Archive : « Le plus vieux métier du monde » ? Débat sur la prostitution…

Retour du débat

Le rapport sur la prostitution remis à l’assemblée nationale par les députés Guy Geoffroy (UMP) et Danielle Bousquet (PS) est l’occasion d’ouvrir le débat sur une question importante. Il a le mérite de poser les choses clairement et de remettre en cause la représentation patriarcale de ce qu’est la prostitution (le « plus vieux métier du monde ») pour en faire voir d’autres facettes : elle « doit être considérée comme une violence, en majorité subie par des femmes ». Ces constats en appellent à un renouvellement de la législation pour mieux lutter contre ce phénomène. Mon propos n’étant pas de vous re-pondre le rapport je vous invite donc à le découvrir vous même.

Mais ce qui est de loin le plus étonnant dans ce débat c’est à quel point il divise ceux qui se réclament féministes. Car « le plus vieux métier du monde » n’est que le témoin de la plus vieille et la plus enracinée des dominations dans notre société : la domination masculine. Si la position en faveur de l’abolition la plus absolue me paraît assez naturelle, il n’en va pas de même pour tous. Le refrain pseudo-libertin qui nie la réalité de la prostitution et l’intériorisation de la domination fait des adeptes. L’idée du mal nécessaire ou du besoin pour l’homme d’évacuer régulièrement sa substance procréatrice (ou dit autrement de se vider les couilles) fait aussi son chemin. Je veux donc revenir brièvement sur le débat en présentant les différents points de vue sur la manière de traiter ce phénomène…

La réalité de la prostitution

La prostitution, tout le monde connaît, notamment les représentations véhiculées par l’éducation ou les médias. Mais sa réalité globale est assez peu connue. Aujourd’hui, dans le monde, 98% des des prostituées sont des femmes ou des fillettes. On perçoit aisément ici le rapport entre la prostitution et la domination masculine. 75% de ces femmes ont entre 13 et 25 ans, les plus touchées sont donc les jeunes femmes et les adolescentes. D’ailleurs, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans. C’est une moyenne, donc il y en a des plus vieilles mais aussi des plus jeunes ! Le nombre d’enfants prostitués augmente d’un million chaque année. La prostitution est un commerce, au même titre que le commerce d’esclave. Sans que cela atteigne les proportions du commerce triangulaire de l’Ancien Régime, les logiques de traite et de marchandise sont les mêmes. Ce commerce est très lucratif puisqu’une prostituée rapporte en moyenne 107 000 € par an à son proxénète.

En France, plus particulièrement, 80% des prostituées sont étrangères. 85 à 90% des personnes prostituées sont sous le joug de proxénétisme. La quasi-totalité des clients sont des hommes, 37% sont en couple, 29% sont cadres, 25% sont ouvriers. Chaque jour, une prostituée rapporte en moyenne entre 300 et 800 euros à son proxénète mais n’en touche que 50. Le Livre noir de la prostitution de Elizabeth Coquart et Philippe Huet (2000) montre qu’une prostituée sur deux a eu des contacts avec la prostitution dès son enfance, un tiers d’entre elles ont une mère ou une parente qui est ou a été prostituée. Dans cette enquête, un tiers des prostituées mineures ont été victimes de viol par des adultes connus d’elles entre l’âge de 3 et 15 ans. Au total, 80% des prostituées ont subi des abus sexuels au cours de l’enfance.

Je ne dresse pas ce tableau pour susciter l’émotion afin de faire adhérer à mon propos mais pour qu’on en tire des conclusions préliminaires importantes dans le raisonnement que nous allons tenir ensuite. La prostitution est un commerce extrêmement lucratif pour quelques-uns. Il est exercé quasi-uniquement par des femmes dont une écrasante majorité ne l’a pas choisi ou s’y est retrouvée précisément suite à une somme de vulnérabilités notamment sexuelles. Les clients sont quasi-uniquement des hommes. En proportion les cadres sont plus « consommateurs » que les ouvriers. Pour ce qui est des prostituées, les femmes touchées viennent des milieux les plus précaires, sont souvent issues de l’étranger et de pays pauvres où elles ont subi des violences dès leur enfance. VOILÀ CE QU’EST LA PROSTITUTION !

