C’est pour une fille ou un garçon ?

Avant propos

Comme beaucoup d’entre vous le savent, je m’intéresse un brin aux questions féministes. Sans être un expert ou un de ces trucs peu recommandables, j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice et de transmettre autant que faire ce peut mes opinions.

Voici donc la retranscription d’une humble formation sur le genre que j’ai faite. Je n’y invente rien, mais c’était une première approche pour ceux à qui c’était destinés. Bonne lecture !

 

C’est quoi le genre ?

Ah… grande question au cœur de multiples débats. L’abolition du genre (bon il n’est pas toujours exprimé ainsi) est un des classiques du mouvement féministe. Mais au fait, le genre c’est quoi au juste ?

Ma perception un peu néophyte dans le mouvement féministe (j’ai surtout écouté et agi, pas encore beaucoup lu) qualifierait le genre d’un habitus au sens de Bourdieu. En gros, un ensemble de pratiques, d’attitudes, de représentations et de rôles dans la société qui se cumulent avec d’autres habitus évidemment. Tu peux être de genre féminin et être de classe populaire, bon pas de bol, tu cumules les dominations. Tu peux être de genre masculin, quadra, blanc et cadre supérieur. Généralement tu t’en sors mieux… Jusque là tout va bien ?

Bon, tant mieux ! Alors l’essentialisme consiste à attribuer à cette différence de genre, une différence naturelle liée au sexe de l’individu. C’est parce que t’es de sexe féminin que tu adoptes les caractéristiques du genre féminin. C’est dans tes gênes, tu peux pas test ! Inversement pour le sexe masculin évidemment. Le constructivisme, lui, considère que le genre est une construction sociale qui alimente et valide a posteriori la domination masculine. C’est pas beau ça ?

« Allez un exemple m’sieur ! » Bon d’accord, il est connu celui là. On dit que (généralement ces 3 mots sont suivi d’une connerie, teste chez toi tu vas voir !)… Oui pardon, on dit que les femmes sont plus sensibles aux émotions, qu’elles ont une fibre littéraire plus développée, ou d’ailleurs qu’elles peuvent tout simplement faire 2 choses à la fois (même que si c’est le ménage et la bouffe c’est plus pratique)… tout ça parce qu’elles se serviraient davantage de leurs deux hémisphères cérébrales.

Putain la chance ! (ou pas). Cette idée vient d’une étude publiée en 1882 (lol), qui a mesuré, sur un échantillon HYYYPPPEEERRR représentatif de 20 individus (les instituts de sondage vont êtres contents) la taille de « l’embranchement » entre ces hémisphères. Depuis les progrès de la technique et notamment l’IRM, cette théorie a été invalidée de nombreuses fois. (Ndlr : en 1882 on fou le cerveau dans le formol et on le mesure avec une règle !) Pourtant cette stupide idée essentialiste reste ancrée dans les consciences collectives, ça fait réfléchir non ?

Les caractéristiques du genre

Allez, pour qu’on ait une idée un peu plus précise des choses, étudions concrètement les caractéristiques des genres. Je tire le trait volontairement, mais il n’y a rien qui ne se retrouve pas dans la société actuelle.

Le genre féminin : maternel et émotif. Oui, fait pas genre (euh…), tu vois très bien de quoi je parle !

            → Maternel : Évidemment, les femmes, elles sont maternelles. Du coup, mais putain c’est évident, elles sont forcément avec le monde entier comme avec les bébés ! Elles ont plus de compassion, de douceur, de patience, elles prennent soin des gens, tout ça tout ça…

· Rien ne choque donc à ce qu’elles s’occupent des tâches ménagères, qu’elles trustent (lol) les métiers d’assistance aux personnes, qu’elles soient très présentes dans les métiers médicaux (mais pas médecin faut pas déconner non-plus), qu’elles enseignent aux plus petits (on dit école maternelle je vous signale) ou qu’elles se prostituent pour prendre soin des pauvres hommes en manquent d’amour.

· Puis en politique c’est pareil. Et que j’te donne une délégation à la petite enfance, aux affaires sociale, à l’éducation, la santé, l’écologie, le 3e âge, le personnel, l’associatif,… j’en passe.

