On a testé pour vous : faire des études pour rien !

Bon, ce coup-ci c’est trop. Depuis que je suis tout petit j’ai respecté toutes les règles. J’ai travaillé « comme il faut » à l’école. Je n’ai jamais été premier mais j’ai toujours été méritant. Je n’ai pas mâché de chewing-gum devant ma prof, je me suis levé quand le CPE entrait dans la classe, j’ai fait la plupart de mes devoirs et je retirais ma casquette avant les cours. Je n’ai jamais (trop) foutu le bordel, ou j’avais de très bonnes raisons (que je développais longuement pour justifier mes heures de colles). Et pourtant…

Un parcours du combattant

Au fond, j’ai fait de mon mieux pour être ce que la société et mes parents attendaient de moi. Mais si ces derniers sont plutôt fiers, la société, elle, n’en a pas grand-chose à foutre. Elle m’a appris les valeurs de la citoyenneté, je les applique et m’engage en politique. En conséquence, de nombreuses portes se ferment, je suis même stigmatisé dans certains milieux. Elle m’a demandé de faire des études. C’est fait, grâce à mes parents et des boulots à mi-temps, j’ai obtenu mon Master 2 pro en Science Politique.

Alors tout ça n’a pas été un fleuve tranquille. Et les projets iniques de la droite sur le CPE comme sur la réforme des universités n’ont pas aidé à cela. À côté de l’enrichissement intellectuel (c’est bien le minimum) et personnel de mes années étudiantes cette période a aussi rimé avec beaucoup de sacrifices. Les dernières années n’ont pas été particulièrement faciles. Cumuler petits boulots, études et engagement politique ça relève du sacerdoce. Mais enchainer l’année suivante, puis la suivante encore, ça frise le masochisme. Et la cerise sur le gâteau vient quand votre prof vous explique que si vous voulez être pris en M2 il faut arrêter de travailler. 6 mois sans revenus (ou presque) et 6 mois de stages payés 600€. Vivre dans la dèche, ça aussi j’ai testé pour vous.

Et après ?

Arrivé à Toulouse, je ne m’attends pas à trouver un boulot d’un claquement de doigt. J’ai entendu mille fois l’histoire de mon père démarché par une entreprise avant même d’avoir son diplôme mais je sais que le monde a changé. J’ai envoyé une cinquantaine de CV sans réponse positive. Une fois arrivé j’ai commencé le tour des divers structures qui m’intéressent, rien de mieux. Ce n’est que le début mais on commence parfois à se dire qu’on a un truc qui ne va pas ou qu’on aurait peut-être pas dû militer si on voulait manger autre chose que des pâtes.

Mais miracle le téléphone sonne ! Une institution qui m’avait refusé faute de poste me propose… un Service Civique ! De l’avis de tous les professionnels du milieu, c’est la seule solution. Je m’appelle Romain, j’ai 25 ans, j’ai un BAC + 5 en Science Politique. Aujourd’hui, on me propose de travailler à 35h, payé 550 € par mois. Petit calcul… C’est 250€ de moins que le seuil de pauvreté. J’ai bien fait de faire des études !

WTF ?

Alors France (tu permets que je te tutoie), c’est quoi ton problème ? Pourquoi après toutes ces années à compter mes sous, à refuser régulièrement les soirées dans les bars, à ne plus aller au théâtre ou à réduire mes voyages au simple Noël en Famille… après des années à frauder les transports en commun ou voler au supermarché, tu me dis que dorénavant, vu que j’ai mon diplôme, ce sera comme auparavant. Pourquoi tu me fais ça ? J’ai fait ce que tu m’as demandé non ? Pourquoi tu me proposes un vrai boulot (c’est de la communication et de la stratégie de développement siouplait !) à peine assez rémunéré pour me loger et me nourrir ?

Dis moi France, t’as pas l’impression que tu te fous un peu de ma gueule ? Tu crois que j’en ai pas ma claque de cette oppression quotidienne de l’argent qui prend à la gorge et me rappelle constamment à ma condition ? Tu penses qu’en m’assommant avec ton enclume économique je vais accepter n’importe quelle circonstance de travail ?

Pourtant France, comme beaucoup dans ma situation voire même dans pire situation (j’en connais), on a joué ton putain de jeu… Tu vas finir par tester pour nous « prendre un grand coup pied au cul » !

Romain JAMMES

Publicités

41 réflexions sur “On a testé pour vous : faire des études pour rien !

  1. Donc globalement, tu es parti pour te taper une période de stages et petits boulots mal payés, malgré cinq ans d’études supérieures, jusqu’à avoir assez d’expérience pour qu’on te propose un vrai boulot ?

    L’embauche uniquement par cooptation pour les diplômés sans expérience , ou comment couper les câbles de l’ascenseur social…

  2.  » Elle m’a appris les valeurs de la citoyenneté, je les applique et m’engage en politique »
    Y-a t’il comme un « formatage » à science Po? Appliquer ce que l’on nous enseigne est une choses, mais est-ce qu’ils enseignent à être libre de penser, et d’avoir ses propres opinons ou alors est-ce qu’ils enseignent seulement dans un courant qui les arrangent?

    • Cette phrase ne faisait pas référence à mes études en Science Politique. On a de l’éducation civique qui nous explique la démocratie et nous incite (pas suffisamment) à être un citoyen actif.

  3. Dans ce cas il faudrait peut être tenter de gagner un peu en pouvoir (en allant à l’ENA par exemple) et une fois que l’on peut être écouté, tenter de parler des vrais problèmes avec moins d’hypocrisie et de fonder quelques choses de moins « corrompus » dans un sens tant matériel que morale.