Prohibition et réglementation

La prohibition est une position d’entre-deux qui n’existe plus en Europe aujourd’hui mais continue d’être pratiquée aux Etats-Unis notamment. La prostitution est interdite, les prostituées sont poursuivies ainsi que les proxénètes mais ce sont surtout les premières qui subissent les condamnations pour atteinte à l’ordre public. La pratique est donc clandestine et criminalisée.

La réglementation refait surface depuis un certain temps. C’est une théorie pourtant vieille puisqu’elle date de la première moitié du XIXe siècle, notamment avec le médecin Alexandre Parent-Dûchatelet qui considère la prostitution comme « d’utilité sociale » et élément indispensable à la sexualité masculine « normale ». La réglementation implique donc la création de lieux clos et contrôlés par l’administration médicale et policière. Aux Pays-Bas ou en Allemagne, c’est cette position qui a été choisie. Mais dans ces pays, les conséquences néfastes sont nombreuses. La Tippelzone d’Amsterdam est devenue le refuge des trafiquants et est un véritable danger pour les femmes. En 5 ans, le nombre d’enfants prostitués a triplé. Pour un pays qui compte 17 millions d’habitants, les Pays-Bas ont 2 fois plus de prostituées que la France. En Allemagne, entre 2002 et 2010, le trafic d’êtres humains a augmenté de 70%.

Plus généralement, la réglementation revient à faire du proxénète un chef d’entreprise et faire de la prostitution un métier comme les autres : proposé par pôle emploi, organisé par la main invisible du marché qui fera, à n’en pas douter, assez vite des supermarchés de femmes, avec le marketing et les stratégies commerciales qui vont avec. Des collections printemps-été jusqu’aux soldes sur les gros seins. Une fois que le verrou de la marchandisation de la femme a été ouvert tout est à redouter. Ou préférera-t-on en faire un service public, avec recrutement sur concours car la sexualité « normale » de l’homme est d’intérêt général après tout. Au fond, pensons aussi les valeurs transmises à nos bambins qui grandiront en ayant en tête qu’ils pourront, impunément, louer le corps de certaines femmes.

L’abolitionnisme et le néo-abolitionnisme

L‘abolitionnisme est un courant qui tolère la prostitution mais cherche à réprimer toute son organisation qu’il s’agisse de proxénétisme, de maisons closes ou de racolage. En France, cette pratique est de mise depuis la loi du 13 avril 1946 qui interdit les maisons closes, surprime le fichage et renforce les sanctions contre le proxénète. En 1949, la convention de Genève « pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui » déclare que « la prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine ». Elle est signée par plus de 70 pays, dont le nôtre en 1960. Toutefois, aucune réflexion n’a été menée en France pour permettre une réelle abolition avant ce rapport qui pointe peut-être un retour de cette question.

Le néo-abolitionnisme est un courant relativement récent. L’idée consiste en la pénalisation du client et non plus de la prostituée qui est considérée comme une victime du système « prostitutionnel » contrairement au premier qui en est un des maillons. La Suède, qui adopte ce mode de répression a enregistré une baisse de 50% de la prostitution de rue, un recul net de la traite et de 80% de la clientèle. Il n’y a, au final, que quelques centaines de prostituées dans ce pays de 9 millions d’habitants.

Ma position

Dans notre système patriarcal, la domination masculine touche tous les champs sociaux et même celui du privé ou de la famille (tâche ménagère, revenu, mais également sexe). Considérer que le corps d’une femme est à vendre renforce l’idée d’une libido irrépressible des hommes et de leur droit à pouvoir disposer de ce corps pour l’assouvir. Il faut, par ailleurs, des mesures sociales pour arracher les prostituées de leur système. Or la précarité plonge d’autant plus de femmes à se réfugier dans cette branche. Permettons donc aux prostituées d’avoir accès à la CMU, de payer des cotisations pour la retraite et accompagnons financièrement leur ré-insertion sociale. Il faut renverser la pénalisation pour la porter sur le client. Si en Suède, la peine légale est de 6 mois de prison, dans les faits les condamnations sont des amendes plus ou moins importantes. Mais l’effet normatif de la loi à un impact important sur les mentalités.