· Évidemment, dans la famille hétéro-socle-de-base-de-la-société-parfaite, la femme prend soin de son mari et se sacrifie pour son plaisir. D’où, disent les féministes, le grand tabou du plaisir dans la sexualité féminine et d’autant plus sans homme (mais quelle idée !)

           → Emotif : Les femmes, comme le truc du cerveau le disait mais aussi parce qu’elles sont maternelles en fait, sont putainement (quoi ? Si, ça existe !) émotives. Pour être plus précis elles sont sensibles, littéraires et… hystériques aussi tiens !

· Ca explique évidemment pourquoi elles se portent vers les études et les métiers littéraires ou dans les milieux culturels et artistiques (tout en étant éjectées du gratin dans chacun de ces champs sociaux) ou encore dans le milieu de la mode. Elles ont une sensibilité au beau que n’ont pas ces rustres d’hommes, et une capacité unique de transmettre les émotions quitte à se laisser emporter pour un oui ou pour un non. (bah quoi ?!!)

· En politique, forcément, elles trustent jalousement les délégations à la culture, fichtre ! Leur hystérie, elle, les exclue de tout poste qui demande du sang froid.

· Dans la famille hétéro-naturelle-reproductrice-et-responsable, la femme est en générale dans le rôle de l’amoureuse transie, quand elle n’attend pas naïvement son prince charmant dans sa tour d’ivoire parce qu’elle n’a que ça à foutre.

Le genre masculin : fort, rationnel. Tu kiffes hein ?

            → Fort : Et oui, c’est lui, le meilleur, Tyson himself à la maison ! L’homme, c’est le Stalone de salon. Il est protecteur, sportif, compétiteur, rien ne lui résiste ! Qui qui c‘est qui est capable de tuer sa conjointe tous les 3 jours en France ? C’est nous !

· Évidemment, tous les emplois, voire toutes les pratiques employant une force physique sont occupés par les hommes. Dans le domaine sportif, les hommes dominent, leur esprit de compétition est un modèle, une espèce d’extension du « qui a la plus grosse ? » dans tous les domaines de la vie. Les hommes sont taillés pour être des leaders.

· En politique d’ailleurs, ils vont courageusement s’aventurer aux tâches les plus ardues : la justice, le sport, la défense, l’intérieur ou la sécurité,…

· Dans la famille hétéro-modèle-chrétienne-qui-féconde, l’homme est donc le grand protecteur, le chef de famille qui a le monopole de la coercition. Il le délègue, par usage, à la femme en ce qui concerne les enfants. Mais gare à si papa s’en mêle !

            → Rationnel : L’homme c’est un scientifique, un calculateur, un modèle de sagesse !

· Il occupe les positions de dirigeant car lui seul est capable d’assumer les responsabilités stratégiques sans sombrer dans l’hystérie. Evidemment, cela veut dire plus de rémunération, plus de pouvoir. Les hommes en formation se tournent vers les filières et métiers scientifiques et économiques. C’est par hasard les domaines particulièrement valorisés socialement et économiquement.

· En politique, les hommes se mettent au charbon (lol), avec les délégations à l’économie, aux finances, à l’industrie, au budget, à la recherche, aux affaires étrangères…

· Dans la famille hétéro-classique-comme-à-la-télé, l’homme ramène l’argent à la maison, c’est souvent le détenteur de l’intérêt familial, c’est aussi celui qui conduit et qui bricole.

Vous l’aurez compris ce tableau est incomplet, parfois caricatural mais pas tant que la plupart d’entre vous le pense. Les filières et les métiers cités correspondent bien à une répartition de genre et la justification n’est jamais très loin des clichés dont j’ai parlé. Ces représentations sont profondes, elles se cachent, se rationnalisent autrement, mais quand on creuse, on les trouve quasi systématiquement. Elles s’entretiennent comme tout habitus : par l’éducation, la socialisation primaire (famille) et secondaire (école, expérience perso). Comment expliquer autrement le fait que les jouets pour enfant comprennent des dînettes et des poupons pour les filles quand il y a des legos, des armes et des voitures pour les garçons ?

Le pire dans tout cela c’est que les conséquences physiques sont bien présentes. Un individu convaincu qu’il est fait pour tel type de réflexion (littéraire par exemple) va développer son cerveau, comme un muscle, dans cette direction et valider le cliché. De même, une femme trop musclée subit une oppression sociale (regards, jugements négatifs sur son physique,…) Plus généralement, une personne ne correspondant pas aux caractéristiques de son genre va vite être accusé d’être homo. Les hommes sont tellement persuadés que tout tourne autour de leur sexualité que le caractère et les pratiques des individus dépendent de s’ils sont pénétrés ou non par leur sainte verge. Magique !

