ordinaires on n’entend ni les femmes ni les féministes: l’économie, la religion par exemple. Le discours d’Inna a également beaucoup évolué ces derniers mois.

    Garde à l’esprit que ce que tu analyses avec ton regard franco-français vient d’une autre culture. Et recontextualise les propos des françaises et des ukraniennes.

  12. Pingback: 8 mars, Journée Internationale des Femmes + Mindalicious

  13. Absolument pas d’accord avec cet article. Elles se réapproprient leurs corps, elles ne laissent pas le patriarcat etre le seul détenteur de la nudité féminine. Leur combat n’est absolument pas soumis à la société patriarcale, et en France se mettre nue c’est aussi symbolique, puisque comme tu le disais toi meme, la nudité comme soumission de la femme est présente partout (pubs..), d’où l’intérêt de se réapproprier cette nudité.

    Par ailleurs, il est faux de dire comme je l’ai lu dans les commentaires que les femen sont toutes jeunes et jolies…faut aller un peu plus loin que ce que les medias veulent nous montrer, regarder les photos sur internet, y a des grosses, des maigres, des vieilles, des jeunes, des petites, des grandes..

    Completement d’accord avec Anne!

    • « en France se mettre nue c’est aussi symbolique »

      La nudité est politique, on est d’accord. Mais justement : qu’y a t-il de subversif à se mettre nue si cette nudité n’est là que pour agir comme une image de marque destinée à attirer les médias ? Si c’est pour toujours mettre en avant des jeunes et jolies femmes aux petits seins ?

       » il est faux de dire comme je l’ai lu dans les commentaires que les femen sont toutes jeunes et jolies »
      C’est vrai. Il n’y a pas que des femmes jeunes et jolies. Lors de leur apparition au Trocadeto par exemple on a pu apercevoir des femmes plus âgées et plus enrobées. mais avouez que c’est rare !
      Pour ma part il me semble quand même que les Femen ont sacrément tendance à confondre militantisme et mannequinat ! Quand elles posent pour les Inrockuptibles, ou dans la revue de mode Obsession, ce ne sont pas ces femmes enrobées et âgées qui sont mises en avant. En vérité ces femmes-là on ne les voit jamais, à moins de vraiment suivre toutes les actions du mouvement.
      Malgré elles sans doute, mais les Femen participent à cette violence normative qui s’exercent contre toutes les femmes qui ne correspondent pas physiquement au standadt.

  14. Quand j’ai découvert les « femen », je fus perplexe devant non pas leur nudité mais leur démarche d’avant-garde « esthétique » prétendant parler pour les « laiderons » qui se taisent. L’on m’a rétorqué que cela combattait le préjugé machiste de la féministe parce qu’imbaisable (poétique non ?). Soit, j’ai mis un bémol au soupçon jusqu’à ce que je retrouve cet argument phallocrate chez ces belles ukrainiennes contre les vilaines féministes françaises. Ma méfiance est repartie à la hausse mais je dois être susceptible.

    Non pas que nos représentants ou organisations féministes ne soient pas critiquables que se soit par l’hermétisme de pensée ou de communication de certaines ou l’absence d’intérêt porté hors de leur classe sociale d’autres et qui peut conduire à la dérive droitière. Sans compter le manque de considération des personnes en souffrance que l’on retrouve parfois jusque dans des plannings familiaux. Bref, il y a matière à pointer constructivement les failles parfois structurelles. Mais cette entité dénudée réussi le tour de force de se borner à la posture arrogante du dogmatique.

    Leur non-mixité, à laquelle j’admets n’avoir jamais souscrit, m’est ici encore plus souci car l’entité s’active essentiellement par le dévoilage des corps, et renforce ainsi le déséquilibre d’affichage des sexes. Dans une société où la visibilité de la chair serait prescrite femmes comme hommes auraient à contester ce joug et même un Polnareff a, en son temps, fait scandale en montrant ses fesses. Si ce tabou n’est chez nous à ce jour absolument pas réglé, il a pris une forme plus tortueuse. Il convient alors de réfléchir aussi à la pertinence du procédé, qui n’est pas à exclure en soi, pour ne pas tomber dans l’expression pornographique. Deux embarras que n’ont pas les « femen ».

    Elles revendiquent la spectacularisation qui à mon sens leur est volontaire et originelle. Elles ne se contentent pas de se soumettre aux appétits sensationnalistes des médias mais en sont source. C’est la carte de visite et le cœur de formation de ces activistes qui entendent ainsi changer « l’image nationale ».

    Cette idée martelée m’inquiète. Déjà on ne réduit pas la lutte féministe à l’apparence proportionnée d’une couverture de playboy. Lorsqu’une association « militante » recrute sur les mêmes critères qu’une agence de mannequinat, il y a comme un souci. Si en sus elle se revendique féministe, on est carrément dans le suspect. Puis au nom de quoi des ukrainiennes pourrait traiter de la culture en France si ce n’est de l’universalisme ? Notion qui justifie mon ingérence dans la situation des femmes maliennes, des enfants étasuniens ou des hommes timorais qui hors de ça ne me sont rien. S’appuyer ici sur le nationalisme me fait virer au brun.

    Leur prétendu radicalité face aux religieux ne m’effraie pas quand je sais la violence des clergés abrahamiques comme de leurs relais politiques, médiatiques et policiers qui eux ne se limitent pas aux symboles. L’activisme haineux et quotidien de la droite chrétienne, des formations panislamistes ou wahhabites comme de l’orthodoxie judaïque entend une réponse qui ne se limite pas aux échanges raisonnés des commissions législatives. Notamment dans les pays slaves où les églises vaticane et orthodoxe, alliées aux nationalismes locaux, s’avèrent la force de frappe d’un capitalisme carnassier. Car cléricaux, misogynes et xénophobes sont à combattre pas seulement du fait de leurs exactions mais aussi et surtout parce qu’ils sont le paravent d’un système général d’oppression de dominants artificiels sur une majorité d’individus dépossédés.

    Or je n’ai pas senti cette compréhension dans leur réflexion et cela contribue peut être aussi à brouiller et réduire leur message, y compris en Ukraine. Sans oublier qui si tout cela dérive vers la discrimination d’une ethnie réelle ou d’une supposée race, il devient malaisé de soutenir un groupe qui alors, et comme tant d’autres auparavant, trahirait la cause des luttes émancipatrices.

    Donc je ne nie pas leur droit d’user de leur corps comme biais de lutte ni leur courage ni la difficulté de rendre visible les thèmes féministes et laïques qu’elles reprennent et sont importants en ces temps de remontée conservatrice. Mon questionnement repose plutôt sur le fait de savoir si l’organisation est elle-même féministe et laïque. Tant que je n’en serais pas convaincu, je ne pourrais m’y retrouver.

    Ce qui doit peu leur chaut puisque je suis un homme…

  15. Les Femen, raciste, encore un refrain bien pensant, au moins elles ont un mérite, secouer les féministes de salon et déranger la bienséance en place dans le milieu, au moins elles défendront universellement la cause des femmes, et montrent qu’elles sont capables de se battre pour défendre leurs droits. Pendant que les unes blablattent ou se donne bonne conscience, les autres agissent…

    • Mouais… Drôle de vision de l’universel que celle qui exclut toutes les femmes qui ne sont pas athées (ce qui, sur la planète, fait un bon gros nombre) sous prétexte que religion=asservissement.

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