Pour moi, la prostitution n’est pas compatible avec la dignité humaine. La pénétration et autres services sexuels pratiqués sans désirs et à répétition dans une journée s’apparentent à de la violence faite à la femme. Le client est roi et choisit la prostituée, le service, les positions etc… Il n’y a aucune forme de droit donné à la prostituée.

Par ailleurs, un viol laisse en général un traumatisme bien plus important qu’une agression physique. Cela montre bien que l’acte sexuel n’est pas un acte de même nature que tout acte physique. À ce titre, la marchandisation du corps comme elle se pratique dans la prostitution ne peut s’apparenter à la vente de la force de travail par un ouvrier. Qu’il s’agisse de vente d’organe, gestation pour autrui ou prostitution, cette marchandisation est inacceptable d’autant plus qu’il serait illusoire de la considérer en dehors d’un système de domination contraignant. Notamment, dans la mesure où 99% de la richesse et des capitaux mondiaux sont aux mains des hommes. La possibilité d’acheter des services sexuels est de fait un instrument de domination de l’homme.

Lémancipation des individus implique leur liberté sexuelle et passe par l’égalité dans le rapport : désir et plaisir partagé, acte choisi en dehors de toute nécessité. La prostitution est l’arme du patriarcat pour mettre la sexualité de la femme au service de ses propres impulsions.

Je suis donc pour l’interdiction absolue de la prostitution et pour son éradication la plus stricte. La pénalisation des clients est une étape qui ne se suffit pas. Elle doit s’accompagner par l’arrachement, sur le terrain, des femmes emprisonnées dans ce système. Enfin c’est toute une éducation sur l’égalité sexuelle qui pourra renverser à terme ce phénomène…

Romain JAMMES

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25 réflexions sur “Archive : « Le plus vieux métier du monde » ? Débat sur la prostitution…

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    • « Les » putes… LOL ! Une association qui ne représente qu’elle même… Merci pour cette malhonnêteté, et merci de faire la propagande des proxénètes =)

  4. « Je suis donc pour l’interdiction absolue de la prostitution et pour son éradication la plus stricte. La pénalisation des clients est une étape qui ne se suffit pas. Elle doit s’accompagner par l’arrachement, sur le terrain, des femmes emprisonnées dans ce système. Enfin c’est toute une éducation sur l’égalité sexuelle qui pourra renverser à terme ce phénomène… »

    Bon, d accord. Interdiction, pénalisation, panpan la matraque tout ça…

    Mais, que fait on avec tout ces hommes, trop gros, trop moches, trop timides, trop complexés, les mal foutus, les maladroits, les infirmes (hé oui, les manchots ont le droit de prendre leur sexualité en main, les éclopés, celui de prendre leur pied et… bon, je vais pas refaire tout le sketch…)

    Qu’est ce qu’on en fait, de tout ces « éclopés » de la vie, qui n’ont que les putes (ou la branlette, mais ça rend sourd et c’est interdit par le Vatican -encore un système patriarcal- !) pour avoir un semblant, une apparence de vie sexuelle ?

    On en fait quoi ?
    Bromure pour tout le monde ? castration chimique ou castration tout court pour les moches ? On fait des rafles à la sorties des balloches ou des boites, et ceux qui n’ont pas réussi à emballer, hop, une amende, et au bout de trois fois, zou le bistouri ?

    Dans ta société parfaite, tu les ranges ou ? Quel camp de la mort leur réserves tu ?

    Et à leurs copines, les moches, les boudins, les grosses avec un appareil dentaire, celles qui restent sur le bord, tu en fait quoi ?

    Et les prostitués masculins ? c’est aussi des victimes ou bien…. ?
    Et les prostitués homo ?

    J’aimerais bien, que tu répondes à tout cela, Romain, merci.