    • Je ne comprend pas bien où tu veux en venir. Je m’engage politiquement pour changer cela, heureusement qu’on ne s’impose pas d’aller à l’ENA pour cela. Par ailleurs, je combat farouchement les écoles comme Science Po et l’ENA qui pratiquent une sélection sociale, dépolitise les politiques publiques et formatent une élite qui sera incapable de penser en dehors des clous. Donc je ne vais pas m’y aventurer.

      C’est pour ça que j’ai fait Science Politique à la fac et non pas à l’école Science Po

      • D’accords, excuses moi, je me suis mal exprimé. Je voulais en fait avoir ton avis par rapport à ce que tu fait. « Combattre farouchement » et je me posait la question « faut-il rentrer dans le système pour pouvoir le combattre? »

  4. Ah ça c’est un débat intéressant.

    Moi je n’ai pas de religion à ce niveau. Mais je pense que s’extraire totalement du système demande une énergie importante qui de facto n’est pas investie dans l’action collective pour renverser l’ordre établi.

  5. Je me reconnais tellement dans ce texte… Bien que j’aie qqes années de plus ! lol
    Moi j’étais toujours dans les meilleurs de la classe, j’ai eu mon bac ES avec mention bien, puis une maîtrise avec 17/20 à mon mémoire… Après je me suis dit qu’il était temps de chercher du boulot et que continuer vers une thèse ne m’apporterait pas grand-chose. Ont suivi 2 années de galère où on ne me « proposait » que des stages non rémunérés, 500 lettres de candidatures envoyées (j’en arrivais à noter tous les noms des entreprises dont je voyais les logos ou les enseignes et à postuler partout), puis un premier job au cours duquel j’ai pu faire l’expérience du harcèlement moral et qui m’a menée au fond du trou au bord duquel je me baladais depuis un bon moment… (là, en effet, on se dit qu’on est vraiment nul et on doute complètement de ses propres compétences, on ne se sent plus adapté à ce que demande la société). Puis un CDD pas folichon, enfin un CDI ailleurs mais dans un job pourri avec une ambiance merdique… Licenciement et re-chômage… Aujourd’hui, mon boulot n’est pas intéressant, je gagne 1700 euros par mois à 33 ans sans aucune perspective d’évolution, mais je sais que je suis capable de mieux que ce que je fais. Pour autant, je n’ai pas assez confiance en moi pour me lancer dans autre chose sans assurance de trouver du boulot après.
    Mon job est uniquement alimentaire, je cultive mon jardin personnel, ma famille, mes amis… J’ai fait le deuil d’avoir un jour un job intéressant et mes intérêts se portent ailleurs.
    C’est aussi un peu de ma faute car je n’ai jamais imaginé quel boulot pourrait me captiver pour une vie entière.

    Mais je comprends ta déception devant cette société dont on nous ferme les portes, cette France qui nous parque dans des cages dont on ne peut plus sortir (je sais que si je cherche du boulot, je ne retrouverai rien d’autre qu’un job aussi nase que mon job actuel, voire pire), ce monde qui refuse de nous laisser une chance…
    J’ai bcp d’amis dans ma situation et c’est rageant de voir dans toutes les entreprises des abrutis alors que des gens compétents frappent à la porte sans aucune chance de la voir s’ouvrir un jour.

    Le gros problème de la fac en France, c’est que ses diplômés n’intéressent pas les entreprises, sauf pour leur proposer des stages non rémunérés. Cette gangrène est d’ailleurs en train de s’étendre à d’autres types d’enseignement et les écoles de commerces et d’informatique qui font foison apportent également beaucoup moins de débouchés qu’auparavant… Le hic, c’est qu’en plus, certains s’endettent pour se payer ces écoles et commencent leur vie active avec des comptes en banque négatifs…

    La solution ? Peut-être partir à l’étranger. J’ai une amie qui est prof au Canada. La France n’a pas voulu d’elle, alors qu’elle adore son métier et l’exerce à merveille. Ici, elle ne rentrait pas dans les bonnes cases; là-bas, on est capable de reconnaître ses aptitudes à l’enseignement et à la pédagogie…

    Cela dit, tout le monde n’a pas forcément envie de tout plaquer pour l’inconnu… Enfin, quand on a 25 ans, rien n’est impossible !

  6. AH Le service civique, j’ai donné moi aussi dans une assoc humanitaire. J’étais chargée de com… c’est vrai que j’étais trop sur le terrain à aider des gens en envoyant des communiqués de presses et des newsletter 😉 J’ai interpelé Martin Hirsh à ce sujet lors d’une rencontre régionale des jeunes en service civique, en lui disant que c’était surtout un gros truc d’emploi dissimulé pour faire baisser le chômage… on m’a gentiment interrompue et on est passé à une autre question.

    LE LOL !

  7. Malheureusement, situation très bien résumée…Nous sommes beaucoup à partager des parcours similaires (le mien se rapproche de celui de Stef, mais j’ai bien connu le « il va falloir arrêter de travailler voyons, on ne peut pas faire de grandes études ET bosser ma petite »…Evidemment, on peut aussi vivre dans la rue et crever la faim, c’est tellement plus approprié!) J’espère que des personnes comme toi feront bouger les choses en politique à ce niveau là. Merci pour ce texte.

