3 millions de chômeurs : le salariat semble à l’aube de sa disparition.

Depuis la limitation des déficits publics imposée par le traité de Maastricht, donnant aux gouvernements européens un prétexte pour mener des politiques d’austérités qui contractent nos économies, (note au lecteur : c’est là qu’il faut respirer) nous faisons face depuis des années à la baisse progressive du pouvoir d’achat et une baisse notable de la croissance dans l’ensemble des pays de la zone euro. Et pourtant nous avons fait des efforts, pour « fléxibiliser » le marché du travail à coût de contrats de plus en plus précaires. Nous avons aussi fait une croix sur les revenus du capital et les larges bénéfices des multinationales, en leurs offrants de douillettes niches fiscales. Pour pouvoir suivre l’exemple de la grande et compétitive économie allemande, certains ont même eu la brillante idée de supprimer petit à petit l’exception française qu’est la sécurité de l’emploi permise par le Contrat à Durée Indéterminée. Et nous y voilà, après près de 30 années de politiques libérales nous avons enfin réussi, nous sommes à l’aube de l’abolition du salariat. Nous avons atteint la merveilleuse barre des … 3 millions de chômeurs.

« Et oui, encore un peu plus d’individus se voient libérés de l’esclavage moderne qu’est le salariat. Ces ex-prolétaires vont enfin avoir le temps de consommer pour pouvoir relancer nos économies. » C’est ce que nous aurions pu se dire ce matin, mon colocataire et moi,  en regardant une des chaines d’information en continue, notre café à la main. Mais nous avons malheureusement reçu cette nouvelle ahurissante comme un coup de poing dans la figure. Mais d’ailleurs, Pourquoi ? C’est vrai, quand j’y repense, nous n’avions pas perdu nos  emplois dans la nuit et les universités n’avaient pas été fermées. Et même, si nous ne gagnons pas bien nos vies, la débrouille nous permet encore de prendre un peu l’air. Pourtant le malaise a persisté toute la journée, mes collègues n’avaient que cette nouvelle à la bouche, oubliant leurs longues et insouciantes conversations à propos des nouveaux smart phones. La nouvelle sembla inquiéter jusqu’à ma banquière, qui a accueilli le chèque rémunérant mon job d’été comme une libération. Une chape de plomb semblait avoir recouvert la ville de Toulouse. Elle qui est habituellement si lumineuse et vivante, grâce à l’inébranlable joie dont s’affuble sa jeunesse, s’est éteinte dans l’incertitude et le doute. Tant de questions nous ont alors envahis. Si bien que fumer cigarettes sur cigarettes à en crever, pouvait nous paraître comme le seul projet à notre portée, le seul que nous puissions encore contrôler. Devrons nous laisser nos rêves de côtés, pour être boucher, ou que sais-je , charcutier ? Devrais-je retourner travailler dans la restauration qui n’a que faire du droit du travail ? Mon job d’été sera-t-il mon cercueil ? Voilà bien, les seules angoissantes questions soulevées par nos brillants journalistes télé. Et dans ces conditions comment pourrions nous faire des projets quand ils sont rongés par l’angoisse ?

Dans ce climat social délétère, relancer l’économie ne semble pas une mince affaire. Mais d’ailleurs, je n’ai pas l’impression que notre gouvernement souhaite faire autre chose que rassurer les marchés financiers et continuer la politique qui nous a mené dans cette situation pathétique. Nous sommes bien loin de l’époque où Pompidou mettait en garde Jacques Chirac contre une révolution si l’on dépassait les 500 milles chômeurs. Aujourd’hui, à des kilomètres de ce genre de considération, les socialistes sont prêts continuer la saignée dans les dépenses publiques amorcée par la droite. Alors que cette politique a fait ses preuves, que ce soit en Amérique du sud, en Grèce et Espagne, en terme d’explosion du chômage et par conséquence de la misère. Mais non, aujourd’hui, il n’y avait pas un journaliste pour parler du nouveau traité européen, que notre président souhaite faire passer tranquillement par le parlement. Alors que celui ci, dans la lignée des politiques austéritaires précédentes, obligera les États a réduire leurs déficits publique à 0,5 % du PIB, sans se soucier qu’il engendrera nécessairement un effondrement des nos économies et donc une augmentation du chômage. Ainsi, j’ai bien peur que notre gouvernement ne veuille nous laisser plus de temps libre, sans moyens pour l’occuper.

YAGOUBI Florian

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