    Lalo

    • Dans la série des éclopés, des accidentés de la vie… Etc. pourquoi ne pas citer aussi les malades sous dialyse? Est-ce normal d’interdire le trafic d’organes qui pourrait les soulager? Pourquoi interdire aux volontaires de vendre un de leurs reins?

      On peut aller loin en légitimant le principe de la prostitution par les besoins des clients. Cela dit, si des bénévoles ont le goût des pratiques sexuelles librement consenties au service des personnes sexuellement défavorisées, je ne vous aucun inconvénient à ce que les uns et les autres puissent entrer en relation.

      • Je te ferais quand même remarquer que le don d’organe est une activité qui est scrupuleusement encadré, du moins en Europe…

        /troll On

        Mais c’est vrai il nous font chier tout ces bancals, les hémophiles, les hépatiques, les diabétiques… Ils ralentissent l’évolution de l’espèce, onaka les laisser crever, sélection naturelle !?

        /troll Off

      • Don d’organe encadré, oui, mais vente d’organe interdite.
        L’analogie est valable. La prostitution est comparable au trafic d’organes.

        Je n’ai rien contre les faveurs sexuelles accordées librement. Un système d’aide pourrait même être organisé et encadré officiellement pour mettre en relation les nécessiteux sexuels et les volontaires désireux de leur venir en aide. D’ailleurs, qui sait ? Un tel système pourrait finalement offrir aussi un exutoire aux érotomanes les plus pathologiques ?
        Cela dit, contre le dépit amoureux et les carences affectives, qui ne me semblent pas relever uniquement des seules pulsions sexuelles, soit dit en passant, il me semble difficile d’apporter une réponse sociale et totalement illusoire de croire en une réponse économique.
        La prostitution est un asservissement d’êtres humains en position de faiblesse. Elle ne peut être légitimée par une notion fallacieuse d’utilité sociale ou sanitaire.

  5. « La prostitution est comparable au trafic d’organes. »

    Non.
    Une prostituée ne « vend » rien, et déjà, pas son corps : la preuve : après, elle l’ont toujours.
    Elles ne le loue pas non plus.
    Alors ?
    c’est plus une prestation de service, comme un masseur, un infirmier ou un prof. (un prof ne vend pas son savoir, il le donne)

    Une remarque :
    Dans mon discours, je ne fait allusion qu’a la prostitution Adulte.
    La prostitution enfantine doit être pourchassée, réprimée, et de préférence le plus violemment possible. (comme le travail enfantin, les enfants soldats etc…)
    Fin de la parenthèse.

    Il est certain qu’une grosse partie de la Prostitution est effectivement un asservissement, et qu’il y a quand même une portion non négligeable de personnes qui font ça de manière volontaire, soit par gout du sexe, soit par gout de l’argent ou autre…

    Il faut laisser à cette portion la possibilité de pouvoir exercer, et de manière rémunérée !!
    Toute peine mérite salaire, tout service mérite rémunération, que ce soit le plombier qui viens changer la chasse d’eau, ou la prostituée qui viens changer l’eau des olives !

    Réduire la prostitué au seul état de « victime » c’est encore lui faire une violence ! (et c’est un raisonnement de Curé ou de petit-bourgeois)

    « Elle ne peut être légitimée par une notion fallacieuse d’utilité sociale ou sanitaire. »

    Le simple fait que la prostitution peut avoir une utilité sociale ou sanitaire la rend légitime.

    « Cela dit, contre le dépit amoureux et les carences affectives, qui ne me semblent pas relever uniquement des seules pulsions sexuelles, soit dit en passant, il me semble difficile d’apporter une réponse sociale et totalement illusoire de croire en une réponse économique. »

    Alors, quelle réponse apporter ? Aucune ?

    Si la société ne s’occupe pas d’une chose, la pègre s’en empare.
    la pègre, qu’est ce que c’est ? simplement des entrepreneurs habiles qui décident de se passer des questions de moralité.

    La société doit répondre à cette question, parcque le sexe est un besoin naturel (un peu plus dispensable d’accord) au même titre que manger ou dormir.
    En revanche fumer et picoler ne sont pas des besoin naturels, néanmoins et malgré la nocivité avéré, on en trouve partout en vente libre et réglementé.
    Alors pourquoi pas des services sexuels réglementés ?

