Harlem Désir a séché ses cours d’histoire : résultat ?

Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que la France, c’est un putain de pays. Je suis fier de la nation qui a vu naître Jaurès, des valeurs universelles dont elle a été le berceau, de son identité philosophique si particulière… Mais bon, y a des trucs, forcément, on en est moins fiers : la colonisation, la collaboration, Gérard Depardieu, tout ça tout ça quoi…

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Mais l’idée c’est quand même qu’on reconnaisse le bon et le mauvais. C’est un peu à ça que sert l’histoire, puis ça évite de sortir des âneries comme l’a fait Harlem Desir. Ce serait un mec lambda, on lui serait pas tombé dessus comme ça, mais bon, c’est quand même le premier secrétaire du PS. On s’attend pas tout à fait à ce qu’il sorte des refrains négationnistes de son chapeau en pleine émission de Mot Croisés pour justifier l’intervention au Mali : « Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu l’être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames et des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France, qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants ».

Plait-il ?

On avouera que niveau solidarité, on a fait mieux qu’avec les espagnols. L’aide pendant la guerre de 36 a été environ néante. Environ hein, on a bien du filer un coup de main aux agresseurs. Par notre silence déjà, puis un peu à la manière du mec qui met vaillamment le pied en avant pour faire tomber celui qui fuit son agresseur. La France, c’est l’antithèse de Brassens avec le voleur de pomme.533619_812929795512176_1446782717_n

Comme c’était la merde, et qu’avec le Codillo Franco et sa dictature militaire, ça n’allait pas bien mieux, y a quand même un certain nombre d’espagnols qui ont fui, notamment des réfugiés politiques. Le cœur sur la main, la France les a parqués dans des camps de concentration. Bravo l’artiste ! Seul le peuple, notamment au Sud-Ouest, a, lui, fait preuve de solidarité contre les autorités (je vous invite à regarder qui était au pouvoir).

Bien sur, une fois la guerre fini, les autorités françaises ont été plus que complaisantes avec Franco. Elles collaboraient même dans la recherche des réfugiés qui organisaient la résistance à l’intérieur (en Espagne). Franco sur le point de mourir, c’est toujours la France qui a aidé à ce que la « transition démocratique » passant par le Roi s’impose de sorte que les résistants ne puissent construire, avec l’élan populaire, un régime eux même.

Ah quelle histoire ! La droite, elle, est assez coutumière de l’oubli collectif. En général, à gauche, on est plus respectueux. La sortie de Harlem montre simplement l’état de nécrose intellectuelle du PS. Je n’en rajoute pas, je laisse mon camarade Jean Estivil finir (texte pris sur le site du PG).

Romain JAMMES

« Un scandale nommé Désir » Jean Estivil

Le communiqué du Président Henri Farreny de l’ Amicale des Anciens Guerilleros Espagnols en France (FFI) dont je fais partie dit l’indignation qu’ont provoquée les propos du premier secrétaire du parti socialiste à propos de l’accueil que reçurent sur notre territoire les 400 000 républicains espagnols en 1939. Je ne voudrais pas que mon article soit un billet d’humeur, il en a pourtant bien des aspects. Comment pourrait- il en être autrement ? Mon père était un de ces républicains espagnols, il a été parqué dans le camp de concentration d’Agde puis non reconnu par Pétain alors qu’il avait été arrêté avec l’armée française, le 18 juin 1940 ; il fut, comme dix mille autres, envoyé dans un camps de la mort, à Mauthausen. Il avait été reçu comme un bandit, surveillé par des tirailleurs sénégalais qui ne comprenaient pas à qui ils avaient affaire, il reçut une pelle pour faire un trou et une toile pour se construire un abri sur la plage. Imprévoyance d’un pouvoir qui avait trahi la République espagnole ? Non, revanche de ceux qui avaient fait « le choix de la défaite » (lire le livre d’Annie Lacroix-Ritz) et qui comptaient bien régler leur compte définitivement à ces rouges républicains qui, plus que leur mauvaise conscience, étaient leurs ennemis. La moindre tentative de fuir l’enfer de ces camps de concentration, c’était comme première punition d’être enterré toute la nuit jusqu’au cou dans le sable : nous étions en hiver, l’issue était fatale.

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Billet d’humeur donc aussi, car socialiste, et au Parti de Gauche, il m’est insupportable d’assister à un tel dévoiement de la droiture que doit s’imposer celui qui a choisi la pensée et l’action de Jaurès, qui plus est, quand on est le premier d’un parti qui continue de s’en réclamer et ce, à des fins tristement politiciennes. Car ces propos ne relèvent pas de l’inculture ou seulement en partie, mais d’une politique cyniquement mise en œuvre et dont on a pensé en haut lieu, il y a quelques mois, que Désir avait le profil idéal pour la porter. Celle du consensus dont a besoin un gouvernement qui s’est lancé dans un acte de guerre hasardeux au Mali, et qui, après avoir donné mille gages au Medef, a besoin de rallier la classe politique de droite dans la perspective d’une union sacrée sans laquelle il ne pourra imposer la politique de la Troïka.. Alors il faut éloigner l’image d’une France qui se comporta d’une manière odieuse et criminelle avec ces centaines de milliers de pauvres qui avaient tout perdu et dont pourtant des milliers allaient participer aux combats de la résistance. Une partie de la droite se complet à répandre l’idée que la France, fille aînée de l’Eglise depuis Clovis, n’a jamais rien eu à se reprocher ? Qu’à cela ne tienne, Désir se charge, toute honte bue, de lui tenir des propos qui lui sont doux. Cahuzac lui-même n’a-t-il pas apporté sa pierre à ce consensus, allant jusqu’à affirmer que « la lutte des classes n’existait pas », prenant pour le coup tout le monde pour des imbéciles, avec son arrogance coutumière. Imbécile que l’agrégé de Lettres Bayrou a refusé d’être. Faut- il en effet pour s’attirer la sympathie des parties de droite considérer qu’ils sont constitués de demeurés ? Cahuzac l’a cru, Désir le croit.