  8. Il y a aussi un truc à dire sur la période que tu traverses (qui est plus ou moins la mienne, le chômage du jeune diplômé), c’est la chute de la confiance en soi qui la caractérise. N’importe qui a tendance à se sentir mal dans sa peau quand, parmi la myriade d’entreprises auxquelles on a postulé, les rares réponses étaient négatives. Se prendre des baffes dans la gueule a longueur de temps, avec en plus la pression des parents qui trouvent qu’on n’en fait peut-être pas assez, et les gros moments de déprime quand on voit qu’il n’y a rien de plus à faire pour le moment, ça n’a pas tendance à vous remonter le moral.

    Il paraît que les coups dans la gueule font mûrir. Il paraît…

  9. Il est bien triste que la société valorise constamment des profils dont elle n’a pas besoin tandis qu’elle dénigre et méprise les métiers qui feraient sa richesse : combien de personnes titulaires d’un M2 (en sciences politiques, histoire, lettres etc.) sans valeur (car beaucoup trop accessibles ; accessibilité répondant au souci d’une absurde démocratisation) et qui se retrouvent au chômage, trahis par une société qui n’avait pas besoin d’eux. Et combien de boulangers, de menuisiers, de caissières, si essentiels à la vie d’une cité, dont nous manquons parce que nous jugeons indignes (Nous, Hommes des Nords tertiarisés) que nos enfants se salissent les mains à exercer des métiers manuels. Votre histoire est émouvante et révèle le pacte faustien que nous avons signé : « vous tous aurez accès à une éducation complète, vous tous pourrez vous enorgueillir d’avoir fait des études supérieures, vous tous penserez mériter des salaires mirobolants et des situations enviables, mais en contrepartie, vos diplômes ne valeront rien, l’on aura pas besoin de vous, et vous serez plus malheureux et pauvres que vos pères, les paysans d’Ancien Régime ». Et nous avons signé…

  10. bac + 5 en science po … OK et ça correspond à QUOI comme métier ? « Salut je suis sciencepoliticard ! y’a une place pour moi ?  » ah ben non ! Je connais des charcutiers, des mécaniciens, des carreleurs, ça c’est des métiers… Science po , science po … Ah oué c’est ceux qui parlent à la télé et qui maitrisent la langue de bois ?? OK , je vois… j’allais dire : bien fait ! Tu t’es pas renseigné avant de t’engager dans cette filiere ou quoi ? Mais qu’est ce que t’as foutu , bordel de merde ? Allez , je te souhaite de trouver un truc sympa dans une administration à la con, enfin si tu passes les concours , ou à la télé, tiens ! … Postule à la télé, ou dans un journal ! Ils offrent des stages NON REMUNERE …. hihihihi mais après t’es peinard… Oué je te jure. Après tu peux toujours faire de la politique. Aussi. Bonne chance !

    • Bonjour,

      Tout d’abord je n’ai pas fait l’école Science po alors je te pris de ne pas me confondre avec la bande d’apparatchik qui pensent leur carrière politique dés leur plus tendre enfance. J’ai été à l’Université.

      Ensuite, Science Politique c’est un domaine d’étude. Pour être plus précis, mon M2 pro me formait à des métiers comme :
      – chargé de communication (collectivité, institutions publiques ou culturelles diverses,…)
      – journaliste
      – chargé de relation presse
      – chargé de relation publiques
      – chargé de mission démocratie locale
      – chargé d’événementiel
      – attaché parlementaire
      – directeur de cabinet

      etc… Donc rien à voir avec ta vision rétrécie de la politique (qui, je te l’accorde est celle de certains bouffons qui nous gouvernent). Je suis formé à faire des choses précises pour beaucoup de structures différentes…

      • Chargé de prendre nos revenus par l’impôt ?
        Pour ensuite venir nous plaindre en expliquant que le libéralisme rolala c’est pas bien alors que vous vivez sur le dos de ces salariés (et du mien) qui triment pour s’en sortir.
        La société a très bien vécu pendant des siècles sans des parasite dans votre genre.
        Vouloir « administrer » la vie des autres qui ne demandent qu’à prendre la leur en charge :
        quel triste choix de carrière.

      • @Le Corre « parasite »?
        Vocable d’un inculte converti à l’individualisme forcené, assurément.
        Les vrais parasites sont invisibles pour ton coeur car tu regardes par terre vers le bas.
        Essaies dons de regarder vers le ciel, il y a certes des étoiles, l’infini de l’espace… mais aussi les Dieux qui regardent aux balcons les humains s’entredéchirer pour des querelles de trimards. Fais toi un léger torticolis pour comprendre que ton esprit polluer par des valeurs pourries tel que la réussite, l’argent le confort… fait de toi un esclave servile du système dominant, dirigé par la finance et les rapaces Off Shore. Ceux qui placent leurs milliards dans les paradis fiscaux. Les voleurs de foules!!!

      • @Obi Oxoïdo
        « un esclave servile du système dominant, dirigé par la finance et les rapaces Off Shore. »
        La finance ne m’a jamais rien volé. Tous les contrats passés avec elle ont été libres et consentis. L’Etat lui, me prend 70% de ce que je gagne sans me demander mon avis et sans droit de regard sur ces sommes.

        Quant au discours haineux collectiviste, va le donner en Hongrie (où j’habite en ce moment) à ceux qui ont réellement vécu le communisme. Ils te cracheront dessus avant que tu ne puisses étayer tes arguments.

        PS : un discours philosophique c’est bien, sans fautes c’est mieux.