    • Ah elle ne le loue pas ? C’est vraiment n’importe quoi, je ne vois aucune différence avec une location de bagnole par exemple. La prostituée met à disposition ses orifices pour que le mec puisse en disposé pour son plaisir. C’est ça la prostitution, c’est de la location de corps en tout point ! Avec la garantit en moins car les blessures que peuvent générer la brutalité de l’acte c’est pour la gueule de la prostituée…

      Il y a une grande différence avec vendre sa force de travail car là tu produits un objet ou un service que dont ton patron exploite la plus-value, mais en aucun cas c’est toi qui est loué et dont une personne fait l’usage comme bon lui semble…
      Faut vraiment vivre en dehors de ce monde pour affirmer des âneries pareil.

      La prostitution adulte génère de la prostitution enfantine, c’est manifeste dans tous les pays qui régularisent. Alors assume le fait que ta position incite au viol d’enfant !

      C’est une illusion de croire qu’il y a une part non négligeable de personne qui le font volontairement. C’est juste le résultat d’un matraquage culturel lié au simple fantasme des hommes. Le parcours sociologique des prostituées montrent quasi-exclusivement des parcours subis… Quand à l’argent, c’est franchement pas le métier le plus rémunérateur.

      Puis ensuite quand bien même le feraient-elles volontairement (ce que le rapport au marché ne permet par de valider sauf dans dans un autre monde), ce n’est pas pour autant que c’est acceptable. Je veux construire une société ou tout ne se vend pas, jusqu’à la moindre parcelle de l’intimité. Je ne veux pas qu’on puisse considérer qu’il est légitime de s’accaparer le corps de quelqu’un pour son plaisir sans avoir une idée de son consentement… (car quand on paye un service il n’y a pas de notion de consentement qui tienne)

      Le pire dans ton commentaire c’est ton idignation face au fait qu’on considère les prostituées comme des victimes. C’est tout simplement horrible, c’est du même registre que ceux qui disent que les femmes en jupe ont bien cherché leur viol. C’est immonde, ça pue la gerbe ou tout ce que tu veux. On ne PAS se faire violer 20 fois par jour quand on est pas une victime d’un système !

      Enfin ta conclusion sur le besoin naturel que serait le sexe en dit long. C’est faux et archi faux. Personne n’est mort de ne pas avoir fait de sexe pendant une certaine période. C’est encore une fois la propagande phallocrate pour nous faire avaler que le viol payer est une mesure de santé publique…

      • Déja, tu va commencer par te calmer.
        Ensuite on pourra reprendre une discussion constructive, comme avec cutthefuckingcrap. Même si on est pas d’accord, je t’interdit de me cracher au visage.

      • C’est constructif de justifier le viol de masse pour ceux qui sont gros ou moche ? Allons, un peu de sérieux… Tu ressors des clichés horrible que les proxénètes utilise dans leur propagande ça s’arrête là.

    • Une prostituée ne rend pas un service : elle vend à quelqu’un qui est en position de force (domination masculine + domination économique) le droit de la violer impunément. Il s’agit bien d’une forme de viol puisque le consentement de la prostituée n’est obtenu que dans le cadre d’un rapport de force. Seul le client phallocrate (ou dans le cas inverse, bien plus rare, la riche cliente) peut s’imaginer, ne serait-ce que l’espace d’un instant, que (le ou) la prostituée éprouve du désir pour le client.
      Le viol, sur le plan psychique équivaut bien à la perte de quelque chose qui ne reviendra pas, ce que l’on peut légitimement comparer, donc, à l’amputation d’un organe.
      La comparaison avec des « prestataires de service » tels masseurs, infirmiers ou profs est mal fondée : leur situation sociale, économique et culturelle n’est en rien comparable à celle de la très grande majorité des prostituées ; ils ne sont pas en position de faiblesse.