La construction du genre

Tu auras donc compris l’intérêt du constructionnisme. En donnant des origines sociales (et donc non-naturelles) aux différentes caractéristiques de genre, on peut les remettre en cause. On peut aussi essayer de remonter au phénomène social qui se cache en amont (pas bête la guêpe !). C’est un peu l’objet des gender studies qui étudient les champs sociaux sous le prisme du genre.

  • « Un exemple, un exemple,… » Ok d’accord. Erik Neveu a étudié le journalisme (oui faut vraiment pas savoir quoi faire). En observant l’évolution de la composition des rédactions ainsi que des pratiques rédactionnelles, il montre des choses intéressantes. Quand les femmes ont intégré de manière plus important les rédactions, elles ont été orientées (massivement) vers les rubriques sociales, société, voire fait-divers (ça correspond au genre). Leur traitement de l’information était davantage personnalisé, en se penchant sur l’individu, son vécu, son ressenti (là encore on tape dans le mile de l’habitus maternel et émotif). Les hommes, eux, étaient davantage dans la démonstration des calculs politiques, économiques et stratégiques correspondant au poil à leur caractéristique de genre. Le hasard (ou pas) a fait que ce sont ces dernières rubriques qui étaient les plus prestigieuses et qui octroyaient donc aux hommes une position dominante dans le champ professionnel.

Or il se trouve que depuis 20-30 ans, il y a un glissement progressif du prestige des rubriques et de la forme de traitement de l’information qui tend à se rapprocher de ce que faisaient quasi-exclusivement les femmes. Mais cela ne s’est pourtant pas tant traduit par l’ascension de femmes dans la hiérarchie du journalisme (l’évolution a été indépendante) que par l’intégration d’hommes dans les dites rubriques et l’évolution de leurs pratiques. Ainsi les hommes gardent une domination écrasante dans le champ professionnel. Cela participe à démontrer que cet habitus n’a pas pour origine des explications naturelles mais un phénomène social : la domination masculine. Dès qu’une caractéristique de genre ne sert plus à justifier la domination masculine, elle disparaît pour préserver cette domination.

  • « Encore, encore !… » Dernier exemple historique. Aujourd’hui l’économie est une science masculine de manière écrasante. C’est un domaine qui correspond au genre masculin (youhou !) mais qui est surtout socialement très valorisé. Or, en Grèce antique, l’économie (essentiellement privée) faisait en gros parti des tâches ménagères, n’avait aucune incidence politique et n’était pas valorisée socialement. Qui s’en occupait à ton avis ?……. les femmes !

Donc le partage du travail à ce niveau ne dépend pas non plus d’un sexe qui serait plus économiste que l’autre mais d’une volonté des hommes d’occuper toutes les places valorisées socialement.

 –

Le mot de la fin ? CQFD !

Romain JAMMES

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30 réflexions sur “C’est pour une fille ou un garçon ?

  1. Je suis d’accord avec une bonne partie de ce que tu dis, mais pas avec tout. Si nos visions de la femme et de l’homme sont avant tout culturelles, il y a des différences de comportement qui sont dues à la biologie.

    La testostérone, par exemple, qui est une hormone qui favorise l’agressivité, est plus présente chez l’homme que chez la femme. Par ailleurs, au cours du développement de notre cerveau, les hormones, encore elles, ont un rôle à jouer, qui effectue quelques différenciations mineures sur les cerveaux masculins et féminins. Cela donne aux femmes de plus grandes facultés dans le langage, et aux hommes dans l’orientation extérieure, par exemple.

    Après, les conneries sur l’instinct maternel ont été fabriquées de toute pièce pour avoir plus de gamins à envoyer à la guerre. Il y a encore deux siècles, on les suspendait près de la cheminée, en les laissant brailler toute la journée (les gamins, pas les femmes).

    Quant aux hommes incapables de transmettre une émotion, on voit bien que certains n’ont jamais lu les grands poètes ou visité des expositions de peintures.