      • @Le Corre
        Parler de « parasites » pur qualifier des êtres humains en dit long sur ta morale.
        Bon maintenant si t u mélanges tout dans ton mixeur qui te sert de cerveau, c’est ton problème. La finance Off Shore dans les paradis fiscaux est un véritable parasitisme.
        Renseignes toi un peu sur Clearstream, les ouvrages de Denis ROBERT en disent long pour ne pas rester indifférent à cette fraude institutionalisée.
        En aparté, il faudra que tu m’expliques pourquoi tu te plains d’un Etat qui te ponctionne soit disant 70% alors que tu vis en Hongrie. T’es « un mytho » mon gars.
        Pour le reste, il est connu que les gens veulent ce qu’ils n’ont pas. Dans les pays totalitaires, les gens veulent des libertés… les communistes veulent veulent de la libre entreprise… les pays dits « anglo-saxons » libéraux veulent du social… Dans les théocrtaies les individus veulent de la liberté de conscience… en résumé quand il fait trop chaud, on préfère de la fraicheur… Quand il fait gris, on veut du bleu… etc.
        Ton clivage qui opposerait l’individu au collectif est complètement bidon parce que tu ne résonnes pas avec les bonnes clés… Vas-y. profites tant que ça dure.
        Mais ne parle pas de « parasites » quand tu parles des gens. C’est dégueulasse.

      • 1. Si le mot te gêne, je veux bien admettre qu’il soit un peu fort pour qualifier notre hôte. Tu n’auras qu’à m’en proposer un à l’occasion.
        2. Je t’invite à revoir la définition de « où j’habite en ce moment » (qui implique un séjour d’une durée limitée).
        3. Concernant l’individu et le collectif, nous sommes bien d’accord. Un équilibre doit être trouvé. Seulement, en France l’individu est piétiné, écrasé par le collectif.
        4. Le paradis fiscal, un parasitisme ? Je ne paye pas pour ces gens-là. Ah si, c’est l’Etat qui me force à payer pour sauver la finance. Ce que je n’ai pas demandé, car personne ne m’en a laissé le choix.

      • Jean–Luc Mélenchon à Bernard Arnaud : « Vous êtes un parasite. »
        Vous allez me dire que là c’est différent, je me trompe ?

  11. Avant il y avait le service CIVIL. C’était un peu mieux payé, les conditions étaient légèrement différentes mais en tout cas il y avait l’idée qu’il s’adressait à seulement quelques volontaires, motivés, dans une sorte d’alternative à la fin du service militaire. On bossait surtout dans des assos, ce qui une bonne chose je pense – malgré le faible salaire – au vu des capacités financières extrêmement limitées du monde associatif (à part quelques grosses structures qui font exceptions). Ça dynamisait un peu un monde associatif qui a trop souvent tendance à s’essouffler vu qu’il ne marche en grande partie que grâce à des bénévoles.

    Puis ils ont transformé ça en service CIVIQUE. Avec l’objectif clairement affiché d’attirer « jusqu’à 75 000 jeunes ». Payé une misère à travailler, parfois (souvent ?) dans des conditions proches de l’emploi dissimulé. Et il y a des grosses boites qu’on dirait monter exprès qui font leur beurre de ce genre de contrats, je pense à Unis-Cités en particulier. Du coup l’aspect utile de ce genre de contrats perd en pertinence, et en plus on a de plus en plus de mal à ne pas voir le service civique comme un cache misère de la situation de l’emploi des jeunes en France.

    Je suis engagé en service civique dans une petite asso mosellane. Je ne me plains pas, mon taf est intéressant, je n’ai pas l’impression d’occuper un vrai poste et de toute façon la structure n’aurait clairement pas les moyens de payer un vrai CDI. Ça reste bien pratique pour concilier fac et job, ce qui est mon cas.
    Mais quand je rencontre d’autres services civiques (parce qu’il y en a de plus en plus), j’ai souvent l’impression d’être dans un cas exceptionnel. On embauche un service civique d’abord parce que c’est pas cher, pas dans un esprit de volontariat (ce qui était la base du service civil pourtant)

  12. Et oui tout le monde est dans le même bateau, en 2011 j’obtiens mon Master en Développement Durable ( paraissait que c’était un secteur d’avenir, si déjà c’était un secteur du présent ça serait pas mal ) et là comme toi le défilé des lettres de refus commence ( quand on les reçoit )…
    Au bout de quelques mois la remise en question de soi et la pression familiale font qu’on commence à chercher dans tous les domaines possibles et là le job tombe : un poste de Chargé d’Accueil en CDD de 9mois dans une banque !!! C’est pas l’Eldorado et loin de l’idée que je me faisais de mon premier vrai travail à temps plein mais c’est la réalité. J’ai aucune formation et 0 expérience dans ce domaine mais pourtant on m’accueille sans se poser de questions.

    Aujourd’hui mon contrat se termine dans possibilité de prolongation en CDI parce que je vendais pas assez de contrats aux clients… et je vais devoir retourner chez Pôle Emploi. Je regrette pas mon expérience à la banque.Elle m’a appris énormément et m’a donné une autre vision plus humaine des méchants banquiers décrits dans les médias.
    Je suis quasiment certain que je ne trouverai pas d’emploi stable dans le domaine où j’ai été formé mais qu’à l’inverse je retrouverai sans trop de soucis un job commercial ce qui en dit long sur les attentes du marché du travail xD

    Au final on voit bien qu’actuellement un diplôme ne garantit pas un travail. il te permets juste de postuler à des offres allant de niveau Bac à niveau Bac +5 en gros. Et il y’a plus de chances de se retrouver avec un poste niveau Bac que Bac+5.
    Nos gouvernants sont en train de créer une jeunesse frustrée… Et on sait où une frustration exacerbé peut mener à long terme.