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Mais trop, c’est trop, Désir devra s’expliquer. Et qu’on nous comprenne bien, pour nous, les peuples n’ont rien à se reprocher. Ils ne sont pas responsables des crimes que des gouvernements ont commis en leur nom. Les générations actuelles n’ont pas à subir l’opprobre des camps de concentrations où l’on enferma par la suite les Juifs et les résistants. La repentance, on l’aura compris, nous est étrangère. Mais les peuples, la jeunesse, ont le droit à la vérité, et lorsque, comme c’est le cas ici, plus de 20 000 livres ont été écrits sur la guerre d’Espagne et des centaines sur les camps français de la honte de ceux qui préféraient Franco, Hitler et Pétain au peuple français et au Front Populaire, ils ont le droit de s’insurger devant ce « négationnisme » politicien de Désir.

Jean-Pierre Bel avait conclu son discours d’investiture à la Présidence du Sénat en citant Machado. Machado est mort peu de temps après son arrivée en France de maladie mais surtout de l’accueil qu’on lui fit. Mais Désir connaît-il Machado ? On peut retrouver une très complète bibliographie dans le livre de Geneviève Dreyfus-Armand, « L’exil des républicains espagnols en France ». Le roman historique de Juan Manuel Florensa, « Les mille et un jours des Cuevas », apporte par ses qualités littéraires un réalisme poignant à la vie dans ces camps et à ce que fut la « retirada ».

Et enfin le livre de témoignage de Véronique Olivares, « Mémoires espagnoles, l’espoir des humbles », chez Tirésias. Et qui m’écrit : « c’est de l’indigence culturelle lamentable !!! Pauvres de nous face à ceux qui nous gouvernent ».

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5 réflexions sur “Harlem Désir a séché ses cours d’histoire : résultat ?

  1. Bon, je n’ai pas lu le texte du PG, je m’en fous un peu. En revanche, tu dis au début : « Mais l’idée c’est quand même qu’on reconnaisse le bon et le mauvais. »

    Tu parles pas de l’histoire là quand même ? Parce que il doit y avoir quelques historiens qui ne doivent pas être d’accord avec un tel réductionnisme à mon avis…

  2. el jefe del Partido Socialista frances, Harlem Desir, no sabe o no la quiera saber la Historia de 1939, he enviado este articulo-respuesta a los diarios:
    « MOTS CROISES » ou « MORT AUX CONS » ??
    Harlem Desir est à côté de la plaque (mais qui s’étonne encore du fait que le P.S soit hors plaque?). quelle ignorance crasse ou quel déni de la vérité. NON, NON, NON, les républicains espagnols ne furent pas bien accueillis par le gouvernement français de la III eme République finissante!. Nos parents,trop rouges ou rouges et noirs, combattants de le liberté contre le franquisme, le fascisme mussolinien, le nazisme et le salazarisme, furent bien parqués entre les barbelés de camps de concentration français, les blessés laissés à l’abandon, les familles séparées de force… Je dis bien: Camp de concentration (appellation officielle de 1939). Et combien de morts? Actuellement, on n’en sait encore trop rien tant il y en eut et si peu on les considérait . Au même instant, ce même gouvernement rad-soc envoyait un ambassadeur auprès du criminel de Guerre Franco dont il venait de reconnaître le gouvernement fasciste et illégitime… un certain Pétain. EH OUI, il y avait du vichysme avant Vichy. EH OUI, les rads-socs avaient bien intégré le slogan réactionnaire « Plutôt Hitler que le Front populaire », et pratiquaient déjà! Alors, soit Harlem, 1er secrétaire du PS tout de même, est un ignare (qu’il se renseigne, plutôt que de s’écouter parler et s’aimer), soit il fait du négationnisme. Honte à lui, et Honneur a ces milliers de rojos déportés depuis la France vers Mauthausen et autres camps nazis, Honneur à ces milliers de résistants espagnols des MOI, FTP,FFI « morts pour la France »(qui les avait pourtant si mal accueillis mais qu’ils défendaient car antifascistes), Honneur à ceux de La NUEVE de la 2ème DB du général Leclerc qui entrèrent les 1ers dans PARIS en aout 1944. Sur la jeep de leur chef, Dronne, était inscrit « Morts aux cons ». La même jeep aurait pu entrer sur le plateau de télévision de « Mots croisés », elle y avait sa place! Philippe Guillèn (32) . nieto de Vicente Guillén Pardina, presidente del Comite revolucionario de Gistain/Chisten, Bolsa de Bielsa, Alto Aragon

  3. Après Véronique Olivares je ne trouve plus rien à dire, oui..indigence culturelle lamentable..
    et « pauvres de nous »….Coquilles vides qui nous dirigent….Le cri de « résistance » dans les manifs avait toute sa place et résonnait fort dans mon esprit justement en pensant à tous ceux qui ont résisté au péril de leur vie.
    Romain vous avez raison, à moi aussi la repentance est étrangère mais on doit notamment à la jeunesse le droit à la vérité, aux faits.
    Merci pour cet article !

  4. HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE:
    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

    Sur radio-alpes.net – Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) – Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone…émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

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