      En outre, voir la relation sexuelle comme un « service » est une erreur typique à la fois des tenants réactionnaires (hommes ou femmes) du modèle de la domination masculine, et des adeptes du consumérisme moderne. Dans le désir et le plaisir partagés entre adultes libres et égaux, il n’est pas question pour les uns de rendre service aux autres. Une telle notion appartient au registre commercial et non au registre amoureux.

      L’évocation de personnes qui se prostitueraient par goût de sexe me laisse perplexe. Je n’ai pour ma part jamais vu personne ayant le goût du sexe demander rétribution pour un acte désiré.
      Les curés et les petits-bourgeois sont précisément depuis toujours ceux qui n’ont pas réussi à voir dans les prostituées des victimes, les considérant plutôt comme des salopes aguicheuses.

      J’ai parlé d’utilité sociale ou sanitaire comme notion fallacieuse. La prostitution n’a pas d’utilité sociale ou sanitaire. C’est un mythe. La prostitution ajoute de la misère à la misère, sans que l’une ne compense l’autre.
      Quelle réponse apporter à la misère sexuelle et affective ? Aucune, effectivement, de ce côté. Rien ne réparera jamais la malchance du disgracieux qui ne parvient pas à susciter de désir. Mais la société peut tout de même agir contre le consumérisme générateur de frustration et pourvoyeur de fantasmes stéréotypés, contre les inégalités sociales, économiques et culturelles, contre l’exploitation, contre l’isolement… etc.

      • « L’évocation de personnes qui se prostitueraient par goût de sexe me laisse perplexe. Je n’ai pour ma part jamais vu personne ayant le goût du sexe demander rétribution pour un acte désiré. »

        Je peux te filer des adresses si tu veux…

        « Une prostituée ne rend pas un service : elle vend à quelqu’un qui est en position de force (domination masculine + domination économique) le droit de la violer impunément. Il s’agit bien d’une forme de viol puisque le consentement de la prostituée n’est obtenu que dans le cadre d’un rapport de force. »
        Pas toujours, encore une fois tu généralises trop.
        D’une part il n’y a pas (toujours) rapport de force. Vu que 1/ on paie pour un service, et que 2/ les termes du services sont discutés et convenus avant le service. On peu marchander, négocier… Cela marche selon les cas et les personnes. Bien souvent on est renvoyé chez Plumeau.

        Après il existe et c’est vrai, des filles, drogués, séropositives etc… qui n’ont pas le choix. Elles sont lâchées le matin à un spot, avec une boite de kleenex et de capotes et elle doivent faire tant dans la journée.

        Et ça c’est inadmissible ! Et en ce qui me concerne, je serais plutôt partisans de la méthode ultra dure, qui consiste à tirer sur la bagnole du proxénète, avec un bazooka.

        Parcque, on parle de la prostituée, qui serait victime de son client, mais le proxénète ?
        Est ce qu’il n’aurais pas aussi une responsabilité dans l’affaire , et une bien plus grosse que celle du client ?

        Le client, c’est la demande, ok. La prostitué c’est l’offre. mais qui met les deux en relation ?
        Qui place des filles sur le trottoir, en leur piquant leur passeport et en les rendant accro à l’héro ? C’est le client ? Non, pas que je sache ! C’est bien le maquereau !

        Votre idée et celle du Ministre, de pénaliser le client, c’est encore une fois partir dans la direction opposée à ce qu’il faudrait faire.

        Mais ça, vous ne voulez pas l’entendre, hein ?

      • Marchander, négocier, payer… Il s’agit bien d’une transaction commerciale entre parties inégales, donc d’un rapport de force entre dominant et dominé. La question du désir d’une des deux parties est complètement absente de l’équation. Que le fait de marchander puisse passer pour une preuve d’humanité est révélateur.
        Quant au proxénète, il est d’ores et déjà puni par la loi, et sa responsabilité n’exonère en rien celle du client, qui doit être enfin mise en débat. Le désir non-réciproque du client pour la prostituée doit être refoulé ou soigné, et puni en cas de passage à l’acte, exactement comme le désir du violeur ou du pédophile. Le fait que l’objet du désir soit majeur ou marchandable ne change rien à l’aspect déshumanisant donc inhumain de ce désir.

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