Archive : Vivre ou Survivre ?

Thèse / Antithèse

Les crises économiques, politiques et sociales dont nous sommes les témoins arrivent à une étonnante conjonction. Rien d’étonnant à cela au regard de ce que chacune d’elle alimente les autres. Mais tout de même, quelle période ! Les rebondissements économiques s’accélèrent sans cesse. Chaque jour une nouvelle bombe est posée : ici la chute de telle banque, là l’accord sur une nouvelle saignée d’austérité pour le peuple, jusqu’à l’annonce du référendum en grèce. Le théâtre fascinant d’un système en décomposition n’a finalement pas encore trouvé ses limites.

Mais comme dans toute période de tempêtes et de marées, des choix s’imposent et n’ont jamais autant d’importance que lors de ces moments précis. Aujourd’hui si chacun s’accorde à dire qu’il faut une sortie de la crise, deux thèses s’opposent clairement comme deux côté d’une barricade. Ce sont deux solutions qui aspirent chacune à répondre aux intérêts d’un groupe défini et cherche à conserver ou renverser les fondements actuels de notre société. Voulons-nous vivre de nouveau, ou nous plonger toujours plus dans la survie quotidienne dans la jungle libérale ?

Oh ne tombez pas dans le reproche aisé qui m’accuserait de caricaturer. Cela m’arrive parfois je le conçois, mais ne faut-il pas, à l’occasion, prendre une loupe pour montrer au grand jour les mécanismes qui régissent la société ? Pas de cela ici, il n’y en a pas besoin. La réalité est devenue plus ridicule que toutes les caricatures. Le sentiment de fin de règne se généralise, la panique gagne les esprits, et la fourmilière tente autant que faire ce peut de sauver les meubles.

Plus que jamais, il est utile de rappeler ce que nous faisons ici !

La Thèse libérale : Survivre !

Survivre, c’est au fond ça la solution de l’austérité. C’est celle adoptée par tous les dirigeants européens, certains sous la contrainte directe du FMI, d’autres par celle des banques et des agences de notation qui en font leur gagne-pain. D’autres encore rassurent simplement les amis qui ont permis leur accession au pouvoir. Toujours est-il qu’aucun ne fait ça au nom du peuple… Et pour cause, cette solution n’est pas autre chose que son pillage !

L’austérité n’est pas nouvelle, elle dure depuis des années. Aussi une période riche en rebondissements, en peur et en grands inconnus est propice à ce que s’accélèrent les saignées. La méthode est simple et efficace : baisser les salaires, le nombre de fonctionnaires, détruire les acquis sociaux, privatiser les services publics. Le coup à la société est fatal ! D’aucun qui espérait s’en sortir consomme toujours plus à crédit, consomme toujours moins pour boucler timidement ses fins de mois et contracte l’économie générale car son coiffeur, le café au coin de sa rue ou le cinéma de la ville se retrouvent sans client, ceux-ci priorisant assez étonnement le fait de manger et se loger avant leurs biens honnêtes services. Eux-mêmes, pris à la gorge licencient ou baissent les salaires. Les employés se retrouvent logiquement dans une situation difficile consommeront moins. La baisse d’activité liée à la baisse de clientèle atteint directement les producteurs de ces petits commerces qui eux-mêmes serrent la ceinture de leurs salariés et la boucle tourne tant est si bien que l’économie se contracte encore et encore jusqu’à la récession. La dette publique augmente donc au regard de la production des richesses, elle est d’autant plus alimentée que la baisse des salaires génère une diminution des recettes liées à l’impôt. En conséquence, les taux d’intérêts augmentent, la dette augmente encore d’autant et le pays se trouve dans l’obligation d’effectuer de nouvelles mesures d’austérité.

À qui profite le crime ? Aux banques qui remplissent leurs poches des intérêts sur la dette et aux grands patrons qui sont autorisés par la conjoncture et la flexibilisation du travail à précariser, et licencier les salariés puis à délocaliser si l’envie leur prend. La fin de la récréation est sonnée quand ceux-là même, un jour, seront si rassasiés qu’ils voudront faire la sieste… Où, qui sait, quand le peuple s’en mêlera pour proposer la seconde solution !