  13. Dès le début des années 90, le nombre d’étudiants étant en augmentation, l’université est devenu un vrai business juteux. Combien d’université nouvelle depuis lors. Tous les départements voulaient leur petit IUT pour fixer la jeunesse dans les petites collectivités territoriales. Tout le monde en a profité. Les promoteurs immobiliers (résidence universitaire), les petits propriétaires (location studio), les assurances et mutuelles étudiantes (mauvais souvenir la MNEF en lien DSK), les bistrotiers, les auto-écoles, les photocopieurs… L’édition rapport aux manuels sans cesse renouveler… j’en oublie certainement. Le résultat des courses, un baccalauréat galvaudé et parconséquent des diplômes universitaires nivelés par le bas. Maintenant que les amphis sont là. Il faut bien les remplir. Des générations comme la tienne et celles qui arrivent sont et on été formées dans des filières qui ne débouchaient et ne déboucheront sur rien. Il faut bien que les académies justifient le budget accordé à l’enseignement supérieur. Que feraient ces professeurs sans la manne estudiantine? Alors on continue et des bacs plus 3, 4, 5 à qui les professeurs font croire que la société les attends, qu’ils auront un super salaire, qu’ils sont l’élite de demain… Seulement la désillusion est abrupt.

  14. Cher Romain,

    Merci pour ton article. On parle beaucoup de la situation scandaleuse des stagiaires, mais très peu de celle des services civiques (ou SCV, comme on dit dans le jargon). J’ai moi-même été service civique pendant 10 mois, après un master 2.
    Le service civique est en théorie un engagement citoyen, fait par un jeune de moins de 26 ans. La triste réalité, outre le fait que nous ne soyons que de la main d’oeuvre pas chère, c’est que les SCV sont en général très diplômés. Parmi mes copains en service civique, le niveau minimum était le bac +3, et allait jusqu’au bac +8 !
    Pareil que les stagiaires? Pas vraiment.
    Il y a le mythe du stagiaire « photocopieuse-café ». Le service civique fait, lui, des choses avec des valeurs!
    J’insiste sur cela, car en plus d’être payé une misère, de faire le travail d’un salarié normal, le service civique est bassiné avec les notions de citoyenneté dans laquelle il s’est engagé. Un esclave citoyen, en quelque sorte.

    Le comble du comble? Le service civique est un contrat très bien ficelé. N’étant pas une rémunération, mais une « compensation », le jeune ne peut pas percevoir d’aides auprès du Pole Emploi.
    Le comble du comble du comble? François Hollande veut en faire 100 000 d’ici la fin de son mandat.
    Donc pour l’aide à l’emploi des jeunes, cette phase de bizutage va devenir quasi obligatoire, en plus des périodes de stages…!

    • Si le service civil conditionnait un « revenu universel » cela changerait beaucoup la donne et surtout cela équilibrerait les idées de droite et de gauche.

      Des droits et des devoirs, c’est cela.

      Chacun devrait avoir droit à un service civil effectué principalement dans la vie associative, renforçant ainsi son effectif salarié et bénévole. Il s’agirait d’inscrire les Associations dans un rôle d’apprentissage aux institutions et aux organisations d’intérêt public comme à la citoyenneté. Cela participerait à favoriser l’approche des plus jeunes vers le monde professionnel et plus généralement, participent à l’intégration des personnes en difficultés.

      Cela offrirait aussi la possibilité de s’orienter vers une activité choisie.

      Quelle citoyenneté pour quelle société ?
      Quelle citoyenneté pour quelle société ? par service-citoyen

      Un autre lien pour info sur le revenu universel appeler revenue de vie:
      http://www.scoop.it/t/revenu-de-vie?page=1

      Bonne réflexion.

  15. Le malaise des diplômés ne doit pas ignore le chômage de masse ches les jeunes dans la tranche 15 à 24 ans une moyenne de 25% de chômeurs.

    La France des laissés pour compte, c’est les jeunes qui payent le prix fort de l’insertion professionnelle, alors que la France multiplie les dispositifs d’aide à l’emploi.

    Une idée plus précise:

    1983: SVIP (Stage d’Initiation à la Vie Professionnelle) gouvernement Mauroy.
    1984: TUC (Travail d’Utilité Collective) gouvernement Fabius.
    1989: CES (Contart d’Emploi Solidarité) gouvernement Rocard.
    1993: CIP (Contrat d’Insertion Professionnelle) gouvernement Balladur.
    1997: Emploi-Jeunes gouvernement Jospin.
    2002-2003: CJE (Contrat Jeune en Entreprise) et CIVIS (Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale) gouvernement Raffarin.
    2006: CPE (Contrat Première Embauche) gouvernement Villepin.
    2009: Service Civique, soutien à l’alternance et RSA jeunes gouvernement Fillon.

    Toutes ces politiques ont échoué.

    Pourtant, il est nécessaire de relever le défi de l’insertion professionnelle et du chômage des jeunes. Le service civile est certainement le système qui offre le plus d’avantages pour l’intégration, l’insertion, l’acquisition de compétences et de diplômes.

    S’il s’agit de mettre en place une obligation au service des administrations et associations, le service civil (un devoir) deviendrait la condition pour l’attribution d’un revenu de base (un droit).

    Voilà une solution que je vous invite à explorer.

    Pour plus d’infos sur ce qu’est le revenu de base voici un documentaire très explicite:

    Sans la jeunesse et un véritable projet politique, rien ne changera alors haut les coeurs.

