Et si on habitait ensemble ?

Attention les yeux, avec Flo on a décidé de parler de choses intéressantes sur ce blog. Ça va vous changer un peu peut-être, mais faut un début à tout non ? Je vais notamment vous parler d’un truc qui fait pas beaucoup de bruit. C’est pas un secret polichinelle mais un autre truc qui, à sa façon, dit « merde » au système. Un peu comme la monnaie de l’autre fois.

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Bon nous on est plutôt de gauche. Si vous êtes normalement constitués vous avez dû remarquer. Si c’est pas le cas mais que vous êtes d’accord avec nous en général vous êtes de gauche (ça se soigne). Si vous êtes de droite continuer quand même à lire, ça peut vous faire que du bien. (Puis merde on se ferait chier sans mecs/meufs de droite non?).

On est de gauche, disais-je, donc on est plutôt du genre à regretter que l’individu prime progressivement sur le collectif dans notre société. Ce n’est pas qu’on nie l’individu, mais on se dit que la société c’est tout de même beaucoup plus que la somme des individus qui la composent. Bah figurez-vous que pour le logement, c’est un peu pareil…

Habiter seul(s)

C‘est un peu pareil parce que la manière dont on se loge en général, c’est pas la maison du peuple. Je prends pas mon cas personnel pour exemple, quand j’étais en colloc’ à Corbeil-Essonnes (91) les gens rentraient chez nous comme dans un moulin, sans prévenir. Ça avait atteint un 3point qu’on se demandait combien de colloc’ on était exactement, et qu’on flippait à chaque fois que quelqu’un sonnait. On se regardait en se demandant « c’est les flics ? ».

Donc en dehors de ce type de vie un peu inhérente à notre statut d’entre-deux qu’on appelle parfois la jeunesse, les gens vivent seuls. Seuls seul, ou seuls à plusieurs. Mais leur logement est un espace privé dédié à une vie en autarcie une fois les courses hebdomadaires accomplies. Chacun a sa cuisine, son salon, sa chambre et on conviendra que c’est un peu plus confortable que de partager les toilettes avec tout le palier.

Seulement voilà, à trop pousser la logique, on en vient à une situation assez dramatique. Les français ne connaissent plus leurs voisins. Fondamentalement, les relations qu’ils peuvent avoir avec les personnes vivant à côté, en dessous, ou au dessus d’eux sont très minimales. C’est une réalité évidemment variable. Les grands habitats collectifs ont souvent des amicales de locataires et des associations de quartier. Mais les étalements urbains infinis ou les quartiers résidentiels sont à l’extrême inverse. Ou peut-être est-ce ces immeubles récents et résidentialisés dans lesquels il faut 3 codes pour frapper enfin à une porte (je parie qu’on y trouvera bientôt des caméras et des miradors).
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Bref, les relations de voisinage c’est le « bonjour » cordial quand on se croise, mais aussi les bonnes engueulades et les psychodrames à cause des soirées jusqu’à 4h du mat’, des ressorts de matelas, ou des voitures garées à la schlag. Nous on y a eu le droit aussi. Pas à Toulouse, y a tellement de bordel dans notre rue qu’on peut rien nous reprocher. Mais dans l’Essonne une voisine et venue nous engueuler en nous demandant à la fin de rien faire à sa bagnole. On a sûrement des gueules à brûler les caisses de notre quartier.

Habiter autrement ?

Du coup certains ce sont dit que c’était un peu dommage. Ils ont construit une autre forme d’habitation. Un autre rapport à ce qui est individuel et ce qui est collectif peut ainsi être construit. Ça s’appelle l’habitat participatif et il y en a de toute sorte.

