La démocratie sauce toulousaine…

Vous savez, la démocratie, c’est un joli mot. Y en a même qui en font des classements assez absurdes. Ce qui arrange moins certains élus, c’est que ça demande aussi des actes ( nom masculin qui désigne un action humaine). Aïe, ça se complique un peu, surtout quand la contestation se fait entendre…

 

Le droit de militer ?

Certains doivent le savoir, être un militant politique ça demande une certaine réserve. Oh ce n’est pas désagréable dans l’absolu, on ne se sent jamais aussi bien que quand on se bat pour ses idées. J’en connais qui devraient s’en rappeler (oui je parle de toi, oui de toi aussi,…) Mais ce qui frappe ce sont les multiples obstacles qui s’érigent sur votre chemin. Rien d’illégitime pourtant à dynamiser le débat démocratique, au contraire. Ou alors on m’aurait menti en cours d’Education Civique ?

C’est donc joyeusement samedi que nous avions décidé d’aller au centre-ville de Toulouse. Le carton de tracts sous le bras, la guitare sur le dos, tout semblait marcher comme sur des roulettes. Le collectif contre la dette invite les citoyens à participer (physiquement ou financièrement) à la manifestation à Paris le 30 septembre. Le soleil chauffe les pavés de la rue Alsace-Lorraine (oui la rue dont parle Zebda), il y a beaucoup de monde, c’est parfait. Cette bataille nous tient à cœur, ce n’est pas un secret, d’autant qu’on se demande quand les médias trouveront intelligent d’organiser un débat sur ce sujet à une heure de grande écoute… Ce doit être assez peu important j’imagine.

Après quelques chansons, une quinzaine d’euros récoltés et de nombreux tracts distribués un agent de surveillance de la voie publique vient nous demander poliment de partir. Je dis poliment parce qu’il y a quand même marqué (A)SVP sur la casquette. À Toulouse, on rigole pas avec la politesse. En effet, le maire de la ville (je dénonce honteusement, c’est Pierre Cohen) a publié un arrêté interdisant les diffusions à caractère politique (bouh !) sur la rue Alsace-Lorraine toute la journée, ainsi qu’aux abords (100m) des stations de métro de 8 à 10h et de 17 à 19h (dixit l’agent en question). En gros pas de diff là où il y a du monde. Il faut avouer que c’est moins pratique… Le maire doit s’imaginer quand lance les tracts dans la rue, il n’a pas du le faire souvent le bougre.

Si c’était que ça…

Allez, à sa décharge, Pierre Cohen fait preuve d’une certaine cohérence. C’est important la cohérence non ? Demandez à nos amis d’EELV qui font les équilibristes entre les places tant attendues au gouvernement et le rejet du TSCG. Bref, le maire de Toulouse prend soin également à ce que se raréfient les panneaux de libre-expression. Faut dire qu’il y a libre dedans, donc ça veut dire politique aussi. Beurk !

Une nouvelle fois à sa décharge (tu vois Piero, en fin de compte je suis plutôt gentil), le maire de Toulouse ne fait qu’imiter ce que nombreuses communes ont mis en place. On en a vu un certain nombre cette année : interdiction de certaines rues, interdiction de parvis de gare, interdiction de marchés,… Bref, manifestement les espaces d’expression démocratique sont en pleine récession, comme l’économie bientôt d’ailleurs, avec notre joli traité (sic). Comment vous expliquez ça vous ? Est-ce qu’on est des dangereux délinquants ?

Et les autres dans tout ça ?

Quand je parle des autres, je ne parle pas vraiment des autres formations politiques. Quoi que, j’ai le souvenir, à Evry, d’un policier municipal qui avait renoncé à nous déloger quand je lui ai dit que le PS diffait lui aussi 30 mètres plus loin… Tiens donc. Non, le pire dans tout ça c’est qu’il n’y a que la politique qui subit ce genre de restriction.

Car pas de fameuse interdiction de la part de notre pote Cohen pour les tracts commerciaux. C’est pourtant bien connu, ces gens là veulent le bien des Toulousains. Aucune restriction non plus pour la « presse » gratuite. Enfin les torchons publicitaires déguisés en journaux qui sont distribués tous les jours. C’est à se demander, au fond, quelle société préfère matraquer son peuple de publicité plutôt que de débat d’idée.

Evidemment les cas en la matière se multiplient : publicité dans le métro, panneaux publicitaires géants dans la rue, y compris dans les services publics. À l’Université même, la politique est systématiquement arrachée, mais les pubs sexistes pour les soirées étudiantes restent, de même, souvent, que les groupe religieux passés par la.

Et à part ça, tout va bien… à part ça, mais ensuite ?

Romain JAMMES

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5 réflexions sur “La démocratie sauce toulousaine…

  1. on nous endort à petit feu, poliment, gentiment, avec de belles phrases, sans violence ( hum, selon leurs critères ), on nous invite à leur répondre avec mesure, comme des gens civilisés … mais moi je dis que ce sont les corses qui ont raison ….

  2. Incroyable d’interdire la distribution de tracts sur l’espace public surtout dans une rue piétonne. Il se passe quoi exactement à Toulouse ? Où est la ville ouverte et riche de sa diversité ? Où est la castagne ?
    Bon courage pour la suite. Et continuer de vous indigner comme Stéphane Hessel 😉

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