  16. Bonjour,

    Vous avez tous résumé les conneries des politiques successives de gauche comme de droite en matière de formation et d’emploi. La France a dénigré les emplois manuels, a favorisée en baissant le niveau du BAC l’accès aux études supérieures, résultat : des gens bardés de diplômes sans emploi et des entreprises comme la SNECMA qui ne trouve pas de chaudronnier, tourneur, ajusteur, etc…

    Un comble tout de même pour un pays qui a dépassé les 10% de chômeurs !

    Ces entreprises vont devoir recruter sur le marché européen ou ailleurs des travailleurs formés à ces métiers que la France à volontairement laisser de côté en les sous évaluant. Au moins on a la fierté d’avoir des gens super diplômés, des intellectuels sans emploi…

    Que font les ministres de l’éducation nationale ? Des réformes sur les rythmes scolaires qui portent leur nom mais rien sur fond. Des mômes qui sont débordés par le rythme trop rapide pour eux qui vont grossir les rangs des fouteurs de merde ou futurs délinquants !

    Il y a des solutions, il faut juste s’en donner les moyens, mettre de la rigueur et de la discipline dans nos écoles. Fini l’arrivée des enfants à 10h00 du matin comme ça se passe aujourd’hui à Corbeil dans un silence assourdissant, « faut rien dire sinon ils vont tout casser ». DISCIPLINE, 8h30 ou suppression des allocations, je vous garanti du jour au lendemain un changement radical !

    Adapter le rythme des enfants en difficulté, faire le programme de 2 ans en 3 par exemple mais aussi tenir compte des enfants dont le programme actuel est trop lent pour eux. Arrêter avec ce système du « moyen » qui pénalise les très bons comme les très mauvais.

    En résumé, on a les résultats que l’on mérite !

    Filou91

  17. Je ne me reconnais absolument pas dans les parcours de la plupart d’entre vous. Et je n’ai pas vraiment envie de vous plaindre, même si je compatis.
    Et je ne suis pas de ceux qui clameront que vos échecs sont la preuve d’un soi disant manque de rigueur ou de toute autre forme de déliquescence inéluctable de la société qu’il faudrait combattre par la répression.
    En revanche, j’appartiens au groupe ridiculement petit de ceux qui pensent que l’on peut être bon pour les études et faire le choix d’un métier qui nous rend libre plutôt que de regarder sa notoriété, sa reconnaissance, ou le niveau de salaire qui y correspond.
    J’appartiens aussi au groupe de ceux qui pensent que l’école apprend à choisir, à analyser ce qui nous environne, à penser (par soi-même, pas ses parents, ou la société), et à aspirer à la liberté. C’est là où, camarade, ton apostrophe à la France me fait mal, de même que ton dénigrement de la société : moi j’appartiens à ces deux entités, et je ne t’ai jamais demandé d’aller te faire formater à l’université.
    J’ai passé un bac littéraire parce que ma Moman m’y a encouragé, persuadée que j’en aurais besoin un jour. En échange, j’ai négocié de faire ensuite ce que je jugerais utile.
    C’est ainsi que je suis devenu tailleur de pierre : un boulot de prolo – du bon côté de la barrière sociale, révolutionnaire en herbe que j’étais -, teinté d’une aura poétique (qui disparait dès qu’on réalise que c’est un métier du bâtiment), sans chômage (à l’époque) et qui était ce que je pouvais faire de moins pire – étant donné que je ne voulais pas travailler, ni faire d’études dont je pensais, et tu me donnes raison, qu’elles ne menaient nulle part surtout après un bac L – prof ? Tu n’y penses pas sérieusement, j’espère : ma mère l’était.
    Bref, après une tentative accidentelle à l’École du Louvre qui m’a convaincu que les études, c’est fait pour s’épanouir, pas trouver du boulot, mon service militaire où j’ai découvert qu’il était parfois plus facile de supporter la hiérarchie bidasse que celle du bâtiment, je suis retourné finir d’apprendre mon métier, histoire de me la couler douce et d’avoir la liberté de ne pas me soucier de ce minimum qu’on appelle argent.
    Et c’est ainsi que j’ai pu m’investir dans une association qui organise des chantiers de bénévoles internationaux, des services volontaires européens et le service civique en essayant au maximum de se soucier d’éthique. Ce qui est à la fois ma liberté, et ma vie intellectuelle.
    Aujourd’hui, je me félicite chaque jour de ce choix, qui me permet de vivre selon mes envies et de m’engager sans aucun désagrément.
    Ce que tu reproches à la société, tu peux aussi te le reprocher un peu, non ? Pourquoi as tu cru toutes ces personnes ? De quoi rêvais tu pour choisir une voie comme la tienne ? Tu dis que tu as suivi : qui t’as demandé de suivre ? L’école nous enseigne la lecture puis nous fait lire l’Histoire, les philosophes, les auteurs divers et variés dont les héros sont souvent des personnes hors du destin commun : qu’en as tu tiré ? Qu’il fallait suivre la foule ? Hurler avec les loups et ramper devant le premier de la classe ?
    Ce qui me fait le plus mal, quand tu nous apostrophe, nous la France, nous, la société, c’est que tu négliges totalement tout ceux qui triment comme des esclaves et dont le peu d’impôts qu’ils payent servent aussi à financer tes études alors que leurs enfants, souvent, n’en bénéficient pas. Tu négliges tous ceux à qui la France n’a pas fait de promesses du tout. Moi, j’ai eu droit au secondaire, et je m’y suis émancipé, mes collègues n’ont pas tous eu le choix de leur métier et nul n’accuse la France. Ah, si les mecs dans les bureaux… mais ce n’est pas la France, ni la société. Et quand je leur explique que sans mecs de bureaux, pas de sécu, pas de nouveaux projets, pas de chantiers, ils l’entendent. Mais pour toi, ils n’existent même pas, et tu les accuse de t’avoir emmené à l’échec ?
    Je pourrais poursuivre bien longtemps, ajouter le fait que vos études qui ne servent à rien coûtent extrêmement cher comparé à un CAP qui permet de produire des choses utiles, voire essentielles, insister sur le fait que la France dont tu parles, c’est seulement ton milieu, et les politiques dont tu fais presque partie, revenir sur cette incapacité à utiliser leur libre arbitre qu’ont les gens, sur le fait que l’école n’est pas une formation au travail, mais, produit de la démocratie française, doit rester ou redevenir le lieu de formation de citoyens éclairés, y compris quand elle forme les moins qualifiés d’entre nous…
    Ton texte est blessant, en fait.
    Je pourrais donc finir en te défiant de venir me mettre ma part de coup de pied au cul.
    Mais je compatis. Et je veux t’encourager.
    Tu as 25 ans, du temps pour penser, de l’énergie, une solide formation. Quand tu auras décidé – et tu sembles près de le faire- de t’écouter toi même, de ne plus te soumettre, ou de construire un compromis qui t’avantage, tu réussiras. Quelque soit la forme de ta réussite. Ton entreprise, ton journal, ta SCOOP au projet utopiste, ta -notre- révolution…
    Mais je t’en prie, ne nous rends pas co-responsables d’un échec dont nous ne voulions pas, moi et la masse immense de ceux qui se sont donné les choix, et de ceux qui ne les ont jamais eu.
    Merci.
    Hugo