    • @ Conall : Aïe aïe aïe ! Avez-vous lu assez attentivement les résultats des recherches de Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherches à l’institut Pasteur, sur la plasticité du cerveau ? Elle aussi évoque les hormones sexuelles… mais il semblerait qu’elle n’en déduise pas que cela implique automatiquement des différences au niveau des comportements.

      Extrait d’un interview :

      Mais qu’en est-il du rôle des hormones sur notre cerveau ?

      Chez les animaux, l’action des hormones sur le cerveau est déterminante pour déclencher les comportements de rut et d’accouplement associés aux périodes d’ovulation de la femelle. Sexualité et reproduction vont ensemble. Par contre, l’être humain échappe à ce déterminisme. Le fonctionnement des organes sexuels est certes lié aux hormones, mais pas le moment des rencontres, ni le choix du partenaire. Ainsi, les homosexuels, hommes ou femmes, n’ont pas de problèmes hormonaux. Les délinquants sexuels n’ont pas un taux supérieur de testostérone. Quant au rôle des hormones sexuelles sur les humeurs, la nervosité, la dépression, il faut distinguer deux types de situations bien différentes. Dans des cas de bouleversement physiologique majeur (grossesse, ménopause, pathologies hormonales) on peut constater des fluctuations d’humeur. Mais dans des conditions physiologiques normales, aucune étude scientifique n’a montré de relation de cause à effet entre les taux d’hormones et les variations de nos « états d’âme ». Prétendre que c’est la testostérone qui fait les hommes compétitifs et agressifs tandis que les œstrogènes rendent les femmes émotives et sociables, relève d’une vision simpliste, bien loin de la réalité biologique. Si dans un groupe social, hommes et femmes tendent à adopter des comportements stéréotypés, la raison tient d’abord à une empreinte culturelle rendue possible grâce aux propriétés de plasticité du cerveau humain.

      • « Prétendre que c’est la testostérone qui fait les hommes compétitifs et agressifs tandis que les œstrogènes rendent les femmes émotives et sociables, relève d’une vision simpliste, bien loin de la réalité biologique » : ça tombe, ce n’est pas ce que j’ai dit. Nous sommes soumis à des hormones, oui, et celles-ci agissent sur le développement du cerveau à l’adolescence. Pour autant, les hormones ne déterminent pas notre comportement, même si elles ont un rôle à jouer.

        Les hommes sont globalement plus soumis à l’action de la testostérone que les femmes, oui. C’est ainsi. Pour autant, nous développons des moyens de résister à son action. En fait, il serait stupide de prétendre que l’être humain n’est pas un animal, tout comme il serait stupide de prétendre qu’il n’est que ça. Oui, nos instincts animaux interviennent dans nos décisions. Oui, nous sommes capables de les faire taire, ou du moins de réduire significativement leur emprise.

        Ce qui est très amusant dans votre commentaire, c’est que vous exagérez mes dires, jusqu’à me prêter des propos que je n’ai jamais tenus. Il est évident que les différences de comportement entre hommes et femmes tiennent d’abord et en très large partie à un modèle culturel. Pour autant, oui, le biologique a lui aussi un rôle à jouer, même s’il est beaucoup moins important.

      • heu… je crois que vous avez mal lu mes propos. Non, justement, les hormones N’AGISSENT PAS sur le développement du cerveau à l’adolescence. Et ne le prenez pas mal… C’était juste une information. Bonne journée.

      • Il faut aussi lire « Testo junkie » de Beatriz Preciado, passionnant compte-rendu d’expérience ; en effet, l’auteure décide pendant de longs de s’auto-injecter des doses quotidiennes de testostérone dans son corps.

        Il y a un passage où, au début de son expérimentation, elle nous parle de toutes les recherches qu’elle a fait en amont pour tenter de recenser tout ce qu’on sait sur les hormones, et la testostérone en particulier – puisque c’est cette substance qu’elle s’injecte.

