« Touche pas à ma nation »

Un YAGOUBI défendant la « nation » ? Et puis quoi encore ? Le saucisson et le pinard pendant qu’on y est ? Certains me diront que mon nom ne fait pas très français, d’autres m’expliqueront que c’est au nom de cette nation, de son unité et de ses soi-disant valeurs universelles civilisatrices qu’on a opprimé, exploité et fini par torturer mes ancêtres. Mais réfléchissons un peu mes amis. La question que nous devons nous poser est : « Faut-il laisser la nation, la patrie, la France, là où je suis né, là où j’ai mes amis, ma famille et mes repères, à ce qui veulent m’en exclure : la droite et l’extrême droite ? »

Il est évident que nous ne pouvons laisser la droite et la droite extrême s’approprier la France. Car qu’en fait elle, elle qui se targue le tant l’aimer ? La dernière fois qu’un gouvernement de droite ouvertement nationaliste chantant la Marseillaise, agitant les drapeaux, régna sur la France, on entendait crier : « Vive la France » et l’écho répondre : « Vive Pétain ». Jamais alors notre pays n’était tombé si bas, roulé dans la boue par un régime on ne peut plus lâche, raciste et pervers. Ce régime céda sans broncher à l’occupant et collabora sans vergogne avec son homologue nazi. Tout en se réclamant d’une France aux racines chrétiennes, avec le soutien de l’archevêque de Paris Emmanuel Suhard Le Collabo, il livrait des Juifs et retirait leur nationalité certains bons Français tel que l’illustre Générale Leclerc. Aujourd’hui, la droite et ses amis du Fhaine se réclament encore et toujours de la France chrétienne éternelle. Cet héritage est sacralisé notamment par le discours de Latran (20 décembre 2007) prononcé par Nicolas Sarkozy, dans lequel le chef de l’État , heureusement déchu, affirme vouloir valoriser les racines chrétiennes de la France qu’il considère alors comme fondatrices de notre nation. Ce dernier se rêvant alors surement en Charlemagne et Marine la Pieuse fille du Borgne en Jeanne d’arc, deux personnages incarnant au mieux la tolérance religieuse, fustigent alors la gauche laïcarde de ne pas aimer la France. Leurs amis en liesse applaudissent, agitent les drapeaux tout en chantant La Marseillaise et finissent par beugler les larmes aux yeux, le couplet du « sang impur ».

Tout cela me fait alors doucement rire, lorsque que me rappelant mes vieux cours d’histoires évoquant la rédaction de ce chant de l’armée du Rhin venues combattre l’Autriche pendant la Révolution. Les personnes désignaient par le terme « sang impur » n’était autres que les riches et les puissants, se réclamant de cette même France chrétienne éternelle et qui s’étaient exilés pour combattre leurs compatriotes qui eux avaient fait valser cet héritage au nom des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. En 1870, le peuple parisien en arme, pour repousser l’armée prussienne, chante la Marseillaise et le Temps des cerises. Ces communards qui nous ont tant inspirés seront massacrés par les 100 000 soldats français libérés par Bismark à la demande du gouvernement de droite de l’époque. Et quel carnage! Thiers et la droite assassinent puis déportent le peuple qui s’était soulevé pour défendre l’idéal républicain. Plus tard, en France alors qu’une partie du pays chante à la gloire du Maréchal Pétain; ce patriote réduit en esclavage les français pour les allemands, fusille les résistants en grande partie communistes. Et quand tombant sous le poids des balles de leurs compatriotes, ces résistants ne crient pas « Vive Staline » mais « Vive la France ». Mais la droite prédit encore et toujours l’arrivée de chars russes en cas de victoire de ces socialos-communistes qui soit disant n’aiment pas la France. L’union pour un mouvement populaire et le front de la haine, tentent de faire croire qu’ils représentent et défendent le peuple et la nation contre l’arrivée imminente d’une horde de barbare aux pratiques obscures. Mais ils oublient que le métissage culturel a toujours été la force d’un état. Un fasciste (ou autre personnage du même acabit) vous expliquerait seulement que le métis est bien plus solide que l’être informe issu d’une copulation consanguine en éludant le fait que l’intégration d’individus extérieurs à une société est une aubaine à la fois sur le plan intellectuel mais aussi économique. En effet un étranger bien accueilli et vivant dignement sur un territoire, échange et consomme sur place créant à la fois activités intellectuelles et économiques. Cette intégration est permise aujourd’hui par le droit du sol et non le droit du sang que défendent avec verve les amoureux de cette douce heureuse civilisation chrétienne.

La Nation française tel que nous l’avons conçu après avoir mis à bas les idéaux de la monarchie, est essentiellement politique et non culturelle. Ne faisant aucune distinction entre les Hommes (les femmes n’étant malheureusement pas incluses à l’époque), elle doit alors permettre à chacun (et chacune aujourd’hui) d’oublier leurs différences, dans le but de vivre et travailler à un avenir commun. Et c’est dans ce sens et non un autre, que cet idéal républicain a vocation à s’imposer, par la raison (non par les armes) aux différentes communautés ethniques, religieuses etc … La liberté, l’égalité et la fraternité, valeurs issues de la déclaration universelle des droits de l’Homme, nous les nommerons valeurs universelles, étant les seules capables de réunir l’ensemble de l’humanité et enfin produire du « vivre ensemble ».

Enfin bon, remercions la droite et l’extrême droite pour leur joli tour de passe-passe ayant pour but de nous faire oublier que la châtelaine d’Hénin-Beaumont et son ami l’ex gnome de l’Élysée ne sont autres que les défenseurs des riches et des puissants. Ne nous laissons pas piquer la France, elle est la seule propriété de ceux qui ne possèdent rien. Notre France: c’est la Belle, c’est la Rebelle. La patrie n’est d’ailleurs pas incompatible avec le Socialisme, bien au contraire, elle est nécessaire. « Il n’y a que les feuilles mortes » c’est à dire les traitres et les collabos « qui se détache de l’arbre » (Jaurès, Le Socialisme et la Vie). Friand de l’exil fiscal et des petits esclaves des pays émergents, on ne fait pas plus apatride que le Capital. Capital que la droite et sa consœur extrémiste défendent si bien. Après ce constat, j’ai choisi de défendre la conception de la nation qui nous unit autour d’un destin politique commun et consenti, tout ça en dépit de nos différences, puis nous libère par la diversité des rencontres qu’elle nous permet. Mes origines sont diverses, ma religion s’il en est une ne vous regarde pas mais mon drapeau est bleu blanc rouge et mon hymne je le chante avec amour. Ma nation c’est la France, c’est la sociale, elle est internationaliste et n’a d’autres buts que le bien des peuples du monde entier. Ma nation n’est qu’idéal, continuons le combat.

YAGOUBI Florian

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2 réflexions sur “« Touche pas à ma nation »

  1. On ne le dira jamais assez : la nation n’a pas toujours été de droite. Pendant des décennies, cette idée a même été l’apanage de la gauche radicale contre la noblesse et le clergé, le parti des « émigrés pendant la Révolution française.
    Merci de nous en livrer ta vision Florian. Le métèque que je suis apprécie grandement

    Et cadeau : ce que j’en pense
    http://lecridupeuple.com/2012/01/06/comme-la-nation-jeanne-darc-na-pas-toujours-ete-de-droite/

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