On a testé pour vous : la fête de l’Huma 2012

Veni

Vous reconnaissez tous ce moment, quand quelque-chose de grand va se passer. Le monde semble converger vers le même point, comme si un trou noir prenait des vacances dans le 93. Irrémédiablement tout est attiré par ce point névralgique. Les regards se croisent dans le métro, un sourire complice au coin des lèvres vient assaisonner cette toute nouvelle rencontre. Dans la rue, pas de doute, la nuée humaine montre le chemin. Les agents RATP ouvrent les barrières m’économisant un saut malencontreux. On est surement nombreux dans ce cas. Déjà des gens se reconnaissent, des camarades, par moment, ou simplement des amis ponctuels, ceux que tu croises chaque année avec la régularité d’un métronome. L’ambiance de la fête teint les quartiers alentours.

Les bus arrivent, embarquent leur lot de passagers avant de les cracher dans une marée multicolore devant l’entrée de la fête. Déjà, la musique se fait entendre. Les odeurs se mélangent et les quelques minutes d’attente sont insoutenables. Ça y est, on y est !

Vedi

On se croirait dans un parc d’attraction pour gauchiste. De stand en stand on découvre un nouveau manège. Un alcool local, qu’on ne boit qu’à cette occasion, un met du coin encore inconnu. Ce vieux communiste avec qui on a décuvé l’année dernière, ou c’était celle d’avant peut-être. Des débats, à 5 à 15 ou à 150. Les bribes de discussions arrivent aux oreilles : « Mais si regarde en Argentine ce qu’ils ont fait pour sortir de la merde ! » « Le problème c’est qu’on nie l’existence même d’une histoire palestinienne… » « Si on n’arrive pas à foutre un coup de pied au cul à Hollande on est foutu. ». Le 30 septembre revient régulièrement aux lèvres comme en écho aux banderoles des stands des sections PCF de l’hexagone. L’avenir du Front de Gauche préoccupe, on s’engueule, comme si le monde dépendait de la fin de cette conversation. On fait la paix ensuite, sur un air de Jean Ferrat ou un champ révolutionnaire qu’entonnent en cœur tous les camarades.

On rencontre des amis. Personne ne s’est donné le mot mais tout le monde y va, c’est comme ça. On se retrouve comme on peut, dans les lieux habituels. La règle dans la fête c’est que plus tu cherches tes amis moins tu les trouves. La grande Agora et le Salon du Livre se dressent comme des buildings. La Gauche-Anticapitaliste et Convergence et Alternatifs sont placés pile en face du NPA. Une manière de narguer ceux qui refusent de rejoindre le Front de Gauche, ou inversement, peut-être une volonté pour les dirigeants de la fête de rappeler qu’un troskyste est un trotskyste, au Front de Gauche ou pas.

Au fil des heures les grands concerts s’enchaînent, aspirant, à chaque affiche, une quantité incroyable de personnes. Quand le jour s’assombri, les cœurs, eux, s’éveillent. Les stands ne sont jamais si animés. Chacun y a ses usages, les rendez-vous sont pris. Il faut aller boire une bière en Allemagne à Die Linke, prendre une frite en Belgique, des Falafels au Liban, passer au Tarn et Garonne pour un sandwich au confit de canard, le Mojito c’est au Parti de Gauche. Plus tard dans la soirée, une fois que l’alcool nous a totalement désinhibés, nous allons immanquablement prendre une soupe à l’oignon à la SNECMA avant de repartir de plus belle. Aller de Cuba à Jérusalem en 3 minutes, il n’y a qu’ici que c’est possible.

L’amour est l’invité surprise, les couples batifolent, un baiser se perd avec l’un ou l’une, puis une autre et tant pis, le bon dieu ne nous en voudra pas, pas plus que le ou la première. De toute façon, on finit par se perdre de vue, au détour d’un virage ou d’une faim passagère.

Vici

Quand les forces nous abandonnent, nous rejoignons nos tentes. Plantées derrière le stand d’une section (Melun cette année), elles ont fait des petits. La fête continue encore, mais on garde des réserves pour le lendemain aussi. Car à 9h00 le soleil chauffe la toile : c’est l’heure d’y aller. Les pas sont plus lourds, la voie est enrouée. Mais qu’importe, il y a bientôt un débat intéressant, il faut être d’attaque. Le samedi soir, la fête sera encore plus intense et le réveil encore plus difficile. Mais quand c’est l’heure de partir, la joie de pouvoir retrouver une douche et un lit flirte toujours avec les sanglots d’une déchirante séparation.

On a testé pour vous faire le plein d’Humanité…

Romain JAMMES

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5 réflexions sur “On a testé pour vous : la fête de l’Huma 2012

  1. Pingback: Ma fête de l’Huma, notre fête de l’Humain « Le Cri du Peuple

  2. Trop bien-pensant et bobo pour moi je préfère ce même type d’évènements en province avec moins de stars et où il y a respect entre toutes les sensibilités de gauche.

  3. Pingback: Guerre de position et guerre de mouvement | L'Art et La Manière

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