        Extrait :
        « Après avoir examiné plusieurs manuels d’endocrinologie clinique, nous pouvons affirmer que la quantité “normale” de testostérone produite par les biohommes et les biofemmes semble toute relative, ou du moins sujette à d’importantes variations d’interprétation. Par exemple, les valeurs moyennes de testostérone dans le sang des corps considérés comme politiquement mâles varient entre 437 et 707 nanogrammes par décilitre. Mais certains corps ne produisent que 125 nanogrammes par décilitre et leur assignation sexuelle est masculine. Selon un autre manuel d’endocrinologie clinique, la quantité “normale” de production de testostérone chez un biohomme adulte varie entre 260 et 1000 nanogrammes par décilitre de sang. Elle peut monter à 2000 nanogrammes pendant l’adolescence. Chez les biofemmes, elle est de 15 à 70 nanogrammes par décilitre de sang. À ce chaos épistémique il faut ajouter quelques données absurdes qui proviennent de la recherche scientifique : la testostérone augmente le désir de fumer, mais la consommation de cigarettes fait baisser la production de testostérone ; la testostérone augmente l’agressivité et la libido, alors que baiser et réagir avec agressivité augmentent les niveaux de testostérone. Le stress inhibe la production de testostérone… Finalement, nous sommes face à un vaste domaine de non-savoir. »

        Je rappellerai également qu’on a découvert il y a peu que, dans certains cas bien précis, la testostérone « féminise » les corps. Alors « vaste domaine de non-savoir » j’aime beaucoup l’expression, parce qu’on entend un peu de tout et de rien sur les hormones, en permanence. Et ça se contredit.

        Le fait est que plus on en apprend sur les processus de sexuation humaine et plus on se rend compte que c’est très complexe. Les scientifiques recensent déjà au moins 4 « niveaux » de sexuation : le sexe génital, le sexe gonadique, le sexe chromosomique, le sexe hormonal. Et ces 4 sexuations n’évoluent pas forcément en parallèle. (cf. l’excellent livre de Elsa Dorlin « Sexes, genre et sexualités ») On peut avoir un pénis, des chromosomes XY et pourtant très peu de testostérone par exemple. Et surtout : ça peut changer au cours de la vie.

        « Le débat est sans doute loin d’être clos mais on peut noter quelque chose : la plupart des biologistes aujourd’hui considèrent que le sexe n’est pas une structure mais seulement un état de l’organisme, plus ou moins réversible dans son histoire  » peut-on lire dans un bouquin qui s’appelle « Adresse aux garçons… »

        J’ai l’impression que beaucoup de personnes aujourd’hui refusent de voir ce qui parait pourtant évident : notre modèle binaire des 2 sexes, avec d’un coté les filles bien çà leur place et de l’autre les garçons, bein ça ne tient plus la route.

        La science d’une part, les mouvements féministes de l’autre ont montré que d’1) les rôles sociaux attribués à chaque sexe, la « domination masculine » n’avaient aucun fondement « naturel », et que 2) même cette idée de sexe « naturel » n’a pas beaucoup de sens, où en tout cas nécessite un compréhension beaucoup plus fine que ce que le veut le sens commun.

        Du coup il faut se garder de tous les propos du genre « les garçons ont un meilleur sens de l’orientation parce que pouetpouet tralala » ; « les filles sont plus douces… », etc, etc. Tout cela relève d’une logique de recherche d’une vérité du sexe qui n’existe pas.

  2. bravo pour l’article ! pas évident de résumer intelligemment tous ces concepts. Tu peux préciser quelle était cette formation sur le genre à laquelle tu as participé ?

    • Salut, désolé j’étais un peu débordé ces jours ci.

      J’ai co-animé la formation féministe aux estivales citoyennes du Front de Gauche. Je m’occupait de la partie Genre.

  3. Bonjour,

    Bonne analyse Romain et bons commentaires à tous les autres.

    Notre instinct d’humain nous pousse à chercher des explications sur tout, à comprendre et contrôler nos actions en fonction d’un tas de choses différentes, (notre culture, notre éducation plus généralement notre « histoire ») notre instinct animal nous pousse parfois à faire des choses contraires à notre instinct d’humain, qui peut même parfois nous surprendre.

    C’est un tout, l’intellect, les hormones, notre culture, notre milieu social, etc intervient à tout moment dans notre vie. Pourquoi des personnes sont mathématiques, d’autres linguiste, d’autres littéraire, etc ? Pourquoi certaines personnes sont agressives d’autres pacifistes ? etc…

    Pour ceux qui contestent ou minimisent l’action des hormones, je peux vous dire que je sais quand mes filles vont avoir leur règle 2 à 3 jours avant, et je ne me trompe jamais !