L’Itinéraire-bis : Vivre !

Cette idée n’a rien de révolutionnaire. Elle est un point d’appui à une transformation de la société pour des raisons que je développerais. Ce que nous proposons au Front de Gauche, est de renverser la boucle décrite plus haut. Rien de plus facile, quoi qu’un tel processus entend certaines ruptures avec les logiques actuellement à l’œuvre, lesquelles ne s’opèreront pas dans un consensus mou. Il faut prendre des mesures immédiates et fortes (à accompagner dans leur mises-en-place) : un SMIC à 1700€, une retraite à 60 ans et à taux plein, une réduction du temps de travail, un revenu pour les jeunes en insertion et en formation, une augmentation des minimas sociaux, un salaire et un revenu maximum, le retour de services publics bancaires, des transports, de l’énergie et des télécoms, etc… (je vous invite à consulter le Programme Partagé du Front de Gauche pour y voir plus clair).

Le processus est simple. Madame Martin voit son salaire augmenter, elle retourne (ou découvre) le café du coin, le coiffeur et le cinéma près de chez elle, d’autant plus qu’elle dispose de davantage de temps. Les chiffres d’affaires de ces commerces augmentent ce qui permet de payer plus cher les employés et d’acheter plus de produits aux producteurs qui eux-mêmes peuvent acquérir de meilleures conditions de travail etc… Le patron de Madame Martin doit augmenter les prix des services que rend sa PME mais c’est le cas de toutes les PME donc la grande entreprise qui l’a prise en sous-traitance est dans la même situation qu’auparavant. Elle doit payer plus ses prestataires, ses salariés et moins ses patrons et ses actionnaires. Elle n’est de ce fait même pas obligée d’augmenter les prix. Si elle le fait, ce sera en moindre proportion de l’augmentation des salaires car dans tous les cas l’Etat veille.

Le contrecoup classique de ce genre de mesure est l’inflation. C’est-à-dire l’augmentation des prix à laquelle succède une augmentation des salaires puis une nouvelle augmentation des prix etc… Ce qui veut dire que l’argent stocké sur un compte perd plus facilement de la valeur, ce qui n’arrange, en particulier, pas les affaires des rentiers. Mais Madame Martin n’est pas une rentière comme la grande majorité de la population… Ouf !

Evidemment, un tel processus entend d’autres mesures : une taxation des produits qui n’accèdent pas à certaines conditions sociales et environnementales, la possibilité pour la BCE de prêter directement au pays pour stopper la spéculation sur la dette publique, et la mise-en-place d’un pôle bancaire public pour les PME et les ménages désirant acquérir des crédits à faibles taux d’intérêts.

À qui profite le crime ? À Madame Martin pardi ! Elle peut de nouveau vivre, aller au café, au cinéma, chez le coiffeur. Elle peut avoir des loisirs, prendre du temps avec ses proches. Elle a même la possibilité, étant sorti du combat quotidien de survie qui lui ponctionnait toute son énergie, de s’engager dans des associations, partis ou syndicats. Elle participe à rendre la société plus vertueuse, défend ses idées et construit à son échelle la République ! Evidemment les pauvres banquiers et grands patrons répliqueront, raison de plus pour leur rappeler qui commande en redonnant au peuple la possibilité des se réapproprier les moyens de production.

Ainsi la généralisation des coopératives, le développement de la démocratie dans l’entreprise et la prise en compte des finalités sociales et environnementales des productions donnera un nouveau souffle à la démocratie. C’est d’autant plus vrai qu’en parallèle une VIe République sera rédigée par une assemblée constituante et reposera les fondements du vivre ensemble…

So what ?

Alors vous avez le choix du côté que vous voulez prendre. Moi j’ai choisi le mien ! C’est celui que propose le Front de Gauche : l’Humain d’abord et pas la finance !

Romain JAMMES

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