C‘est par exemple l’histoire d’une vingtaine de familles qui ont décidé ensemble d’acheter un grand terrain dans les années 80. Ils y ont construit des maisons eux-mêmes, ensemble. Chacun a apporté ses compétences et le projet a noué un lien de voisinage indestructible. Une salle 4commune a aussi poussé sur une butte d’herbe à l’entrée des « Mange-Pommes ». Juste à côté, plus récemment, des bâtiments en bois s’érigent avec une rapidité étonnante. Des duplex et des appartements écologiques vont s’y trouver dans quelques mois. Les futurs-habitants s’affairent à la tâche avec un courage collectif sans égal. Là encore, un bâtiment commun à la quinzaine de foyer va contenir une pièce pour les enfants, un local de stockage et de réparation de vélos,…

Ça pourrait également être l’histoire de 2 grandes toulousaines en ville racheté par une SCOP qui louerait des appartements. L’intérieur serait aménagé de sorte que 5 ou 6 familles y cohabiteraient avec chacune leur espace de vie privée avec cuisine, salon, chambres etc… Le jardin intérieur serait un espace d’échange et de projets, un étage serait consacré à la communauté avec une cuisine, un salon, pourquoi pas un billard et une salle de projection, un lieu accueillant des évènements culturels. Mille et une choses sont imaginable pour sortir de la somme des foyers qui compose ce voisinage. Une autre manière de vivre plus ouverte sur le monde, des rencontres : entre adultes, mais aussi entre enfants et transgénérationnels.

En bref, la manière dont nous vivons est le reflet d’une société qui nous coupe les uns des autres. C’est pratique pour elle, quand le rapport au marché et à l’Etat défini l’ensemble de vos relations sociales, il n’y a plus rien qui dépasse. Quand chacun retourne chez soi, c’est la Télé la principale interlocutrice. Changer la société, c’est aussi changer nos modes de vies. Reconstruire la société, c’est refaire société au quotidien et réapprendre que mon voisin est mon semblable et non un parasite qui a des alloc’ que je n’ai pas.

 

Alors vous, qu’est-ce que vous en pensez ? Et si on vivait ensemble ?

Romain JAMMES

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4 réflexions sur “Et si on habitait ensemble ?

  1. Oui c’est une belle aventure que l’habitat partagé via l’autopromotion, par exemple pour nous.
    Trois familles de copains et leurs enfants. Et la maman de l’un d’eux, moi. Viva l’inter-générations ! Cela se passe à Strasbourg et nous venons tout juste de choisir notre archi….
    J’envoie le lien de votre blog au groupe. Quanà notre site, il n’est pas très fourni encore mais on va y bosser c’est sûr !!!

  2. « Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde », écrivait il y a déjà longtemps la CIP-IDF. Dans une société où tout « travaille à établir des séparations », il est urgent de construire des lieux, des sortes d’utopies concrètes, où on travaille à casser les dynamiques du « Moi Je », du « Chacun chez soi » pour en inventer d’autres, créer des dynamiques d’échanges et de partages.

    Squats, habitats partagés, fermes rénovées en groupe, coopérative d’habitants… les nouvelles façons d’habiter le monde seront collectives ou ne seront pas !

    Et parfois cela se fait un peu malgré les propriétaires ! Par exemple, j’habite dans un petit immeuble où, un peu par hasard, 3 colocs se sont constituées aux 3 étages. Du coup il n’y a que des jeunes dans l’immeuble, et la jonction entre ces groupes s’est faite assez vite. Plus de barrières entre étages et appartements. L’immeuble est devenu un seul lieu, une sorte de colocation géante de 15 personnes, les escaliers et les couloirs font partie intégrante du « chez nous » et les portes ne sont plus jamais fermées à clé !
    Pour accueillir des couchsurfers, pour organiser des grosses fiestas, c’est parfait ! Mais un tel lieu où on apprend à ne jamais dire « chez moi » parce que ça n’existe pas, que l’on ne vit qu’en collectif, où on dit « chez nous », un tel lieu donc favorise les projets en commun. Résultat : une asso de créée et des projets plein les poches !

  3. bonjour, question pratico pratique : comment on se connecte entre gens ayant un ideal d habitat groupé concordant ? (pas forcément sur Toulouse intramuros)

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