    On voit ces différences d’un individu à un autre mais aussi d’un groupe d’individu à un autre. Prenons le cas d’actualité qui illustre parfaitement ce que j’écris. Qui dans notre pays peut comprendre que l’on puisse tuer des innocents par ce qu’à l’autre bout du monde des hommes ont réalisé un film qui caricature un prophète religieux ? Ce qui est inconcevable chez nous est normal chez d’autres pourtant c’est le même sang qui passe nos veines respectives ! Jamais j’irai me tuer pour un dieu, c’est d’une telle stupidité pour moi l’occidental (pour moi, ils sont lobotomisés du cerveau) par contre pour un musulman c’est un honneur.

    C’est pour cela que j’écris régulièrement que la laïcité exclusive doit être de mise dans notre pays tant certaines religions cherchent par tous les moyens à mettre la main mise sur notre pays et sur l’Europe en général. Malheureusement pour une soit disant paix dite sociale ou plus basique par intérêt électoraliste beaucoup préfère fermer les yeux…

    Tout est question d’équilibre, malheureusement cet équilibre est perdu, nous allons aller vers des jours extrêmement difficiles !!!

    Filou91

    • Il suffit sans doute de savoir compter la périodicité moyenne des menstruations, et après faire une erreur à seulement 1 ou 2 jours n’est pas extraordinaire.

      Le paragraphe islamophobe est totalement hors-sujet mais il faut bien y répondre. Prétendre que « pour un musulman c’est un honneur » est une généralisation abusive. La paranoïa de « la main mise sur notre pays » est représentative des obsessions partagées par Marinelepen et ses semblables. L’apparente influence de l’intégrisme dans le monde musulman est dû au prisme déformant des médias sensationnalistes, à des calculs cyniques de realpolitik de la part de certains dirigeants occidentaux complices et soutiens des dictatures du monde arabe (ça a sauté dans 3 pays, à qui le prochain ?), et à l’état présent (donc conjoncturel) de développement social et démographique dans ces pays. Les monde chrétien a eu ses excès, et ne s’en est pas totalement débarrassé (cf. les fondamentalistes aux USA). Maintenant que les États-Unis (entre autres, mais surtout) ont (peut-être) compris qu’il vaut mieux éviter de soutenir les dictateurs qui tolèrent les intégristes et combattent les progressistes, ça va peut-être évoluer un peu plus vite dans le bon sens. Mais je suis peut-être trop optimiste (sur la prise de conscience par les occidentaux de leur responsabilité).

      Il y a des tas d’orientaux pour qui c’est aussi stupide.
      Et on est rarement lobotomisé du biceps…

      Et si effectivement on a encore plein de Breivik cachés prêts à nous montrer à quel point ils sont pour la laïcité exclusive et contre la main-mise des musulmans, on va vers des jours difficiles.

  4. (juste sur les hormones, connal je pense que tu mélanges des choses, on parle des hormones dites sexuelles. Les hormones thyroïdiennes, ont un rôle à jouer dans le développement du cerveau oui apparemment (encore qu’il s’agisse de souris donc méfiance avant de tirer des conclusions), mais pas la testostérone ou les oestrogènes. Et les hormones thyroidiennes ne sont pas liées au sexe que je sache… Bon… Qu’on soit clair, dans l’état actuel des connaissances, l’influence des hormones directement sur le comportement est tellement négligeable hors cas particulier (pathologie par exemple) que ça ne vaut pas la peine d’en parler…

    Et plus généralement, pour certains autres, il faut arrêter de confondre comportement inconscient et instinct… La plupart des comportements qu’on dit instinctifs, ne le sont pas mais sont le fait d’automatismes comportementaux acquis.

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  12. Une des choses qui caractérise la biologie, c’est les différences qu’on enregistre d’un individu à l’autre. En clair, il n’y a pas d’individu « normal ». Il n’y a que de multiples exceptions, dont certaines sont plus souvent observables que d’autre.
    Il ne faut pas renier notre appartenance au règne animal, ni sous-estimer l’action des hormones.
    Cependant, nous ne pouvons être réduit au modèle normaliser qui est enseigné dans les livres de biologie et on ne peut parler d’une hormone sans parler de toutes les autres.
    Les hormones ne sont pas de simples drogues qui vont nous « booster » dans un sens ou dans un autre. Elles fonctionnes en synergie, font parties d’un métabolisme complexe, inhibant ou désinhibant certaines fonctions.