    • Bonjour, tout d’abord bravo pour ce beau texte Hugo… de belles valeurs humaines et surement que tu as beaucoup de réponses à ceux que je cherche en ce moment.. et tu as une vision de la vie que je redécouvre actuellement.
      Romain, je te comprend car moi même j’ai neuf années d’études derrière moi, des boulots à mi-temps pour me payer tout cela, de l’épuisement et toutes les galères à côté. Et actuellement pas de travail… J’ai craqué, je me cherche actuellement tout ce monde utopique que l’on se construit à l’Université, on se prend un coup de massu sur la tête à la sortie. Mais, je relativise… j’ai pu m’ouvrir l’esprit avec des rencontres fortes intéressantes, en faisant des jobs comme du ménage et même de la chaudronnerie, j’ai rencontré des personnes qui triment chaque jour en faisant des métiers difficiles mais des personnes humaines et pleines de valeurs qui m’ont toujours encouragé. Les études oui, mais des études utiles qui te conduisent à un métier où tu seras épanouit et qui te permettent de vivre convenablement. Je comprend ta déception…. je la rencontre actuellement…. Le monde ouvrier et le monde intellectuel sont complémentaires à mon sens et il est possible de s’y épanouir dans les deux sens où chacun à sa place. Bon courage en tous les cas mais ne prend pas un boulot que pour taffer prend le temps de te poser et de réfléchir au sens profond de ce que tu veux faire de ta vie…. C’est important de prendre le temps de vivre pour soi et non pour la réussite sociale ou des autres… A la fin chacun fini pareil mais pas dans le même état préserves toi.

    • J’approuve en très grande partie cet excellent commentaire. Il est souvent beaucoup plus facile d’accuser les autres, la société, plutôt que de remettre ses choix en question.
      Je suis assez sensible à ce sujet, car en galère moi aussi après de bonnes études (doctorat en sciences), puis des années de CDD à droite à gauche (travaillé avec des prix nobel), pas toujours bien payé. Toujours en CDD, je cherche depuis plus d’un an et je ne trouve rien. On me reproche souvent de ne pas être tout à fait dans le moule.
      Malgré mes échecs et ma galère, je m’en prends surtout à moi. Avoir été trop naïf, trop passif à attendre que les gens viennent à moi. Envoyer des dizaines de CV sans prendre le temps de réfléchir, juste pour dire que je les ai envoyés (bien entendu, on échoue forcément comme cela).

      Cela dit, pour aller un peu dans le sens de l’auteur de l’article, il faut reconnaître qu’il y a un point assez frustrant dans les mentalités françaises, qui est de ne pas assez faire confiance aux jeunes ou bien aux gens un peu trop différents. On est souvent jugés avant d’avoir pu faire nos preuves, sur notre passé, contrairement aux pratiques anglo-saxonnes où les recruteurs vont plutôt essayer de voir ce qu’on peut leur apporter.

  18. Salut,

    J’essaye de répondre en vrac car j’ai eu très peu de temps ces jours ci.

    Tout d’abord je ne pense pas que la faute pèse sur la volonté de diplômer tous les jeunes. Je pense par contre qu’il y a une réelle carence dans la professionnalisation, mais pas au sens où certains (comme la confédération étudiante) l’entend. Simplement cette professionnalisation devait aussi reposer sur les entreprises prenant des jeunes avec des capacités qu’ils formaient aux besoins de l’entreprise. Mais trop couteux pour les financiers.

    Ensuite pour ce que tu dis Hugo. Je ne cherche pas à gagner 2000€. Pour tout te dire je me contenterais d’un SMIC. Et si j’avais l’opportunité, avoir une formation un peu comme toi ne me dérangerais pas du tout. J’y ai même pensé fut un temps en rencontrant un agrégé de philo tailleurs de pierre (hasard ?).

