Archive : 2012, la fin de LEUR monde ?

Parceque ?

Je vous en parle assez régulièrement. Tous les 2 mois en fait. J’écris dans un petit magazine qui porte le doux nom de Parceque. C’est un joli projet de graphistes et d’amoureux de la plume que je vous conseille très fortement de bouquiner et encore plus fortement (avec menace tout ça tout ça…) de soutenir soit en achetant les numéros soit même en vous abonnant. Tout ça c’est possible depuis le site !

En attendant voici mon article pour le dernier numéro : La fin de leur monde ?

« De quel monde 2012 sonnera-t-elle la fin ? Celui dont IAM attendait la chute en composant cette chanson il y a quelques années ? Ce rêve dont on brise l’échine chaque jour dans la masse des média ? Ou peut-être de l’écosystème, aujourd’hui pris à la gorge par un système mortifère qui asservit de l’autre main l’humanité pour une poignée d’oligarques… Mais ne sont-ils pas grands parce que nous sommes justement à genoux ?

2012 est une année fatidique. Elle cristallise les tensions dans notre beau pays des droits de l’Homme depuis l’Armaggedon maya jusqu’à l’élection présidentielle. Une bonne cure d’obscurantisme nous attend donc car à bien des égards le carrefour de l’Histoire est truffé de faux sens uniques. Nous sommes au milieu de crises sans précédent. La crise économique, qui inonde nos ondes d’inepties libérales, et la catastrophe climatique dont l’origine n’est, au fond, pas si différente. Car quoi qu’on en dise, le slogan des manifestants de Copenhague, repris par Hugo Chavez à la tribune des chefs d’Etats, sonnait comme une vérité dans les conscience du monde entier : « Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé ».

Le bruit sourd qui gronde dans les rues pointe bien la cohérence d’un système qui marche sur nos têtes. La recherche absolue du profit mène à une course généralisée pour produire toujours plus et toujours à moindre coût. À payer toujours moins les salariés, écouler une telle marchandise devient un défi en soi. Le matraquage publicitaire et la multiplication des crédits le révèlent d’ailleurs à merveille. La vie de nos concitoyens se voit ainsi instrumentalisée et réduite à une somme de consommateurs sans conscience ni projet. La grande majorité de la population mondiale est asservie pour permettre à une poignée d’Occidentaux de vivre dans l’opulence. La production n’a cure non plus de son impact sur l’environnement, les déchets s’amassent, s’enfouissent et se jettent à la mer. Les lobbys du pétrole et du nucléaire mènent une guerre idéologique sans équiv alent pour conserver leur toute puissance sur le marché de l’énergie. Le greenwashing en prime, l’industrie de destruction prend chaque jour du poil de la bête et « le mangeur d’âme à chaque repas s’abreuve de nos rancoeurs » (Iam, La fin de leur monde, 2006)).

Comme un cercle sans fin, la boucle productiviste nous emmène vers un précipice. Elle phagocyte avec une efficacité étonnante toutes les mesurettes électorales qui font mine de se dresser comme des solutions miracles. Kyoto a accouché d’accord minimums, puis d’un marché des droits à polluer sur lequel la spéculation s’est jeté pour enrichir une caste de financiers. Copenhague n’a pas fait mieux, sinon mettre sur la place publique les désaccords géopolitiques qui entravent toutes les avancées écologiques. Le Grenelle de l’environnement n’a pas longtemps fait illusion et aujourd’hui même le premier parti à Gauche n’a pas le cœur à lier le système de production à la destruction méticuleuse de notre écosystème.

Pour autant consommer moins, mieux, produire autrement et engager une ré elle transition énergétique n’est pas un rêve d’enfant. L’illusion d’un horizon indépassable est en soi la première arme du système pour se considérer comme immuable. Seulement si les dominations sociales peuvent, d’expérience, durer des centaines d’années, le calendrier dans lequel nous projette l’écologie est tout autre. Aussi, comme je le disais, 2012 est une année fatidique. Ce sera la fin du monde si rien ne change, ou la fin de leur monde si enfin le peuple décide de faire prévaloir l’écosystème sur le profit.

C’est donc entre vos mains que tout se décide. Non seulement dans le bulletin que vous insérerez dans l’urne en avril prochain mais aussi dans votre capacité au quotidien à tenir tête à la marche de l’Histoire. Mettons un coup d’arrêt au libéralisme effréné, ne prêtons pas l’oreille aux faux-semblants, à ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent et qui ne cherchent qu’à nourrir leur petit feu sur leur petite popote. Votons et engageons-nous en mettant les deux pieds dans le plat car le changement n’attend pas les timorés…

Romain Jammes »

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