    Les 4 niveau de sexuation, dont parlait Le Glandeur, sont bien réel.
    À la base, la production de testostérone ou œstrogène/progestérone est stimulé par les deux même hormones, quel que soit le genre de l’individu: la FSH (Follicle Stimulating Hormone) et la LH (Luteinizing Hormone), produite par l’hypophyse.
    La thyroïde n’a donc pas d’implication directe dans la sexualisation des individus et ne produit pas directement de testostérone.
    En fait, toutes ces glandes fonctionnent en circuit semi-ouvert.
    L’hypothalamus stimule l’hypophyse grâce à la Gn-RH (Gonadotrophine releasing hormone), qui va se mettre à produire la FSH et la LH, qui vont stimuler les organes génitaux.
    Ceux-ci vont se mettre à produire des hormones mâles (testostérone) ou femelle (progestérone/ œstrogène) qui vont plus ou moins stimuler l’hypothalamus et ainsi auto-réguler leur propre production.
    La boucle et bouclée.
    Donc, on peut très bien avoir un cerveau « féminin » et des organes sexuels masculins.

    Au niveau comportemental, l’action de ces hormones ne détermine en rien les aptitudes d’apprentissages.
    D’ailleurs, on ne peut pas regrouper les activités en deux groupe distincts.
    Certains passionné(e)s de math sont également de grands peintres et il y a un biochimiste bien connu dont l’œuvre littéraire est considérable.
    Il a été émis l’hypothèse que, d’un point de vue évolutif, certaines facultés soient légèrement plus aiguisée chez un des deux (trois?) genres, mais alors comment on évolués les groupes sociaux dont les rôles étaient partagé différemment?
    Ces caractéristiques peuvent-elles s’inscrire génétiquement?
    Si oui, pourquoi ne se révèlent-elles que chez un genre?
    Si papa à un bon sens de l’orientation, pourquoi sa fille n’en aurait-elle pas hérité.
    Conclusion: On ne sait pas grand choses…
    D’ailleurs, pourquoi ces recherches?

    L’influence des hormones sur l’humeur est bien réelle, chez l’homme comme chez la femme, surtout à l’adolescence.
    Cependant, les modifications de l’humeur ne sont de loin pas systématique avant ou pendant les règles.
    (Et puis, hormones ou pas, avoir du sang qui sort du sexe, c’est pas franchement ce qu’il y a de mieux pour se réveiller du bon pied…)
    Le fameux « syndrome prémenstruel », dont les symptômes sont multiples et vraiment handicapants seulement chez 5% des femmes environ, est surtout une arme rhétorique supplémentaire dans la bouche des machos.
    Ces changement d’humeur sont, par contre, vraiment significatif pendant la grossesse, à l’accouchement et pendant la ménopause.
    Bref, on est tou(te)s différent(e)s et on ne réagis pas tou(te)s pareillement aux changements physiologique.

    Au niveau du conscient, il me semble que, quelque soit les pulsions que l’on ressent, notre jugement d’humain est capable de faire la part des choses ou, au moins, de réfréner ces pulsions.

    Au niveau philosophique, c’est la grande bataille de l’inné contre l’acquis.
    Quel sont les facteurs qui influences vraiment la construction d’un individu?
    Aujourd’hui la limite est encore très floue.
    Chacun va prôner qu’un comportement est inné ou acquis, si ça lui permet de valider les théories qu’il(elle) soutien.
    D’ailleurs, à certains niveaux, faut-il influencer les individus?
    Par exemple, on ne se pose pas les bonnes questions en essayant de comprendre d’où vient l’homosexualité (même si c’est très intéressant d’un point de vue strictement scientifique).

    La vrai question devrait être: « Comment, moi, être humain avant tout, puis-je vivre heureux(s)e en accord avec les autres et moi-même, en acceptant de faire face à la peur de l’inconnu qui me caractérise? »
    Il est normal d’avoir peur de l’autre lorsqu’il(elle) est différent(e) de ce qu’on connait, mais on ne peut pas lui faire porter la responsabilité de cette peur.

    P.s: Pardon pour les fautes d’orthographe que j’aurai pu oublier. Je ne suis pas trop littéraire, m’voyez..

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