    Enfin, je ne fais pas une complainte car d’autres sont plus à plaindre que moi. Mais il y a un hic que je voulais soulever. Quelque chose ne marche pas, quelqu’un ne joue pas le jeu. Et je pense que c’est la finance qui bloque les entreprises dans le rôle qu’elles ont à apporter dans la finalisation de la formation.

    Bises

  19. Bonjour,

    Romain,

    Toi le défenseur de gauche, diplômé, tu accepterais d’être payé au SMIC ?

    Pourquoi faire des études alors ?

    Je sais la conjoncture joue en faveur des patrons, beaucoup de demande pour peu de poste à pourvoir résultat des salaires au rabais. Heureusement que le SMIC existe…

    Il y a quand même une chose importante à dire, nos entreprises vont mal, notre balance extérieure est lamentable au regard des autres comme l’allemagne qui ont sensiblement le même niveau de vie, pourquoi ?

    Qui prend les décisions dans une entreprise ? Le patron avec son staff de direction, ces gens payés grassement qui sont incapables de donner du dynamisme, d’aller chercher la vente à l’export préférant pleurnicher avec en tête la « mère » Parisot sur les 35h00 dont on sait tous qu’ils ont permis la flexibilité et les horaires continus très largement utilisée dans nos entreprises. C’est toujours plus facile de dire que c’est de la faute des autres quand on est incapable d’assumer, n’est-ce pas mesdames et messieurs les patrons (en général)!

    Que dire des évaluations qui mêmes directement aux augmentations, elles sont souvent à la tête du client qui provoquent un découragement quasi général des travailleurs. Il est vrai que le patron a ses « chouchou » à porté de mains mais pour quel résultat in fine ?

    Nos patrons ou futur patrons (en général) alignés tous les matins dans les cours des grandes écoles doivent s’entendre dire : « vous êtes les meilleurs, vous êtes les sauveurs de la France » résultat ils finissent par le croire !

    Il est vraiment temps que tout cela change, que ces méthodes de gestions d’un autre âge cessent et qu’enfin la France retrouve son vrai niveau dans le monde.

    Peut-être à tors mais je crois beaucoup dans l’avenir des SCOOP mais malheureusement si d’aventure elles devaient prendre un essor important, la révolte des entreprises dites classiques les torpilleraient.

    Chacun doit être rémunéré à sa valeur, dans un premier temps en fonction des diplômes et de l’expériences puis après en fonction de ses compétences et du travail qu’il fourni. Comme ces règles ne sont que très rarement appliquées, je milite pour qu’il y ait des AG dans toutes les entreprises sans grand résultat il est vrai.

    Il nous faut trouver d’autres moyens, être imaginatif pour contourner le dictat des patrons, comme le fameux dicton qui date mais toujours au combien français : « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées »

    Filou91

  20. Voilà ce qui arrive quand on oublie l’un des rôles fondamental des études : trouver un travail.
    Il fallait être réaliste, c »est raté. Maintenant, l’une des solutions est de songer à une reconversion. Plombier, soudeur, par exemple sont des métiers dont on a cruellement besoin, croyez-moi !

    Dans mon entreprise, certains soudeurs EXIGEAIENT des revalorisations immédiates de 10% sous peine de démissionner (sûrs et certains de trouver du travail ailleurs). Et ils l’obtenaient ! 🙂

  21. Pingback: On a testé pour vous : avoir un pote qui se marie… | L'Art et La Manière

  22. Je suis bien d’accord avec certains. Tu as visé bien trop haut, tu aurais pu arriver aux métiers que tu cites :  »
    – chargé de communication (collectivité, institutions publiques ou culturelles diverses,…)
    – journaliste
    – chargé de relation presse
    – chargé de relation publiques
    – chargé de mission démocratie locale
    – chargé d’événementiel
    – attaché parlementaire
    – directeur de cabinet »

    Tout ceci avec un petit diplôme, et en t’ayant retrousser les manches dès 19 ans : Sur le terrain pour monter en grade, construire un réseau, foncer dans le tas et bâtir ton propre petit empire. C’est dur mais c’est possible.

    Il faut arrêter d’être naïf, les études ce n’est pas un passeport à la clé pour des jobs précis.
    Si tu n’es pas le fils de ou la fille de, si tu n’es pas borné quitte a te battre pour atteindre tes objectifs et vivre malheureux… passe ton chemin, soit égoïste dans le bon sens : pense a ton bien-être.

    Combien de jeunes pensent qu’en ayant obtenu « 17/20 » a leurs mémoires, ça leurs fera obtenir un job de PDG d’entreprise ?

    Maintenant si vous voulez poursuivre des études, et bien il faut partir à l’étranger, voir d’autres choses. Faire tout sa en France avec cette crise, tu m’étonnes tu vas foncer droit dans le mur. Débourser des sommes astronomiques pour être dans la meilleure école, tout sa pour finir en stage…

    Je tenais a partager cet avis, qui est très important. Arrêtez de vouloir montrer votre intelligence a tout prix, de vouloir tout calculer etc. Pensez fermement et clairement. Vous verrez que vous obtiendrez vite des conclusions . Le fait de faire une étude de la situation ne changera pas votre vie active et professionnel. Vous perdez juste votre temps. Avancez et ne regrettez rien. Et surtout, n’écoutez pas les codes et les médias. N’écoutez pas la société car c’est en partie elle qui vous a menez à la ou vous êtes maintenant, vous les plaignants.

    Courage,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s